Hinata
Cela fait maintenant un mois que Kageyama et moi sortons ensemble et pourtant, rien n'a changé.. Hormis quelques petites gênes par-ci par-là.
Nous nous rendons au lycée ensemble, nous déjeunons ensemble, nous rentrons ensemble, et enfin, nous sommes toujours le duos de secondes raccordés par notre style de jeu. Le silence règne entre nous, la communication n'y est plus. Les autres trouvent ça étrange mais pourtant, ils ne disent rien et c'est mieux ainsi. Ils ne savent pas encore que Kageyama et moi sortons ensemble..
Après avoir rêvassé un moment durant tout les cours de maths, je n'avais pas remarqué que mes yeux étaient rivés sur celui qui était à présent mon petit copain. «Heureusement qu'il n'a rien remarqué..» pensais-je.
-Kageyama.. chuchotais-je à son oreille alors qu'il ne restait plus que nous dans la salle.
-WOAH!
Après que Kageyama ait sursauté, il tomba en arrière, c'est-à-dire sur moi..
-A-Aïe..
Le passeur avait eu le temps de se retourner pour se trouver, au sol, au dessus de Hinata retenant la chaise prête à s'écrouler sur le plus petit.
-Ah! Kageyama! Je suis vraiment désolé.. Tu vas bien?
-Oui, ça va! Mais évite de me faire peur comme ça imbécile.. Heureusement que tu ne t'aies pas pris la chaise en pleine face tu n'en serais pas sorti indemne crois-moi!
-Haha.. Ah. Mais tu saignes!
-Hein?
Kageyama avait une coupure à l'arcade sourcilière d'où s'échappait un liquide vif qui longeait lentement ses traits.
-Viens je t'emmène à l'infirmerie!
Hinata attrapa la main du plus grand sans réfléchir et se précipita jusqu'à l'infirmerie qui se situait non loin de la salle. Arrivé, personne n'était là.
«C'est vrai que c'est la course d'orientation pour les premières et terminales aujourd'hui.. L'infirmière n'est pas là» se souvint Hinata.
-... C'est pas pour dire mais si tu prends autant ton temps, j'ai le temps de mourir.
-A-ah, oui! Assis-toi je vais chercher du désinfectant et un bandage.
Kageyama était attentif à tous les gestes qu'était en train de produire sa petite tête rousse avant de se mettre à rire, ce qu'Hinata ne manqua pas de remarquer.
-P-pourquoi tu rigoles?...
Lâcha un Hinata avec une mine boudeuse.
-Je me disais juste que quand tu paniques tu es mignon. Tu bouges dans tous les sens et tu t'inquiètes pour un rien. Quand je pense que j'ai la chance d'être le seul à pouvoir te voir dans cet état.. ça me rend heureux.
Hinata était resté sans voix, les yeux grands ouverts, le bandage dans la main, en train de se dérouler et le désinfectant en train de couler sur le sol blanc.
-Tu es en train de tous renverser.. Tellement maladroit mon petit Shôyô.. huhu.
Kageyama avait eu le temps de presser sa blessure avec un coton, assis sur le lit.
-Ah, mince! Mais.. évite de te moquer de moi s'il te plaît..Et puis tu dis tout ça sans gêne comme si c'était normal.. C'est embarrassant.
Hinata était devenu rouge comme une tomate et grommelait ces paroles avec une voix timide et tremblante.
Après que le petit feinteur eut terminé de soigner son passeur, ils sortirent tous deux de l'infirmerie.
-Il est déjà cette heure là..
La fin des cours avait sonnée depuis une bonne dizaine de minutes, ils avaient manqué le cours d'histoire mais ils ne s'en inquiétèrent pas pour autant.
Ils allèrent chercher leurs affaires restées dans la salle de cours avant de descendre. Tout deux se chaussèrent et rangèrent leurs chaussons un peu usés avant d'ouvrir la porte de sortie.
-Tsk, il pleut.
-J'ai un parapluie.
Ils rentrèrent ensemble dans un silence absolu au milieu d'un paysage devenu sombre. C'était l'automne, la nuit tombait plus tôt. Après quelques minutes sans parler, Kageyama brisa le silence.
-Tu veux pas que je tienne le parapluie, parce que j'en ai marre de me plier en deux.
-Désolé d'être petit, hein!
Hinata, d'un geste brusque remit le parapluie dans la main de Kageyama qui afficha un sourire hautain et satisfait.
Hinata n'y prêta pas attention, il avait l'habitude.
Ils arrivèrent enfin au croisement où ils se retrouvaient tous les matins, et se séparaient le soir.
-Bon.. Bah rentre bien, à demain.
Après avoir lâché cette phrase, Kageyama tourna les talons pour emprunter le chemin qui le mènera jusqu'à chez lui.
-A-attends!
Le grand se tourna lentement en entendant la voix du plus petit ainsi que des pas rapides se rapprocher de plus en plus. En un rien de temps, le rouquin s'était jeté dans les bras de son passeur en rougissant de plus belle puis il releva la tête pour apercevoir un Kageyama surprit et paniqué.
-J'avais envie..
Shôyô baissa la tête et posa avant de la poser contre le torse de son petit ami. Il put sentir et entendre les battements de cœurs de celui-ci qui devenaient de plus en plus rapides. «Le mien ne doit pas être mieux..» pensa-t-il.
Ils restèrent comme ça pendant quelques minutes avant de se lâcher, rouges comme des pivoines et de se dire pour la deuxième fois, à demain.
Kageyama
Sur le chemin du retour, j'avais le cœur toujours autant perturbé et les joues en feu.
-Raah, arrête toi deux secondes foutu cœur, enfin pas trop quand même..
Arrivé chez lui, il déposa son sac à l'entré et retira ses chaussures qu'il laissa près de son sac. Il longea le couloir pour se retrouver dans le salon où il se laissa tomber avec lassitude sur le canapé. «Je suis rentré.» dit-il de façon à ce que lui seul entende. De toute façon, il pourrait le crier, il ne recevrait aucune réponse. Il était seul dans cette demeure bien trop grande pour y accueillir une seule personne. Ses parents ne sont jamais là, ils ne sont pas rentrés depuis au moins une semaine et quand ils rentrent, ils ne se croisent pratiquement pas.
Ce n'est pas comme si il n'avait pas l'habitude..
2 jours passèrent.
Ils passèrent sans que, Hinata Shôyô, élève et joueur dans l'équipe de volley de Karasuno mais aussi petit ami de Kageyama ne vienne en cours ou ne donne de nouvelles à personne. L'inquiétude commençait à apparaître dans le cœur de Tobio. Il l'avait appelé 3 fois depuis. 3 fois, ça pouvait sembler peu pour ce genre de situation, mais pour le nombre de fois que Kageyama appelait son petit ami, c'était énorme. Surtout que Hinata ne manquait jamais un appel de Tobio.
Une semaine entière s'écoula avant que le passeur ne reçoive un message de son coéquipier avec qui il n'avait pas joué depuis un bon moment..
«Séparons-nous.» Était la seule chose écrite dans le message de Hinata.
Celui-ci faillit lâcher son téléphone tellement le choc était puissant. Ses yeux et sa mâchoire étaient grands ouverts. Jamais Hinata ne pourrait lui dire ça.. Et surtout par message..
Sans réfléchir, le garçon fonça comme une flèche en direction de la maison de Shôyô.
