Voilà! Très en retard *sourire timide* mais tout de même en exclusivité sur vos écrans, le second chapitre de cette fanfiction *applause* Ouais pas de quoi être fière, enfin bon.

Ah et j'ai oublié de préciser, je dis (écris en l'occurrence) Severus "Snape". Oui, je pourrai aussi dire – écrire – Hogsmeade, Hogwarts, Longbottom, Lord of rings (ah non pas ça hihi. Non mon humour n'a pas évolué...) et j'en passe, mais ça ne sera pas le cas (sauf inattention de ma part.) Juste Snape cas de force majeure plutôt que Rogue parce que "Rogue" franchement... Et puis dans une phrase ça pourrait donner "L'homme au ton aussi rogue que le nom" et ça se passerai vraiment de commentaire.
Ouais Poudlard aussi c'est moche, je sais. Mais en même temps, je ne risque pas de caser «A Poudlard, ils avaient tous des poux dans le lard » Quoique...non non je vous épargnerai ça.
Bref je suis au regret de vous annoncer que cette préface ne présente en réalité aucun intérêt, relatif (ou non d'ailleurs) à l'histoire, et me vois dans l'obligation de vous souhaiter une bonne lecture.

Chapitre second

A vingt heures précises ce jour là, Severus coupa avec soin une rose blanche - une du rosier qu'il faisait pousser dans le minuscule jardin de sa propriété - et transplana. A cette heure en plein été il faisait encore jour, mais le temps paraissait plus sombre à cause des nuages et de la pluie. Il ne s'attarda pas devant les grilles de fer forgé, et entrant, il se fraya un chemin entre les tombes. Il s'arrêta finalement devant une simple pierre de carrière blanche, sur laquelle un nom avait été gravé. Des bouquets ensorcelés pour résister aux intempéries avaient fraîchement été déposés à son pied. Ils étaient la raison précise pour laquelle Severus ne venait jamais plus tôt: éviter les rencontres. Il pouvait presque encore sentir l'odeur de Potter et coetera dans l'air ambiant. Après tout, aujourd'hui 1er juillet.

A la vérité, ce n'était pas l'occasion de parcourir les cimetières qui lui manquaient. Il était allé sur la tombe du vieil homme moins d'une semaine plutôt (sa mort à lui remontait à quatre ans), et il irait sur celle de Lily le 31 octobre. A elle aussi il amenait toujours une rose.

Il resta là plus d'une heure, immobile sous la pluie. Homme en noir, ombre parmi les ombres.


2 juillet

Le lendemain Severus s'était éveillé avec le pire mal aux cheveux depuis… quelques temps, et après avoir avalé une potion anti-gueule de bois, il décida d'en brasser à nouveau pour re-remplir son stock (sait-on jamais).

Il touillait avec minutie son chaudron quand la sonnette retentie. Il hésitait à l'ignorer purement et simplement, mais il savait qui c'était, et cette personne n'intégrait pas la notion d'abandon. Il soupira, et finit par se retrouver assit dans son salon en face de Potter.

« -Dites-moi, vous comptez continuez à m'imposer votre présence pendant combien de temps? Il n'y a pas si longtemps, vous rêviez de me voir sortir de votre vie.

-Allons Snape - ce dernier serra les dents mais ne répliqua pas - je ne vous harcèle pas tout de même! On ne se voit qu'une fois par an, pour entretenir les liens, tout ça… vous voyez ?

Le garçon avait un sourire vraiment agaçant.

- Pas vraiment, non. » Il n'avait jamais demandé à avoir le moindre lien avec le gamin, mais depuis le combat, ce dernier semblait le juger digne d'estime, et pour une raison absolument inconnue, s 'était mis dans le tête de lui rendre visite chaque année à la même période.

«-Vous n'êtes pas venu au dîner de Molly, hier. repris le jeune homme, « et à celui d'avant, et celui encore avant » était clairement sous entendu.

« - Je n'aime pas ces petites réunions de commémoration de la paix ridicules où tout le monde pleurniche sur l'épaule d'un tel à propos de la mort d'un tel autre. Et je n'ai vraiment pas besoin de me faire materner par une matriarche plus triste que moi. »

Le gamin sourit encore.

« - Vous êtes triste?

- Fermez-là Potter.

- Moi aussi. Elle me manque vous savez ? » Dit-il absolument à propos de rien.

« - Si vous n'avez rien de pertinent à dire vous pourriez tout aussi bien vous taire. » Répondit Severus en levant les yeux.

« - Je sais que vous êtes allé la voir hier, comme chaque année. »

L'homme plissa les yeux.

« - Je ne sais pas exactement ce que votre cerveau atrophié par les hormones est encore allé chercher, mais ne vous méprenez pas. Hermione Granger a été insupportable tout au long de sa vie, et effet de cause à conséquence, c'est ainsi que je l'ai toujours trouvé. Et sa mort ne change aucunement la donne. Elle était suffisante, autoritaire, et étalait une science dont elle ne connaissait que les aboutissements!

-Alors pourquoi…

-Parce que je la respecte. »

Severus n'aimait pas Hermione Granger. Il ne l'avait jamais aimée. Elle était agaçante, fayote, pensait tout connaître. Mais Hermione Granger était quelqu'un de bien. Et c'était plus que ce qu'il ne serait jamais. Evidement ça n'expliquait pas pourquoi il n'allait jamais sur la tombe de Seamus Finnigan ou de Fred Weasley, ou des dizaines d'autres personnes « bonnes » qui étaient mortes en ce début de vacances il y avait de cela trois ans.

Mais elle était morte dans ses bras ce jour-là, juste après lui avoir sauvé la vie. Elle avait un trou de cinq centimètres de diamètre sur le flan gauche, et elle avait trouvé l'envie et la force de le tirer contre elle pour lui éviter une mort certaine.

Et pour une fois il l'avait regardé vraiment.

Il n'avait pas très bien compris ce qui avait suivi. Il y avait eu une déflagration tout près d'eux, ils s'étaient fait éjecté et son corps avait volé loin de lui.

Il s'était réveillé à l'infirmerie de Poudlard plusieurs heures plus tard, ce qui signifiait que Potter avait gagné, et il s'était senti soulagé quelques secondes avant de se mettre à hurler de rage contre Pomfresh pour l'avoir soigné.

Quand il avait finalement eu l'autorisation de quitter l'endroit surchargé de blessés, presque recouvert de bandages, il était parti à la recherche du corps de Miss Granger. On lui avait indiqué le parc de l'école, où s'entassait la plupart des morts du camps de l'Ordre, ramenés du champs pour leur offrir une sépulture correcte plus tard. Il avait fait tout le parc, trouvant même des morts rapportés par erreur (Bellatrix Lestrange par exemple n'avait vraiment rien à faire sur le pelouse du collège), mais elle était introuvable. Et quand on lui avait finalement demandé qui il cherchait au milieu des cadavres, personne ne l'avait cru quand il avait dit qu'elle était morte. Weasley avait vomi - et il plaignait presque le garçon, qui avait aussi perdu un frère- Potter avait crié et tout cassé. Et le lendemain ils avaient commencé à chercher avec lui. Tout le monde comprenait pourquoi Weasley et Potter retournaient et le parc de Poudlard et le champs de l'affrontement final dans le comté de Northumberland - qui avait pourtant déjà été nettoyé par le Ministère. Mais personne ne s'expliquait pourquoi Severus Snape qui avait toujours notoirement détesté la jeune fille commençait les recherches bien avant eux le matin et finissait bien après, ne s'arrêtant que quelques heures dans la nuit pour dormir.

Quand il fût clair au bout de quelques jours de cette folle frénésie qu'elle resterait introuvable, on avait supposé son corps désintégré par un quelconque sortilège, une pierre avait simplement été érigée en son nom dans le Cimetière Des Combattants, et chacun était rentré chez lui. Les uns pour pleurer, les autres pour boire jusqu'à l'inconscience.

Non, Severus Snape n'aimait pas Hermione Granger. Mais il avait une dette envers elle, et c'était un lien plus étouffant que n'importe quel sentiment.

«- Si je meurs, vous viendrez pleurer sur ma tombe? » Potter venait tout juste de le sortir de ses pensées.

« - Votre narcissisme bat les records de Lockhart Potter. »

Le garçon rit.


3 juillet

Il n'aimait vraiment pas les vacances - depuis la paix du moins. D'ici la fin de la semaine tous ses stocks de potions seraient pleins, c'était dire à quel point il s'ennuyait. Il lisait beaucoup évidement, périodiques de potions et grimoires indatables, mais les discutions exaspérantes avec le directeur, et surtout leurs parties d'échecs tranquilles lui manquaient. Il n'avait pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un réseau social grandiloquent, surtout depuis les décès ou enfermements des mangemorts - pas qu'il avait l'habitude d'aller prendre le thé avec eux de toute façon.

Il avait parfois des conversations civilisées avec Minerva, devenue directrice depuis la mort de son mentor, il voyait Potter une fois par an, et même si Molly lui envoyait de temps à autre une invitation à dîner, il déclinait toujours poliment.

Mais la vérité était que même s'il aimait être seul, cette solitude constante lui pesait.

Après avoir passé la matinée à lire sur son vieux fauteuil limé devant la cheminée inactive en cette période de l'année, il était allé se servir à boire dans la cuisine quand il avait perçu du mouvement de la fenêtre au-dessus de l'évier. Il sortit alors prudemment sur son perron, découvrant une donzelle carrément dans son jardin, penchée sur le massif de roses.

« Je peux savoir ce que vous pensez exactement être en train de faire? » Sa voix claqua, froide et incisive.

La femme sursauta, se retournant face à lui. De là où il était, il ne distinguait pas précisément ses traits. Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans.

« -Oh! Je suis vraiment désolée! Je ne pensais pas que quelqu'un habitait réellement… ici. » Elle avait froncé le nez en jetant un regard vers la maison en mauvais état. « Enfin bon, reprit-elle ignorant qu'il était fortement tenté de lui jeter un sort, vos fleurs sont vraiment très belles, je m'étais approchée pour voir de plus près, expliqua-t-elle. Je m'intéresse assez au jardinage en ce moment, c'est vivifiant la nature, vous ne trouvez pas? Mais en banlieue il n'y en a pas beaucoup. D'où le jardinage. C'est un bon compromis je trouve. Evidement ça ne vaut pas la flore sauvage, mais c'est mieux que rien, n'est-ce pas? »

Elle avait dit tout cela d'un coup, sans reprendre sa respiration, et elle semblait attendre une réponse. Severus se demanda quel genre de personne se permettait d'entrer chez les gens sans leur accord, de les insulter, et de les noyer finalement sous une véritable diarrhée verbale. Le genre qu'il n'aimait pas de toute évidence. Il s'apprêtait à lui répondre vertement de sortir de chez lui, mais il n'en eu pas le temps.

« -Mince! Je vais être en retard pour le déjeuner! Bon et bien, bonne journée, au plaisir! » Sourit l'intruse en partant prestement, faisant virevolter ses cheveux noirs dans son sillage.

Il resta figé dans l'encadrement de la porte, se demandant s'il venait d'imaginer cette non-conversation absolument absurde avec une parfaite inconnue clairement aliénée.