Cela faisait maintenant un mois qu'ils ne s'étaient pas revus, tous deux mouraient d'envie de se revoir. Cette journée si parfaite, il y a quelques semaines, avait suffi à embraser leurs cœurs. Plus les jours passaient et plus leur désir de l'autre se faisait oppressant. Ils avaient l'étrange impression de n'avoir été mis au monde que pour cette rencontre. Chacun de leur côté, ils ressassaient cette journée de bonheur, la chérissant comme si c' était le plus beau, le plus merveilleux des trésors de l'univers. Mais Gackt était en tournée dans le monde entier et Cassandre avait des obligations dont elle n'arrivait pas à se défaire. Donc impossible de se voir. Cassandre n'ayant pas de portable, ils s'étaient juste promis que si ils en avaient le temps, ils iraient au bord de la rivière pour voir si l'autre n'y était pas.
Une semaine passa et Cassandre dans sa chambre chantait pour les oiseaux et la biche qu'elle venait de soigner. Son chant avait quelque chose de triste et mélancolique. Les animaux vinrent vers elle pour la consoler. Dès qu'ils l'eurent touchés, elle s'effondra en larmes. Ils étaient là silencieux, autour d'elle, ils étaient tristes que leur amie n'aille pas bien. Quelqu'un toqua à sa porte et entra sans y être invité alors les oiseaux s'échappèrent par la fenêtre et la biche se mit dans un coin. La personne, qui avait eu le culot de renter dans la chambre, était son père. C'était un homme d'une quarantaine d'années, d'une beauté et d'un charisme incroyable. Il portait la sagesse sur son visage, d'ailleurs il était connu pour ces qualités.
Père : Ah?, j'ai fait peur à du monde moi ici.
Il alla vers la biche et se mit à genoux pour être à sa hauteur.
Père : Je m'excuse mademoiselle de vous avoir fait peur.
Puis il se releva et alla vers sa fille, il la prit dans ses bras et la berça.
Père : Je suis désolé Cassandre, mais comprends nous! Nous voulons te protéger, tu ne peux pas te promener toute seule, c'est trop dangereux. Les hommes sont tous mal intentionnés. Et puis nous avons besoin de toi ici.
Cassandre : Papa, j'ai besoin de liberté, autrement je vais étouffer, je n'arrive même plus à chanter, laisses moi au moins me promener et sortir avec des gens de confiance si tu as peur qu'il m'arrive quelque chose, s'il te plait papa...
Il regarda sa fille qui avait les larmes aux yeux et il ne put se résoudre à lui dire non. Qu'il était dur pour lui de la laisser s'envoler, alors qu'elle n'avait aucunes armes pour se défendre contre ce monde.
Il lui caressa le cou comme si elle était un petit chat. Depuis qu'elle était toute petite il faisait ça quand elle pleurait, souvent ce geste la calmait. Il la força à la regarder.
Père : D'accord, je t'autorise à sortir, mais à une condition, Abigaelle et Van te suivront partout.
Cassandre: Merci papa, merci , merci , merci!
Elle prit son père dans ses bras, puis se remit à chantonner gaiement, tellement gaiement que les fleurs dans le jardin se mirent à pousser et les oiseaux à gazouiller. Oui depuis qu'elle était jeune, elle avait cet étrange pouvoir. Dès qu'elle ressentait une joie sans bornes et qu'elle chantait, alors toute la nature environnante s'éveillait. Elle courut à travers la maison puis dansa dans le jardin. Certaines personnes s'arrêtaient, d'autres allaient à leur fenêtre pour regarder ce sublime spectacle. Elle dansait avec une telle grâce que les dieux en auraient été jaloux. Tous étaient heureux de la revoir enfin gaie. Cela avait manqué à tout le monde de ne plus la voir dehors à danser, à chanter, à jouer de la harpe, ou à sourire. Pour tous les habitants de la communauté, Cassandre était leur princesse bien-aimée. Elle était la bonté, la gentillesse, la beauté et la grâce incarnées.
Après avoir saluée un nombre incalculable de gens, elle alla voir Abigaelle et Van, pour leur demander de l'accompagner jusqu'à la rivière. Ils restèrent jusqu'au couché du soleil, puis ils rentèrent dans leur royaume.
Le Lendemain, elle décida d'aller à Tokyo, pour voir où en était Gackt dans sa tournée. Elle chercha des informations, et découvrit qu'il faisait son dernier concert ce soir ici-même. Elle alla devant la salle du concert et demanda aux gens si il y avait quelqu'un qui vendait des places à la dernière minute. On lui indiqua quelqu'un et elle put avoir trois places assez chères, mais de toute façon elle s'en foutait, le plus important était de le revoir. Le concert arriva et ses deux compagnons ne faisaient que de lui reprocher de les avoir embarqués dans un concert de débauche. Cela la faisait sourire, c'est vrai que pour eux, c' était assez excentrique. La seul musique des humains qui était acceptable était le classique. Et encore pour beaucoup de ses semblables, cela restait de la musique humaine, même si elle était technique il n'y avait aucune magie. La musique de notre royaume avait quelque chose de divin.
Cassandre, elle, avait beaucoup aimé. Elle avait pleuré sur certaines chansons très émouvantes. Quand un bon nombre de fans furent partis, elle alla vers un agent de la sécurité et le convaincu de dire à Gackt que Cassandre était là. Il accepta après beaucoup de persuasion. L'agent de sécurité revînt après un moment et les laissa passer, en leur indiquant où se trouvait Gackt.
Cassandre s'arrêta un moment et se retourna vers ses deux compagnons.
Cassandre: S'il vous plait, je pourrais être seule avec lui?
Van : Je sais pas, tu sais bien que ton père désapprouverait, nous avons bien compris que de cet homme tu en es amoureuse. Tu sais que ce n'est jamais apprécié, qu'une Elfe s'éprenne d'un humain.
Cassandre: S'ils vous plait, ne le dites pas à mon père, oui c'est vrai je l'aime, mais peut-on dire que aimer est mal? Je suis toute dévouée à notre communauté, laissez moi au moins ce bonheur de pouvoir aimer qui je veux.
Abigaelle: Tu sais Cassandre, nous sommes heureux si tu l'aies toi aussi, mais ton père ne sera pas aussi clément que nous. Va le rejoindre nous t'attendons ici.
Cassandre: Merci , merci beaucoup, vous aurez mon éternelle reconnaissance!
Cassandre frappa à la porte, et elle s'ouvrit sur Gackt. Il lui prit la main, la lui baisa puis l'accompagna jusqu'au canapé. Ils restèrent un moment à se contempler. Puis Gackt avança sa main jusqu'à sa bouche, dont il dessina les contours, pour ensuite caresser sa joue. Il s'avança doucement, et embrassa ses lèvres. Ils étaient seul au monde. En cet instant personne ne comptait à part eux, le ciel pouvait bien leur tomber sur la tête qu'ils n'auraient point bougé. Ils passèrent la soirée ensemble.
Entourés des deux compagnons de Cassandre et des gardes du corps de Gackt. Puis ils prirent un hôtel, pour la nuit. Ils se couchèrent, Cassandre blottie dans les bras de Gackt.
Vers 3h du matin, Gackt sortit doucement du lit, lui embrassa le front et partit.
Éclipse de 2 heures
Gackt était essoufflé de sa course, il frappa de toute ses forces de rage. Puis il se mit à pleurer, la pluie alors commença à tomber. Il était seul dans la rue sous cette trombe d'eau à pleurer de rage et de tristesse. La pluie le lavant du sang. Après s'être calmé, il revînt dans la chambre, enleva ses vêtements, se coucha, et remit Cassandre entre ses bras, prenant soin de pas la réveiller.
