Bonjour à tous (?) et à toutes, voilà le deuxième chapitre !

Dorénavant je publierai le dimanche, à priori. Un grand merci pour les review, ça fait chaud au coeur !

J'espère que ce chapitre vous plaira.

PS : Si vous avez de bonnes fictions à me conseiller, je suis preneuse.

« Quelle garce tu fais, pouffait Ginny, hilare, en surveillant à travers la vitre du micro-onde les pop-corn de Ron ».

(En effet Ron s'était découvert une grande passion pour tous les objets moldus, en particulier les appareils électroménagers. Même si parfois il avait du mal à les maîtriser, il en possédait une grande quantité, ce qui faisait beaucoup rire les autres).

« Tu trouves que j'ai été trop dure avec lui ? demanda Hermione, dans le doute.

- Pas du tout ! Cette fouine vicieuse aurait mérité que tu lui plantes tes chaussures dans l'œil, plutôt ! intervint Ron qui passait lui aussi vérifier sa cuisson. »

Sitôt arrivée dans l'appartement du rouquin, Hermione leur avait raconté ses péripéties et tous n'en revenaient pas. Malefoy de retour… et Malefoy écrivain !

« Grouillez-vous les gars, ça va commencer ! beugla Harry depuis le canapé.

- Dit donc, ton vocabulaire ne s'améliore pas Mr le ministre de la sûreté intérieure ! se moqua Hermione en venant le rejoindre.

- Et encore, tu ne l'entends pas quand on interroge un suspect…

- Solidarité masculine, tu veux que je définisse ça pour toi ? lança Harry en arrachant à Ron son bol de pop-corn.

- Bon taisez-vous, c'est le générique ! intervint Pansy, concentrée. »

Tout le monde se jeta instantanément dans les canapés de Ron, malgré le risque d'entrer en contact avec un objet non identifiable.

La musique du générique, un espèce de mélange entre un set de DJ moldu éméché et des bruits de sorts qu'on lance, démarra. Les portraits des participants défilaient à l'écran, provoquant des rires dans la petite assemblée. Jusqu'à l'apparition de la star du programme, Malefoy en personne, torse nu, posant très naturellement entre deux palmiers. Son regard de glace contrastait avec sa peau légèrement bronzée, et le mouvement qu'il fit avec ses cheveux humides coupa la respiration de toutes les filles assises devant leur poste de télévision. Même Hermione.

« Comment il se prend pour un beau gosse avec sa tête de reptile égaré ! ricana Ron.

CHUT ! lui répondirent toutes les filles en cœur. »

Ron leur lança un regard courroucé et se tourna de nouveau vers l'écran, prenant un malin plaisir à mastiquer ses pop-corn très fort. La voix off résumait les épisodes précédents, et faisait monter le suspense en annonçant l'arrivée du grand Drago Malefoy, qui leur faisait l'immense honneur de participer.

« Tu parles d'un honneur, gloussa Harry. »

Les filles ne prirent même pas la peine de lui répondre, et se contentèrent de lui jeter un regard noir.

Enfin, le programme commença et l'on vit Malefoy remonter l'allée de la villa, se retournant pour lancer un clin d'œil à la caméra. Il sonna, le silence se fit, puis des hurlements retentirent à l'intérieur comme si le ministre de la magie en personne venait d'arriver habillé en pom-pom girl. Le reste de l'émission se révéla sans surprise : Drago était assailli par tous les serpentards, les garçons voulant tous être son nouvel ami et prenant des retours cinglants, les filles tentant avec plus ou moins de succès de le séduire. Les serpentards vendirent des cocktails sur la plage (mais pas Drago, Drago faisait une sieste) et sortirent en boîte de nuit pour fêter ça. Ils firent le ménage (mais pas Drago, Drago était parti se baigner) et se disputèrent beaucoup, puis ils sortirent en boîte de nuit pour fêter ça. Enfin, ils firent un match de Quidditch amical contre une équipe locale. Encore une occasion de briller pour Drago.

« Ils sont nuls ces grecs, normal que Malefoy ait l'air de savoir tenir sur son balais ! grogna Ron.

- T'es de mauvaise foi, Drago sait voler, le contredit Pansy.

- Oui c'est vrai, dommage qu'il ne sache pas faire une passe, rétorqua Ron en s'étirant.

- Commencez pas tous les deux ! les rabroua Ginny. »

Les serpentards gagnèrent haut la main le match amical et sortirent en boîte de nuit pour fêter ça. C'était assez répétitif au goût d'Hermione mais il est vrai que la présence de Malefoy rendait l'émission un tantinet plus intéressante. Cela, elle ne l'avouerait jamais. L'émission se termina sur un suspense insoutenable : les jumelles Carrow, Flora et Hestia, allaient-elles parvenir à convaincre Malefoy de dormir dans leur lit ?

Ron tenta d'éteindre sa télé mais se trompa de bouton et mis le son à fond, ce qui provoqua un mouvement de panique. Heureusement, Harry eut la présence d'esprit de lancer un sort d'insonorisation, ce qui permit à Ron d'enfin appuyer sur le bon bouton.

« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire à cet enquiquineur demain, moi ? râla Hermione pour elle-même.

- Qu'il décrédibilise votre maison d'édition ! proposa Ginny.

- On a publié les mémoires de Rita Skeeter, et depuis qu'elle est atteinte d'Alzheimer on ne peut pas dire que son expression se soit améliorée. Alors pour le sérieux de la maison… on repassera !

- Attend d'avoir lu son manuscrit, déjà, c'est plus prudent, lui conseilla Pansy.

- Voilà, fait semblant de le lire au moins, et puis jette-le ! conclu Ron.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! protesta Pansy en pinçant le bras de Ron, un air de peste sur le visage. »

Ron recula violemment et, hésitant entre rire et se mettre à crier, il opta pour lui jeter son verre de jus de citrouille dessus. Mais Pansy tenait beaucoup à sa veste en fourrure, aussi le bouclier qu'elle invoqua renvoya la boisson au nez de Ron.

« Bon, il est temps pour nous de partir je crois ! »

Dans un « plop », Harry, Ginny et Hermione transplantèrent vers leurs appartements respectifs.

A la première heure le lendemain matin, Hermione dompta ses cheveux, se maquilla un peu plus que les autres jours et s'habilla avec soin. Elle voulait avoir l'air professionnelle, bien dans sa peau et assez autoritaire pour que Malefoy n'essaye pas de la déstabiliser.

Elle s'installa derrière son bureau et essaya différentes positions qui prouveraient qu'elle était une femme de pouvoir. Jambes croisées, dos droit, menton appuyé sur la paume de sa main. Elle était justement en train de se dire que ça faisait plus séductrice en carton qu'autre chose lorsque Blaise entra, un dossier à la main.

« Salut, Herm', dis-moi… Euh, qu'est-ce que tu fais ? »

Hermione se rassit aussitôt correctement et fit mine de tasser une pile de papier, renversant au passage son pot à crayons.

« Oh, Blaise, je t'avais pas vu ! Je range, comme tu peux voir. Et toi, qu'est-ce que tu fais ?

- Je venais te faire valider des corrections mais si tu es occupée, je repasserai, il répondit d'un air espiègle.

- Elle est occupée en effet, lança une voix qu'Hermione craignait d'entendre.

- DRAGO ? s'écria Blaise en se retournant.

- Salut, vieux.

- Bin ça alors ! T'étais passé où, vieille blondasse ? »

Hermione assistait à cet échange d'amabilités viriles en essayant de compter dans sa tête combien d'heures d'avance sur le rendez-vous avait Malefoy.

Drago et Blaise passèrent quelques minutes à se mettre des claques dans le dos et à rire comme des hyènes, sous le regard désespéré d'Hermione, qui voyait un potentiel allié s'éloigner d'elle.

Soudain, elle se leva et s'approcha pour prendre le dossier que tenait Blaise, et refermer la porte sur les deux hommes.

« Y en a qui essayent de bosser ici ! elle ronchonna pour se donner une contenance. »

Elle retourna s'asseoir à son bureau, non sans avoir bousculé un innocent ficus en pot sur son passage. Décidément, lorsque que Malefoy était dans les parages, elle dévastait tout ce qu'elle touchait.

La porte s'ouvrit de nouveau, sur un blondinet tout sourire. Il balaya la pièce du regard et s'arrêta sur le pot à crayon renversé, le ficus penché, un peu étonné que la célèbre miss je-sais-tout soit aussi désordonnée.

« Je vois que tu n'as toujours pas saisi les subtilités du verbe frapper.

- Ce n'était pas très gentil de me claquer la porte au nez non plus, madame la donneuse de leçons. »

Et comme s'il était chez lui, Drago s'installa sur un fauteuil sur lequel il rebondit comme pour en tester le confort. Il se comportait comme un enfant mal-élevé, mais quelque chose en lui avait pourtant changé. Il avait vieilli, même si ce n'était pas évident à la seconde même. Il remplissait plutôt bien son costume, surtout au niveau des épaules, ce qui n'était pas vraiment son cas lorsqu'ils étaient à Poudlard.

« On avait dit 15h. Tu as 6 heures d'avances, attaqua Hermione pour se sortir la carrure du jeune homme de la tête.

- C'est que je mourrais d'envie de te voir, Granger. »

Hermione senti sa mâchoire se crisper. Elle n'allait tout de même pas lui faire le plaisir de sortir de ses gonds.

« Je n'ai pas beaucoup de temps à t'accorder, mais je peux te rediriger vers quelqu'un d'autre. Blaise, tiens. Ou Astoria ? »

Hermione espérait le déstabiliser en prononçant le prénom de son ex fiancée, mais il n'en fut rien. Au contraire, il sourit.

« Tu trouveras le temps, j'en suis sûr. Si tu crois te débarrasser de moi aussi facilement !

- Pourquoi moi, pourquoi Greengrass Publishing ? »

Drago la regarda un instant, avant de répondre tranquillement :

« Si mon ex-richissime fiancée accepte de publier ce livre, quoi de mieux pour nous racheter une image, à ma famille et à moi ? Son pardon nous ouvre la porte au pardon de la brave populace.

- Même de ta part, c'est assez odieux, s'étrangla Hermione.

- Je compte sur toi pour qu'elle accepte ce manuscrit, insista-t-il, soudain sérieux.

- Pourquoi ferais-je ça ?

- Parce que c'est un excellent livre. »

Les choses étaient simples dans la tête de Drago Malefoy. Quant à Hermione, elle bouillait intérieurement.

« Je ne pense pas que ce sera suffisant, ricana Hermione.

- Oh ? Je te pensais pourtant passionnée et droite d'esprit. Tu refuserais un chef-d'œuvre parce que tu n'apprécies pas son auteur ?

- Un chef d'œuvre ? ça va les chevilles ? s'emporta Hermione, piquée au vif. »

Elle se faisait un point d'honneur à être irréprochable déontologiquement, et les accusations de ce serpent de Malefoy l'avaient blessée. La base dans l'édition, c'était de savoir dissocier l'œuvre de son auteur. Hermione savait faire ça. Elle avait appuyé la publication de biographies de mangemorts.

« Lis-le, ordonna Malefoy en posant devant elle une clef USB verte et or. »

Hermione la saisit et la regarda un instant, avant de lever les yeux vers son propriétaire.

« Très bien. Je ne t'épargnerai pas quand je te dirai que c'est le pire livre que je n'ai jamais lu.

- Ça n'arrivera pas, rétorqua Drago, sûr de lui.

- Oh, j'y suis ! Quelqu'un d'autre l'a écrit, c'est ça ? triompha Hermione. »

Drago lui lança un sourire énigmatique en retour, et se leva. Il passa sa main dans ses cheveux, comme das le générique de l'émission (Hermione s'en voulut aussitôt d'avoir noté ce geste) et déclara :

« Contacte-moi quand tu l'auras fini. »

Puis il se dirigea vers la porte, l'ouvrit, et se retourna pour lancer : « Au fait, ne parle du contenu de ce manuscrit à personne. Pas même à Blaise. Je compte sur toi.».

La porte se referma sans un bruit, et Hermione se replongea dans l'observation de la clef USB. Quelque chose lui disait que Malefoy n'avait pas tout à fait été honnête sur le contenu de cette clef, ni sur ses motivations. Elle allait l'introduire dans son ordinateur lorsqu'Astoria entra, deux tasses de café à la main.

« Je sais qu'il est venu, raconte-moi tout de suite ce qu'il voulait ! débita-t-elle à toute vitesse, refermant la porte derrière elle. »

Hermione songea un instant que si elle voulait un tant soit peu travailler, elle allait rapidement devoir se trouver un autre bureau.

« Je ne vais pas te mentir, il m'a donné un manuscrit qu'il souhaite voir publié. Ne fais pas cette tête, moi aussi j'ai commencé par rejeter l'idée, mais ensuite je me suis dit que si Malefoy pouvait nous faire gagner de l'argent, ce n'était que justice. »

Hermione s'en voulut un peu de ne parler que de l'argument commercial, mais elle voulait préserver Astoria au moins jusqu'à ce qu'elle ait lu le manuscrit. Surtout que la jeune femme paraissait un peu blessée, probablement parce que Malefoy n'était même pas venu la saluer.

« J'avoue que je suis un peu dubitative. Ce bouquin… Il a un rapport avec son émission pourrie ? Avec les mois qu'il a passés dans l'ombre ?

- Je ne sais pas, je ne suis même pas sûre que ce soit lui qui l'ait écrit. »

Astoria soupira. Elle aussi avait l'air de se sentir piégée. Hermione la comprenait et se sentait triste pour elle, mais la curiosité l'emportait. Quelque chose à propos de ce manuscrit la chiffonnait.

"Écoute, lis-le comme il te l'a demandé, et si vraiment tu estimes qu'il représente une opportunité pour la boîte, je donnerai mon aval. Mais je ne veux pas en entendre parler. Ça m'arrache le cœur d'être forcée à lui rendre service, alors qu'il n'a même pas pris la peine de venir me dire bonjour. Ça lui aurait coûté quoi ? Bonjour Astoria, comment tu vas depuis que je t'ai plaquée par hibou ? Ça aurait vraiment, vraiment été correct de venir me saluer.

- Malefoy n'est pas correct. Il t'a rendu un service en te quittant, crois moi. Je comprends qu'il t'ait brisé le cœur, mais... commença Hermione, un peu surprise qu'Astoria s'épanche ainsi sur ses sentiments.

- Ah non, je t'arrête tout de suite, il n'a jamais été question de cœur entre nous. C'était un mariage de raison, disons. L'idée était d'allier nos deux familles au sortir de la guerre pour colmater les brèches créées. Rien de plus, aucun de nous n'a été amoureux. Ça aurait pu venir avec le temps, je n'étais pas totalement indifférente... Mais d'un coup, il m'a tourné le dos, et sans aucune explication il a disparu dans la nature. Je pensais que ça avait un rapport avec les Grands Procès, mais j'ai appris dans la presse qu'il avait été blanchi, alors je n'ai jamais su.

- Un mariage arrangé ? s'étrangla Hermione. Astoria, tu ne peux pas être sérieuse, c'est clairement stipulé par le code de la sorcellerie : c'est interdit.

- Les sang-purs se croient au dessus des lois, tu le sais bien. Dans la pratique, il y a des centaines de mariages arrangés par an. C'est ainsi. Je suis bien contente d'y avoir échappé avec le recul, conclut Astoria en touillant distraitement sa tasse de café.

- Tu as restauré la réputation de ta famille à ta manière, et c'est beaucoup plus louable. Tu peux être fière d'avoir fondé une maison d'édition qui marche, et je ne pense pas que tu pourrais en dire autant si tu avais laissé Malefoy te passer la bague au doigt."

Une fois Astoria sortie, Hermione fixa longtemps la porte de son bureau, perturbée. Les vieilles familles de sorciers étaient vraiment étranges. Quelle pratique archaïque ! Elle était révoltée qu'on puisse ainsi aller en l'encontre du libre-arbitre des gens, et ce au XXI siècle. Pauvre Astoria. Quelles que soient les aisons de Malefoy, il les avait libérés tous les deux en s'opposant à leurs familles. Plus le temps passait, plus l'énigme se compliquait, et plus la disparition de Malefoy pendant des mois l'intriguait. Avait-il pris du recul pour écrire un livre ?

Hermione ricana à cette idée et enchaîna les rendez-vous, ne trouvant pas un instant pour lire le manuscrit de Drago même si celui-ci n'avait pas quitté son esprit une seule seconde.

Le hibou qu'elle reçut de la part de Ron donna le signal de fin de sa journée de travail :

« Hermi chérie, je n'arrive pas à arrêter mon aspirateur sans fil depuis hier soir, je n'ai pas pu dormir, il me rend fou, alors je t'en supplie, vient me secourir. Mais pas un mot aux autres ! »

Cette petite distraction tombait à pic. Hermione décida de se rendre chez Ron à pied plutôt que de transplaner, d'une part parce que la résidence de Ron était sécurisée contre le transplanage, et d'autre part parce qu'elle avait besoin de marcher pour réfléchir. Elle lui envoya un hibou pour le prévenir qu'elle était en chemin, et se lança sur le trottoir enneigé. De petits flocons virevoltaient et, comme lorsqu'elle était enfant, elle tira la langue pour en gouter un.

Ainsi occupée, elle n'entendit que trop tard la personne qui s'était glissée dans son dos et qui soudain, tira violemment sur son sac à main et s'enfuit avec dans une ruelle adjacente. D'un geste vif, Hermione le stupéfia. Un bruit de chute lui indiqua qu'elle avait bien visé, et elle ne tarda pas à retrouver le corps raide de son voleur. D'un coup sec, elle récupéra son sac et retourna l'homme d'un coup de pied. Son visage lui était inconnu, mais il pouvait très bien avoir modifié ses traits avec un charme ou une potion. Elle avait lu quelque part que ce genre de vols étaient devenus monnaie courante dans les rues de Londres. Hermione songea un instant à avertir Harry, mais se dit que ce pauvre voleur était trop nul pour être efficace, et qu'il ne représentait donc aucun danger.

Elle retournait sur ses pas lorsqu'une douleur fulgurante la saisit derrière la tête, et qu'elle s'effondra comme une poupée de chiffon dans la neige.

Hermione ouvrit les yeux dans un brouillard blanc. Elle distinguait vaguement les contours de deux personnes qui se disputaient, sans pour autant parvenir à comprendre quelque chose. Brusquement, une troisième personne entra et lui fit boire quelque chose, quelque chose qui avait un goût terrible. Hermione sentait son cœur battre fort dans sa poitrine, dans ses tempes, jusque dans le bout de ses doigts.

Puis elle recouvra ses esprits, les contours des choses se précisèrent. Elle se trouvait dans une chambre d'hôpital, probablement à Sainte-Mangouste.

« Hermione ? Tu m'entends ? C'est Ron. Pitié, dis-moi que tu m'entends ! »

Hermione essayait de parler mais aucun son ne voulait sortir de sa bouche.

« Tu vois bien qu'elle est complètement groggy Ron, laisse lui quelques minutes. Le pire est passé. Tu vois, elle va bien.

- Tu n'en sais rien Harry ! Ne me mens pas. Je sais que c'est de ma faute.

- N'importe quoi ! A moins que tu t'amuses à te balader en pleine nuit dans les ruelles sombres pour voler le sac des jeunes femmes, je doute que ce soit de ta faute.

- C'est de ma faute si elle était dehors à cette heure-là, dans cette rue. Si je n'avais pas allumé cet aspirateur, Hermione ne se serait jamais fait agresser !

- Très bien ! Blâmons l'aspirateur alors !

- Les garçons… parvint à murmurer Hermione, les faisant aussitôt taire.

- OH HERMY CHÉRIE ! pépia Ron en se penchant pour lui pincer les joues.

- Doucement Ron, tu vas lui faire mal, tenta de le canaliser Harry. »

Hermione n'avait jamais été aussi heureuse de voir ses deux meilleurs amis se disputer. Elle se redressa et regarda autour d'elle, un peu hagarde.

« Que s'est-il passé ?

- Ron t'a cherchée, comme tu n'arrivais pas. Il t'a trouvée par terre, gelée et complètement KO, à quelques rues de chez lui.

- On m'a jeté quel sort ?

- Euh… Aucun, c'est là que c'est étrange. On dirait une agression moldu. On t'a frappée avec un objet contondant. Probablement une batte de baseball, expliqua Harry.

- Oh… Et je suppose que mon sac a disparu.

- Oui, on a regardé autour mais il n'y avait rien. Je suis désolée de te demander ça, mais est-ce que tu as vu ou entendu quelque chose ? »

Hermione leur raconta tout ce qu'elle savait, et Harry fronça les sourcils à la mention d'un homme stupéfié au sol.

« Je connais la puissance de tes sorts Hermione. Si tu l'as touché, cet homme devrait toujours être immobilisé à l'heure où nous parlons. Comment aurait-il pu se relever et t'assommer ? Il y avait nécessairement une troisième personne dans cette rue. Et cette troisième personne a fait disparaitre celui qui t'avais agressée en premier lieu. »

Une lueur d'épouvante passa dans les yeux d'Hermione, ce qui n'échappa pas à Ron.

« On va tirer ça au clair. Repose toi en attendant, on a la situation en main, essaya-t-il de la rassurer.

- Tu as une idée de qui serait susceptible de t'en vouloir ? poursuivi Harry, imperturbable. »

Ron lui donna un coup de coude dans les côtes, et reprit : « Hermy s'occupera de ça plus tard. Sortons. »

Harry, un peu désorienté, suivi Ron, non sans avoir embrassé Hermione en passant. Celle-ci se laissa tomber contre ses oreillers et soupira. Elle se sentait déjà beaucoup mieux, physiquement au moins. Pour ce qui était de son moral, c'était autre chose. Après toutes ces années de vie dans l'angoisse, Hermione pensait avoir gagné le droit de sortir de chez elle sans craindre pour sa vie. Quelqu'un en avait décidé autrement.

Le bruit de la porte de sa chambre la tira de ses pensées. La peur s'immisça malgré elle jusque dans ses os lorsqu'elle vit Drago Malefoy, l'air un peu bouleversé (ce qui était incroyable venant de quelqu'un pourvu d'autant de sang-froid que lui), refermer prestement la porte derrière lui et se faufiler près de son lit. Elle ne put s'empêcher de faire le lien entre son retour abrupt en ville et son agression.

« Granger, tu vas bien ? »

Hermione ouvrit la bouche, ne sachant quoi répondre.

« Tu veux me tuer ? demanda-t-elle tout simplement.

- Pardon ? Non, ce n'est pas mon but premier, répondit-il en souriant.

- Comment sais-tu que je suis ici ?

- Ton abruti de copain rouquin m'a envoyé une beuglante il y a une heure pour me reprocher de t'avoir attiré des ennuis. »

Hermione soupira. Ron était tout à fait capable d'avoir fait ça.

« Il avait raison, n'est-ce pas ? insista Hermione.

- C'est possible. Sache que c'est totalement involontaire. »

Hermione leva les yeux au ciel. Et voilà, Malefoy débarquait et 24h plus tard elle se retrouvait à l'hôpital.

« Puisque tu es là, rends-toi utile. J'ai envie de faire pipi, ordonna Hermione sans pour autant oser regarder Drago dans les yeux.

- Et alors ? demanda-t-il d'un air dégouté

- Aide-moi à me lever, abruti. Je crois comprendre que tu me dois bien ça. »

Drago hésita un instant, se demandant probablement si le choc avait rendu Granger cinglée, puis lui tendit son bras pour qu'elle puisse s'y appuyer. La voyant en difficulté, il passa un bras autour de sa taille et la guida jusqu'aux toilettes. C'était très embarrassant pour l'un comme pour l'autre.

« Granger, c'est écrit là que tu ne dois pas fermer la porte au cas où tu aurais un malaise. »

La porte se referma sèchement devant son nez, et il s'autorisa un léger sourire. Granger allait bien, finalement.

« Qui m'a agressée, Malefoy ? lança une voix derrière la porte. »

Drago s'appuya au mur, les mains dans les poches, et réalisa qu'il allait lui être difficile de cacher plus longtemps cette partie de la vérité à Granger. Après tout, il l'avait mise en danger.

« Je ne sais pas exactement. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est en rapport avec mon père. Je suis pratiquement sûr qu'il ne la pas fait en personne, mais il a dû envoyer quelqu'un.

- Ce charmant Lucius ! Il m'a volé mon sac, et j'y tenais beaucoup. Oh, j'y suis ! Tu as écrit des choses compromettantes dans ce manuscrit et il veut le récupérer. C'est ça ? poursuivit-elle.

- En quelque sorte. »

La porte s'ouvrit brutalement sur une Hermione énervée.

« Il va falloir être un peu plus coopératif si tu ne veux pas que je raconte tout à l'auror qui va venir m'interroger, le menaça-t-elle.

- Tu ne peux pas. D'autres personnes seraient en danger, déclara Drago d'un ton grave. »

Hermione avait très envie de le frapper, de lui tirer ses petits cheveux blonds et de le traiter de tous les noms d'oiseau qu'elle connaissait, mais elle se retint. Au moins le temps qu'il la ramène à son lit. Le contact de son bras dans son dos était plutôt étrange.

« Ce manuscrit, tu en as une copie n'est-ce-pas ?

- Bien sûr.

- Ton père doit bien savoir que tu n'es pas si stupide – quoi qu'il aurait sans doute des raisons d'en douter. Pourquoi m'a-t-il volé cette clef s'il savait que le manuscrit finirait par retomber entre mes mains ?

- Pour te faire peur. Pour me faire passer un message. Il n'a pas oublié ses vieilles méthodes d'intimidation.

- Il a dû oublier que j'étais du genre coriace. Il aurait dû me tuer s'il voulait m'empêcher de publier ce livre ! »

Drago éclata de rire, ce qui vexa un peu Hermione. Certes, son envolée était un peu mélodramatique, mais elle avait prouvé son courage et estimait mériter un peu plus qu'un éclat de rire de Drago Malefoy.

« Je n'ai pas le droit d'être là, je vais y aller Granger.

- C'est tout ? Tu ne me demandes même pas si je vais avoir des séquelles, ou si je souffre, ou…

- T'es solide, tu l'as dit toi-même. Je vais pas te faire l'affront de m'inquiéter pour toi. »

Insupportable. Hermione aurait tellement aimé l'étrangler, à cet instant… Mais son corps était beaucoup trop engourdi pour pouvoir lui permettre de s'attaquer au blond.

Une infirmière entra sans prévenir, forçant Drago à reculer contre le mur du fond à tout vitesse. Par chance, elle avait les yeux baissés sur un bloc note et ne remarqua rien.

« Miss Granger, je vais devoir vous faire une piqure. Et vous allez subir une série de test, ça va prendre quelques heures. Voulez-vous aller aux toilettes avant ? s'enquit la femme, assez autoritaire.

- Non, merci je… je n'ai pas besoin. »

L'infirmière termina de prendre la tension d'Hermione et sorti de la chambre, promettant de revenir avec ses seringues. Sitôt la porte fermée, Hermione lança un regard paniqué à Drago.

« Fais quelque chose, Malefoy. Je t'en supplie, sors-moi de là. »

Elle entreprit aussitôt de descendre de son lit, rejetant les couvertures d'un coup de pied vigoureux. Une fois debout, elle vacilla un peu, et dû se raccrocher encore une fois au bras de Drago, qui s'était précipité pour l'empêcher de se faire mal.

« Tu veux que je t'aide à t'échapper d'un hôpital ? Ma parole Granger, ce coup sur la tête t'a rendue dingo !

- La ferme Malefoy, c'est ta faute si je suis ici, débrouille toi pour me faire sortir.

- Aurais-tu peur des docteurs ? la taquina Drago en l'aidant à enfiler une veste.

- Toi aussi tu en auras peur si tu ne m'aides pas à sortir tout de suite, parce que je vais te casser les dents une par une et te les faire manger, compris ? »

Hilare, Drago tendit à Hermione son écharpe. Il n'avait pas le souvenir d'avoir ri autant depuis un moment. Comme quoi, même en période de crise, il y avait toujours le moyen de s'amuser. Tout dépendait des personnes avec lesquelles on se trouvait. Ce qui ne voulait pas dire qu'il appréciait la compagnie de cette frapadingue de Granger.

« Malefoy ! Tu rêves ou quoi ? s'impatienta Hermione en claquant des doigts devant le visage du blond.

- Je t'ai toujours suspectée d'être un dictateur en puissance. Je t'aide à transplaner jusqu'à chez toi, d'accord ?

- Tu ne sais même pas où c'est.

- Je comptais sur toi pour me guider, Granger. »

Et c'est ainsi que les deux anciens ennemis s'enfuirent d'un hôpital au beau milieu de la nuit, agrippés l'un à l'autre et un peu gênés.