Nous étions en Septembre. C'était le troisième jour de fac. J'avais entamé des études supérieures dans une branche plutôt large de débouchés : le droit. Je n'étais pas certaine de ce que je voulais faire et pour tout avouer, je changeais d'objectif de métier comme de jupe. Mais cela faisait trois ans déjà que j'y étais et le temps pressait.
Je m'installai non loin du conférencier qui s'apprêtait à nous faire un monologue sur le droit public. Habituée à me trouver avec une place vide au minimum de chaque côté de moi, je fus stupéfaite, presque indignée, de voir s'installer un jeune homme à ma gauche, alors que les trois sièges suivants restaient libres.
Sans me rendre bien compte que je fusillais presque du regard l'étudiant, celui-ci m'adressa un regard provocateur, son sourire en coin démontrant bien qu'il avait bel et bien choisi cette place sciemment. A moins que ce ne fusse mon visage qui ne l'amusait...
Il sortit d'une mallette un ordinateur portable de taille moyenne sur lequel figurait un logo que je n'avais jamais vu. S'apercevant que mes yeux étaient rivés dessus, l'inconnu commença à me fixer, ce qui m'amena à le regarder. Ses iris étaient d'un bleu aussi clair que les miens, chose relativement rare. C'est ici que je m'aperçus à quel point il était bel homme. Mais pourquoi était-il venu s'asseoir près de moi ? Au bout d'une heure de pianotage sur le clavier de mon propre petit ordinateur vint la première pause.

- Je ne suis pas du tout surpris de te voir dans un cours de droit, lança le superbe étudiant, toi qui autrefois fut tourmentée à tort et lapidée, ton sens de la justice doit t'être caractéristique.
- La.. pardon ? Lapidée ? Répondis-je sans réfléchir en posant sur lui des yeux grands ouverts de surprise tandis qu'il rangeait ses affaires.
- Suis-moi dehors, m'ordonna-t-il en se levant.
- Heu, pour quoi faire ? C'est un kidnapping ? Ou un viol organisé ? Ironisai-je. Ça ne peut pas attendre après le cours ? Parce que là, tu vois, j'ai besoin de prendre ce cours. Non pas que tu n'es pas mignon, mais je ne suis pas ce genre de fille et je ne loupe...

Il me coupa la parole uniquement en posant sur moi un regard glacial, puis il me tendit une main qui me parut au contraire bien chaleureuse.

- Bon, après tout, c'est la pause...

Je capitulai en le laissant saisir ma main hésitante après avoir rangé mon outil de travail. Comme il était beaucoup plus grand que moi – je n'ai pas de compas dans l'œil mais il devait bien mesurer un bon mètre quatre-vingt cinq, quatre-vingt dix, tandis que j'approche péniblement du mètre soixante-dix – je devais faire deux pas quand il n'en faisait qu'un, le tout en courant. Quelle était la raison de cet empressement ?