Titre : After The Heart Goes
Auteur : Polomonkey
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY
OOO
Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas.
Avertissements : maltraitance sur enfant, violence, abus sexuel, vulgarité, décès dans un moindre registre.
Note de l'auteur : Cette histoire est un cadeau pour la brillante et talentueuse lovePEOPLEandCOWBOY qui a eu l'incroyable bonté de traduire plusieurs de mes fics en français. La demande était pour une histoire sur Merlin étant orphelin, et ayant eu de mauvaise expérience dans le monde de l'adoption, le conduisant à avoir une peur de l'abandon. Dés lors, il rencontre Arthur et leurs unions changeraient tout.
Veuillez tenir compte des avertissements, et de leurs déclencheurs. C'est une fiction triste, mais le système d'adoption en Angleterre est dans un état déplorable en ce moment
OOO
Le foyer pour les enfants était nommé Sycamore, cependant le panneau à l'extérieur avait été effacé et donc il avait lu Sick More à la place. Merlin ne se rappelait pas très bien de sa première nuit là bas, seulement que Tristan, l'homme qui l'avait conduit, lui avait fait une tasse de cacao chaud avant de lui montrer sa petite chambre. Il avait appris plus tard que tous les nouveaux arrivants allait dans la petite chambre, il avait seulement passé une nuit dedans avant d'être déplacé dans une chambre avec un garçon du nom de Gilli qui avait un sourire malhonnête et qui parlait dans son sommeil.
Il rencontra Gwen, son assistante sociale, le matin après son arrivée. Elle était jolie, une femme souriante dans une robe jaune qui avait dû retirer beaucoup de papiers d'une chaise avant que Merlin puisse s'asseoir à son bureau. Il présuma qu'elle travaillait là, mais il découvrit plus tard que c'était le bureau de Geoffrey, l'homme qui courait dans tout Sycamore, et que Gwen ne vivait pas dans le foyer avec eux comme le faisaient Tristan, Elena ou Vivian.
Elle essaya de lui parler de Gaius mais il ne voulut pas. Ce n'était pas comme pour sa maman cette fois-ci, il savait que Gaius ne reviendrait pas, et ça lui faisait plus mal qu'il ne le laissait entendre, alors il resta silencieux et insensible.
Elle le laissa s'en aller finalement, et il courut vers Elena, qui insista pour lui faire ce qu'elle appelait le 'grand tour'. Elle le présenta aux autres enfants au passage, cependant il n'avait toujours pas retenu les noms au bout d'une semaine. Dans le salon, il y avait Sophia, une fille maussade de 14 ans qui regardait la télévision à côté d'une fille aux cheveux sombres du nom de Freya. Sophia le regarda à peine, mais Freya lui fit un petit sourire et un signe de la main. Dans la cuisine, il y avait une partie des plus petits, Gavin, Kara, Rose et Tom, allant d ans, en train de faire des pâtisseries avec Tristan. Elena le mena dans l'arrière cour, avec une parcelle de pelouse usée au centre et une balançoire jaune. Une fille qui semblait cruelle, avec des mèches bleues dans les cheveux, se balançait en écoutant de la musique avec ses écouteurs. Elle fit brièvement un signe de tête à Merlin, et Elena l'informa qu'elle s'appelait Nimueh et qu'elle venait d'avoir 15 ans.
« Elle aboie plus qu'elle ne mord, » dit Elena dans un murmure, et Merlin rougit car Nimueh les observait d'un regard noir. Elena l'emmena à l'intérieur et elle l'aida à déménager ses affaires dans sa nouvelle chambre. Le garçon qui dormait sur le lit du bas se présenta comme étant GIlli, et Elena les laissa avec un « faites connaissance l'un avec l'autre. »
« Tu as quel âge ? » Demanda Gilli quand ils furent seuls.
« Dix ans, » répondit Merlin, essayant de contenir les tremblements dans sa voix. La torpeur qu'il avait ressenti plus tôt s'atténuait, et soudain, il était terrifié à l'idée de vivre ici avec toutes ces autres personnes qu'il ne connaissait pas.
« J'ai 14 ans. Tu as rencontré les autres ? »
Merlin hocha la tête.
« Ils sont bien pour la plupart. Sophia est parfois une garce, et Nimueh est effrayante si tu entres dans son jeu, mais ils ne t'ennuieront pas. Cependant, Alvarr et Val sont les pires, tu devras apprendre à ouvrir les yeux. »
« Je ne les ai pas rencontré, » dit Merlin, ses pulsations s'accélérant déjà à l'idée qu'il avait déjà des ennemis dans cet endroit.
« Je suis plus vieux qu'eux alors ils ne m'embêtent pas trop, mais ils aiment tomber sur les nouveaux. »
Merlin ravala une boule dans sa gorge, et Gilli dut le remarquer car son visage s'adoucit légèrement.
« Ne t'inquiète pas gamin, je surveillerais tes arrière. »
Merlin essaya de lui sourire pour le remercier, mais tout ce qu'il voulait faire c'était pleurer. Il grimpa en haut du lit superposé car il n'avait rien de mieux à faire. Il se recroquevilla sur le côté et traça du doigt un nom gravé sur le côté du lit.
« Qui est Ethan ? »
Il y eut une légère pause.
« Il avait ton lit. »
« Où est-il ? »
Il y eut un autre silence.
« Je te le dirais plus tard, » répondit finalement Gilli. Mais plus tard n'arriva jamais, et au final, c'est Val qui lui raconta de façon très exaltée, un mois plus tard, qu'il dormait dans le lit d'un garçon mort.
OOO
Il était à Sycamore depuis plus d'un an quand il rencontra pour la première fois Léon et Mithian.
Assez souvent, le foyer était ouvert pour les gens qui s'intéressaient à être famille d'accueil, ou pour l'adoption. Val et Alvarr appelait ça le marché aux bétails, et ils souriaient avec mépris en refusant d'y participer, mais Merlin aimait ça. Tristan faisait beaucoup de gâteaux, de sandwichs, et il les installait sous un chapiteau dans le jardin entre les jeux et les activités. Gilli lui avait déjà expliqué que la plupart des gens cherchaient des petits enfants, et qu'il ne devait pas s'attendre à rencontrer l'un d'eux, pourtant il ne pouvait s'empêcher d'espérer. Il s'habillait toujours avec ses plus beaux vêtements et il essayait de coiffer ses cheveux avec de l'eau dans l'espoir d'attirer l'attention de quelqu'un. En une année, il avait appris à vivre au foyer, mais il ne voulait pas rester là. Il voulait encore faire partie d'une famille.
Comme d'habitude, l'attention de la plupart des visiteurs était focalisé sur les plus jeunes, mais Merlin traînait dans le coin en essayant d'avoir l'air sympathique en se comportant bien. Il tripotait la table de mini foot quand quelqu'un s'assit près de lui.
« Bonjour. Tu as envie de jouer ? »
Celui qui avait parlé était un homme avec des cheveux ondulés et une barbe hirsute. Il avait un sourire marqué et Merlin lui sourit automatiquement en retour.
« D'accord. »
« Je suis les rouges alors, » dit l'homme, en prenant la balle sous la table. « Je suis Léon en fait, c'est quoi ton nom ? »
« Merlin. »
« Quel nom formidable ! Je n'ai jamais rencontré de Merlin auparavant. »
Ils jouèrent pendant une minute ou plus, concentrés sur le jeu, et Léon encourageait Merlin quand il marquait
« Tu es supposé célébrer mes goals ? » Ne put s'empêcher de demander Merlin, alors Léon lui fit un clin d'œil.
« J'apprécie simplement l'esprit sportif. »
« Il ment, » dit une femme derrière eux. « Tu devrais l'entendre quand je le bats au Jenga. »
Une petite femme dans une robe d'été blanche s'assit à côté d'eux et Léon lui sourit largement.
« Merlin, c'est Mithian, ma femme adorée. Qui ne m'a jamais battu au Jenga, de toute façon. »
« Bonjour Merlin, » dit Mithian. « Quel joli nom. »
« C'est ce que je lui disais, » sourit Léon.
Merlin rougit légèrement, pas habitué à autant d'attention de la part des adultes.
« Alors, tu as quel âge Merlin ? » Demanda tendrement Mithian.
« Onze ans, » répondit Merlin. « Quel âge avez-vous ? »
Mithian et Léon rigolèrent comme si il avait dit quelque chose de drôle.
« J'ai 33 ans, » répondit-elle, « et ce grand dadais à 37 ans. »
« Toi-même, » répondit Léon. « Tu as interrompu notre partie. »
« Oh, je suis désolée, continuez, » répondit Mithian, et elle s'assit pour les regarder, félicitant Merlin à chaque fois qu'il marquait, en se moquant en prime de Léon.
Merlin passa la reste de l'après midi avec eux, et quand arriva le moment de s'en aller, Léon partit pour discuter avec Gwen tandis que Mithian resta avec Merlin. Et lorsqu'il revint, il dit :
« C'était super de te rencontrer, Merlin. Nous aimerions vraiment te revoir, si tu en as envie ? »
Merlin acquiesça rapidement.
« Ouais, ça serait…ouais. »
Ils lui sourirent largement tous les deux, en promettant d'arranger une visite pour bientôt. Quand ils partirent, Gwen vint lui demander si il les avait apprécié.
« Ils sont gentils, » répondit-il.
« Et tu aimerais les revoir ? »
« Ouais. »
« Bien, » dit Gwen en serrant son épaule avant de lui tendre le dernier morceau de gâteau.
Il vit beaucoup Léon et Mithian après ça. Ils venaient les week-ends, pour se promener dans les parcs, ou aller au zoo, ou visiter des fêtes foraines locales.
Un jour, Gwen l'arrêta pour avoir une conversation.
« Tu passes du bon temps avec eux, alors ? »
« Ouais, c'est vraiment bien. »
C'était ce qui lui était arrivé de plus agréable depuis la mort de Gaius. Léon et Mithian étaient si naturels, et ils semblaient vraiment l'aimer. Il passait toute la semaine à attendre leur visite.
« C'est super, Merlin. Parceque j'ai déjà parlé avec eux, et ils aimeraient se renseigner pour l'adoption, si tu veux d'eux. »
Dans un premier temps, Merlin ne put plus parler. Ça semblait tellement irréel, le saint graal que tous les enfants de Sycamore voulaient, et il ne savait pas ce qu'il avait fait pour le mériter.
« Merlin ? »
« Oui, » murmura-t-il, submergé. « Je le veux vraiment. »
Gwen s'illumina, et elle le prit dans ses bras.
« Fantastique ! Maintenant, tu sais que ce n'est pas un processus instantané, ces choses prennent du temps et nous voudrions d'abord que tu passes quelques week-ends là-bas. Et ils seront évalués… »
Merlin n'écoutait déjà plus. Il était en train de penser à sa nouvelle vie, vivre avec Léon et Mithian, avoir une maison à lui, des parents à lui…
Ce fut seulement un mois plus tard que tout s'écroula.
Il était sur le point de passer son premier week-end avec eux, et il avait fait et défait ses valises toute la journée. Et lorsqu'il vit leur voiture, il avait couru dehors, et il vit que Gwen était avec eux, ce qui n'avait aucun sens.
« Allons tous dans le bureau, » dit Gwen quand elle le vit, et sa voix était inhabituellement calme.
Il se disait que ça devait être à cause de documents ennuyeux, ou un truc du genre, mais lorsqu'ils s'assirent tous, il remarqua que Mithian et Léon semblaient étrangement sinistre.
Mithian fut la première à briser le silence.
« Merlin, nous avons…nous avons des nouvelles. »
Elle inspira profondément, et Léon prit sa main dans la sienne.
« Je ne pense pas que nous l'avions mentionné, mais nous avons essayé d'avoir un enfant pendant plusieurs années. J'ai eu beaucoup de traitements différents, mais au final les médecins ont dit que ça ne marcherait pas. »
Elle s'arrêta, elle semblait chercher ses mots. Léon prit la relève.
« Mais nous sommes allés chez le médecin hier car Mithian était très malade, et il s'avère qu'elle est enceinte de 3 mois. Ce sont des jumeaux, ce qui arrive fréquemment après ce genre de traitement… »
Il traîna.
Merlin ne comprenait pas pourquoi ils parlaient si sérieusement. Est-ce que ce n'était pas une raison de se réjouir ?
« C'est vraiment super, » dit-il, et pendant un moment une image de lui en tant que grand frère lui traversa l'esprit, tenant un bébé dans chaque bras. Il avait toujours voulu un frère ou une sœur.
« J'aime les bébés ! » Répondit-il avec enthousiasme, parcequ'il semblait qu'ils s'inquiétaient de sa réaction à propos de la nouvelle, mais rien ne pouvait être plus loin que la vérité.
Et ils semblaient si tristes.
« Merlin, nous voulions vraiment t'adopter car nous voulions vraiment une famille, et qu'on t'aimait beaucoup, » dit doucement Mithian. « Mais, maintenant que j'attends deux bébés, nous pensons que ça sera trop difficile de s'occuper d'eux et de toi en même temps. »
Merlin ne comprenait pas.
« Alors…J'imagine que vous n'allez pas abandonner les bébés ? »
« Non, » répondit lentement Léon. « Ça veut dire…ça veut dire… »
Il semblait qu'il ne pouvait plus continuer et Gwen entra dans la conversation.
« Merlin, je suis tellement navrée, mais Léon et Mithian ne seront pas en mesure de t'adopter. »
Merlin cligna des yeux.
« Quoi ? Parceque…parceque ça serait de trop ? Mais je viens de dire que j'aimais les bébés. Je m'occuperais d'eux tout le temps, je pourrais vous aider. Gwen, est-ce que je ne m'occupe pas de Kara et Gavin tout le temps ? »
« Si, Merlin mais… »
« Et vous n'aurez pas besoin de perdre du temps avec eux pour vous occuper de moi, je peux me débrouiller tout seul. Je n'ai même pas besoin d'avoir une chambre, je peux dormir par terre dans la chambre des bébés, et comme ça si ils se réveillent pendant la nuit, je pourrais les aider. Vous n'aurez même pas à vous lever. »
« Merlin… »
« Vous n'aurez même pas à m'acheter des affaires, ou à me sortir, ou peu importe. Vous ne verrez même pas que je suis là, je le promets ! »
« Merlin- »
« Je vous en supplie, adoptez moi. Je vous en supplie. »
Merlin se moquait bien du fait qu'il était en train de supplier à présent, tout ce qu'il pouvait voir était que les choses lui échappaient, et pour une raison stupide. Il était formidable avec les enfants, il ne serait pas un tracas. Il devait juste leurs faire comprendre.
Mithian était en train de pleurer à présent, et Léon avait un bras autour de ses épaules, semblant également proche des larmes. Gwen se leva pour s'agenouiller près de Merlin.
« Ce n'est pas possible, » murmura-t-elle dans son oreille, et il y avait un air de finalité auquel Merlin ne pouvait échappé.
Il ne pleura pas. Il sentit tout son corps se raidir, comme si il se transformait en pierre. Léon et Mithian était en train de s'excuser mais il ne voulait pas les écouter.
« Nous voulons toujours te voir Merlin, » dit désespérément Mithian. « Nous pouvons toujours faire des sorties le week-end. Et quand les bébés seront nés, tu pourras être comme leur grand frère, et venir jouer avec eux. »
« Je peux y aller ? » S'entendit demander Merlin à Gwen, et sa voix sembla très distante.
« Merlin écoute- »
Merlin prit son sac et il sortit du bureau, en ignorant les voix qui l'appelaient. Il partit dans sa chambre pour déballer lentement ses affaires. Il avait l'intention de grimper dans son lit pour se coucher, mais il ne put pas trouver la force, alors il se coucha simplement par terre. Gilli le trouva ainsi plus tard, et il le souleva, pour le coucher dans le lit du bas. Il essaya de lui remonter le moral en lui montrant les magazines cochons qu'il avait acheté, mais Merlin ne fut pas intéressé. Finalement, Gilli le borda dans propre lit et il le laissa dormir jusqu'au dîner.
La rumeur se répandit ensuite, et il ne pouvait pas supporter le regard sympathique que Freya et Tristan lui faisait. Ensuite, Val fit des commentaires exaltant à la table, disant que Merlin était bon pour la casse, et donc Gilli lui enfonça la tête dans son assiette, si fort que le nez de Val commença à saigner. Gilli entra dans une dispute, et Merlin utilisa le vacarme pour s'éclipser. Il aurait dû se montrer reconnaissant de ce que Gilli avait fait pour lui, mais ça confirmait simplement qu'il était l'un d'eux à présent, un môme de Sycamore, encore et toujours.
Léon et Mithian le réclamèrent durant plusieurs week-ends, mais il refusa de sortir pour les voir, et après quelques mois ils arrêtèrent d'essayer.
OOO
A suivre… Je n'ai jamais autant pleuré en traduisant une fiction !
