Bonjour,

je ne comptais pas développer cette histoire, mais j'ai quelques idées, qui j'espère vous plairont, et qui m'ont décidé à me lancer.

J'ai quelques chapitres d'avance, du coup j'essaierai de publier aussi régulièrement que possible.

Bonne lecture


Seirin

Terrain d'entraînement

Kuroko s'avance sous le regard de toute l'équipe et à cet instant tous y vont de leur hypothèse sur la fameuse soirée des anciens de la génération miracle. Parce qu'apparemment elle avait laissé des traces, pensent-ils en voyant Kuroko encore plus pâle que d'habitude.

- Hé, Kuroko ! s'exclame Kagami. T'as pas dormi de la nuit ou quoi ?

Kagami aurait juré voir les joues de Kuroko rougir un peu avant qu'il ne le regarde de son air impassible habituel. Son regard n'a pas changé mais il est encore plus pâle que d'habitude.

- Momoi avait préparé à manger et à boire, dit Kuroko comme si c'était une excuse.

- Et ? demande Kagami en se rendant compte que sa petite conversation intéressait plus qu'elle n'aurait dû toute l'équipe.

- Ben à côté de Momoi, la coach c'est un cordon bleu, dit Kuroko.

Une phrase qui aurait fait reculer les plus braves. Et qui lui vaut les regards compatissants de toute l'équipe et une œillade meurtrière de Riko.

- Je crois qu'aujourd'hui on va doubler, non tripler l'entraînement ! dit-elle avec un sourire particulièrement sadique.

Alors que toute l'équipe commence les tours de terrain, Riko agrippe Kuroko d'une main, l'obligeant à s'assoir à ses côtés. Son œil avisé le scrute, Kuroko peut presque voir les chiffres défiler sous ses yeux alors qu'elle l'ausculte.

- Est-ce que ça va Kuroko ?

Décidément, rien n'échappe à son regard acéré.

- Un peu fatigué, rien de grave, répond Kuroko de sa voix habituelle.

Un mensonge qui ne lui échappe pas mais qu'elle décide de lui pardonner. Pour le moment.

A vrai dire, la tête de Kuroko est tellement encombrée par ce qu'il s'était passé hier qu'il ne sait pas trop comment il se sent. Mais pas bien, ça c'est sûr.

Les paroles qu'il avait échangées avec Kise.

La nuit qu'il avait passée.

Son seul souvenir lui coupe le souffle.

Comme toujours, son ancien équipier ne cessait de le décontenancer. Il n'avait même pas l'excuse d'avoir trop bu car il n'avait fait que tremper les lèvres dans son verre avant d'en verser le contenu dans l'évier ne voulant pas tester un cocktail fait par Momoi. Et vu l'effet qu'il avait eu sur Aomine qui s'était mis à rigoler bêtement à tout ce qu'il avait pu dire, il avait eu plus que raison. Il devait être sacrément corsé.

Et quand Aomine avait renversé son deuxième verre sur lui, la seule odeur qui s'élevait de la boisson avait suffi à lui monter à la tête.

Puis Momoi l'avait retenu un peu trop longuement, c'était presque étrange et il s'était retrouvé avec Kise. Et là les choses avaient commencées à devenir pour le moins bizarres.

Kise était comme toujours en train d'alterner les phrases aussi sincères que déconcertantes et ces moments où il le prenait pour un petit et adorable ours en peluche. Sérieusement !

- Kuroko ?

Kuroko sursaute en voyant Kagami se planter devant lui.

- Hé les gars, se tourne-t-il vers l'équipe tout fier, j'ai fait sursauter Kuroko !

Une exclamation qui lui vaut quelques rires et sourires complices parmi l'équipe.

- Kagami kun !

- T'es vraiment pas en forme aujourd'hui. Qu'est-ce qui s'est passé pendant votre petite soirée ?

Kuroko n'a pas de mal à sentir la pointe amère que Kagami ressent lorsqu'il parle de cette soirée où il n'avait pas été convié.

- J'ai parlé avec Kise kun et c'est la première fois qu'on a eu une vraie discussion et c'était pour le moins déroutant, dit-il.

- Déroutant, reprend Kagami, comment ça déroutant ?

- J'ai l'habitude de toujours bien cerner les gens avec qui je parle. En développant mon basket, j'ai appris à observer les personnes autour de moi, comprendre leurs réactions. Mais avec Kise, c'est comme si j''avais perdu tous mes repères habituels. A chaque fois que je pense avoir compris quelque chose, il part dans un sens complètement opposé.

Kagami observe avec étonnement son ami.

Premièrement parce qu'un si long discours de sa part est inhabituel. Et aussi parce qu'il a du mal à cacher toutes les questions qui lui traversent l'esprit et de la part de Kuroko, une telle débauche d'émotions, c'est vraiment extraordinaire.

Et enfin, les intentions de Kise ne sont-elles pas évidentes…

Sérieusement, il n'y a pas besoin d'être un expert de la psyché humaine pour comprendre. Comment Kuroko peut-il être aussi aveugle ?

- Au collège, je n'avais vraiment pas l'habitude qu'on prête tant attention à moi et j'ai toujours cru que c'était pour ça que je n'arrivais pas à lire en lui comme les autres.

- D'après ce que j'ai compris de tes années à Teiko, c'est pas complètement vrai, dit Kagami abruptement.

Kuroko lui retourne un regard blanc plein d'interrogations silencieuses.

- Momoi était toujours collée à toi, au moins autant que Kise. Et pourtant ça ne t'as jamais empêché de lire en elle comme les autres.

Kagami ne lui laisse pas le temps de s'étonner plus longuement de cette révélation :

- Je crois que Kise a toujours eu une place un peu à part parmi tes anciens coéquipiers pour toi. C'est ton rival et je ne crois pas que tu te serais levé tout seul en criant comme ça au milieu de la foule pour l'encourager comme tu l'as fait quand il était au plus bas face à Haizaki pour n'importe qui d'autre.

- Je crois en tous mes anciens équipiers, proteste Kuroko.

- Mais c'est le seul que tu ne peux pas déchiffrer.

- Et ?

- Je sais pas, c'est toi l'expert…

Parce que franchement, ses intentions sont plus que claires, pense Kagami.

- Tu penses que le problème viendrait de moi ? Mais pourquoi ?

- Pourquoi ? Je pense que c'est là la vraie question.

Mais pour y répondre, il va falloir que tu sois honnête envers toi-même Kuroko, pense-t-il.

- Bon Kuroko, on le commence cet entraînement ?

Kuroko relève la tête, prêt à brûler sa nervosité sur le parquet et prend une longue inspiration.

- Kagami, je crois que je suis prêt pour ma nouvelle technique.

Kagami se retourne des étoiles dans les yeux. Il savait que depuis quelques temps Kuroko travaillait sur une nouvelle passe qu'il pourrait utiliser quand son jeu de l'ombre ne fonctionnerait plus.

Et à cet instant, il est sûr d'une chose, ça allait être époustouflant.


Terrain d'entraînement de Kaijo

Kasamatsu observe Kise du banc.

Sa petite réunion avec ses anciens équipiers avaient laissé ses marques et il n'avait pas dû beaucoup dormir. Mais elle lui avait aussi donné un regain d'énergie terrifiant. D'ordinaire, Kise était déjà dur à suivre. Mais aujourd'hui, c'est insoutenable. Pour lui comme pour toute l'équipe.

- Kise !

La balle encore dans les mains, il avale la distance les séparant en quelques enjambées, un sourire étincelant sur le visage.

- Le coach veut nous voir.

- J'arrive.

Ils se dirigent vers la salle du club où le coach les attend et Kasamatsu ne peut s'empêcher de remarquer :

- A te regarder, t'as l'air de pas avoir fermé l'œil de la nuit.

- Si seulement, dit-il avec un sourire en coin en repensant à la façon dont il avait lutté contre le sommeil jusqu'au bout pour profiter au maximum de la chaleureuse présence d'un Kuroko assoupi et adorable entre ses bras.

- C'est marrant, je vous imaginais pas vraiment du genre à vous amuser comme des fous toute la nuit.

Kise pouffe de rire en repensant à leur première réunion pour fêter son passage chez les titulaires. Manger des glaces à l'eau devant une supérette, des glaces qu'il avait dû lui-même offrir…

- C'est sûr, la génération miracle a des façons très particulières de fêter un évènement, dit-il en se rappelant quand même qu'il s'était rapidement fait avoir par l'atmosphère désarmante qui se dégageait de leurs petites réunions après l'entraînement.

- Je trouve ça toujours aussi déroutant, dit Kasamatsu comme s'il se parlait à lui-même.

- Déroutant ?

- Tu parles rarement de la génération miracle, dit-il, alors que t'es pas du genre à ne pas te vanter quand t'en as l'occasion. Bien sûr, on sait tout de ton admiration sans borne pour Kuroko, même des détails dont on se passerait pense-t-il, et d'Aomine mais les rares fois où tu parles de la génération miracle, c'est comme si tu t'excluais du groupe.

- A vrai dire, Kise n'y avait jamais réfléchi :

- C'est sûrement parce que je suis arrivé en dernier et que j'étais de loin le plus faible d'entre eux. Je commençais juste le basket et j'ai jamais vraiment eu l'impression d'avoir gagné ma place.

- C'était vrai alors, dit Kasamatsu pas vraiment étonné, tu as réellement commencé le basket en deuxième année. Mais raconte-moi, j'avoue que suis curieux de savoir ce qu'il s'est passé lors de votre petite réunion pour te motiver comme ça.

Kasamatsu soupire, le sourire que lui renvoie Kise justifie à lui seul toutes les couvertures qu'il avait pu faire en tant que mannequin.

- La soirée a commencé de façon désastreuse mais j'ai enfin obtenu une réponse que j'attendais depuis longtemps. Ce n'était pas vraiment ce à quoi je m'attendais, non en fait c'était mieux encore, dit-il alors que son regard s'embrase comme lorsqu'il se trouve face à un adversaire à sa taille sur le parquet.

- Une réponse ?

Mais le coach les attend et il n'a pas le temps de finir sa conversation. Mais à cet instant, il sait que la seule personne au monde capable d'allumer cette lueur qui tremble dans ses yeux n'est autre que le joueur fantôme de Seirin.

- Kasamatsu, Kise, dit le coach. Je vous charge de transmettre ma demande à l'équipe de Seirin. Je souhaite organiser une partie d'entraînement contre eux avant la fin de l'année où Kise aura le rôle de capitaine.

- Hein ! s'exclame Kise.

- Je comprends, dit Kasamatsu. C'est ma dernière année Kise. Il faudra bien quelqu'un pour reprendre les rênes l'année prochaine.

- Mais j'ai rien d'un capitaine ! s'exclame Kise. Je suis incapable d'assurer ce rôle.

- Au début de l'année, je ne t'aurais même pas envisagé à ce poste, dit le coach. Mais depuis notre défaite face à Seirin, tu as changé. Ton basket est devenu une arme au service de l'équipe, tu as pris conscience de ton rôle et de celui des autres. Il y a encore beaucoup d'immaturité dans ta façon de jouer, mais je ne suis pas aveugle au point de ne pas voir ton potentiel. Mais ne t'enflamme Kise, ce sera un test, dit le coach, mais je pense que c'est un juste retour des choses qu'il se fasse face à cette équipe.