Finalement, le prologue est vraiment très court. La culpabilité étant trop forte... Allez. Bonne lecture !
// Chapitre 1 : Une histoire de môme.
5 ans plus tôt - Poudlard
- Je ne suis pas amoureux. Non, je ne suis pas..." Répéta Harry Potter à voix basse, les yeux fous, une feuille chiffonée dans le creux de la main. Il avait 16 ans et, même s'il admettait le desert affectif qu'était sa vie, il ne pensait pas pouvoir accepter CA. Ses hormones lui jouaient des tours, c'était simplement évident.
Le garçon secoua la tête et jeta sa feuille au coeur des flammes de la cheminée. Il détruisait les preuves, simple prudence, si on découvrait qu'il aimait...
- Je ne suis pas amoureux, je ne suis pas amoureux." Se corrigea t-il rapidement. "Ca n'est pas quelque chose de possible ou raisonnable."
C'était un peu comme s'il tombait du jour au lendemain sous le charme de Voldemort. C'était improbable. Bien, comparer Voly et...
- Non, arrête de penser. Arrête de penser putain."
Le jeune homme se leva et ôta la bulle de silence qui l'entourait. Il était plus d'une heure du matin, par conséquent, cette foutue bulle ne servait à rien, mais... prudence quand même.
Harry lança à Remus un regard las. Ce dernier hésita une fraction de seconde avant de se racler la gorge et briser le silence.
- Une chose que tu voudrais me dire Harry ?"
Se triturant les mains, le jeune homme sembla peser le pour et le contre.
- Et si Sirius pouvait revenir..."
- Il ne peut pas Harry." L'interrompit doucement Remus. "Je sais que c'est dur pour toi mais il faut que tu te rendes à l'évidence..."
- NON !" Harry leva une main, le coupant court. "Ecoute moi. Si il peut revenir mais que personne ne lui dit comment faire ? Si tout le monde est trop bien là bas et que personne ne veut lui dire comment on revient et que..."
Remus ferma les yeux, presque accablé. Harry divaguait. La perte de Sirius lui faisait aussi mal, sinon plus, qu'à Harry. Pourtant, il savait qu'il ne fallait pas que Harry s'enchaîne à des idées aussi saugrenues, il fallait qu'il accepte et continue à vivre. Comme lui. Ou, si possible, mieux que lui...
- Sirius est mort, Harry... Ne fais pas comme Severus, ne tombe pas dans ce cercle vicieux..."
- Quel rapport avec ce connard ?!" Hurla Harry, furieux. "Je te parle de Sirius ! Pas d'un bâtard sans coeur qui rêve sûrement de détruire toute notre putain de planète !"
Remus se leva et ferma les yeux de dépit avant que sa main ne vienne claquer contre la joue de l'adolescent, le calmant aussitôt.
- Ecoute moi attentivement." Déclara le lycantrope en profitant du choc du survivant. "Severus est peut-être un batard, mais il a lui aussi perdu un être cher. Sa soeur, probablement en vie mais dont il n'a plus de trace. Est-ce que tu as envie de ruminer à propos de Sirius et de cesser de vivre ? Maéra est à Snape ce que Sirius est à toi. Alors cesse de penser à Sirius, ne ressasse pas, ne deviens pas -toi aussi- un prétendu bâtard renfrogné. Compris ?"
Remus observa tristement une larme couler sur la joue droite de la lumière du monde sorcier. Le jeune homme se leva, refusant de croiser son regard, et se dirigea vers la porte.
- Mes rêves me l'ont dit Remus, ils ne mentent pas."
Harry observa une dixième fois le morceau de parchemin plié dans sa main. Il avait mis une nuit entière à écrire cette lettre, hésitant sur les tournures de phrases, incertain quand à ce qu'il pourrait y écrire. Incertain quand à l'intelligence d'un tel geste... Il savait pourquoi il l'écrivait, évidemment. Il l'avait accepté.
Il était amoureux. Il avait besoin de conseil. Il voulait réussir là où Severus Snape avait échoué.
C'était sa troisième tentative. Hedwige était déjà revenue avec la lettre deux fois, visiblement furieuse de ne pas en trouver le destinataire. Mais Harry Potter avait foi en sa magie, et surtout une confiance totale en l'intelligence de sa chouette. Hedwige était la meilleure.
Le garçon apposa un sortilège repousse moldu sur l'enveloppe, ainsi qu'un ou deux autres sortilèges trouvés à la bibliothèque. Il avait dû y aller de nuit pour éviter une syncope à Hermione...
- J'ai confiance en toi Hedwige." Chuchota t-il en attachant l'enveloppe aux serres de l'animal. "Je sais que tu la trouveras. J'ai confiance."
Le jeune homme caressa les plumes de l'animal avant de se figer.
Il reconnaissait ce son de cape frôlant le sol.
- On manque d'amis Monsieur Potter ? Parler à votre chouette n'y changera rien, en revanche, vous remplir la citrouille vous servant de crâne d'un peu d'intelligence..."
- Va Hedwige." Chuchota une dernière fois Harry avant d'oser faire face à son professeur des potions. "Bien sûr, Monsieur..."
Au loin, Hedwige disparut à l'horizon, une lettre fermement tenue dans ses serres. Sur l'enveloppe, le nom de Maéra Snape brilla...
Cher Harry,
Je peux te tutoyer, n'est-ce pas ? Je ne crois pas te connaître, et d'après ta lettre, toi non plus. Alors, comme tu l'as fait, je vais me présenter aussi. Enchantée Harry Potter, je suis Maéra Snape...
Harry s'autorisa un sourire. Hedwige l'avait trouvé.
Elle avait répondu...
Harry posa la dernière lettre de Maéra dans sa table de chevet, au dessus de la pile de lettres déjà présentes. Il éloigna le pincement au coeur qui lui disait qu'il était un monstre de cacher ça à son professeur de potions, vérouilla son tiroir, attrapa un parchemin vierge, une plume, de l'encre, et s'attela à répondre une fois encore à sa nouvelle amie.
Chère Maéra,
Est-ce que tu m'as bien proposé de passer Noël chez toi ? Ca serait avec plaisir...
Privet Drive
Il allait passer une semaine chez Maéra. Harry en était très heureux, et, si le fait qu'il doive aussi -du coup- se taper une semaine chez les Dursley n'avait pas été une aussi triste chose, il en aurait bondit de joie. Maéra Snape était visiblement bon vivant, gentille et... bien loin de Severus Snape en fait. Elle semblait presque être l'amie parfaite. Si ce n'est que personne dans l'entourage du survivant n'était au courant de leur étrange amitié. Ni même du fait qu'il ait réussit à entrer en contact avec la jeune femme... et ceci, sur l'ordre de la dite jeune femme elle-même.
Ceci dit, pour le moment, Harry Potter était loin d'être chez Maéra Snape. Non, là, il était simplement assis sur un divan, à côté de Dudleychounet, à attendre il-ne-savait-quoi....
Une surprise.
Les surprises le terrorisait... en particulier celles venant des Dursley...
Pétunia et Vernon entrèrent dans le salon, tout sourire, dégoulinant de bonheur.
- Dudley, tu es prêt ?" Questionna Pétunia. Harry ne se renfrogna même pas à l'idée d'être ignoré. "Mon chéri, nous te présentons ton..."
Vernon se décala et laissa apparaître un chétif petit gamin visiblement complètement perdu dans son costard trois fois trop grand.
-... nouveau petit frère. Jemmy."
Putain de merde.
Le bonheur des Dursley n'avait duré qu'un jour et demi. Visiblement stimulé par les ondes magiques d'Harry, le môme n'avait pas tardé à faire voler ses jouets dans toute la pièce.
C'était une catastrophe.
Affolés, Pétunia et Vernon n'avaient trouvé qu'une solution à leur nouveau problème.
- Mais je ne peux pas !" S'indigna Harry.
- Ca ne se refuse pas !" Vernon lança le pauvre enfant sur Harry qui le receptionna tant bien que mal. "Un cadeau de noël ne se refuse jamais !"
- Mais c'est un môme !" Harry était paniqué, comment pouvait il gérer un môme, LUI ?! "On offre pas un enfant !"
- Ne discute pas ! Pars et emmene le avec toi, où tu veux, ou je le jette avec les poubelles, tu as compris ?!"
Ah oui... quand même.
Londres
- J'peux pas croire que je sois entrain de me les peler sur un trottoir de Londres, avec un môme de trois ans qui couine."
Harry reserra sa prise sur le môme et frissonna. A noël, il fait froid. Non, à noël il fait même pire que froid.
- A FROID."
- Je t'ai déjà mis 4 PULLS !" S'écria Harry.
Il n'avait vraiment plus la force d'aller ouvrir cette foutue valise pour en sortir un 5eme. Lui-même n'avait qu'un pull sur lui, troué soit dit en passant. C'était une horrible situation. Presque plus horrible que d'avoir à faire face à Voldy. Vraiment. Le gamin n'avait plus les cheveux bleus/gris mais blancs (woua, cool, un noël blanc !), ils n'avaient absolument rien à manger et ne savaient pas où aller.
La totale.
Heureusement, Pétunia avait accepté de passer à Harry toutes les affaires achetées pour le môme, avec une jolie valise en plus.
...
Non, je plaisante, il les lui avait volé en feintant faire sa propre valise. La seule chose qu'elle lui avait cédé était quelques papiers du petit où (évidemment) n'apparaissait pas le nom des Dursley.
- Bah les mômes, qu'est-ce qu'on fait là ?"
Harry remercia sa bonne étoile (les trois quart du temps en vacances, notons le) et resserra l'écharpe du petit. Un clochard les avait accepté dans son petit coin de pont et leur avait même prêté une couverture moisie pour dormir. Puis, après qu'Harry ait raconté (et réarangé) leur histoire, le vieux Raph avait fait appel à ses amis clodos pour les aider.
Du coup, en plus d'avoir deux sublimes boites de conserve à manger, Jemmy et Harry avaient assez pour se payer le voyage en bus jusqu'à chez Maéra.
"Des mômes comme vous devraient pas s'retrouver ici." avait dit le vieux Raph. "Pas comme nous."
Dites ça au Dursley.
- A faim." Signala mollement Jemmy, assis sur la banquette à côté.
-.... des raviolis ?"
On fait avec ce qu'on a...
-A la prochaine-
