Voilà le deuxième chapitre ! Merci Taste Paradise Coconut Rei pour ta review, c'est gentil :-) Bonne lecture !
Callie POV
"Wake up in the morning feeling like P Diddy
Put my glasses on, I'm out the door…"
- Miss Torres ! Pour la dernière fois, taisez-vous !
Je sursautai, je ne pensais vraiment pas m'être mise à chanter à voix haute.
- Pourquoi ? Ca égaye le cours…
- Pardon ? me demanda le prof d'économie.
- Ca égaye le cours, monsieur.
Sans vraiment comprendre pourquoi, je me retrouvai une fois de plus en retenue. Je passais le reste de l'heure à maudire ce prof, à chaque fois il trouvait une bonne excuse pour me virer. Dépitée, je passai le reste de l'heure en retenue. Cette fois-ci, j'étais seule avec le surveillant. Je n'y suis restée même pas 20 minutes, jusqu'au début du cours suivant, mais ce furent 20 minutes particulièrement longues. Je m'emmerdais royalement. Lorsque la sonnerie sonna, je courus presque en disant un vague salut au surveillant et me dirigeai vers le cours d'espagnol. Le seul cours vraiment intéressant à mes yeux. Du moins, le plus intéressant, et le plus compréhensible.
- Salut Callie !
Je rejoignis Addison et lui racontai ce qu'il venait de se passer. J'avoue, parfois je cherche la colle, mais en général avec le prof d'éco, quand je respire trop fort je suis collée.
- C'est ma deuxième heure en 5 jours. Ca va encore je trouve, pas toi ?
- Mouais, tu te calmes un peu on dirait, ironisa-t-elle.
Je m'apprêtais à lui rappeler sa mésaventure avec les cigarettes dans les vestiaires des filles l'an passé quand je fus bousculée par une masse jaune. Je me retournai et vis Arizona Robbins qui ramassait ses feuilles, et Addison qui se baissait pour l'aider. Je me sentais même bête de ne pas l'aider à mon tour, mais on n'est pas dans une fic, et ma rancœur est encore là. Quelle rancœur ? C'est vrai qu'avec le recul, je n'avais pas grand-chose à lui reprocher, sauf peut-être son manque de jugement, ou son jugement erroné, mais… Oh et puis quoi encore ? J'allais pas me mettre à genoux pour Blondie quand même ?
- Bon Callie, on t'attend !
Je remarquai alors qu'Arizona était à présent assise à sa place et Addison m'attendait devant la porte. J'avais cogité aussi longtemps ?
- Bonjour, aujourd'hui nous allons travailler différemment, commença Miss Chase. Pour ce premier mois, nous allons (enfin vous allez) essentiellement travailler en binôme. Et au vu des moyennes, j'ai décidé de faire les groupes moi-même…
Oh non. Je sentais la grosse arnaque.
- Miss Altman, avec monsieur Cobern…
Bon, au moins je ne serai pas avec cette gourde d'Altman. En plus, avec un prénom comme le sien… Mouais, en fait le mien n'est pas mieux. Bref, déjà ça en moins. S'il te plait, maîtresse, mets-moi avec James, s'il te plait ! Ce serait une bonne occasion de lui soutirer son numéro, et plus si affinités…
- Miss Torres, avec miss Robbins…
- Quoi ? s'écria Blondie.
Cache ta joie surtout…
- Au vu de votre moyenne en espagnol, miss Robbins, j'aimerais que vous fassiez équipe avec Torres.
Ouch, ça doit faire mal ! Je regarde Blondie d'un œil noir, d'un regard qui veut dire « moi-non-plus-ça-ne-m'enchante-pas-du-tout ». La prof continue de faire des binômes, et Arizona n'arrête pas de me fixer. S'en devient presque gênant en fait. Je regarde Addison, qui a eu la chance de se retrouver avec James, faudra qu'on en parle après. A la fin du cours, on a dû choisir un thème pour nos exposés. Evidemment, Blondie et moi ne sommes pas parvenues à nous mettre d'accord. Ca, et le fait que je sois restée aux côtés d'Addison, ça n'a pas aidé.
- Je pourrais presque croire que tu m'évites.
Les cours venaient de se terminer, et je rentrais à présent chez moi. Blondie me suivait. Et oui, j'avais essayé de l'éviter pour rentrer chez moi toute seule, tranquille.
- Presque. Qu'est-ce que tu veux ?
- On travaille ensemble, donc on pourrait déjà parler de ce qu'on choisira comme thème ?
- On verra ça plus tard, lui répondis-je en accélérant. D'ailleurs, j'avais cru comprendre que tu n'étais pas enchantée de travailler avec moi.
- Je voulais juste être avec Teddy, question d'habitude. Ah, et je suis désolée pour hier…
- Tu n'as pas à l'être.
Ca, c'est de la réplique !
- Si, j'ai pas été sympa. Mais peu de monde le sait, et la façon dont tu l'as appris…
Je ralentis un peu. En fin de compte, pourquoi on était en froid ? Pour rien.
- Et, poursuivit-elle, j'aurais pu te laisser en placer une. Je suis désolée…
- Tu t'excuses parce qu'on travaille ensemble ? lui demandai-je.
- Pas seulement. Tu sais, c'est pas facile comme situation. Tu te souviens d'Alicia ?
Alicia, la meilleure amie d'Arizona avant qu'elle ne déménage l'an passé. Enfin je suppose qu'elles sont toujours meilleures amies. Quoique je n'ai jamais aimé Alicia, une fille qui passait son temps à répandre des rumeurs sur tout le monde. Des rumeurs sans fondements.
- Pourquoi ?
- Je lui ai avoué que j'étais…enfin tu vois, et elle a très mal réagi. Elle était persuadée que j'étais amoureuse d'elle, elle ne voulait plus me voir car elle avait peur de moi, et elle l'a dit à Teddy, elle a dit à Teddy de se « méfier de moi ».
- Et c'est pour ça que tu te braques comme ça…poursuivis-je.
- Tu réagirais comment, à ma place ? Si ta meilleure amie était homophobe ?
J'avais envie de lui dire qu'Alicia n'était pas sa meilleure amie, qu'elle n'avait rien perdu en se débarrassant de cette pétasse immature, mais je préférai me taire.
- Si ça peut te consoler, commençai-je, Ca m'est égal que tu préfères les filles ou les garçons. J'aurais même tendance à dire que ça m'arrange, comme ça il n'y aura jamais de concurrence entre nous !
Arizona me fixa un instant puis éclata de rire. Finalement, j'avais complètement tort à son sujet. Je la voyais comme une petite fille sage, n'ayant pas de personnalité, avec une petite vie heureuse mais ennuyeuse… Non seulement, c'était méchant, mais j'avais tout faux. Au lieu de rentrer directement, elle me proposa d'aller boire un verre au centre commercial pour parler de l'exposé. J'acceptai avec joie, et une dizaine de minutes plus tard, nous étions en train de commérer sur la plupart des gens de notre classe, amis ou non.
- Tu crois que Marc restera avec Teddy ? demandai-je à Blondie.
- Honnêtement, non. Déjà parce que Mark est amoureux de Mini Grey, et puis Teddy est… Enfin je la vois mal se caser définitivement à 18 ans. Ou même à 20. Même pas à 25 ans, en fait…confessa Arizona.
- Et toi ? Tu as quelqu'un en vue ? lui demandai-je par curiosité.
Et sans arrière pensée, je vous assure !
- T'es curieuse, Torres. Pourquoi cela ?
- Pour savoir qui pourrait succomber à tes beaux yeux bleus !
- Haha. Oui, répondit-elle en baissant la tête et la voix.
- Qui ça ? Je te jure, ça reste entre nous !
- Et toi, alors ? Avec George ?
Avec George ? Je pourrais lui dire à quel point je l'aimais, à quel point je l'aime toujours. Je pourrais lui dire que cette année passée à ses côtés représente les meilleurs moments de ma vie, et je pourrais lui dire comment j'ai souffert quand j'ai découvert pour lui et Izzie. Je pourrais également lui dire à quel point j'en souffre toujours, comme il est difficile d'en parler même maintenant. Je pourrais aussi lui dire qu'à chaque fois que je pense à lui, j'ai une boule dans le ventre, que je n'ai qu'une seule envie, l'embrasser, sentir ses bras autour de moi, passer mes mains dans ses cheveux, ou juste lui tenir la main. Je pourrais lui dire combien il me manque à chaque seconde, et aussi combien j'en veux à Izzie, mais à quoi bon ?
- Pas grand-chose à en dire ! Qu'est-ce que tu penses du coup d'état de Pinochet au Chili, comme sujet d'exposé ?
- Belle tentative pour détourner la conversation. Remarque, j'ai fait pareil ! Ca marche.
Ce que j'aimais, chez Arizona, c'était sa manière de toujours dire les choses, de toujours dire ce qu'elle pensait. Elle mettait toujours les pieds dans le plat, et la plupart du temps ça me faisait rire.
- Joanne. Ca fait un moment qu'on est ensemble, mais…depuis quelques temps, je trouve que ça a changé entre nous. On se parle moins, on se voit moins, j'ai peur que… Je veux pas que ça se termine.
- Avec George, c'est fini. Il m'a trompé avec Izzie. Et quand je dis « trompé », je ne parle pas du petit bisou, non. Il m'a vraiment trompé.
On s'est regardées quelques secondes, puis on a éclaté de rire. Ca n'avait rien de marrant, mais je ne pouvais m'en empêcher. Les gens autour de nous nous regardèrent bizarrement, mais peu importe.
- Au fait, tu me files ton numéro ? me demanda Arizona. Pour l'exposé, ça sera plus pratique.
- Ca marche, lui répondis-je en sortant mon téléphone.
- Tu veux le numéro de mon frère ? me fit-elle avec un sourire suggestif.
- Non merci, il est mignon mais c'est pas vraiment mon genre.
- Tant mieux, répondit Blondie avec un sourire indéchiffrable.
Je lui souris en retour et but le reste de mon coca. Arizona s'amusait à faire des bulles avec sa paille à présent. Un peu gamine sur les bords…
- Tu sais, me dit-elle en sirotant quelques gorgées. Maintenant qu'on travaille en binômes, on devrait être amies. Ca serait plus cool, non ? Comme ça on travaillera dans une bonne ambiance, et on rigolera ensemble.
Je pouffai un bref instant. J'adore sa façon d'être si directe et surtout, si naturelle !
- D'accord, soyons amies !
- Bon, Callie, pour célébrer notre amitié, je te propose de prendre un muffin.
J'acquiesçai et passai un agréable moment en compagnie de ma nouvelle amie. Plus tard, alors que nous débattions sur la nécessité d'installer une terrasse au lycée, une jolie brune se pointa et posa la main sur l'épaule d'Arizona.
- Salut ma chérie, dit-elle en embrassant Arizona sur la joue. Bonjour Callie !
- Salut Joanne, répondis-je.
Arizona lui sourit et prit sa main, enlaçant ses doigts. Elles se regardèrent un instant sans parler, et je fus presque jalouse de ce moment. Ca faisait un bail que personne ne m'avait regardé comme se regardaient, et je me sentais même de trop. En plus, après ce qu'Arizona m'avait dit, je ne voulais pas imposer ma présence si elles ne se voyaient pas souvent.
- Je vous laisse les filles, bonne soirée à vous deux ! On se voit demain pour l'exposé, Arizona ?
- Ca marche, à demain !
- Au revoir, Callie, me dit Joanne en souriant.
