Un frisson glacé me parcouru l'échine. Je gelais sur place, restant immobile alors que mon professeur s'agenouillait à mes pieds. Il baissa mes chaussettes et releva l'ourlet de ma jupe, révélant mes genoux pâles. Dans un premier temps, il ne pratiqua aucune magie. Il tendit une main pâle et lisse et en entoura mon genoux . Il resta ainsi un instant, et la chaleur que me prodiguait ce contact me convainquit qu'il était plus que l'homme injuste aux cheveux gras que je connaissais. Cependant, lorsqu'il me regarda, je décelai dans son regard une profonde irritation, de l'agitation et quelque chose d'autre. Quelque chose que je ne pouvais pas interpréter.

« Depuis quand avez-vous mal, miss Granger ? » me demanda t-il, désapprobateur. L'intimité du moment disparue aussitôt, le masque froid du professeur reparaissant sur son visage.

« Et bien, hum, je me suis blessée il y a un moment mais ce n'est que depuis une semaine qu'il me fait vraiment mal » lui répondis-je honnêtement.

Il soutint mon regard, mais cette fois ci, c'était de la confusion qui s'y lisait, non plus de l'irritation. Il posa l'extrémité de sa baguette sur mon genou et prononça une formule. Je ne pensais pas avoir déjà entendu parler de ce sort, mais quand mon genou se colora de rouge, je devinai que le résultat était mauvais. Son visage se décomposa et il essaya un autre charme mais, vu l'expression de son visage, il en arriva au même résultat.

« Non ça ne peut pas être... Ce n'est pas possible. Ça doit être autre chose... » murmura t-il. Après quelques instants de réflexion, il se releva et me tendit la fiole posée sur le sol, à côté de lui.

« Maintenant, Miss Granger, prenez cette potion et si votre genou ne va pas mieux demain, même heure, je veux que vous reveniez ici. Pas à l'infirmerie, ici. Comprenez vous ? », demanda t-il brutalement.

J'acquiesçai. Il m'escorta jusqu'à la porte qu'il claqua brutalement derrière moi. Je secouai la tête, interloquée puis me dirigeai vers la bibliothèque. Avec les examens dans quelques semaines, j'avais du travail à faire et peu de temps pour le faire

« Miss Granger, venez me voir à la fin du cours ». Sa voix résonna dans les cachots.

« Professeur, j'ai été attentive et ma potion est prête ! » protestais-je. Il n'avait pas besoin d'être toujours aussi con. Tout ce que j'avais fait, ça avait été de frotter continuellement mon maudit genou.

« Venez me voir à la fin du cour Miss Granger... » susurra t-il, détachant chaque mot.

Cette fois, je n'osai pas protester et me contentai d'hocher doucement la tête. Le reste de l'heure passa lentement.

Lorsque les élèves commencèrent à quitter la salle de classe, j'étais en sueur, fatiguée et énervée. Tous ces éléments accumulés faisaient que j'étais particulièrement énervée. Je m'arrêtai devant le bureau de Rogue le plus rageusement possible et je croisai mes bras sur ma poitrine. J'entendis une voix dans mon dos.

« Votre genou vous fait-il toujours souffrir, Miss Granger?» me demanda t-il, accusateur. Je soupirai. C'était pour ça qu'il m'avait demandé de rester ? Vraiment ?

« Je vais bien professeur », répondis-je avec humeur. J'avais vraiment besoin de retourner dans mon dortoir et de me doucher avant le dîner.

Il me fit face et je me perdis dans la profondeur de ses yeux. Ils étaient sombres et leur contenu tourbillonnait sinistrement. Il aurait presque pu être beau, si ses sourcils n'étaient pas froncés.

« Je prends ça pour un oui. Miss Granger, si à l'avenir j'étais amené à vous demander autre chose, il serait préférable pour vous que vous répondiez honnêtement. Je ne puis vous aider si vous ne me dites pas précisément ce qui ne va pas », dit-il tranquillement.

Je tremblais de nouveau, toute la colère et l'irritation quittant mon corps plus rapidement que l'air que j'aspirais. Une fois la colère disparue, une vague de tristesse s'installa à l'intérieure de mon cœur, prenant sa place. Toute la douleur et le stress que je gardais en moi depuis hier refirent surface. J'essayai tant bien que mal de me retenir, mais je ne pus empêcher une larme de couler sur ma joue. J'espérais que Rogue ne l'avait pas remarqué. Je l'essuyai et tournai légèrement la tête. Je baissai les yeux et sentis une main chaude sur mon épaule.

« Vous savez, Miss Granger... Vous ne devez pas garder ça pour vous » chuchota t-il. Sa main sur mon épaule m'attira un peu plus contre lui, je sentis ses bras m'entourer et me serrer contre sa poitrine. Je me mis alors à pleurer, laissant mes larmes couler, mais à chaque sanglots, je sentais ses bras qui m'entouraient, qui nous maintenaient ensemble.