Chapitre deux. Contente que ce premier chapitre plaise, merci pour vos premiers commentaires.


Par une après midi pluvieuse, une jeune fille marchait rapidement le long d'une rivière qui menaçait fortement de déborder en raison des pluies diluviennes qui avaient eut lieu ces derniers jours. Ses yeux noirs semblaient dépourvus de toute humanité, et le rictus sadique qui déformait sa bouche, faisait ressortir toute l'étendue de la cruauté que paraissait incarner cette personne.

Elle accéléra davantage le pas pour ne pas perdre de vue l'homme qu'elle traquait. Ce dernier, grièvement blessé à l'estomac, courait autant qu'il le pouvait, regardant de temps à autre derrière lui pour évaluer la distance qui les séparait, tentant désespérément d'échapper à cette femme assoiffée de sang. En effet, depuis quelques temps, cette étrange personne avait commencé à faire parler d'elle dans le village et les alentours. Une rumeur disait d'elle qu'elle était redoutable, tuant sans aucune pitié tout ceux qui avaient mal agit, ou commit l'irréparable.

Son pied se prit dans une racine d'arbre et l'homme trébucha, s'étalant de tout son long. Au moment où il réussit à se dégager, elle était déjà là, l'observant, un immense sourire de satisfaction se dessinant sur son visage pâle et pourtant si beau. Elle ne lui permit pas de fuir plus longtemps, alors elle planta un de ses deux petits katanas dans sa cuisse avec fureur, le faisant hurler de douleur. Quand elle le retira d'un coup sec, l'homme posa instantanément ses mains sur sa blessure, les yeux exorbités d'horreur, son corps transpirant d'angoisse et de peur. Mais cela n'était pas finit pour lui. Il vit apeuré, le second katana se lever et s'abattre froidement dans son autre jambe, la pointe ressortant de l'autre côté. Le cri qu'il poussa fut couvert par le rire démoniaque qui s'échappa de la gorge de la jeune fille.

-Alors tu souffres ?

-Pitié ! Arrêtez ! Ne me tuez pas !

-Pitié ? Tu en as eu de la pitié toi en tuant ce vieil homme quand tu es venu piller sa maison ?

-Hein ? Mais…Qui êtes vous ?

-Je ne suis personne, je n'existe pas. Va en enfer expier tes fautes. Adieu !

-Noooonnn !

L'homme hurla de terreur, mais fut soudain absorbé par la flamme qui dansait dans les yeux de l'étrangère, brûlant si intensément qu'il vit à peine les deux petits katanas plonger sur lui, le transperçant si profondément dans la poitrine, qu'il put sentir les pointes ressortir dans son dos et se planter dans le sol. Elle le regarda agoniser, sans bouger, le fixant, se délectant de lire sur le visage de l'homme la délicieuse souffrance qui secouait tout son corps. Il crachait beaucoup de sang, ses yeux se révulsés, et quand il lâcha son dernier souffle, la jeune fille retira doucement ses armes et observa les lames tâchées de cette substance visqueuse.

Alors se désintéressant totalement de sa victime, elle se dirigea vers la rivière et plongea ses katanas dans le courant pour les nettoyer, pour les débarrasser de tout ce sang répugnant, puis reculant de quelques pas, elle s'écroula subitement au sol, inconsciente.

Yuya arriva très tard dans la soirée, les cheveux en pagaille, trempée jusqu'aux os, visiblement énervée. Elle pénétra à l'intérieur de la maison sous les regards effarés des trois compagnons qui la dévisageaient, intrigués par cette entrée.

-Oh Yuya, tu rentres vraiment tard, on était très inquiet à ton sujet. Dit la chamane.

-Tu as eu des ennuis ? Enchaina Kyoshiro.

-Pardonnez-moi ! Tout va bien J'ai eu quelques difficultés aujourd'hui, j'ai du poursuivre un criminel sur plusieurs kilomètres, mais j'ai réussi à l'avoir, et il repose désormais bien au chaud au fond d'une cellule. Il avait commit un meurtre il y a deux jours.

-Je vois ! Enfin, nous sommes rassurés de voir que tu vas bien. Mais tu sais, chose étonnante, même Kyo semblait être soucieux de ton absence. Dit doucement Sakuya.

-Vraiment ? S'étonna la chasseuse de prime.

-Hahaha ! Oui, c'est vrai ! Kyo qui est d'ordinaire à ne s'inquiéter de rien, tournait comme un lion en cage à râler après toi parce que tu ne rentrais pas. Hahaha ! Trop drôle. Et…

Kyoshiro n'acheva pas sa phrase car il sentit une immense aura meurtrière envahir toute la pièce, paralysant tout son corps, et quand son regard rencontra les yeux rouges flamboyant de Kyo, il se mit à trembler sous les rires des deux jeunes femmes.

-K…Kyo ? Calme-toi ! Je ne faisais que plaisanter.

-Tu vas mourir ordure. Prépare-toi !

Alors sans attendre, Kyo se lança sur son ami qui s'enfuit dehors sous la pluie, voulant échapper à la colère du démon.

Sakuya se tourna alors vers Yuya qui riait aux éclats et lui sourit gentiment.

-Tu sais Yuya, Kyo semblait vraiment inquiet pour toi.

-Sérieusement ?

-Oui ! Ne te voyant pas revenir il est parti à ta recherche. Il est revenu peu de temps avant que tu n'arrive. Kyo tient beaucoup à toi Yuya, cela est certain, même s'il ne sait pas comment le montrer. Il est vraiment maladroit en ce qui concerne les sentiments.

-C'est vrai ! Admit Yuya, enchantée.

La chasseuse de prime était vraiment surprise que Kyo puisse réagir ainsi, mais elle se sentait également véritablement heureuse de s'entendre dire ça. Elle observa l'homme pour qui elle avait le plus profond respect et sourit, comblée. Kyo avait été inquiet pour elle. Cette simple pensée lui mit du baume au cœur et elle se sentit soudainement submergé par une étonnante tendresse à son égard. Cet homme si froid, pouvant se montrer tellement cruel et sans pitié, avait une fois de plus montré son point faible.

-Je vais me changer. Annonça-t-elle.

-Je t'en prie !

Yuya se dirigea vers la salle de bain et s'enferma avant de faire couler l'eau chaude. (Je sais, ils n'ont surement pas l'eau courante, mais faite comme ci) Elle retira rapidement ses vêtements qui lui collaient désagréablement à la peau, détacha le ruban sale qu'elle jeta un peu plus loin, puis s'assurant que personne ne viendrait la déranger, elle examina son corps. Cette marque en forme de crâne d'où un serpent sortait, imprimé au milieu de sa poitrine, légèrement en dessous, la faisait souffrir. Elle la caressa du bout des doigts espérant faire disparaître temporairement la douleur, puis pénétra dans son bain.

Aussitôt, elle sentit un bien-être total prendre possession de son corps, et tous ses muscles se détendirent un à un.

Elle ferma les yeux, appréciant ce moment, mais au bout de plusieurs minutes d'égarement au pays du bonheur, elle sentit des frissons parcourir tout son corps, et elle fut prise d'un brutal sursaut, ne pouvant échapper à cette terrifiante vision que son esprit lui imposait.

Du sang, partout du sang qui giclait…La peur dans les yeux, la torture insupportable de ces poignards plantés…Un sourire sadique, une terrible envie de meurtre…Un regard de mort…Non, je ne veux pas faire ça !

Yuya hurla avant de s'arracher à ce cauchemar, puis sortit précipitamment de l'eau ne supportant plus cette horrible chaleur qui régnait dans cette minuscule pièce. Elle attrapa une serviette s'enroulant dedans et observa horrifiée, ses mains. Pourquoi avait-elle cette déplaisante sensation d'avoir fait quelque chose d'horrible. Ces images ne lui appartenaient pourtant pas, alors bon sang, qu'est-ce que c'était ?

Un bruit sourd la sortit de sa torpeur et une voix féminine s'éleva aussitôt.

-Yuya ! Est-ce que tout va bien ? Nous avons entendu hurler. S'inquiéta la chamane qui venait de toquer à la porte.

-O... Oui ! J'ai juste failli glisser. Bredouilla la chasseuse de prime, tentant de se montrer convaincante. Tout va bien, je sors.

-Très bien, le repas sera bientôt servi.

-D'accord.

Sakuya s'éloigna, laissant Yuya s'habiller. Cette dernière, encore troublée, chassa de son esprit les dernières images qui se jouaient encore devant ses yeux, et se prépara prestement pour retrouver les autres.

Cette nuit là fut pour elle une terrible épreuve. Elle s'endormit pourtant bien vite, épuisée de sa journée, mais seulement pour plonger dans un monde emplit de choses horribles et de cauchemars en tout genre. En effet, elle avait sans cesse l'impression d'être prise au piège au milieu de nulle part, seule, entourée de créatures plus effrayantes que jamais qui ne désiraient qu'une chose, la dépecer, la tuer, la dévorer. Alors elle fuyait, courant aussi vite qu'elle le pouvait, mais trébuchait souvent. Des mains l'agrippaient, la griffaient, lui faisant mal, si mal qu'elle en pleurait de souffrance.

Pourtant, elle semblait ne pas pouvoir se réveiller, comme prisonnière de ses tourments.

Kyo qui passait devant sa chambre, l'entendit gémir. Il ne prêta au début pas vraiment attention, pensant qu'elle remuait seulement dans son futon, mais quand il perçut un cri d'horreur, il ouvrit grand la porte et pénétra sans hésiter dans la pièce, venant s'agenouiller près d'elle. Il l'observa attentivement, et fut quelque peu alarmé devant le visage de la chasseuse de prime qui se crispait, grimaçant de manière douloureuse, son corps se tordant, ses bras et ses jambes s'agitant en tout sens. Alors, sans qu'il n'y soit préparé, Yuya hurla si fort qu'il sentit son cœur se soulevait d'angoisse, terrifié, ne sachant que faire. Mais elle se redressa si vite dans son futon qu'elle faillit le percuter de plein fouet.

Il s'écarta un peu, la laissant retrouver son calme et la regarda pleurer, se prenant le visage dans les mains.

-Pourquoi…Pourquoi…Pourquoi…Non !

Elle n'avait de cesse de répéter ces mots, étouffés par les sanglots qui secouaient tout son corps. Pourquoi faisait-elle ce genre de rêves maudits ? Ils n'avaient pour elle aucune signification. Ils ne représentaient que tourments et mort. Soudain, elle sentit une présence et se tourna brusquement, croisant le regard impassible de Kyo. Elle ravala ses larmes et dans un souffle prononça son nom.

-Kyo ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Il s'approcha d'elle pour mieux la voir et d'un sourire moqueur annonça sur un ton enclin à la taquinerie :

-Planche à pain, t'es tellement bruyante quand tu dors que tu empêches tous le monde de fermer l'œil, alors je suis venu pour te tuer car tu me casses les oreilles.

-Hein ! Me tuer ? Pourquoi ?

Yuya baissa les yeux, apeurée par les paroles de Kyo et recula loin de lui, se protégeant de ses bras.

-Non, je t'en supplie Kyo ! Ne me tues pas ! Je ne veux pas mourir.

Alors elle pleura de plus belle, tout en continuant de ramper loin du démon qui la contemplait interloqué et étonné par cette soudaine réaction. Il n'avait fait que plaisanter. Comment avait-elle pu penser qu'il était sérieux ? Que lui arrivait-il dont ? Il se leva et avança vers elle, les yeux fixés sur ce corps paralysé par la peur.

-Nooonn ! Je t'en prie, ne me fais pas de mal !

Alors il lui attrapa les poignets, la secouant comment un prunier.

-Planche à pain, à quoi tu joues bordel ?

Elle continuait de pleurer, refusant de le regarder, ne pouvant s'empêcher de trembler. Elle répétait inlassablement 'non' 'non' 'non'…

Il lui empoigna le menton, la forçant à le regarder dans les yeux, voulant lui faire comprendre qu'elle n'avait rien à craindre, qu'elle avait juste fait un cauchemar et qu'elle était en sécurité.

-Eh tu m'écoutes la fille ? Tu vas arrêter d'agir comme ça ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

-K…Kyo ?

-Oui, c'est moi, Kyo aux yeux de démon. T'es vraiment chiante.

Il libéra son visage, attendant une nouvelle réaction de sa part. Alors contre toute attente, Yuya se jeta sur lui, entourant sa taille de ses bras, et pleura contre son torse à chaude larmes, semblant ne jamais pouvoir s'arrêter. Kyo, mal à l'aise, n'avait aucun idée sur la manière dont il devait se comporter, mais ne la repoussa nullement, posant une main délicate sur la tête de la blonde.

Elle finit par se calmer au bout de cinq longues minutes, et quand elle parvint à s'arracher au corps de Kyo, celui-ci en ressentit une légère pointe de déception. Ne voulant se l'admettre, il avait aimé cette étreinte, si étrange soit-elle. Yuya leva la tête vers lui et rougit faiblement quand elle réalisa ce qu'elle venait de faire. Lui, se contentait de la regarder sans rien dire, un sourire vicieux sur les lèvres.

-Pardon Kyo ! J'ai…Je…

Il garda le silence la pénétrant plus intensément du regard, lui intimant l'ordre de s'expliquer.

-J'ai fais d'atroces cauchemars. Ca semblait si réel. Excuse-moi de t'avoir réveillé. Je vais me recoucher. Bonne nuit !

Honteuse que Kyo l'ait vu dans cet état, elle se leva en vitesse et se jeta dans son futon sous l'œil perplexe du démon, se cachant sous les draps.

Kyo se leva à son tour, rassuré de voir que sa planche à pain avait reprit ses esprits et quitta la chambre, laissant une Yuya toujours rougissante, le cœur battant la chamade, se remettant difficilement.

Le démon resta immobile derrière la porte, tendant l'oreille, voulant s'assurer qu'il pouvait la laisser seule, puis au bout de plusieurs minutes de position debout, fila dans sa propre chambre, l'esprit troublé par ce qui venait de se produire.


Alors, alors, alors?^^