Un nouveau petit OS dédié à deux Mousquetaires qui se reconnaitront... Merci également à Isatis qui m'a corrigée à la dernière minute malgré la canicule^^!Comme pour le chapitre précédent, écrit à caractère érotique, réservé à un public averti ! Bonne lecture!
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Confortablement assis sur le canapé, Harold s'accordait enfin un peu de repos après une journée bien remplie. Il avait mis un vinyle de Nina Simone et une ambiance très jazzy avait envahi l'appartement tandis qu'il relisait tranquillement un classique de la littérature, le Bateau Ivre d'Arthur Rimbaud. Même Bear profitait du calme. Allongé aux côtés de son maître, il avait posé sa tête sur sa cuisse et ronflait doucement.
Soudain, un bruit s'échappa de la salle de bain. Bear leva la tête, les oreilles dressées à l'écoute du moindre son anormal. Au bout de quelques secondes de silence, le Malinois se rallongea sur la jambe de l'informaticien qui n'avait pas bougé d'un iota. A peine avait-il esquissé un petit sourire tout en poursuivant sa lecture. La quiétude envahit à nouveau les lieux et les deux amis savourèrent leur moment de détente bien mérité après une semaine plutôt agitée.
En cinq jours, l'équipe de la Machine avait eu pas moins de quatre affaires à régler : l'enlèvement d'un enfant dans le but de rançonner son richissime papa, la tentative de meurtre d'une épouse par une maîtresse jalouse et pressée de prendre sa place, le chantage d'un salarié sur son patron véreux et enfin, un règlement de compte entre gangs.
Cette dernière affaire avait été particulièrement éprouvante pour l'équipe et pour John en particulier. Le chef du gang visé par un contrat était entouré d'une véritable petite armée de durs à cuir. Grâce à l'appui de Carl Elias, Reese n'avait eu aucune difficulté à se faire embaucher par le caïd. Mais, alors qu'il escortait le boss dans un restaurant pour en extorquer la caisse, la bande rivale avait envahi les lieux pour éliminer la concurrence. John avait alors dû se battre contre sept hommes surarmés et particulièrement motivés par l'appât du gain. Le combat avait été d'une violence extrême. Malgré ses compétences, l'agent avait pris de nombreux coups. Dans la bibliothèque, Harold avait suivi la bagarre à distance. Il avait entendu les impacts de coups, les cris, les chutes, les jurons. Très tendu, l'informaticien avait eu l'impression de vivre le combat, de ressentir les coups que John prenait. Au bout de cinq minutes d'affrontement, l'informaticien avait entendu un hurlement de douleur qui lui avait glacé le sang, des coups de feu puis plus rien.
Harold frissonna en repensant à l'angoisse qu'il avait ressentie durant ce silence interminable car la voix qu'il avait entendu, avait été celle de John. Il avait aussitôt essayé de le joindre sur son portable mais en vain. Durant les minutes les plus angoissantes de toute son existence, Finch avait attendu avec fébrilité que son compagnon ne décroche. Il avait poussé un bruyant soupir de soulagement en entendant la voix de son partenaire au bout d'une énième tentative. Mais sa voix était essoufflée, plus rauque que d'habitude. John avait des difficultés à articuler et gémissait parfois de douleur. L'homme avait néanmoins réussi à lui expliquer, entre deux halètements, qu'il avait mis la bande en déroute et que le chef du gang qu'il protégeait était désormais en sécurité. Il lui avait ensuite demandé de venir le chercher, car, blessé, il n'était plus en état de conduire.
Les pensées moroses de l'informaticien furent interrompues par un autre bruit étouffé provenant de la salle de bain, comme si quelque chose venait de tomber au sol. Le malinois se mit à nouveau en alerte alors qu'Harold poursuivait sa lecture, mais son petit sourire toujours aux lèvres. Il se pencha pour saisir sa tasse de thé qui était posée sur la table basse en face de lui, en but quelques gorgées puis la reposa. Rassuré par le retour du calme et par l'attitude sereine de son maître, Bear reposa sa tête mais garda les yeux ouverts cette fois-ci.
Mais le silence fut de courte durée. A peine trois minutes plus tard, un nouveau bruit, accompagné d'un juron se fit entendre. Harold arrêta sa lecture et leva la tête. Les yeux rivés sur le couloir de l'appartement, il attendit, attentif à un nouveau son suspect qui ne tarda pas. Un nouveau juron. Le sourire de Finch s'agrandit.
-Un problème, John ? Demanda-t-il, légèrement amusé.
Un grognement accueillit la question mais aucune réponse distincte ne vint. Harold tourna la tête vers son chien et lui dit sur le ton de la confidence :
-Ce qu'il peut être têtu…
Semblant comprendre la remarque, le chien gémit doucement avant de nicher son museau humide contre la main de son maître pour y chercher quelques marques d'attention. Harold lui caressa doucement la tête avant de reprendre sa lecture. Mais le claquement d'une porte suivi de bruits de pas sur le parquet tira à nouveau Finch de sa lecture. L'informaticien leva les yeux vers le couloir et sursauta violemment, lâchant presque son livre de surprise.
Une serviette jetée négligemment sur une épaule, John approchait lentement du canapé, un sourire contrit sur les lèvres. Harold détailla son mari comme si c'était la première fois qu'il le voyait. On était bien loin de l'homme en costume…L'homme était pour le moins…négligé. Il ne portait que son pantalon noir et sa chemise blanche était ouverte, dévoilant partiellement son torse à la musculature parfaite. Le beau visage de Reese était recouvert d'une épaisse mousse blanche. Harold déglutit péniblement en suivant du regard les gouttelettes d'eau qui s'égaraient dans son cou et qui roulaient doucement sur sa poitrine exposée. Il lui fallut faire appel à toute sa volonté pour ne pas se lever pour intercepter les gouttelettes dissidentes.
Mais le plâtre au coude gauche de John le ramena brusquement à la réalité. Se reprenant rapidement, Harold afficha un air stoïque et demanda innocemment :
-Que se passe-t-il John ?
L'agent n'était pas dupe. Sous le ton parfaitement neutre et la mine détachée, il était certain que Finch jubilait. Il pouvait voir la lueur de malice briller dans ses yeux bleus cachés derrière ses lunettes. Il se retint de soupirer de dépit. Il était pris à son propre jeu. Même le plus valeureux des guerriers devait parfois admettre ses échecs et demander l'aide de renforts.
-Je n'y arrive pas, expliqua Reese sombrement.
-Je vois ça, se contenta de répondre Finch d'un ton toujours aussi plat.
John soupira. Décidément, son mari ne lui facilitait pas la tâche.
-J'ai besoin de mes deux mains…, reprit-il avec un sourire gêné en désignant du menton son plâtre.
-Effectivement, confirma l'informaticien en posant son coude sur le canapé pour poser son menton sur sa paume afin de mieux dévisager son compagnon.
John pinça les lèvres de contrariété. Finch attendait visiblement autre chose de sa part. Il soupira à nouveau puis se résigna à prononcer les mots que son mari attendait depuis le début de la soirée :
-Tu avais raison.
-Je le sais.
-Je n'y arriverai pas tout seul.
-C'est certain.
-Peux-tu m'aider ?
Finch se redressa pour s'assoir correctement en arborant un large sourire. Amusé, il se tourna vers son chien pour lui dire :
-Bear, il doit neiger en enfer, John Reese admet qu'il a eu tort et demande de l'aide.
L'intéressé leva les yeux au ciel face à l'attitude puérile de son conjoint.
-C'est bon tu as fini ? S'irrita-t-il en se passant la main dans les cheveux.
Il était agacé par le fait que Finch avait eu raison dès le début, mais qu'il avait été trop fier pour l'admettre. En effet, lors de la bagarre contre les sept membres du gang, John avait été blessé. En voulant frapper un caïd, son geste avait été paré et il avait entendu un craquement dans son bras suivi d'une fulgurante douleur qui lui avait arraché un cri. Il avait réussi tant bien que mal à décrocher son téléphone pour expliquer la situation à Finch. Il l'avait ensuite attendu patientant tout en mettant son bras en écharpe avec un torchon pris dans le restaurant. Une fois dans la puissante berline, l'homme n'avait pu cacher sa douleur et son malaise. Le reclus l'avait alors conduit en urgence à l'hôpital où le docteur Tillman avait diagnostiqué une fracture du coude. Elle avait opéré John dans la foulée avant de lui poser un plâtre.
En revenant de la clinique, l'agent avait manifesté son envie de se raser et de se laver. Harold lui avait alors proposé son aide, arguant du fait qu'il ne pourrait pas le faire. Reese lui avait alors rétorqué que ce n'était pas un problème, qu'il était ambidextre et qu'il pourrait très bien y arriver. Une dispute avait suivi : John reprochant à Finch de le surprotéger et ce dernier reprochant à son agent son entêtement et sa fierté mal placée. Les deux hommes étant aussi entêtés l'un que l'autre, personne n'avait voulu céder et chacun était parti de son côté, campant sur ses positions.
Le reclus leva un sourcil avant de rétorquer un sourire aux lèvres :
-Je savoure l'instant.
En voyant que son conjoint ne bougeait toujours pas, attendant visiblement quelque chose d'autre, John inspira longuement puis redemanda d'une voix suppliante :
-Peux-tu m'aider à me raser s'il te plait ?
Un sourire triomphant éclaira le visage de Finch. Très lentement, il articula, les yeux pétillant de malice :
-Oui je le peux.
Harold referma soigneusement son livre, le posa sur la table basse puis se leva. Il s'avança lentement pour traverser le salon et vint se poster devant son mari. Levant la main, il récupéra avec son index la mousse à raser qui dégoulinait lentement sur le torse de John avant d'expliquer, un petit sourire mutin sur les lèvres:
-Ca serait dommage de ruiner ce beau parquet, dit-il avant de prendre la direction de la salle de main sans plus d'explication, laissant un John sidéré par ce comportement provocateur.
Mais juste avant de tourner les talons et malgré la mousse qui recouvrait son visage, Harold avait pu voir un sourire se dessiner sur le visage de John. Le reclus savait que son mari adorait qu'il prenne des initiatives. Et Finch était d'autant plus motivé qu'il avait une petite vengeance en tête depuis la séance de cinéma très…particulière que John lui avait fait vivre. Même s'il ne se sentait pas encore capable de lui rendre la pareille en public, ici… dans l'intimité de leur appartement…rien de l'empêchait de jouer un peu avec John pour le rendre fou de désir. Il avait tout de même un peu honte de profiter de sa faiblesse, John qui était limité dans ses mouvements par sa blessure et par son plâtre…mais John exploitait bien outrageusement son extraordinaire pouvoir de séduction sur lui…
Finch entra dans la salle de bain sans prêter attention aux éclaboussures au sol, sur le miroir mural et aux différents effets qui jonchaient le sol : des serviettes, des chaussettes, une veste de costume sombre et des chaussures. En temps normal, l'informaticien, légèrement maniaque, aurait râlé. Mais présentement, il avait bien autre chose en tête que le ménage. Ce capharnaüm témoignait surtout de la difficulté de se raser avec un seul bras, même pour quelqu'un d'aussi doué de ses mains que Reese. Têtu, l'agent avait tout de même essayé plus de trente minutes avant d'abdiquer et de se résoudre à lui demander son aide.
Finch se posta devant le miroir, ôta sa veste qu'il posa soigneusement sur la patère et remonta les manches de sa chemise. Il remplit le lavabo d'eau tiède, rapprocha le rasoir et prit la bombe à raser. Sans lever les yeux, il remplit de crème à raser sa paume. Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que John se tenait juste derrière lui. L'informaticien se retourna lentement et posa délicatement sa main sur le visage de l'agent pour étaler la mousse sur ses joues, son menton, le dessus de sa bouche et son cou. Finch surprit une nouvelle fois son mari en se reculant pour se coller contre le meuble de la salle de bain. Il prit appui sur ses mains et s'assit sur le marbre du meuble de la salle de bain. Il saisit ensuite le rasoir, écarta les jambes invitant son mari à se rapprocher.
Surpris par l'attitude aguicheuse de Finch, Reese hésita un instant avant de se caler entre ses cuisses. Avec précaution, Harold commença à passer la lame sur la peau de son amant. Fixant son mari comme s'il le voyait pour la première fois, John n'en revenait pas de l'invitation terriblement sensuelle de Finch. Sa posture excitante, ses yeux brillants de convoitise, l'agent décida alors de répondre à ses sollicitations muettes. Il se colla un peu plus étroitement contre son mari, plaquant son bassin contre lui, pour lui faire comprendre qu'il n'était pas dupe de sa manœuvre de séduction. Positionnant sa main valide sur la hanche de Finch, John approcha doucement son visage de celui de son conjoint, plongeant son regard bleu dans le sien. Il fut satisfaisait de voir les prunelles du reclus s'assombrir avant de reprendre leur teinte neutre, il devinait son conjoint tout aussi enflammé que lui.
De son côté, Harold continuait son ouvrage avec application. Il plaça le rasoir sur la joue de Reese et le fit doucement descendre, recommençant l'opération à plusieurs reprises. A chaque passage, Finch rinçait la lame dans l'eau du lavabo pour enlever l'excédent de mousse. Il pouvait entendre son compagnon respirer profondément. Une fois le plus gros du rasage réalisé, Harold posa une main sur la joue de Reese afin de s'attaquer aux zones les plus délicates de son beau visage.
D'une légère pression de la main, il inclina délicatement la tête de John. La lame aiguisée passa alors sur l'arrondi de sa mâchoire, dégageant une zone qu'Harold savait particulièrement sensible. Son visage était tellement proche de la peau nouvellement dégagée qu'il ne put résister et y déposa un baiser léger. John tressaillit violemment.
-Harold…murmura-t-il d'une voix rauque en cherchant à tourner la tête pour capter le regard de son conjoint.
Mais Finch ne le laissa pas faire, maintenant fermement son visage de côté.
-Allons ne bouge pas, John, je ne voudrai pas te blesser d'avantage, chuchota-t-il tout contre l'oreille de l'homme en se calant un peu plus étroitement contre lui.
Finch eut la satisfaction de sentir l'excitation de John palpiter contre sa cuisse. Lui-même était à peu près dans le même état. Feignant de l'ignorer, il poursuivit le rasage jusqu'à ce que la mâchoire de son amant soit parfaitement lisse.
Il se tourna et saisit une serviette pour essuyer le surplus de mousse puis contempla son œuvre d'un air satisfait.
-Voila, tu es parfaitement présentable.
-Je doute de pouvoir me présenter dans cet état, répondit John en enfouissant son visage dans le cou de son mari y pour déposer des baisers fiévreux.
Mais Harold se déroba. Posant les mains à plat sur la poitrine de son amant, il le repoussa doucement mais fermement pour descendre du meuble. Reese laissa de côté sa frustration et l'aida de son bras valide. Il en profita pour frôler de manière indécente son corps afin de bien lui faire sentir à quel point il était excité. Une fois au sol, Finch préféra prendre ses distances le plus rapidement possible. Il sentait bien que s'il restait à son contact, il ne pourrait pas lui résister très longtemps.
-Allons, Allons, John…nous n'avons pas terminé, expliqua-t-il en s'éloignant.
-Je suis d'accord, répondit l'agent d'une voix rauque en cherchant à attraper son mari par la taille avec son bras valide.
Mais Harold se dégagea d'un mouvement rapide. John fut très étonné, de la souplesse de son mari ou de sa propre maladresse, il ne savait pas très bien mais surtout, il n'avait pas l'habitude qu'il lui résiste autant. Puis, en voyant l'étincelle malicieuse briller dans les yeux bleus de son partenaire, il comprit.
-Alors comme ça tu veux jouer…murmura-t-il en s'adossant au meuble derrière lui, croisant les bras sur sa poitrine, un sourire diabolique aux lèvres.
-C'est toi qui a commencé l'autre soir au cinéma… répondit l'informaticien en se réfugiant à l'opposé de la pièce, près de la baignoire.
-La vengeance, Harold…comme c'est puéril, commenta John en fixant son mari dans les yeux.
Mais il ne pouvait empêcher ses pensées de dériver. Il repensait à cet instant magique dans la salle de cinéma où il avait fait perdre le contrôle de son époux et lui avait donné du plaisir avec sa bouche. Inconsciemment, il se passa la langue sur les lèvres. Ce geste eut pour effet de faire rougir comme une pivoine Finch qui semblait suivre parfaitement le cours de ses pensées érotiques. Il se sermonna mentalement avant de poursuivre son petit jeu de séduction.
-Quel vilain mot…, répondit-il d'un ton faussement vexé.
Il se pencha sur le rebord de la baignoire, ouvrit en grand les robinets et régla la température de l'eau. Il prit des sels de bains qu'il jeta dans le bain avant de se retourner. Détaillant l'agent des pieds à la tête de manière provocante, il murmura d'une voix rauque en le désignant du menton :
-Il faut nettoyer tout ce gâchis…
-Ça peut attendre, répondit d'une voix dangereusement calme John en se détachant du meuble d'un mouvement souple des hanches.
S'approchant tel un félin, l'agent avait une toute autre idée en tête. Il se posta devant Finch pour l'enlacer mais le reclus se déroba une nouvelle fois.
-Je ne suis pas d'accord, Monsieur Reese, dit Finch avec le ton d'un professeur en train de sermonner son élève.
Pour ponctuer ses paroles, le reclus posa ses mains à plat sur la poitrine de son amant puis les remonta doucement sur ses épaules puissantes afin de repousser les pans de sa chemise qui tomba au sol, dévoilant ainsi le torse de John. Les mains de l'informaticien glissèrent ensuite lentement sur son ventre pour s'attaquer à la ceinture de son pantalon.
John inspira violemment en sentant les doigts agiles de son partenaire s'affairer sur la boucle de sa ceinture. L'agent ne pouvait s'empêcher de frémir par anticipation en voyant le regard effronté de Finch. Ce dernier, sourcil levé, sourire en coin, semblait le défier. John adorait ça ! En plus l'informaticien semblait aussi doué avec les boutons qu'avec le clavier de son ordinateur. Avec dextérité, il déboutonna son pantalon et abaissa sa fermeture-éclair. Puis, plaçant ses pouces entre sa peau et le tissu, Harold abaissa lentement le vêtement allant même jusqu'à s'agenouiller pour mieux faire glisser le tissu le long des longues jambes de l'agent. Désormais, l'informaticien ne pouvait ignorer l'état de son mari dont le membre était fièrement dressé sous son nez. Mais il fit mine de ne rien voir, se contentant de retirer complètement les effets de John qu'il jeta près de la panière de linge dans un coin de la salle de bain.
Après quoi, Finch se releva lentement, laissant ostensiblement traîner son regard sur ce corps parfait. John était de plus en plus frustré par les limites de ses mouvements à cause de son plâtre. Il était certain que son mari profitait de sa faiblesse pour se jouer de lui et cette situation ne lui plaisait guère…tout en l'excitant. Finch soufflait le froid et le chaud, l'enflammant pour mieux le refroidir et cette situation ne faisait qu'accentuer son désir.
-Je crois que ton bain est prêt, annonça Finch en jetant un coup d'œil au niveau de l'eau.
Il le contourna tout en laissant négligemment sa main suivre la courbure de ses reins. Il s'assit sur le rebord de la baignoire et proposa à l'autre homme, toujours debout devant lui et totalement nu :
-Tu viens ?
-Tu as décidé de me torturer ? murmura Reese d'une voix rauque.
Harold sourit avant de répondre :
-Non… Juste te frotter le dos. Tu ne peux pas te laver correctement avec son plâtre.
Malgré la logique implacable de cette réponse, John ne put s'empêcher de s'étonner :
-Tu vas me…laver ?
-C'est exact.
Comprenant que Finch le provoquait, John demanda avec insolence:
-Partout ?
Harold sourit mystérieusement mais garda le silence. John ravala la remarque qu'il avait sur le bout de la langue et s'approcha de son partenaire. Il fit exprès de le frôler, posant sa main sur son épaule pour enjamber le rebord de la baignoire. Il en profita pour passer sa main dans ses cheveux et suivre du pouce la ligne de sa mâchoire allant jusqu'à frôler sa bouche. Il voulait montrer à son partenaire que, lui aussi, pouvait l'embraser.
A sa grande surprise et contrairement aux autres fois, Finch répondit à cette invitation tacite en déposant un baiser léger sur ce pouce tentateur. Rassuré, Reese s'allongea avec précaution dans son bain en prenant garde de ne pas mouiller son plâtre. Une fois convenablement installé, Harold s'assit sur le rebord de la baignoire, juste derrière son mari. Il saisit délicatement la tête de John entre ses mains pour la pencher en arrière contre la faïence froide. L'homme frissonna mais se détendit imperceptiblement, admettant sans l'avouer, que son compagnon avait raison. Il avait besoin d'un bon bain.
Finch mouilla ses mains dans l'eau savonneuse du bain avant de les glisser dans les cheveux poivres et sel de John à plusieurs reprises. Il déposa ensuite une noisette de gel douche dans sa paume et commença à frictionner la tête de son mari avec lenteur et application. Il prenait plaisir à masser le cuir chevelu de John en effectuant des petits mouvements circulaires près de ses tempes et grattant doucement son crâne avec ses ongles. Visiblement, il n'était pas le seul à apprécier le massage.
Finch profita du rinçage pour laisser son regard dériver sur le corps à demi dissimulé par l'eau savonneuse du bain. John avait fermé les yeux et paraissait totalement détendu…ou presque. Mais Harold avait décidé de s'occuper de cette partie de son anatomie plus tard. Il reporta son attention sur le visage totalement apaisé de son amant. Il était rare de le voir aussi abandonné. Même s'il n'avait pas le choix, au regard de sa blessure, le fait que Reese se laisse ainsi faire, était la preuve qu'il était en confiance. L'informaticien savourait cet instant où l'agent baissait sa garde pour remettre sa vie entre ses mains.
Les yeux clos, la bouche entrouverte, les pommettes rosies par la chaleur de l'eau du bain…Harold ne put résister à la tentation. Cela faisait trop longtemps qu'il luttait. Il se pencha et posa ses lèvres sur celles de son mari. Ce dernier répondit avec empressement en levant son bras valide afin de saisir doucement la nuque d'Harold pour maintenir sa tête et approfondir son baiser.
Aux termes d'un baiser de plus en plus passionné, les deux hommes se séparèrent à bout de souffle. Inconsciemment, Harold se demandait s'il allait avoir assez de volonté pour mettre son plan à exécution et pour ne pas céder à la tentation. Son esprit était un peu comme les verres de ses lunettes, embué, sous l'effet, non pas de la vapeur mais du désir. Il avait bien du mal à avoir les idées claires devant le spectacle qu'il avait sous les yeux.
Par précaution, il se redressa et poursuivit la toilette en veillant de ne pas laisser son regard ou son esprit dériver vers le corps alangui qui s'exposait sans honte. Il déposa une nouvelle noisette de gel dans ses mains, les frotta l'une contre l'autre, puis commença à savonner la peau de John. Il commença par laver ses larges épaules, puis ses mains descendirent sur sa poitrine, caressant au passage ses pectoraux. Il sentit l'agent frissonner et se raidir légèrement sous ses attouchements. Sa respiration devint plus rapide et sa main valide se crispa sur le rebord de la baignoire. Harold sourit en voyant que son conjoint avait du mal à résister à ses attentions. Chacun son tour, pensa-t-il avec perversité.
Ses mains remontèrent lentement sur les épaules de John avant de redescendre sur sa poitrine, s'arrêtant juste au-dessus de la mousse. Il refit le même geste d'aller et retour plusieurs fois, laissant ses mains descendre de plus en plus bas. L'agent, malgré son apparente décontraction, était de plus en plus crispé. Harold décida alors de le pousser dans ses retranchements. Lui, qui se vantait d'être toujours dans la maîtrise de ses actes et de ses émotions, voyons comment il se comporterait si quelqu'un d'autre prenait le contrôle ?
Harold déposa un baiser léger sur les cheveux mouillés de John avant d'y poser son menton. Il posa ses mains sur ses épaules, puis avec une lenteur affolante, les laissa glisser le long de sa poitrine, mais au lieu de s'arrêter au niveau de l'eau, ses doigts, cette fois-ci, replongèrent dans le bain afin de caresser son ventre plat.
John respirait de plus en plus fort au fur et à mesure que les mains de son amant descendaient. La mousse lui cachait partiellement la vue mais Harold devinait sous ses doigts les abdominaux de son mari ainsi que la toison de son bas ventre.
-Harold…murmura Reese d'une voie sourde.
-Oui John ? répondit Finch tout contre son oreille.
-Je pense que tu as oublié un endroit…
-Oh oui, bien sûr, désolé, répondit l'informaticien, feignant la surprise.
John sourit de satisfaction et s'installa plus confortablement dans la baignoire. Il attendit, le cœur tambourinant dans sa poitrine, les jambes légèrement écartées pour faciliter l'accès à son partenaire. Mais il fut surpris de voir Harold se lever pour se placer du côté opposé de la baignoire, en face de lui. Il plongea ses mains dans l'eau et saisit un pied qu'il massa doucement puis passa au deuxième. Les yeux dans les yeux, les deux hommes nourrissaient des sentiments diamétralement opposés : l'un terriblement frustré d'avoir été piégé et l'autre jubilant de son tour.
Après avoir massé les pieds de John, les mains de Finch se posèrent sur ses chevilles. Elles remontèrent doucement jusqu'à ses genoux, pétrissant au passage ses mollets. Mais contrairement aux autres fois, les mains de s'arrêtèrent pas. Elles continuèrent leur chemin, lentement, inéluctablement, jusqu'à ses cuisses. Mais Harold n'avait pas assez d'allonge pour poursuivre sa lente caresse.
Il se leva une nouvelle fois pour se positionner sur le côté de la baignoire. A genoux, sur le carrelage froid de la salle de bain, l'informaticien replongea les mains sous l'eau pour poursuivre la toilette de John. Ce dernier, les yeux mi-clos, étudiait les mouvements de son compagnon. Il savait pertinemment ce qu'il cherchait à faire. Il était à la fois frustré mais aussi agréablement surpris de voir son amant prendre des initiatives et se montrer aussi entreprenant. Il n'aurait jamais pensé que Finch avait ce petit côté allumeuse. Mais maintenant qu'il avait allumé le brasier, il allait devoir l'éteindre…
Tel un fauve, John attendait le bon moment pour agir. Les mains d'Harold étaient toujours en train de s'affairer sur ses jambes, remontant inlassablement des chevilles jusqu'en haut de ses cuisses mais évitant soigneusement d'aller trop haut, entretenant juste ce qu'il fallait de désir. Au moment où les mains effleurèrent une nouvelle fois le creux de sa cuisse, John lui saisit une main. Ce dernier, surpris, leva les yeux vers son partenaire. John lui sourit, embrassa le creux de son poignet, puis plongea son regard brûlant dans ses yeux.
-Harold, tu joues avec le feu… murmura l'agent d'une voix rauque en approchant lentement son visage.
-Je le sais, répondit dans un souffle l'informaticien, sentant bien que sa volonté fondait comme neige au soleil.
John captura alors ses lèvres avec passion, glissant sa langue dans la bouche de son partenaire qui n'attendait que ça. Ouvrant les lèvres pour l'accueillir avec un soupir de contentement, Harold se disait qu'il était décidemment bien faible face à son conjoint. Mais se remémorant le but de son petit jeu, il se fit violence pour lui résister…du moins un peu. Il posa sa main libre sur la poitrine de Reese pour le repousser doucement alors que son autre main était toujours prisonnière de sa poigne de fer. Ils se séparèrent au bout de quelques minutes.
Toujours les yeux dans les yeux, l'agent déposa un nouveau baiser dans la paume de Finch avant guider sa main sous l'eau, la posant sur son érection douloureusement tendue. Harold retint son souffle au contact de cette peau douce et frémissante sous ses doigts.
-je ne suis pas de bois… souffla Reese, la voix éraillée par le désir.
-Je sais, répéta Harold, un peu honteux mais complètement embrasé à son tour.
Toutes ses résolutions volèrent alors en éclat. Sa main, comme mue par sa propre volonté, commença à caresser son amant, lentement, amoureusement, comme pour se faire pardonner de l'avoir autant délaissé. Toujours les yeux dans les yeux, Harold regardait le visage de John se transformer sous l'effet du plaisir. Il comprenait maintenant mieux ce qu'il avait ressenti au cinéma : donner du plaisir était tout aussi jouissif qu'en recevoir. Ses mouvements se firent plus précis. Harold alternait des va-et-vient rapides ou plus lents, adaptant son rythme selon les expressions qui défilaient sur le visage de John, ses halètements ou ses soupirs de plaisir. Au bout d'un moment, l'agent posa sa main valide sur celle de son mari et demanda d'une voix suppliante :
-Aide-moi à sortir d'ici.
Harold acquiesça sans un mot. Il se recula et aida Reese à enjamber la baignoire. Il se tourna pour saisir la serviette éponge suspendue au mur et entreprit de le sécher mais l'homme ne lui laissa pas le temps de finir. Il prit un peu brutalement la serviette des mains de son mari et la jeta à travers la salle de bain. Il essaya d'enlacer Finch mais ce dernier se déroba à nouveau mais prennant sa main pour l'entrainer vers la chambre attenante.
John le suivit docilement, à la fois frustré de ne pouvoir faire ce qu'il voulait, mais aussi terriblement excité à l'idée d'être à la merci de Finch. Ce dernier le conduisit vers le lit et le fit assoir. Se plaçant entre ses jambes, l'informaticien le poussa doucement par les épaules pour l'allonger délicatement en veillant à faire reposer son bras plâtré sur des coussins. Se redressant, Harold contempla Reese avec une sorte d'adoration teintée de puissance.
Les yeux mi-clos, John semblait désarçonné par son compagnon. Il était troublé par cette image d'un Harold dominateur, toujours impeccablement bien habillé avec son pantalon, son gilet et sa chemise aux manches retroussées. D'une voix rauque, il murmura :
-Finch, ne te sentirais-tu pas un peu trop habillé ?
-Je ne pense pas… répondit Harold d'une voix trainante, avec un léger sourire.
John haussa un sourcil, perplexe. Mais son partenaire se cala entre ses jambes, ne lui laissant pas le temps de l'interroger sur sa phrase énigmatique. Avec un sourire diabolique, Harold posa ses mains de part et d'autre de la tête de son mari et se pencha doucement sur lui. Il s'inclina jusqu'à ce que ses lèvres effleurent celles de John, mais au lieu de l'embrasser, il se recula légèrement, le contempla avec malice avant de chuchoter :
-Pour faire ce que je compte faire, je n'ai pas besoin de retirer mes vêtements…
Finch ponctua ses mots de quelques baisers mutins déposés ça et là, sur la gorge, le cou et les épaules de son compagnon. Ce dernier frissonna par anticipation tout en glissant les doigts dans les cheveux bruns. Sentant que la bouche de l'informaticien glissait sur sa poitrine, John redressa péniblement la tête pour l'observer avant de murmurer avec difficulté :
-Harold, qu'est-ce que tu fais… ?
Finch ignora la question, continuant à déposer des baisers légers sur le ventre de Reese qui commençait à se crisper sous les vagues de plaisir qui déferlaient en lui. Son bras dans le plâtre ne lui permettait pas d'enlacer ou de repousser l'autre homme. Finch avait donc tout pouvoir sur lui. Pour quelqu'un qui était toujours dans la maîtrise et le contrôle, cette situation inédite où il devait subir cette torture n'était pas très familière…mais John n'était pas sûr de détester…non à bien y réfléchir, il adorait ça. Il reposa lourdement sa tête dans l'oreiller et ferma les yeux pour mieux savourer les sensations délicieuses qui le submergeaient.
Au bout de quelques minutes, Finch cessa ses baisers et rampa le long du corps de Reese pour plonger ses yeux dans ceux mi-clos de l'agent. Après l'avoir rapidement embrassé, il lui sourit malicieusement et répondit :
-Je vais te rendre la monnaie de ta pièce…
John mit du temps à comprendre à quoi l'informaticien faisait allusion. Toujours dans les limbes du plaisir et étourdi de désir, l'homme ne comprit le message que quand la main de Finch se posa sur son épaule, et du bout des doigts, aussi légère qu'une plume, descendit sur sa poitrine, frôla son ventre s'attardant sur ses abdominaux avant de saisir sa virilité palpitante, sans gêne ni honte.
John ne put retenir un halètement de surprise et ouvrit grand les yeux devant l'audace de son mari. L'homme qu'il avait sous les yeux n'avait plus rien à voir avec le Finch qu'il connaissait, timide et réservé : ses yeux bleus charmeurs, son sourcil relevé, son sourire séducteur et cette main…Cette main audacieuse qui le caressait avec adresse, dextérité et amour. Cette main qui, tantôt avec lenteur, tantôt avec vigueur, l'amenait inéluctablement vers les cimes du plaisir. John se serait volontiers noyé dans ses yeux, perdu dans cette main, damné pour cette bouche à quelques centimètres de la sienne.
-Alors monsieur Reese, qu'est-ce que ça fait d'être à la merci de quelqu'un ? Souhaites-tu que je continue? Demanda Finch en poursuivant son ouvrage avec application.
John eut toutes les peines du monde à rassembler ses mots pour lui répondre alors il se contenta de sourire béatement tout en respirant fortement selon le rythme des caresses. Le sourire de Finch s'agrandit. Se penchant un peu plus, il chuchota dans le creux de son oreille d'une voix pleine de promesse :
-Qui ne dit mot, consent…J'en conclus que tu veux que je poursuive.
Il déposa un baiser sur la joue de John, savourant cette peau désormais lisse et douce. Ses lèvres glissèrent ensuite lentement dans son cou et ses épaules. Finch s'appuya ensuite sur ses coudes et se redressa complètement sous le regard perdu de Reese qui gémit de frustration.
-Harold…déshabille-toi, réussit à articuler John d'une voix enrouée.
Le dominant de toute sa hauteur, Harold contempla l'homme allongé devant lui, nu, abandonné et en total confiance. Sans le quitter des yeux et avec lenteur extrême, il sourit tout se mettant à genoux entre ses jambes qu'il écarta doucement pour mieux se rapprocher.
-Hors de question, j'ai décidé de te faire subir, point par point, ce que tu m'as fait au cinéma…
Finch s'arrêta quelques instants comme s'il réfléchissait avant de s'interroger :
-Alors voyons, par quoi avais-tu commencé ?…Ah oui, la main…
Finch encercla la virilité de John et recommença encore une fois ses mouvements lancinants et hypnotiques de va-et-vient. L'autre homme, la tête enfouie dans l'oreiller, perdait totalement le contrôle sur ses sens, soupirant et gémissant sans aucune retenue. Ce qui rendait l'agent d'autant plus fou qu'il connaissait le programme à venir…
L'informaticien suspendit son geste et reprit la parole d'une voix basse et rauque :
-Et maintenant John ? Quel est le programme, j'ai une perte de mémoire…Je n'étais pas en pleine possession de mes moyens ce soir là…Peux-tu me dire ?
John mit quelques secondes à répondre, cherchant à calmer la course effrénée de son cœur et à reprendre une respiration plus calme. Se redressant sur son coude valide pour observer son compagnon, à genoux entre ses jambes, il précisa :
-Prends-moi dans ta bouche…
Finch eut un petit sourire en coin, avant de déclarer :
-Ah oui…C'est vrai.
Se léchant les lèvres comme s'il s'apprêtait à déguster le plus succulent des mets, Harold rapprocha sa bouche du membre gorgé de sang de son mari et y déposa un baiser avant de le lécher doucement, savourant la douceur de sa peau et s'enivrant de son odeur masculine mêlée à celle du savon. John lâcha un long soupir de plaisir tout en agrippant les draps, dans un geste désespéré pour garder le contrôle. Mais cette langue mutine qui le frôlait, le caressait, jouait avec lui le rendait fou.
Puis Harold s'enhardit et le prit pleinement dans sa bouche provoquant un cri de plaisir chez son amant. L'acte, d'abord hésitant voir timide, devint plus assuré. Encouragé par les halètements et les gémissements de John, Harold se fit plus passionné, plus fiévreux, prenant un réel plaisir à en donner à son amant. Une main sur la base de son membre et l'autre lui tenant la hanche, Harold s'employait avec habilité à conduire son mari jusqu'à la jouissance ultime.
John, un bras dans le plâtre et l'autre tendu pour plonger les doigts dans les cheveux de son partenaire, n'avait aucun moyen, ni aucune envie de l'arrêter.
-Harold… haleta-t-il avant de se mordre la lèvre pour se retenir de gémir de plaisir.
L'informaticien était grisé par l'ascendant qu'il avait sur son mari. Lui, toujours si attentif à contrôler ses actions, à cacher ses émotions, se présentait à lui nu au sens propre comme au sens figuré. Il était fier d'avoir dompté sa force, sa puissance, sa passion. C'est à lui que John procurait autant de plaisir et c'est avec John qu'il trouvait le sien. Ils étaient faits l'un pour l'autre, ils s'appartenaient.
-Harold, je t'en prie… gémit Reese en balançant sa tête sur l'oreiller.
Harold suspendit ses gestes et redressa la tête. Même s'il était aussi embrasé que son partenaire, l'informaticien cherchait tout de même à se contrôler. Il souhaitait faire passer le plaisir de John avant le sien. L'agent l'avait si souvent fait passer avant lui, le protégeant quitte à faire bouclier de son corps, cherchant à le soulager de ses douleurs par des massages, souhaitant faire passer son plaisir avant le sien. Non, pour une fois, Finch avait envie de prendre soin de lui, de l'aimer et de le chérir sans rien attendre en retour.
Un sourire attendri sur ses lèvres gonflées, Harold chuchota d'une voix rauque :
-De quoi me pries-tu, John…
John ne savait pas très bien lui-même : d'arrêter ? Non pas question la frustration serait trop grande de continuer évidemment, mais l'homme était gêné de prendre autant de plaisir, seul… Il n'avait pas l'habitude d'être dans cette situation…, impuissant face aux sensations délicieuses et puissantes qui balayaient tout sur leur passage, sa raison et son contrôle. Seul l'amour qu'il avait pour l'homme qui l'amenait aussi loin dans la jouissance avec ses mains et sa bouche comptait. Finch était la lumière dans le tunnel sombre de sa vie. Il était son phare, sa boussole, sa clé de voute.
-Que veux-tu John ? répéta Harold, fasciné par le visage de Reese totalement métamorphosé par le désir et l'amour qui s'y reflétaient.
-Tout, fut le seul petit mot que l'homme réussit à chuchoter.
Finch sourit face à cet aveu d'impuissance, cet abandon total, preuve s'il lui en fallait encore une, que Reese avant une confiance totale et aveugle en lui. Il allait donc lui donner ce qu'il réclamait.
Abaissant à nouveau la tête, il le reprit dans sa bouche tout en laissant ses mains dériver sur son ventre et sa poitrine, sentant sous ses doigts le cœur de Reese battre la chamade. Accélérant le rythme, Harold pouvait sentir son amant se tendre et se crisper sous ses assauts. En quelques minutes, il amena John à un apogée si puissant qu'il cria au moment de la libération.
Il fallut quelques instants pour que John reprenne ses esprits. Tremblant, essoufflé et en sueur, l'homme rouvrit les yeux et découvrit Harold qui le regardait avec tendresse. Il leva la main pour caresser tendrement la joue de son mari, laissant son pouce dériver sur cette bouche diabolique qui l'avait torturé avec tellement d'adresse. Un sourire paresseux étira ses lèvres.
-J'avais tort l'autre soir.
Harold leva un sourcil étonné :
-Ha oui ? A quel propos ?
-Je suis peut être doué pour la torture, mais toi, l'expert en la matière…
