« On ne va quand même pas le laisser là…

- Alors tu t'occupes de le porter ou de le réveiller !

- Mais… »

Ils avaient été juste attendrit et fière de voir leur capitaine s'endormir devant eux comme cela, « sans défenses ». Mais comme il ne s'agissait pas tout à fait de leur ancien capitaine, ils ne savaient pas comment prendre ce « sans défense ». Comme dans le passé, un danger létal, ou comme une fausse alerte ?

Et puisqu'il valait mieux prévenir que guérir, ils débattaient de qui allait tenter de ne serait-ce qu'approcher le rouge. Et le choix allait finir par une unanimité envers Reo.

« Allez maman poule, va t'occuper de ton petit tigre !

- Tu n'as pas entendu l'idiotie que tu viens de dire ? »

Soupirant devant ce discours sans queue ni tête, le shooter se décida à s'approcher de la bête. Qui, malgré qu'elle soit allongée sur un banc bien rigide, dormait comme une souche. 'Je me demande quand même s'il a réfléchit où dormir…'

Une main forte frappa son dos, en signe d'encouragement. Il ne l'avait pas vu arriver, celle-là. Par contre, il l'avait bien sentit.

« Grosse brute !

- Chuuuuut ! »

Dans un bel ensemble, les deux plus grands perturbateurs de Rakuzan avaient posés leur index sur leur bouche, demandant le silence, avant de pointer ce même doigt en direction du plus petit de l'équipe.

Grognant un peu sous cape, Reo obtempéra, puis repartit en direction de l'Empereur. C'était fou comme la distance entre des casiers et un banc lui paraissait si longue et périlleuse tout d'un coup. Une fois arrivé à destination, il prit soin de noter la respiration calme de l'endormit. Et les commentaires trèèèèèèèès intelligents de deux de ses coéquipiers.

« Et pour le réveiller, tu fais comme dans ce conte, là !

- La Belle aux bois et la Bête ? »

Non mais franchement…

Testant tout d'abord la « façon douce », il l'appela doucement. Aucune réponse. Il haussa un peu plus la voix. Toujours rien. Il posa sa main sur une épaule, avant de l'agiter. Encore le même résultat. Il en était au bord d'en être vexé et ennuyé. Ainsi que de laisser Nebuya s'occuper de le déplacer. C'était sans compter l'idée « géniale » du chien fou. Remarquant la non réactivité d'Akashi, il sauta sur l'intéressé, les faisant rouler au sol. Au moins, il était réveillé, en attestait les grognements de douleurs de la personne bloquée sous le blond.

« Réveillé, capitaine ? »

Le silence qui suivit sa phrase eu le mérite de le faire se lever. Et de s'éloigner tout aussi rapidement.

« Sei-chan, tout va bien ? »

Tout comme le silence pouvait les figer, un bruit quelconque réussissait tout aussi bien. Un soupir. Un bon gros soupir.

« Sei… Sei-chan ? »

Ils allaient mourir. Tout simplement décéder. L'Empereur allait les décapiter.

« Solution de replie ! »

Tous sauf le tireur partirent en vitesse à l'extérieur des vestiaires, ayant brusquement beaucoup de choses à faire dehors, et loin de leur capitaine. Reo, jetant alternativement un œil entre la porte que venait d'emprunter ses coéquipiers, et la masse rouge qui commençait à se relever dos à lui. Et s'il faisait pareil ?

« Est-ce que je fais si peur que cela ?

- Hein ? »

Le murmure était parvenu à ses oreilles, mais avait mis du temps avant d'être analysé.

« Tu… Tu as peur d'être rejeté ?

- Effectivement. »

Il n'était pas faible. Loin de là. Cela se sentait. Il énonçait les faits. Mais il y avait quelque chose de plus mélancolique dans ses paroles à lui. Peut être parce que comparé à avant, il ne se posait pas ces questions. Il ne voulait pas s'intégrer, seulement s'imposer.

« Je suis… Revenu comme ça, différent de celui que vous avez connu. Et ce changement est assez perturbant pour qu'ils soient perdus et me considère comme… Je ne sais pas trop en fait.

- Comme une bombe à retardement. »

Des yeux pourpres s'élargirent en le regardant. Vraiment ?

« Ou un fauve, un lion en cage. »

Le ton nonchalant et détaché faisait penser qu'il ne le pensait pas lui-même, qu'il s'agissait d'idées puérils de ses camarades. Il n'avouerait pas que quelques instants auparavant, il n'avait pas voulu l'approcher alors qu'il dormait.

Le visage du plus jeune se faisait de plus en plus surpris, tentant de se représenter ce que pouvait voir les autres membres de l'équipe en lui.

« Et bien, au moins ils ne voient plus en moi un dictateur…

- Ooh ! Pas faux ! »

C'était vrai que jusqu'à présent, ils n'avaient pas parlé du côté Empereur de la personne.

« Parce qu'instinctivement, ils ont sentit que tu étais plus proche d'eux ! Ce qui est bien ! »

Même lui venait de le remarquer, cette nouvelle aura qui émanait de leur petit capitaine. Loin de celle féroce, qui faisait plier quiconque le regardait, elle était plus douce, même si ce n'était pas vraiment le mot approprié. Plus apaisante. Si on se sentait opprimé par l'autre, on se sentait confiant en sa présence.

Prêt à avancer, avec lui à ses côtés.

« Akashi Seijuro. »

L'air sérieux qu'avait le plus grand attira l'attention du plus petit. Le sourire fin qu'il avait l'intrigua un peu.

« Es-tu prêt à ce qu'ils t'acceptent pour ce que tu es ?

- Oui. Et j'aimerais qu'ils me considèrent comme un compagnon.

- Alors, c'est partit ! »

Se dirigeant vers la porte, il l'ouvrit en grand, invitant leur capitaine à sortir rejoindre l'équipe. Un petit sourire s'épanouit sur le visage de ce dernier, heureux.

« Mais ! »

Alors qu'il allait s'avancer vers la sortie, il fut arrété par le shooter.

« Tout d'abord, ce ne sont pas des coéquipiers qu'il te faut.

- Ils doivent être quoi alors ?

- Des amis ! »

Le sourire à peine formé s'élargit encore, allumant les yeux pourpres d'une nouvelle lumière.

« Bonne idée. »

Reo hocha la tête, satisfait. Il adorait ce nouveau capitaine. Qui franchit le seuil à ses côté, vers sa nouvelle vie à Rakuzan.