Chapitre 2 - Bien au contraire.
PDV de Bellamy
J'ouvre péniblement mes yeux. Pendant une demi-seconde, je ne pense plus à rien. Je ne pense plus aux événements de la veille. Tout ce à quoi je pense, c'est au soleil qui éclaire mon visage. Je ne me reconnais même plus... Depuis quand je fais de la poésie ? Je commence à réaliser le fait qu'hier, une des personnes du camp est morte. Et pas n'importe quelle personne. Finn n'était pas mon ami, mais je le connaissais plus que certains qui se disent être mes « amis ». Et surtout, il était un ami de Clarke. Son meilleur ami.
Je me relève doucement, et pose ma tête entre mes mains. J'inspire un grand coup, et me lève. Je prends le t-shirt roulé en boule sur le sol. Alors que je sors de ma tente, je commence à l'enfiler. Le temps de le passer sur mon torse, j'entends les chuchotements et les soupirs du groupe de filles à mes côtés. Je soupire lourdement. Avant, j'aurais entièrement apprécié ces exaltations. Maintenant, je m'en fiche complètement. Je ne me rappelle même plus la dernière fille avec qui j'ai pu couché. Je n'ai plus besoin de flatter mon égo. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai plus besoin d'elles. Plus maintenant.
Je regarde au loin et je vois une tête blonde sortir d'une tente. Mon visage se fend d'un sourire, sans que je ne puisse l'arrêter. La tête blonde se retourne vers moi. Je vois Clarke me sourire, d'un sourire franc et sincère. Je baisse la tête, essayant de stopper ce sourire de mon visage. Elle est co-leader de ce camp, il faut que nous soyons unis. C'est tout, ça s'arrête là. Je m'approche d'elle, et je la vois avancer de quelques pas vers moi. Alors que nous sommes de plus en plus près, je remarque sous ses yeux de grandes traces noires et violettes. Avant d'avoir pu arrêter le mouvement de ma main, je pose mon pouce droit sous son œil gauche, et je dessine la courbe de ses cernes. Je vois son regard se voiler de surprise, alors que mon geste semble... doux ? J'enlève rapidement ma main de son visage et me racle la gorge.
- Où as-tu dormi cette nuit ? lui demandais-je.
- Dans la tente d'infirmerie, soupire-t-elle. J'étais dans ma tente et ma mère est entrée alors que je lui avait dit de ne pas venir. Je suis sortie aussitôt.
- Tu n'as pas dormi de la nuit.
- Je sais. Mais je n'y suis pas arrivée. Je me sens plus que seule.
- Tu sais très bien que c'est faux, lui répondis-je directement. Je...
- Clarke ? demanda une voix derrière nous.
Nous sursautons violemment en entendant la voix de la mère de Clarke derrière nous. Elle se trouve près de l'infirmerie, à quelques mètres de nous. Elle nous regarde, un air peiné dans le regard. Elle s'approche lentement de nous.
- Clarke, est-ce que nous pourrions parler ? demande-t-elle.
- Bien sûr, répond sa fille.
- Bien. Suis-moi.
Abby rentre dans la tente de Clarke. Celle-ci me regarde. Je commence à me reculer, mais elle me prend la main et me traine avec elle en direction de la tente.
- Clarke ! dis-je. Elle ne va pas vouloir que je sois ici, je ferais mieux...
- Écoute, me dit-elle en se retournant vers moi. Je me fiche qu'elle le veuille ou non. Moi je le veux. Ne me laisse pas affronter ça toute seule, Bellamy. S'il te plaît.
Je la regarde, hésitant à ce qu'elle venait de me dire. Elle se mord doucement la lèvre inférieure. Je sais qu'elle fait ça quand elle est stressée.
- D'accord, soupirais-je.
Un sourire victorieux flotte alors sur son visage. Je ricane doucement, alors qu'elle me traîne de nouveau derrière elle. Nous entrons tous les deux dans sa tente, à la suite de sa mère. Clarke me lâche la main.
- Tu voulais parler, maman. Alors parle.
- Seule à seule, répliqua sa mère. Je n'ai jamais dit que je voulais qu'il vienne avec toi.
- Mais moi je l'ai décidé, dit Clarke. Soit tu me parles en présence de Bellamy, soit tu ne me parles pas. A toi de choisir.
- Bien, lâcha-t-elle en me regardant.
La mère de Clarke ne m'apprécie pas, je le vois dans son regard. En même temps, sa fille est co-leader avec la personne qui a tiré sur le chancelier Jaha. Notre relation n'est donc pas parti du bon pied, c'est clair. Je pense surtout qu'elle a peur de mon rapport avec sa fille. Nous sommes devenus amis, et elle a peur de mon influence sur Clarke.
- Clarke, commença-t-elle. Nous ne t'en voulons pas.
- Arrête, maman. Je vois ton regard. Je vois comment tu me regarde. Tu ne me reconnais plus.
- Chérie...
- Comment ta fille a-t-elle pu en si peu de temps devenir une meurtrière ?
- Clarke, ce n'est pas que je ne te reconnais plus. Seulement... n'y avait-il pas d'autres solutions que celle-ci ? Ce que tu as fait... reste impardonnable.
Je serre les dents en entendant le discours de sa mère. Elle essaye de faire culpabiliser sa fille ou quoi ? Si c'est son but, c'est tout à fait réussi. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait si peu de cœur. Je vois une larme rouler le long de la joue de Clarke.
- J'ai fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le sortir de cette situation, dit Clarke. J'ai essayé d'échanger ma place avec elle, tu sais. Peut être que tu aurais préféré cette solution ?
- Ce n'est pas ce que...
- J'ai tout fait pour négocier avec leur chef, Lexa, dit-elle la larme à l'oeil. Et toi, ou étais-tu ?
- Tu sais très bien que je ne pouvais pas y aller. Ils ne me connaissent pas autant que toi, Clarke.
- Tu m'as laissé y aller toute seule. Tu ne m'as même pas empêcher.
- Je ne pouvais...
- Tais-toi ! hurla soudainement Clarke. Je me sens coupable de la mort de Finn, mais j'ai fais ce que je devais faire, tu le comprends ? Sans moi, il aurait souffert comme pas possible. Il est mort dans mes bras, d'accord ? Je...
- Je le sais très bien ! s'exclama sa mère. Mais, ma chérie, ce que tu as fais te hantera jusqu'à la fin de tes jours.
- J'ai juste suivi les traces de ma mère. La mort de papa te hantera aussi jusqu'à la fin de tes jours, tu sais. Tu n'es pas mieux que moi.
- Clarke, dit-elle, les larmes aux yeux. Tu es injuste avec moi.
- JE suis injuste ? cria Clarke. Dès que je te regarde, je revois la scène de papa éjecté hors de la station. Je ne pourrais jamais te le pardonner maman. Tu ne me pardonnes pas la mort de Finn ? Je ne te pardonne pas la mère de mon père. De ton mari. Maintenant, sors de ma tente.
- Nous reparlerons de ça un autre jour.
Je baisse la tête dès que je croise le regard d'Abby. Ce qu'elle a dit est impardonnable, mais je n'arrive pas à la regarder pleurer comme ça. Je regarde Clarke, qui se trouve à quelques pas de moi, de profil, les mains sur les hanches. La mère de Clarke me jette un regard, et part de la tente sans dire un seul mot. Je jette un œil vers Clarke, qui regarde devant elle, avec un regard de haine. Je commence à avancer d'un pas, mais je la vois mettre son bras gauche juste devant moi, paume en avant.
- Non, Bellamy, dit-elle. Pour l'instant, je suis trop énervée pour...
- Je suis désolé, lui dis-je.
- Tu n'aurais pas du assister à ça. J'ai fais une erreur en t'emmenant avec moi.
- Bien.
Je recule et sors de la tente en trombe. Ce qu'elle vient de dire me met réellement en colère, il faut que je me calme. J'insulte deux groupes de jeunes parlant trop fort sur la route et rentre dans ma tente. Je retire rapidement mon t-shirt et le balance violemment dans un coin de ma tente. Je fais les cents pas, essayant de me vider la tête. C'est elle qui a insisté pour que je vienne. J'allais la réconforter, et elle m'a directement recalé. Je porte mes mains dans mes cheveux, en soupirant. Personne ne m'a jamais énervé à ce point. Cette fille, c'est vraiment quelque chose.
Au bout de ce qu'il me semble être des heures, je m'écroule sur mon lit, épuisé d'avoir trop réfléchi. Je déteste cette fille. Je la hais. Je ferme les yeux petit à petit, mais j'entends soudainement ma tente s'ouvrir lentement. Je me redresse dans mon lit, toujours torse nu. Je vois Clarke entrer dans ma tente et la refermer derrière elle.
- Clarke ? demandais-je. Qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Je suis désolée, dit-elle avec des sanglots dans la voix. Je ne sais pas pourquoi je t'ai parlé aussi méchamment. Ce n'était pas de ta faute.
Je soupire lourdement en posant mon avant bras droit ur mes yeux.
- Est-ce que je peux rester cette nuit ? me demande-t-elle d'une petite voix.
Sans hésitation, je tends ce même bras dans sa direction pour qu'elle puisse s'y réfugier. Au fond de moi je le sais. Je sais que je ne déteste pas cette fille. Bien au contraire.
The 100 est renouvelé pour une saison 3 ! Vous n'imaginez pas la joie que j'ai eu en entendant cette nouvelle... Qui dit saison 3 dit plus de Bellarke !
Alors, je souhaiterais vous remercier pour vos reviews. Quand j'ai vu ces quelques commentaires vraiment positifs envers mon histoire, j'étais très heureuse ! Même si je ne peux pas répondre aux inconnus, sachez que je lis tout ce que vous pouvez me dire, et que je prends en compte vos remarques !
Voilà, en tout cas j'espère que ce chapitre vous a plu. A très bientôt !
- Amandine
