Disclaimer : Kingdom Hearts, univers comme personnages, ne m'appartient nullement, je ne tire donc aucun profit de cette histoire.
Remerciements : Elerina et Momo, pour la correction et le soutien moral; Niny, pour le soutien psychologique ( Oui, c'est à ce point là.); et Serya pour le soutien moral. Un énorme merci à vous, les filles: c'est grâce à vous que j'ai écrit ce pavé de 80 pages !
Partie I
… Pas besoin de suivre des pédophiles.
- Chapitre 2-
À la grande surprise de Roxas, la demeure d'Axel ne se trouvait effectivement pas bien loin du lac de Pergusa. Il se laissa guider durant quelques courtes minutes à travers les bois clairs qui bordait Enna, posant quelques questions que lui dictaient sa paranoïa -toujours présente, bien qu'atténuée-, et apprit ainsi que l'homme était l'un des nombreux fils d'un puissant seigneur, qui avait passé l'arme à gauche bien des années auparavant, léguant à chacun de ses héritiers une part de ses terres. Le domaine dont Axel avait hérité était apparemment si grand qu'il avait vécu jusqu'à présent dans une toute autre ville, bien loin de la région de Enna, et avait décidé après une grosse fatigue due à des conflits avec sa sœur ainée, de partir visiter les autres sections de son domaine.
La jeune fille qu'il cherchait (Dont Roxas n'avait pas vraiment saisi le nom) se trouvait être sa nièce, l'enfant-même de cette sœur avec qui il se disputait si souvent. Il n'avait encore jamais eu l'occasion de la rencontrer, et l'avait toujours énormément regretté, et lorsqu'un de ses employés lui avait annoncé un beau jour qu'une rumeur disait que sa nièce se rendait régulièrement dans les environs de Pergusa, il avait sauté sur l'occasion pour prendre des congés.
« Ah! Nous y voilà. » s'exclama Axel, en écartant une branche basse, apparemment mis de bonne humeur par leur petite marche à travers les bois, bien malgré son statut de jeune noble -ce qui devait certainement réduire à un nombre ridicule le nombre de ses sorties à la campagne.
Roxas leva le regard de ses sandales d'osier et de liège, en équilibre sur un petit rocher plat, pour le porter sur un grand portail noir de fer forgé, imposant, qui se trouvait être scellé à même la roche blanche d'un grand tunnel poli. Il haussa un sourcil étonné: de toutes ses balades en forêt, c'était certainement la première fois qu'il remarquait cet endroit, et pourtant, il avait eu tout le temps nécessaire à l'exploration de cette forêt, ces trois derniers siècles, c'était un fait.
Axel lui fit signe de le suivre, poussant les lourds battants de métal sans effort apparent. Le bruit de leurs pas résonnait bruyamment le long des parois rocheuses, et Roxas s'étonna de leur état remarquable, nues de toutes moisissures, observant avec curiosité les grandes torches de fer et de bois qui les ornaient tout le long, apparemment minutieusement entretenues.
Le tunnel paraissait sans fin, s'étendant sur ce qui semblait être des kilomètres sans qu'aucune lumière autre que celle des torches n'éclaire leurs pas. Le garçon blond se demanda brièvement combien de temps ils allaient encore devoir marcher, et comment donc son hôte à la peau pâle pouvait supporter un si long chemin, lui qui n'était qu'un jeune aristocrate habitué à la ville et ses chariots. Il n'en fit cependant rien savoir à celui-ci, se contentant de lui lancer quelques coups d'œils méfiants.
Le rouquin marchait d'un pas léger, insouciant, et sifflotait avec entrain un petit air étrangement familier aux oreilles de Roxas... Cette mélodie ne ressemblait-elle pas à cette horrible berceuse que Riku avait composée en l'honneur de Sephiroth, espérant ainsi échapper à sa colère ? (Si Roxas se souvenait bien de toute l'affaire, le roi des messagers avait volé les moutons du seigneur Apollon et, afin d'éviter son courroux, lui avait offert ce qu'il avait nommé harpe, en l'honneur des harpies dont le cri ressemblait étrangement aux bruits produits par cet instrument de torture. Le garçon blond se demandait encore comment le dieu si fier avait pu se laisser acheter par une musique aussi terrible.). Agacé par le souvenir qu'invoquait la musique de son compagnon de route, Roxas se prit une nouvelle fois à se demander pourquoi ce tunnel semblait ne plus en finir.
Mais pourquoi donc avait-il accepté cette invitation stupide ?
« Encore cinq minutes, Roxas, et on pourra se gaver de glaces jusqu'à en exploser! » s'exclama Axel, sans se retourner, faisant sursauter le jeune dieu, qui lui lança un regard perturbé. C'était presque comme si... il pouvait lire dans ses pensées...
Glaces, lui rappela son ventre, impassible, et sa conscience ne répliqua pas, lui intimant simplement de continuer sa marche. Il se contenta donc de rester silencieux, rendu mal à l'aise par l'obscurité du tunnel qui, assez étrangement, n'était nullement froid bien malgré le peu de lumière, mais se faisait au contraire de plus en plus chaud. Inconsciemment, mis mal à l'aise par le manque de soleil, il se rapprocha de son compagnon de route, marchant à ses côtés d'un pas régulier tout en arborant un air inquiet mal réprimé - tirant un nouveau sourire amusé à Axel.
Celui-ci se trouvait d'ailleurs avoir raison, et bien vite, le tunnel déboucha sur un ciel couvert d'épais nuages gris qui, à la manière d'un rideau de fumée, ne laissait pas filtrer le moindre rayon de soleil.
Roxas se trouva de nouveau grandement surpris: un orage se préparait-il? Son père était-il de mauvaise humeur? En si peu de temps? Tout cela ne lui disait absolument rien qui vaille, et ce fut avec un frisson d'anticipation que le garçon emboita le pas à son hôte, observant avec attention le domaine qui s'étendait sous ses yeux.
Face à eux se trouvait un grand chemin de rocailles blanches, bordé d'arbres aux feuillages épais, si serrés les uns aux autres qu'il était tout bonnement impossible de voir la fin du grand parc. Au bout de cette petite route déserte, qui se trouvait somme toute être fort courte bien que très large, serpentait un fleuve tranquille aux eaux troubles, qui s'écoulait doucement entre les arbres à la manière d'un long ruban de soie blanc.
Au loin, un hurlement de chien retentit, puissant, et le jeune dieu sursauta violemment. La peur au ventre, il s'accrocha à un pan du chiton de son hôte, pâlissant à vue d'œil. Les chiens ne faisaient certainement pas partie de ses animaux préférés depuis qu'un des loups de Saïx avait tenté de faire de lui son casse-croûte, alors qu'il n'avait qu'une petite trentaine d'années (Un bébé, aux yeux des olympiens. Larxene n'avait d'ailleurs jamais pardonné à Saïx les nombreuses terreurs nocturnes qu'il lui avait donné.). Axel soupira bruyamment, clairement agacé par l'excitation de la bête.
« Pluto ! C'est fini, oui, tout ce boucan ? » hurla-t-il depuis le bord de la rivière, faisant sauter une nouvelle fois son compagnon hors de sa peau. Sa voix résonna longuement dans la petit bois, de façon étrangement morbide.
« Désolé. » ajouta-il en direction du garçon blond, penaud. « Ce chien est hyperactif alors il passe ses journées à hurler à la mort. C'est vraiment ch-fatiguant. Heureusement qu'on a Mickey, le gardien du parc, pour s'occuper de lui. »
Il lui adressa un sourire rassurant, lui ébouriffant une fois de plus les cheveux, et Roxas réprima une grimace. Il détestait qu'on touche à sa coiffure délicate; il avait déjà assez de mal à dompter ses cheveux, chaque matin (Ne souhaitant pas ressembler à Sora plus que nécessaire), sans que les autres ne s'en mêlent en plus.
« Xaldin -mon passeur- ne devrait pas tarder à arriver: une cloche sonne dans sa cabane de service à chaque fois qu'on ouvre le portail principal. » expliqua Axel à un Roxas pour une fois intéressé tout en croisant les bras sur sa poitrine en une posture d'attente.
« Je ne savais pas qu'un fleuve traversait les bois de Enna. » fit remarquer Roxas en fronçant les sourcils, observant d'un air pensif les ondes troubles du cours d'eau, quelque peu surpris par l'absence totale de poissons.
Axel haussa les épaules, l'air indifférent.
« L'Achéron est pourtant assez célèbre. Je ne suis pas très au courant des rumeurs qui courent parmi le petit peuple. » répondit-il en jetant un coup d'œil impatient à l'embouchure du fleuve.
Un air satisfait fit son apparition dans son regard quelque peu irrité.
« Ah, ben c'est pas trop tôt ! Le voilà. »
Roxas haussa les sourcils, pris de court. Il suivit des yeux le regard de son compagnon pour tomber sur une large barque de balsa brut, imposante, qui était dirigée par un grand homme aux longs cheveux noirs tressés. L'étrange passeur arborait un long manteau noir à capuche, taillé dans une matière étrange qui luisait à la lumière, les sourcils froncés en une expression morose.
Étrange. Il ne lui semblait pourtant pas avoir entendu la barque s'approcher, et au vu des clapotis de l'eau contre la coque, il était peu probable qu'elle fut si silencieuse. Et pourtant...
« Allez! En voiture, Roxas! » s'exclama avec enthousiasme Axel, un grand sourire plein de dents collé au visage, tandis que la barque s'arrêtait très exactement devant eux.
Il lui empoigna fermement les épaules, sans lui laisser le temps de piper mot, et le dirigea vers le petit bateau, s'attirant un regard méfiant du blond. Pourquoi était-il si pressé?
« Si on ne se dépêche pas, ils auront déjà distribué toutes les glaces aux villageois. » le prévint l'homme aux cheveux rouges avec une moue boudeuse, comme si lisant dans ses pensées.
Ne gâche pas ta chance, idiot! s'exclama sa conscience, hystérique. Des glaces à l'eau de mer ! renchérit son ventre en gémissant pitoyablement.
Roxas n'était certainement pas de ceux qui refusaient de se plier aux exigences de son corps pour de futiles raisons telles que la perte de poids ou l'atteinte de la sagesse, c'était un fait. Il était un dieu de la nature, après tout, et se devait de suivre ses aléas et exigences autant que faire se pouvait (C'était certes un peu hypocrite, au vu son comportement coin-réservé, mais il ignora royalement ce fait sur le moment). C'était l'une des raisons qui le poussèrent à s'asseoir, docile, aux côtés de son hôte tout de noir vêtu, observant avec une pointe d'intérêt leur passeur s'aider de ce qui ressemblait à de longues hallebardes noires afin de faire avancer leur embarcation. Il se pencha légèrement vers Axel, sa curiosité reprenant le dessus.
« Pourquoi est-ce qu'il utilise des lances ? Des rames devraient être bien plus pratiques... Elles laissent passer moins d'eau.
- Aucune idée. La dernière fois que j'ai eu la mauvaise idée de lui demander, j'ai failli me faire embrocher contre la proue. Employeur ou non. » Une grimace vint déformer ses lèvres au souvenir, apparemment particulièrement désagréable. « Maintenant je me contente de vivre dans l'ignorance; instinct de survie, tu sais? »
Roxas émit un petit grognement d'approbation, se souvenant bien trop clairement de la fois où Saïx avait tenté de se servir de lui comme pâté pour ses loups; c'était bien la seule fois où il avait osé lui demander pourquoi un grand portait de Grand-père Xemnas ornait sa tête de lit, dans son bastion de l'Olympe. C'avait également été la dernière: certaines choses étaient tout simplement faites pour rester à jamais secrètes.
Le voyage en barque fut au final plutôt plaisant (Bien qu'il ne se passa pas grand chose d'intéressant) et Roxas se surpris plus d'une fois à réprimer des sourires amusés face aux explications farfelues qu'inventait son hôte en réponse à ses nombreuses questions sur son domaine. Il eut parfois l'étrange impression d'apercevoir une main pâle sous la surface de l'eau, du coin de l'œil, mais l'illusion se dissipait dès qu'il tournait la tête, aussi fit-il passer ces visions pour des mirages induits par la faim et le manque de luminosité (Qui était réellement anormal pour un pays méditerranéen comme la Sicile) .
Finalement, ce fut non sans une certaine joie que nos deux compagnons se séparèrent du taciturne Xaldin, qui ne leur accorda pas un mot, se contentant de tendre une main calleuse en direction de son employeur, le regard dur. Ce dernier roula des yeux, agacé, avant de lui poser rudement un drachme d'or sur la paume.
Roxas observa avec attention l'homme à la cape noire s'éloigner doucement sur le fleuve, décidé à expliquer de façon rationnelle sa précédente apparition silencieuse. Le brouillard (inexistant), peut-être? Cependant, le destin semblait décidé à contrarier ses plans, en ce beau jour (certes passablement) ensoleillé, car au même moment, un cri haut perché lui vrilla les tympans, attirant son regard curieux vers la grande bâtisse en pierres blanches qui se trouvait au bout du chemin de graviers. Un grand homme aux joues creusées et aux longs cheveux d'un blond presque blanc courrait vers eux, les yeux légèrement exorbités par sa course effrénée et la panique. Il remontait d'une main squelettique sa longue toge lunaire sur ses maigres mollets, le souffle erratique, et agitait une tablette de cire de l'autre.
« Maître! » s'égosilla-t-il en haletant, s'arrêtant finalement à leur niveau, une main sur les genoux et un bras contre le ventre. « Maître...! » répéta-t-il en s'étranglant à moitié, ses yeux roulant frénétiquement dans leur orbite comme s'il était sur le point de faire une crise d'apoplexie.
« Où étiez-vous donc passé? Pourquoi êtes vous parti sans prévenir quiconque ? Vos domaines ne se gèrent pas seuls ! Les trois Dames vous attendent dans le salon pour une nouvelle discussion au sujet de vos dernières commandes; sir Dingo tenait à vous informer que le professeur Donald a encore insulté un de nos nouveaux clients en plein procès! Depuis le temps que je vous disais de le remplacer par le Seigneur Picsou -qui pensait d'ailleurs installer une nouvelle salle d'attente pour nos invités au niveau 3, et n'attendait plus que votre permission- »
Roxas observa avec une certaine fascination, mêlée d'horreur, le grand homme émacié à la voix nasillarde s'épancher sur les nombreux problèmes qui avaient apparemment poussé comme des champignons durant la courte promenade d'Axel. Il ne semblait même pas avoir besoin de reprendre son souffle, les mots coulant hors de sa bouche dans un flot continu, à un débit si rapide que le suivre devenait un véritable exercice de style.
« - et bien entendu, votre sœur a encore annulée votre commande en céréales, prétextant une quelconque famine prochaine -comme si une famine pouvait s'abattre sur notre monde, en ces temps si prospères! En parlant de votre sœur, avez-vous donc trouvée votre très chère nièce qui, si je ne me trompe pas, est bien-Huh. V-vous avez de la compagnie? » balbutia le nouveau venu, les yeux exorbités et la bouche pendante, alors qu'il semblait enfin se rendre compte de la présence de Roxas.
Le petit blond, légèrement ennuyé de s'être fait ignorer ainsi, lui adressa un regard froid tandis que son hôte tapotait simplement l'épaule de celui qui semblait être son conseiller.
« Vexen, voici Roxas. » le présenta Axel, joyeusement. L'homme blond ouvrit la bouche pour recommencer à parler, visiblement déconcerté, mais son employeur leva une main, lui intimant tacitement de ne pas prononcer un mot de plus.
« Je n'ai malheureusement pas retrouvé ma nièce, mais comme mon ami ici présent et moi-même avions faim, je lui ai proposé de venir déguster quelques glaces à l'eau de mer en ma compagnie. »
Le sourire d'Axel était si large qu'il en devenait presque effrayant, et Roxas sentit des sueurs froides couler le long de son dos, sa paranoïa refaisant doucement -mais sûrement- surface. Vexen ferma la bouche sans un bruit, visiblement sidéré, mais la bonne humeur de son maître était apparemment chose assez rare et recherchée pour qu'il n'ait aucune objection à formuler, et il se contenta donc d'un petit couinement ressemblant vaguement à un « Bien », faisant signe aux deux compagnons de le suivre, non sans adresser un dernier regard nerveux au garçon blond. Celui-ci se laissa guider vers la bâtisse de pierre blanche sans proteste, non sans lancer un dernier coup d'œil à l'Achéron derrière lui.
Vide.
C'était de plus en plus étrange, le fleuve suivait pourtant une ligne droite sur plusieurs kilomètres: comment Xaldin avait-il pu faire avancer sa barque aussi vite (Avec une lance, pour couronner le tout) ? Les sourcils froncés par l'incompréhension, Roxas sentit la main du rouquin contre ses omoplates le pousser doucement vers l'avant. Un petit rire amusé lui chatouilla l'oreille:
« Tu rêvasses beaucoup, Roxas. Un trait de famille ? »
Le dieu blond lui adressa un regard noir, le repoussant du plat de la main (Il avait l'habitude, avec Riku) avant de suivre d'un pas rapide le conseiller aux cheveux décolorés, cherchant à mettre de la distance entre eux.
Le bâtiment, vu de près, était encore plus imposant qu'il n'y paraissait au premier coup d'œil. D'immenses colonnes s'élevaient jusqu'à dix mètres, véritables géants de pierre, et soutenaient de lourdes dalles de marbre rose sur lesquelles était encastrée une gigantesque fresque narrant les exploits de héros quelconques, magnifiquement taillés et soigneusement peints de milles couleurs éclatantes. Roxas dû pencher la tête en arrière, les yeux écarquillés par l'émerveillement, afin de pouvoir en jauger toute la beauté, pantois. L'édifice était fort grand, et le jeune dieu était certain qu'il devait égaler en magnificence le grand temple de Zeus que la mère de Hayner entretenait durant la journée, lieu de passage pour tous les pèlerins de Sicile. C'était un véritable régal pour les yeux.
« Le Palais d'Erèbe est très vieux. Il existait bien avant que la source de Pergusa ne devienne un lac. » lui murmura Axel à l'oreille, en surveillant du coin de l'œil son conseiller bougon qui marmonnait des malédictions à son encontre sous sous souffle, grimpant quatre à quatre les marches du palais de roche blanche. « Il paraitrait que son architecte était un des fils du titan Chronos. »
Roxas haussa un sourcil surpris. Un des fils de Grand-père Xemnas? Une divinité avait prit la peine de construire un temple en l'honneur de héros humains? Les dieux n'étaient après tout pas bien connus pour leur grande charité ou leur solidarité exemplaire: les humains se chargeaient de les honorer, et les immortels géraient le monde en se baffrant, c'était leur mode de fonctionnement.
L'écho de leurs pas résonnaient à l'infini contre les hauts murs de marbre froid, et les grandes portes face à eux faisaient offices de gardiennes inébranlables, avec leurs gravures de têtes de femmes, sévères et impassibles, qui semblaient suivre leur progression d'un œil mauvais. Un petit frisson remonta le long de la colonne vertébrale de Roxas, bien malgré la chaleur quasi-étouffante du parc, et il croisa les bras sur son abdomen, dans une pose protectrice, tordant nerveusement ses doigts dans le tissu de son chiton. A sa grande surprise, ils n'eurent même pas à signaler leur présence pour qu'on leur ouvre les grandes portes de pierre, ces dernières s'étant légèrement entrebâillées d'elles-même, comme si animées d'une vie propre. Vexen s'engouffra dans l'interstice sans ralentir, son visage émacié assombri par sa mauvaise humeur grandissante, et Axel lui emboita le pas d'un air décontracté, faisant signe à son invité de le suivre.
Le garçon blond hésita un instant, fixant avec une certaine appréhension les visages des femmes qui semblaient le jauger de leurs regards vides, et finit par accourir à la suite de son compagnon de route, sans un regard en arrière
De pauvres glaces valaient-elles vraiment un si long (et étrange) voyage? Se demanda-t-il en observant avec inquiétude les battants se refermer sans bruit derrière lui. Oui, grogna sa conscience, menaçante, dans un des sombres recoins de son esprit. J'ai faim, renchérit son ventre en gargouillant, lui tirant un soupir las.
Bien entendu, en tant que divinité immortelle, il lui était impossible de mourir et il ne lui était donc pas vital de se sustenter, bien qu'il puisse éprouver une certaine sensation de faim lorsque sa réserve de magie était trop basse. Cependant, à la manière des humains, les dieux avaient également quelques péchés dont ils n'étaient pas réellement fiers: la gourmandise était l'un des plus populaires dans leur panthéon (Et la luxure également, si l'on en jugeait par le nombre exponentiel de conquêtes de son père). Il se trouvait que Roxas, qui ne se complaisait ni dans son orgueil, ni dans une oisiveté extrême (Et ne trouvait aucun intérêt aux plaisirs de la chair, au grand bonheur de son paternel), avait développé un amour de la bonne nourriture qui ne connaissait aucune limite. Les glaces à l'eau de mer occupaient bien entendu la première place dans son classement des mets les plus divins jamais créés.
« Maître, voulez-vous que je vous prépare votre bureau ? » demanda Vexen en ramenant sa plaquette de cire contre son torse. « Les... trois Dames vous y attendent. Dois-je les congédier ? »
Axel fit un geste vague de la main, comme si écartant le sujet.
« Non, laisse les donc là où elles sont, j'en profiterai pour leur... présenter Roxas. » fit-il, amusé, avec ce que Roxas identifia comme une pointe de sarcasme (Bien qu'il n'en comprit pas la raison, sur le moment).
« Occupe toi de cette histoire avec Donald, et veille à ce que Pat n'en profite pas pour tirer au flanc: les procès nécessitent trois juges, malgré tout ce que Maléfique peut en dire... »
Cette histoire de procès rappelait vaguement au dieu du printemps une histoire qu'on lui avait racontée, bien des décennies auparavant, et dont il ne gardait qu'un obscur souvenir d'enfance, n'ayant jamais eu la meilleure des mémoires auditives. Il se souvenait cependant que cette histoire en particulier l'avait ennuyée au plus haut point, et qu'il n'avait jamais redemandé à ce qu'on lui conte une seconde fois.
Sans un mot, il observa avec intérêt le grand hall sombre, éclairé d'élégants candélabres d'argent qui faisaient la taille de ses deux bras dépliés côte à côte. Le sol en roche blanche était légèrement rugueux sous les semelles de ses sandales de liège, ce qui eu le mérite de plaire à son esprit pratique: il avait toujours haït les dalles de marbre trop lisses des palais de son père, sur lesquelles il glissait au moins une fois par visite, pour le plus grand plaisir de ses frères Riku et Sora, toujours à surveiller ses moindres faits et gestes comme s'il était l'animal le plus intéressant (et le plus drôle) qu'il leur ai jamais été donné de voir.
« Alors, Roxas, comment trouves-tu mon petit palais? » s'enquit Axel avec un haussement de sourcils inquisiteur, ses yeux félins brillant comme deux feux follets à la lueur des bougies. « Pas trop mal pour une résidence secondaire, non? »
« C'est... assez impressionnant. » concéda le garçon blond, bien obligé de s'avouer son admiration grandissante pour les architectes mortels, qui prouvaient encore et toujours leurs nombreux talents, au fil des âges. Son hôte lui adressa un sourire satisfait, et le jeune dieu s'attendit presque à le voir ronronner, face à cet air de chat ayant dévoré le canari qu'il arborait.
Les corridors qu'ils avaient empruntés, à la sortie de ce grand hall qui, s'il avait été magnifique, avait paru un peu vide au garçon blond, étaient longs, larges et bruyants. De nombreux hommes et femmes, tous vêtus de tenues plus différentes les unes que les autres, se pressaient de portes en portes, blêmes et inquiets. Ils croisèrent même un jeune garçon à l'air perdu, qui trainait une petite poupée de chiffon derrière lui tout en cherchant quelqu'un (ou quelque chose? ) du regard.
« Qui sont-ils? » demanda Roxas, curieux.
« Oh, de simples clients. » répondit Axel en haussant les épaules, clairement désintéressé.
Le dieu du printemps s'attendait à le voir préciser sa réponse, mais il n'en fit rien, apparemment peu amène à dévoiler certains détails de son travail. Roxas était cependant d'un naturel borné, et il comptait bien obtenir des réponses à ses questions avant la fin de son séjour, quel qu'en soit le moyen. Fronçant les sourcils d'un air agacé, il ouvrit la bouche pour poser une seconde question lorsque le couloir prit subitement fin.
« Nous y sommes! » s'exclama avec une certaine satisfaction son hôte (Le blond cru également déceler une pointe de soulagement dans sa voix, mais décida de la mettre sur le compte de leur longue marche.).
Le rouquin ouvrit sans mal la grande porte d'ébène, finement gravée de motifs d'argent, et le dieu blond pénétra dans la pièce à sa suite, non sans éprouver une certaine appréhension.
L'intérieur de la pièce, bien loin de l'image austère qu'il s'en était faite, basée sur la propre salle de travail de sa mère, était chaleureuse, presque familière. Dans un coin, un grand bureau de chêne vernis était couvert de parchemins couteux, de plaquettes de cires, de stylets, de plumes et d'encre exotiques. Quelques livres soigneusement empilés, reliés de cuirs de diverses couleurs, formaient de véritables montagnes d'érudition, et Roxas songea que son frère Zexion aurait certainement trouvé son propre paradis sur les grandes étagères de bois du fond de la salle, qui croulaient sous le poids de vieux manuscrits.
Une couche à dossier, drapée de soies noires, trônait face à un âtre assez haut pour qu'un homme adulte puisse s'y engouffrer sans difficulté, bordée de coussins duveteux de la couleur du sang qui devaient certainement offrir des sièges très confortables. La pièce ne présentait certes aucune ouverture sur l'extérieur, fenêtres ou meurtrières, mais les flammes de l'âtre (Qui, assez étrangement, étaient bien loin de rendre la température de la pièce insupportable. C'était d'ailleurs la seule salle qu'avait visitée Roxas qui n'était pas aussi chaude qu'une fournaise.) étaient bien assez vives pour compenser le manque de soleil. Les murs étaient recouverts de tapisseries magnifiquement brodées, dépeignant des scènes de batailles magistrales dans des teintes toujours plus vives et diverses, et Roxas aperçut même une femme blonde à la coiffure bien reconnaissable dans l'une des scènes, qu'il identifia comme sa mère.
« Axel a ramené un petit animal à la maison ? » chantonna une voix douce et amusée sur sa droite, le faisant sursauter vivement.
La jeune fille qui semblait avoir parlé avait un visage fin et pâle, digne d'une reine, et de longs cheveux magenta qui coulaient sur ses épaules à la manière d'une rivière de vin. Elle l'observait attentivement depuis son siège en osier tressé, son menton posé nonchalamment sur le dossier de la chaise tout en balançant ses jambes nues de chaque côté de celle-ci. Elle était vêtue d'un chiton court couleur pêche, parsemé de petites étoiles brodées avec du fils d'argent, que Roxas trouvait plutôt provocateur pour une femme (Qui se devaient de couvrir les jambes en tout temps, comme l'exigeait la pudeur).
Assises autour d'une table en fer forgé, incrustée de mosaïques rouges et bleues, se trouvaient deux autres filles au visage identique. La première, une fillette délicate aux longs cheveux d'un blond presque blanc, était vêtue d'un chiton court aux couleurs de l'arc en ciel, qui brillait doucement à la lumière des flammes. Une couronne d'argent à sept étoiles reposait sur son crâne, et Roxas se demanda brièvement si les trois sœurs (Car en étant si similaires, elles ne pouvaient qu'être de la même fratrie) étaient de sang royal. Elle brodait avec rapidité une grande tapisserie aux couleurs vives, semblable à celles qui ornaient les murs de la pièce, et ne s'arrêta pas un instant pour jeter un regard aux nouveaux arrivants.
La dernière des jeunes filles, pour sa part, affichait une mine triste et mélancolique, sa courte chevelure noire entourant un beau visage pâle comme la mort. Son chiton, contrairement à ceux de ses compagnes, était tout aussi long que celui de Roxas, et d'un noir aussi profond que celui d'Axel, brillant à la lumière de l'âtre à la manière du manteau de Xaldin. Autour d'elle, une multitude de bobines de fils, de tailles multiples, gisaient oubliées tandis que de ses ciseaux d'or, elle coupait inlassablement les fils des fuseaux de sa sœur aux cheveux rouges, les enroulant autour de leur bobine respective pour les jeter ensuite à terre sans un regard de plus.
« Kairi ! Tu pourrais être un peu plus polie envers ton frère. » la reprit Axel, avec un sarcasme et une malice tout nouveaux, poussant d'une main ferme un Roxas choqué en direction des étagères de manuscrits.
La brume étrange dans laquelle l'esprit du jeune dieu baignait jusqu'à présent, légèrement engourdi, se leva soudainement, et il se rendit compte de l'imprudence dont il avait fait preuve en suivant cet étranger aux intentions douteuses. Il avait été ensorcelé?
« Toi ! » grogna le dieu du printemps, la rage brûlant petit à petit ses entrailles alors qu'il prenait conscience du piège dans lequel il avait sauté à pieds joints.
Reprenant son équilibre, il allait invoquer un des passages d'Iris afin de s'enfuir (Il n'était pas lâche, mais le domaine de son ravisseur n'était pas le plus avantageux des terrains de combat), une sueur froide coulant le long de son dos, quand de grandes barres de fer surgirent du sol de pierre à intervalles réguliers, formant une cage de métal tout autour de l'adolescent blond, le surprenant assez pour qu'il ne perde le contact avec la déesse induit par la panique.
Axel s'installa avec un soupir de contentement dans son trône de pierre noire et lisse, posant ses pieds sans ménagement sur son bureau couvert de parchemins. Il adressa un sourire moqueur au dieu rageur qui le foudroyait du regard, et croisa ses bras sur sa poitrine.
« Tu sais, Roxanne, tu étais encore plus facile à capturer que ce que je pensais. » lui lança-t-il, narquois, s'amusant de la colère de son captif.
Roxas avait l'impression de s'être pris un seau d'eau glacée en plein visage: la brume du sort avait fait taire sa paranoïa durant tout le trajet, et celle-ci se vengeait à présent en mettant ses nerfs à vifs.
Calmant sa respiration rendue saccadée par la rage, il s'approcha des barreaux, affichant à présent un visage de marbre.
« Tu m'as jeté un sort d'apaisement. » constata-t-il, une lueur de haine brûlant au fond de ses yeux avec toute l'ardeur des flammes de l'âtre. « Personne n'avait encore jamais réussi à me soumettre à cette magie. Qui es-tu exactement ? »
« Il est vraiment furieux, Axel. » constata la jeune fille blonde, d'une voix douce et timide, sans lever un instant son regard de son ouvrage. « Méfie-toi, il est bien plus puissant qu'il n'en a l'air. » prévint-elle Axel.
L'homme aux cheveux rouges se redressa, retirant ses pieds du secrétaire en bois tout en haussant un sourcil en direction des trois jeunes filles.
« C'est un dieu mineur, Naminé. »fit-il remarquer avec un petit rire moqueur. « Le dieu du printemps et de l'innocence. Qu'est-ce qu'il pourrait bien me faire? Me jeter des pâquerettes au visage? » La dénommée Kairi se permit un petit rire sous cape avant de s'en retourner à ses fuseaux avec un petit sourire mal contenu, sous l'œil sévère de sa sœur aux cheveux noirs.
Roxas, pour sa part, était dans un état de rage tel qu'il n'en avait jamais connu auparavant. Il pouvait sentir son sang olympien pulser dans ses veines, puissant, et ce fut sans hésitation qu'il tendit ses deux bras sur les côtés en une pose familière, un rictus haineux sur les lèvres et une lueur folle au fond des yeux.
« Oh, mais je serais ravi de te montrer ce que je peux faire, kidnappeur à la manque ! » siffla-t-il entre ses dents tandis que son aura divine s'étendait petit à petit aux couches supérieures de sa peau.
Dans un petit écho, à la fois métallique et cristallin, deux grandes épées majestueuses taillées comme des clés apparurent dans chacune de ses mains tendues, nimbées d'une douce lumière blanche pour l'une, et d'une lueur sortant d'outre-tombe pour la seconde.
La keyblade était une arme divine à la puissance incommensurable, et dont la renommée s'étendait à tous les panthéons du monde. Nul n'en connaissait l'origine, pas même Marluxia, et seuls quelques très rares élus pouvaient se targuer d'avoir été choisis par celle-ci. Sora et Riku en faisaient partie, bien qu'ils ne s'en soit jamais vanté (Ce qui ne cessait d'étonner Roxas), expliquant sans peine pourquoi, malgré toutes leurs plaisanteries de mauvais goûts, le seigneur des dieux ne les avaient pas encore jetés au fin fond du Tartare à la manière de leur défunt Grand-père Xemnas.
La première fois que Roxas avait fait apparaître une keyblade, alors qu'il n'avait encore que vingt ans (Ce qui correspondait à peu près aux sept ans humains), son père avait été tout simplement transporté de joie. Roxas n'avait été jusqu'alors qu'un de ses nombreux fils, perdu dans la masse des dieux mineurs, aux yeux des olympiens. Il se souvenait encore sans peine de l'accueil royal qu'il avait reçu à l'Olympe, le domaine des Dieux, où il avait vécu de nombreuses décennies en compagnie de sa mère, suivant une éducation militaire stricte en compagnie de Xigbar, et jamais plus rabaissé (ou tout du moins, pas directement) pour son statut de dieu du printemps.
Le jour de ces cent ans, lorsqu'il fit par inadvertance apparaître deux keyblades lors d'un féroce combat contre Riku, son père en avait presque avalé sa langue de surprise. C'avait été un phénomène nouveau, inexplicable, et l'air de révérence et de désir que Roxas avait alors aperçu dans le regard de Marluxia avait fait naitre une peur sans nom au fond de ses entrailles.
A cent ans, il avait été un garçon frêle, bien malgré ses entrainements rudes, et son visage poupin n'avait en rien arrangé son image d'enfant fragile. Il n'en avait pas fallu plus aux dieux avides de pouvoir pour se déclarer ses prétendants, entreprenant de le courtiser bien malgré lui. Il avait été bien trop jeune à l'époque, cependant, pour pleinement saisir la gravité de la situation, et n'avait pas paru avoir plus de douze ans aux yeux naïfs des humains. Son père, souhaitant préserver ce pouvoir inconnu (mais surtout, le garder pour son compte en cas de conflit), avait alors ordonné à sa mère de partir vivre sur terre avec lui, l'emmenant loin de ces vautours de prétendants, indignes d'un élu de la Keyblade, selon lui. Inutile de préciser que Larxene avait été furieuse, et lui en avait longuement voulu de ce bannissement forcé de l'Olympe (Quoi que cette rage ne se soit jamais réellement éteinte).
Depuis lors, Roxas était resté invaincu, ses Keyblades lui obtenant la victoire dans chacune de ses bataille (Si ce n'était pour Riku, qui n'hésitait pas à utiliser d'habiles coups bas, et Sephiroth, qui était le meilleur guerrier de leur panthéon). Tendre Promesse, une épée d'une finesse artistique incomparable, était blanche comme l'aurore, teintée de bleus pâles, de roses clairs et de jaunes orangés qui miroitaient doucement comme de la poussière d'or. Elle était l'incarnation des matins frais de printemps, fragiles et magnifiques. Souvenir Perdu, une épée noire lourde et massive, était couverte de chaines et de piques, dans le plus pur des styles gothiques (Qui restait, assez étrangement, encore à être inventé), brillant toujours d'un éclat bleuté, même à la lumière des flammes rouges. Elle était le symbole des chaudes nuits d'été, sombres mais superbes.
Il les fit tournoyer autour de ses poignets dans un mouvement parfaitement maitrisé avant de les rattraper sans mal, testant leur équilibre ; il ne les avait plus sorties depuis près d'une décennie, mais ne pouvait nier la chaleureuse familiarité qu'elles lui évoquaient, ses mains retrouvant avec plaisir leur garde finement ouvragée.
« Deux keyblades ? »
Le choc qui transparaissait sur le visage d'Axel était une vision particulièrement satisfaisante aux yeux de Roxas, qui s'en délecta un court instant avant de charger les maigres barres de fer, les tranchant sans peine d'un simple coup d'épée. Les barreaux tombèrent dans un grand bruit métallique sur le sol de pierre, mais il les ignora, concentrant son regard de braise sur son ennemi présomptueux.
Sa rage était trop grande pour qu'il ne se contente de fuir au moyen des passages d'Iris, comme lui avait précédemment conseillé la prudence, il voulait prouver à son agresseur qu'on ne s'attaquait pas à lui sans en subir les conséquences. Et pourtant, attaquer Axel de plein front se révéla être une erreur fatale, plus tard. Ce dernier, le choc passé, affichait un air sérieux et froid, ne laissant transparaitre aucune peur au travers de son masque d'indifférence. Il évita sans peine la keyblade noire de son captif, qui vint s'écraser sur son bureau avec grand fracas, faisant voler des morceaux de bois, et attrapa le poignet du garçon d'une main de fer. Roxas, aveuglé par la colère, tenta de frapper son ravisseur de sa seconde épée, visant son cou exposé, mais son attaque fut de nouveau stoppée net, et il se retrouva bien vite les deux bras emprisonnés dans la poigne surhumaine d'Axel, pris dans une bataille de force pure et de volonté. L'homme aux cheveux rouges, la mâchoire serrée, affrontait du regard le dieu du printemps, ses yeux émeraudes brillant d'une lueur froide à la lumière de l'âtre. La seule chose qui empêcha Roxas de lui donner un coup de pied à l'entrejambe fut son besoin d'équilibre pour résister à sa force titanesque.
« Un peu d'aide ne serait pas de refus ! » siffla finalement l'homme aux cheveux rouges en direction des trois sœurs, agacé, sans pour autant quitter son captif du regard.
« Xion. » fit doucement Naminé en direction de sa sœur vêtue de noir, levant pour la première fois de la journée les yeux de son ouvrage pour adresser un regard significatif à la jeune fille au visage triste.
Celle-ci soupira doucement, déposant ses ciseaux et ses bobines sur la table. Elle lança un regard ennuyé aux deux combattants, leva une main pâle aux doigts écartés, et fit un mouvement brusque en direction d'une tapisserie représentant apparemment le combat d'Heraclès contre le lion de Némée.
Roxas fut soudainement arraché à la poigne de l'homme roux, volant à travers la pièce pour s'écraser finalement contre le mur à la manière d'une poupée de chiffon. Deux épaisses menottes de fer apparurent au travers des tapisseries, s'enroulant comme des serpents autour de ses poignets.
Étourdi, il relâcha sa prise sur ses armes,,qui tombèrent au sol dans un grand fracas pour s'évaporer aussitôt dans un grand éclat de lumière silencieux.
Axel épousseta avec un soupir agacé sa tunique noire, avisant d'un air contrarié son bureau détruit.
« Pourquoi est-ce que je m'embête avec ça, déjà? » marmonna-t-il dans sa barbe, en se massant les tempes d'un air las.
« Larxene. » répondirent en chœur les trois sœurs, reprenant leurs ouvrages sans un regard pour le ravisseur agacé et son captif sonné.
Celui-ci grimaça légèrement à la sensation du métal contre sa peau meurtrie, sa vision se troublant légèrement suite à l'impact de sa tête contre le mur. Axel avait une sacrée poigne, il devait bien le lui concéder, et il était certain que ses poignets étaient à présent couverts d'hématomes sombres.
L'overdose de magie, due au sortilège de son ravisseur et à l'invocation de ses keyblades, commençait également à le rendre groggy, et seules ses menottes l'empêchaient de s'écrouler au sol comme une marionnette sans fils.
« Pourquoi ça doit toujours m'arriver à moi, ce genre de choses ? » soupira-t-il, sa rage presque entièrement évaporée, en adressant un regard noir au sol de pierre.
« Pour une fois, ça n'est pas toi qui est visé, je te rassure. » l'informa Axel en réparant son bureau d'un simple geste de la main, observant avec satisfaction les parchemins venir recouvrir le meuble à nouveau intact. « A vrai dire, je n'ai absolument rien à faire de toi ; je te libère dès que ta mère me rendra mon bien. »
« Autant attendre l'apocalypse, ça viendra plus vite. » répliqua Roxas avec un grognement de mépris.
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » lui demanda Axel en fronça les sourcils, déconcerté. « Tu es bien Perséphone, le fils de Zeus et Déméter, non ?
- Depuis quand Larxene se soucie-t-elle de quoi que ce soit d'autre que de ses récoltes?
- Oh, si ce n'est que ça, je te rassure: Larxene a un instinct de survie. Elle sait qu'elle a intérêt à te garder loin de tous problèmes si elle ne veut pas se mettre Marluxia à dos.
- Marluxia va te mettre en pièces. »
Axel éclata d'un grand rire moqueur, comme si Roxas venait de lui raconter la meilleure des blagues. Il adressa un grand sourire carnassier à son captif.
« Je crois que je ne me suis pas présenté convenablement. » fit-il avec une certaine satisfaction, croisant ses bras sur sa poitrine. « Mon nom est Hadès, seigneur des morts. »
Roxas sentit sa mâchoire tomber sous le choc, sans voix.
« Bienvenue en Enfer, mon cher petit neveu. »
Oh, merde.
A suivre.
-
Note de fin:
Bientôt la suite, pour ceux que ça intéresse (S'il y en a). Je trouve la partie II meilleure que la partie I, mais je suppose que c'est une question de goût.
Un grand merci à tous ceux qui prendront un peu de leur temps pour me laisser une review!
Panthéon grec
Chronos, seigneur des Titans/Similis, père des Six Grands: Chronos/Xemnas
Première génération des Dieux Olympiens/Les Six Grands:
- Hestia, déesse du foyer : Saïx
- Déméter, déesse des moissons : Larxène
- Héra, déesse du mariage : Tifa
- Poséidon, dieu de la mer : Demyx
- Hadès, dieu des Enfers et des morts : Axel
- Zeus, roi des dieux, maître du ciel et de la foudre : Marluxia
Seconde génération des Dieux Olympiens:
- Athéna, déesse de la guerre, de la sagesse et de la ruse : Zexion
- Héphaïstos, dieu de la forge, marié à Aphrodite: Lexaeus
- Arès, dieu de la Guerre : Xigbar
- Hébé, Déesse de la jeunesse et de la joie: Yuffie
- Hermès, dieu des voleurs, conducteur des âmes des morts et inventeur des poids et des mesures, messager des dieux : Riku
- les jumeaux, Apollon, Dieu de la médecine, de la beauté masculine et du jour ; et Artémis, Déesse de la chasse, des vierges, de la nuit : Sephiroth et Cloud
- Dionysos, dieu des jonctions, des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vin et ses excès): Luxord
- Aphrodite, déesse de la beauté et de l'amour: Sora
- Pan, dieu des bergers et de la nature sauvage : Vivi
- Hermaphrodite, symbole de l'ambivalence sexuelle : Néo Riku
- Perséphone, reine du royaume des Ombres, déesse du printemps et de l'innocence: Roxas
- Iris, messagère des dieux, déesse des arc-en-ciel : Rikku
Demi-Dieux/Héros:
- Orphée, fils de la muse Calliope: Pence
- Héraclès ou Hercule : Seifer
- Persée, vainqueur de Méduse : Hayner
