Chapitre 1 Online !

Bonne lecture ! :D


Chap 1 : Une journée ordinaire

Je me sens beaucoup plus fatigué que d'habitude en me levant ce matin et pourtant je n'ai rien fait qui puisse l'expliquer. Pour une fois que j'arrive à dormir longtemps je ne parviens même pas à me reposer. Je me tire du lit quand même, les cours commencent dans moins d'une heure. Non pas que j'ai vraiment besoin d'y assister mais si je ne me présente pas le conseil étudiant va encore être sur mon dos. Ils sont plus collant que des sangsues, à mon grand dam...

Alors que je maudis ma cafetière pour ce café qui a un goût de craie je termine de boutonner la veste de mon uniforme qui est encore froissé du fait que j'ai dormis dessus cette nuit. J'écoute d'une oreille distraite les bonnes nouvelles du jour. Parmi les habituelles idioties de l'horoscope et du maire se trouve l'annonce du meurtre d'un de mes condisciples de l'Académie Kuoh. Apparemment quelqu'un l'a transpercé de part en part avec un objet pointu avant de le laisser mourir de ses blessures au milieu du parc.

C'est triste mais sans plus. Je n'ai pas vraiment d'attache avec qui que ce soit y compris les membres de ma propre classe. Même le tristement célèbre trio de pervers assis juste devant moi, dont les discutions sont très souvent obscènes, pour ne pas dire autre chose de plus vulgaire ne m'adresse pas la parole tellement je suis transparent la plupart du temps. Et glauque, d'après eux, pour les rares fois où je prends la parole. Dans ma classe mon surnom est ''l'épouvantail''... c'est dire.

Je prends juste mon repas de ce midi sous le bras et mon cartable dans la main avant de me diriger vers l'arrêt de bus, j'ai juste le temps de l'avoir. En me faufilant au travers des portes qui se rabattent le conducteur me dit bonjour et me sourit. C'est d'ailleurs bien l'un des seuls à le faire dans mon entourage. Dix minutes après je suis devant la grille du lycée et une autre journée ennuyante va commencer.

En avançant dans la cour je remarque que plusieurs de mes camarades sont attroupés près du vieux mur qui sépare les vestiaires du club de kendo du reste de la cour. On dirait que certaines personnes sont encore en train de reluquer ce qu'elles ne devraient pas. Un trou dans la foule me permet de voir qu'en fait il n'y a rien ce qui est bien plus étonnant. Voilà la raison de ce rassemblement... Plutôt ironique.

Je continue à avancer pour rejoindre ma salle quand je passe devant le vieux bâtiment qui date de l'ère Meiji et servait autrefois d'école. Il est occupé par les membres du club de recherches occultes depuis aussi longtemps que je me souvienne même si je me demande toujours ce qu'ils peuvent bien faire comme activités. Ils n'ont jamais été présent pour aucun des festivals et c'est très étonnant que la présidente du conseil des élèves, connue pour son inflexibilité et sa sévérité, autorise son existence. Mais après tout ce ne sont pas mes affaires.

À l'une des deux fenêtres du premier étage j'aperçois Akeno Himejima, l'une des plus belles femmes de toute l'Académie et aussi la vice-présidente du dit club, qui observe le passage des étudiants avec son habituel sourire quelque peu malsain. En me voyant elle fait un petit signe de la main pour me saluer et je m'incline respectueusement en retour. Je reprends ma marche car la cloche vient de sonner. Je suis définitivement à la bourre.


Dans la salle principale du club un petit bruit se fait entendre et la jeune femme se retourne pour voir un étonnant spectacle. Sa meilleure amie, aux longs cheveux d'un rouge intense rappellant celui d'une flamme est devant son plateau d'échec. Elle vient de renverser une partie des pièces en faisant un mouvement nerveux pendant qu'elle déplaçait un pion. On dirait bien qu'elle vient de perdre patience.

« Ara ? » Fait Akeno en couvrant sa bouche de sa main. « Mon défi n'est pourtant pas si compliqué. Quelque chose vous contrarierait-il Buchou ? » Demande-t-elle d'une petite voix amusée.

« Maudits anges déchus... » Répond l'héritière Gremory au bout de quelques secondes. « Une telle occasion...Gâchée... »

Elle se lève en laissant l'échiquier en l'état. Se dirigeant vers la douche la jeune femme aux cheveux roux commence à se déshabiller. Une fois nue et sur le point de passer derrière le rideau elle s'adresse à sa vice-présidente.

« Annule la réunion de ce soir Akeno. » Demande-t-elle. « Il faut que je repense tout mon plan. »


La séance n'a pas commencé depuis dix minutes que je regrette déjà mon lit. La leçon est inintéressante, sans doute par ce que mon professeur l'est aussi. Je regarde au travers de la vitre les nuages défiler à allure réduite en essayant de trouver des formes particulières. Ma distraction est de courte durée. Je me fais rappeler à l'ordre presque aussitôt par l'enseignant qui semble de mauvais poil.

« Kurohito-san ! » Me hurle-t-il dessus. « Pourriez-vous au moins faire semblant de travailler !? »

Je sursaute sur ma chaise de surprise et je reste sans rien répondre. Des murmures commencent à se faire entendre autour de moi et encore ils sont discrets si on prend en compte le fait que je suis dans mon demi-groupe et que par conséquent il n'y a que la moitié de ma classe. Pourtant ils sont audibles mais mon cher professeur, content de son petit effet, fait semblant de ne pas le remarquer.

« Veuillez m'excuser sensei. » Je réponds poliment, faisant fi de ce qui m'entoure, en me levant pour m'incliner. « Je serais plus attentif. »

« Je serais tenté de vous croire si ce n'étais pas la dixième fois que je vous prends sur le fait en trois semaines ! » Réplique-t-il, visiblement énervé. « Et je crois vous avoir demandé la dernière fois de retirer vos gants dans la salle de classe ! »

Je crispe ma prise sur le bureau et mes yeux se tournent inconsciemment dans leurs directions. Ils couvrent l'intégralité de mes mains et sont d'un noir qui s'accorde à mon uniforme avec, au niveau de la paume, pour seule décoration les deux kanji de couleur rouge qui signifient ''aider''. Ils ne me quittent jamais sauf quand je prends une douche où un bain.

Quand je lève les yeux je remarque que, excédé de mon comportement, l'enseignant a amorcé un geste pour prendre l'attache en tissu, un peu au-dessus de mon poignet, qui tient l'ensemble. Par réflexe je l'empoigne violemment et je le repousse. Propulsé par l'élan que je lui donne il recule en titubant et termine sa course en passant par-dessus son propre bureau un mètre plus loin. Au moment où il s'écrase sur la chaise je maudis le fait que je ne maîtrise pas ma force... Je vais encore avoir des ennuis.


Une demi-heure plus tard je me trouve dans le bureau du secrétaire général, seul, en attendant la punition qui va me tomber dessus. Je pense que je suis bon pour chercher un autre établissement... Ça ne sera jamais que le dixième depuis le début de mes études. J'attends pendant encore une bonne partie de la matinée quand finalement la porte s'ouvre.

Un regard sévère se pose sur moi tandis qu'il va s'asseoir sans un dire un mot. Une fois qu'il est installé il sort un dossier avec mon nom marqué dessus et appose sa signature par trois fois sur les trois exemplaires d'un grand nombre de documents. Quand il a terminé un soupir s'échappe de ses lèvres et il referme la chemise. Je reste silencieux pendant qu'il se masse l'arête du nez l'air profondément lassé et fatigué. Il s'adresse alors à moi.

« Votre cas est compliqué Ryûichi Kurohito-san. » Déclare-t-il en relevant la tête. « Vous avez des capacités indéniables comme le démontre vos scores quasi-parfait aux examen semi-trimestriels mais votre comportement est intolérable. »

« Je ne voulais pas faire ça ! » Je proteste poliment. « J'ai juste...

« Nous connaissons votre condition médicale et les recommandations données par le thérapeute qui est responsable de votre suivi. » Coupe-t-il, intransigeant. « Néanmoins cela ne vous permet pas d'user de la force contre l'un de vos enseignants. » Je n'essaye pas de me défendre, je sais qu'il a raison. « En conséquence nous avons décidé de prendre une mesure disciplinaire à votre encontre : vous êtes suspendu pendant une durée d'une semaine à compter de demain et vous serez en retenue pour le reste de la journée. »

J'acquiesce d'un signe de tête. C'est loin d'être une punition aussi lourde que celle que j'imaginais subir. Cependant il n'y aucune nuance dans le ton de sa voix : c'est ma dernière chance. Si jamais j'ai de nouveau des problèmes je prends la porte sans passer par la casse du conseil de discipline. Il me tend un papier officiel avant de me congédier avec un air solennel.


Je mange seul une fois de plus et mon après-midi est passé à recopier encore et encore le règlement intérieur. C'est une tâche des plus abrutissantes mais j'imagine que c'est fait exprès. On m'informe d'ailleurs que le professeur que j'ai envoyé sans le vouloir à l'infirmerie n'a rien si ce n'est une grosse bosse et pourrait reprendre le travail dès demain. Ce qui me soulage. Je n'aurais pas aimé avoir sur la conscience un blessé par ce que je ne me contrôle pas.

En sortant je ne peux échapper une fois encore aux regards en biais et autres commentaires pseudo-silencieux. Je vais maintenant passer pour un délinquant violent. Je parie qu'à mon retour les rumeurs auront tellement été déformées que l'on va m'accuser de lui avoir fait une prise d'aïkido pour l'envoyer voler au travers de la pièce avec un rire sadique...


En montant dans le bus pour retourner à mon appartement je m'assoie au fond pour ne pas être dérangé et essayer de me reposer un peu. Deux premières années qui s'installent trois rangs plus avant discutent un peu bruyamment ce qui me permet de les entendre clairement. La discussion n'est d'ailleurs pas dénuée d'intérêt.

« Tu es au courant de ce qui est arrivé à Hyodo-san ? » Demande la première. « Tu sais le pervers qui passait son temps à mater les filles ? »

« Beuh... » Réplique la deuxième, dégoûtée, avec un frisson exagéré. « Ne me parle pas de lui ! Il aurait dû se faire virer depuis longtemps ! »

« Et bien figure toi que c'est lui qui a été tué cette nuit par le tueur qui rôde en ce moment dans la ville ! » L'informe-t-elle.

Voilà ce dont parlait le journaliste ce matin durant les informations. Alors que les entendre jaser sur lui, disant que l'assassin a rendu service aux femmes du monde entier en le transformant en brochette, commence à m'énerver de plus en plus je regarde autour de moi pour trouver un moyen de me distraire.

Peut-être n'était-il pas le meilleur des hommes mais personne ne devrait parler ainsi de quelqu'un d'autre... Cela m'agace d'autant plus que c'est probablement ce qui va se passer dans mon cas quand je vais rendre l'âme à mon tour. Je vois que je suis tout près du sanctuaire Shinto auquel je n'ai pas rendu de visite en un mois. C'est ici que je vais descendre et je terminerais ma route à pied. Je presse le signal d'arrêt et le conducteur s'exécute. Une fois devant l'arrêt je me dirige vers la sortie en passant près des deux filles qui continuent de médire.

« Vous devriez avoir honte de parler de cette façon d'un mort... » Mon ton est si venimeux qu'elles se figent l'espace d'une seconde et ne trouvent pas le courage de répliquer avant que je ne sorte.


Je gravis les marches d'un air absent pour franchir le portique qui marque le début du sol sacré. Je replace mes habits correctement afin d'être un minimum présentable. J'avance en direction de l'autel du même pas tranquille.

Alors que je m'approche je sens un étrange inconfort que je ne m'explique pas et que je parviens pas à chasser. C'est bien la première fois que cela m'arrive. Peut-être est-ce juste mon imagination qui travaille trop à cause de la frustration que j'accumule aujourd'hui ? Poussant un soupir je sors mon portefeuille de ma poche intérieur en montant la petite marche qui me sépare encore de ma destination.

Je glisse un billet de mille yens dans la boite à offrande et je tire sur la corde pour faire tinter la cloche. Joignant mes mains j'entame ma prière sans vraiment souhaiter quoique ce soit. Je ne crois pas à ce genre de miracle mais j'apprécie beaucoup cet endroit. Il est paisible et j'aimerais qu'il reste ouvert aussi longtemps que possible. Je vais replacer mon cartable sur mon épaule quand j'entends une voix de femme sur ma droite.

« Ara, ara ? N'est-ce pas Kurohito-san qui nous rend visite ? »

« Bonsoir Himejima-sempaï. » Je fais, m'inclinant respectueusement, en voyant la prêtresse qui approche. « Excusez-moi de ne pas être venu plus tôt. »

« Ma, ma, il n'y a pas besoin d'être aussi formel. » Annonce-t-elle avec un sourire amusé. « Nous ne sommes pas à l'Académie. » Elle s'incline à son tour pour me saluer. « Je suis contente de voir que tu es toujours aussi attaché à notre petit sanctuaire. »

Je lâche malgré moi un petit rire nerveux en me grattant une joue de stress. J'ai tellement peu l'habitude des relations humaines que je suis très vite embarrassé quand je me trouve devant une personne qui communique aisément, telle que Himejima. Sans se défaire de son sourire elle reprend la conversation en changeant de sujet et laissant échapper un petit rire moqueur.

« Il paraît que vous avez encore fait parler de vous aujourd'hui. » Dit-elle. « On raconte que vous vous êtes battu avec Isawa-sensei par ce qu'il a fait une remarque sur votre habillement. »

« On peut le voir de cette manière... » Je fais d'un air sombre et déprimé. « Mais le terme ''se battre'' est exagéré... Et, avec tout le respect que je vous dois sempaï, je n'ai pas envie de parler de ça... »

« Je comprends. » Déclare la jeune femme d'une voix plus compatissante. « Dites-vous seulement que ce n'est qu'une mauvaise période. »

Je ne suis pas vraiment convaincu de son argument mais au moins elle ne me ment pas. Nous restons à discuter encore une dizaine de minutes avant qu'elle ne doive retourner à ses obligations. Nous nous saluons et je prends le chemin de chez moi. La nuit commence à tomber et il va bientôt faire froid. Je dois encore passer à la supérette pour faire des courses.


En poussant la porte de mon appartement d'à peine une douzaine de tatami si j'exclus la salle de bain je pose les quatre sacs sur la table basse. Je balance mon cartable sur le futon que je n'ai pas plié ce matin avant de m'avachir dedans. Je n'ai rien envie de faire et si je m'écoutais j'irais de suite me pieuter. Je passe donc pas mal de temps à penser à tout et à rien, mais surtout à rien.

Retrouvant un peu de courage je regarde mon réveil que j'aurais le plaisir un peu morose de ne pas entendre sonner demain matin. Il s'est écoulé plus d'une heure. Je me redresse pour aller ranger tous mes achats avant qu'ils ne soient bon pour la poubelle. Je ne roule pas sur l'or et en prime le gaspillage va à l'encontre de mes principes.

Une fois le rangement achevé je place un plat de nouilles instantanées dans le micro-onde et je me dis que je vais aller me détendre sous la douche pour passer un peu le stress. Je gobe mon repas sans appétit et j'allume la radio pour avoir un fond musical qui, quoique pas très intéressant, à au moins le mérite de me distraire.

Une fois l'eau à la bonne température je me glisse sous le jet et j'essaye de me relaxer. C'est loin d'être facile car franchement c'est l'une des journées les plus agaçante que j'ai jamais eue à subir depuis longtemps. Il y a des fois où l'envie de me barrer loin de la civilisation est si forte que je l'envisage le plus sérieusement du monde. Je me demande à quoi peut ressembler la journée ordinaire d'une personne lambda... Je pense que je ne le saurais jamais pour la bonne et simple raison que je ne suis pas normal et ce qui me tient lieu de mains me le rappelle chaque jour qui passe.

Je les observe encore une fois de plus en me demandant : pourquoi moi ? J'ai comme les autres êtres humains cinq doigts mais pour le reste... Elles sont d'une blancheur cadavérique, bien plus musculeuses qu'elles ne le devraient et en même temps assez fines comme celle d'une jeune fille. Il n'y aucune trace visible d'articulations malgré que mes mouvements soient limités à l'ordinaire. Cependant ce qui me dégoûte le plus c'est que les extrémités de mes doigts ressemblent à celle d'un monstre. Elles sont dénuées d'ongles, pointues et assez acérées pour blesser gravement une personne si jamais ne je fais un faux mouvement.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai manqué de peu de lacérer certaines personnes qui m'ont poussées à bout. Sans compter que ma force physique est bien plus importante que ce qu'elle est censée être. Je peux porter deux-cent kilogrammes avec la même facilité que si je soulevais un paquet de mouchoirs alors que ma stature est celle d'un maigrelet. En fait je suis une espèce de machine à tuer quand on y réfléchit...

Repenser à tout ça me met à chaque fois dans une colère noire et en voyant dans le miroir que j'ai collé sur le carrelage de la douche je constate que mes yeux, d'ordinaires bleu-vert, ont pris la couleur du sang et mes pupilles sont devenues fines comme celle d'un lézard. Cela se produit à chaque fois que la colère m'envahit... Une seule phrase occupe mes pensées :

Je hais ce corps... Et je me hais moi-même...

Dans un geste de rage j'arrache le miroir de son support en creusant de profonds sillons dans le mortier. Des éclats volent dans tous les sens et arrachent le rideau alors que la canalisation, éventrée par le passage de mes ''griffes'' m'asperge d'eau glacée. Je pousse un cri de colère suivit d'un juron. Excédé, je plaque mes mains sur la fuite pour tenter de la colmater mais cela termine d'abîmer les conduites en creusant un trou de bonne taille.

J'observe avec une fureur glacée, telle que j'en tremble, ce que je viens de provoquer. Cette journée est vraiment merdique. Je sors de la douche pour aller couper l'eau. J'ouvre le panneau en manquant de l'arracher de ses gonds et je ferme le vieux robinet rouillé d'un geste trop violent. Il y a un claquement sec et je me retrouve avec un bout de métal dans la main...

Trop c'est trop ! Complètement emporté par ma rage je lève le bras pour frapper une fois encore mais une violente douleur qui me donne l'impression d'avoir tout l'avant-bras et la main droite dans un étau me fait pousser un cri de souffrance. Soudain cette zone de mon corps s'embrasse avant d'émettre une intense lueur rouge et verte qui m'aveugle. Une voix forte dit quelque chose mais je ne le comprends pas, trop surpris par ce que se passe.

Ce phénomène dure l'espace d'une dizaine de seconde avant que la douleur ne se dissipe et que je puisse de nouveau ouvrir les yeux. Je reste coi de surprise en observant ce qui vient d'apparaître sur mon corps. C'est la première fois que je vois quelque chose comme ça.

Ça ressemble à un gantelet pourvu de griffe rattachée à une brassière. Le tout recouvre intégralement ma peau et est d'une couleur rouge intense uniforme a l'exception d'une gemme sur le dos de ma main qui est plus verte qu'une émeraude. La partie qui recouvre les doigts est noire de jais. Il y a aussi deux espèces de protubérances dorées à l'arrière qui me font penser à des cornes.

Je ne suis pas encore remis du choc que ma mâchoire se décroche une fois de plus sous l'effet de la stupéfaction. La pierre se met à briller et la même voix que je viens d'entendre, en moins assourdissante, émane de cet étrange assemblage qui dégage une douce chaleur qui me rappelle celle d'un foyer incandescent.

« Oh ? » Déclare la chose qui semble habiter ce gantelet. « Tu es capable de me réveiller dès la première fois ? » Un rire triomphant résonne dans ma tête et autour de moi. « Tu es un hôte très intéressant. »

« Un hôte intéressant !? » Je répète sans comprendre. « De quoi tu parles !? Et qu'est-ce que tu es d'abord !? »

Je suis complètement perdu. Je ne comprends pas le moindre mot de ce que cette créature raconte. Comment s'est-elle retrouvée dans mon corps ? Était-elle là depuis le début ? Alors pourquoi ne se manifeste-t-il que maintenant ? Il se met à rire de nouveau, cette fois plus doucement. C'est un rire de satisfaction.

« Je suis le pouvoir qui se cachait dans ton âme. » Explique-t-il, amusé. « Ta rage et ta fureur m'ont éveillé. »

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire !? » je nage en plein délire. « Je ne te connais pas et je n'ai aucune relation avec toi ! »

« Au contraire ! » Réplique-t-il, toujours sans se départir de son ton arrogant. « Je ne peux m'incarner que dans ceux qui sont nés pour désirer le pouvoir. Et ce pouvoir je suis prêt à te l'accorder si tu en accepte le prix. »

« Le prix !? » Je ne parviens pas à voir la moindre cohérence dans son histoire. « De quoi tu parles ? »

« Ton destin est d'affronter le Blanc car tu es mon hôte. » Déclare cet être. « On me nomme Sekiryuutei et je ne vis que pour combattre mon rival et ennemi. »

Un vieux souvenir me revient en mémoire. Mon père m'avait raconté l'histoire de la Guerre des Trois Factions qui ont été contraintes d'appliquer une trêve pendant une bataille à cause de deux dragons surpuissants qui, enthousiastes de voir un tel affrontement, se sont mis à se battre l'un contre l'autre. Cette rencontre a provoqué tellement de ravages que les trois opposants ont été obligés de se liguer contre eux pour les vaincre. Ils ont été ensuite scellés dans deux artefacts capables de se mélanger à des âmes humaines. Accordant d'immenses pouvoirs à leur possesseur ils continueraient ainsi de s'affronter en une guerre interminable. Si je me souviens bien le nom du dragon écarlate est...

« Ddraig Goch... Le puissant Welsh Dragon... » Je murmure dans un souffle.

« Tu connais mon véritable nom ? » Dit le dragon divin, surpris mais ravi. « Tu es prometteur gamin ! »

Il éclate d'un rire exultant qui me vrille les tympans et me donne la migraine. Moi qui pensait que ma journée ne pouvait pas devenir plus compliquée...

On dirait que je me suis planté dans les grandes largeurs...


Fin du Chapitre 1 !

En espérant que cela vous à plu !

A la prochaine !