« Tu es FIANCEE ? »
Auteur : jegan
Titre d'origine : "You're ENGAGED ?"
Traductrice : votre serviteur, Muira !
Disclaimer: Aucun personnage, thème, lieu, nom, etc. ne m'appartient. Ils sont à JK Rowling. L'histoire est à jegan qui a bien voulu que je vous la fasse partager.
Merci à celles et ceux qui ont laissé des reviews, ça m'a fait extrêmement plaisir !
Note : c'est vrai que je n'ai pas donné beaucoup d'infos en postant le premier chapitre. Veuillez me pardonner pour ces oublis. Cette fic est terminée, bien évidemment, je ne vous l'aurais pas proposée si je n'étais pas sûre de pouvoir vous la livrer entièrement ; la fréquence de la publication est pour le moment aléatoire, mais étant donné que pour moi c'est un exercice (de traduction), vous ne devriez pas attendre trop longtemps entre les chapitres. Et pour la même raison (il n'y a pas besoin d'inspiration pour un exercice !), ça n'aura a priori aucune influence sur l'avancée de mes autres fics.
Voilà, j'espère que cela répond à vos questions ! Donc, trêve de bavardage et laissons place au chapitre !
2 – Le contrecoup
Le silence suivit. James se leva et sortit. Il en avait assez entendu.
Lily le regarda s'éclipser par le portrait. Les larmes qu'elle avait combattues coulaient maintenant sur ses joues.
« Accio Teddy de Lily » dit Sélène en la prenant dans ses bras. Un petit ours brun à l'air miteux et aux yeux noirs en boutons vola dans les escaliers du dortoir des filles jusqu'aux genoux de Lily où il fut immédiatement broyé dans une étreinte désespérée.
« Tu es fiancée ? » s'écria Sirius.
Lily hocha la tête dans l'épaule de Sélène.
« Je ne le crois pas ! A qui ? »
« Cameron Edouard Grunnings. Il est en passe d'hériter de la plus grande compagnie de matériel d'Angleterre, spécialisée dans la fabrication de perceuses. Ses ô combien richissimes parents sont les « meilleurs amis » de mes parents ; ce qui signifie, pour les non-initiés, qu'ils appartiennent au même club d'hypocrites, bouffeurs d'argent, chasseurs et élitistes qui se réunissent tous les mardis pour le bowling sur gazon(1), les mercredis pour le tennis, les jeudis pour le nautisme en yacht ; les hommes fument des cigares, boivent du brandy et n'en ont absolument rien à péter des sentiments ou des envies de leurs enfants ! »
Elle s'arrêta pour respirer, les larmes coulant le long de ses joues.
« Ça fait trois ans que le mariage a été arrangé entre Cameron et nos parents. J'avais 13 ans. Ils m'ont juste appelée un soir pour le dîner et m'ont dit « chérie, voilà de merveilleuses nouvelles ! Quand tu seras majeure, tu épouseras Cameron ! » Le lendemain, Mère et Père sont partis pour une croisière aux Caraïbes avec les Grunnings ; un des avantages de me marier avec un riche… Je n'ai jamais pu protester. Depuis Poudlard, je n'arrêtais pas de leur envoyer des hiboux, mais toutes leurs réponses étaient désinvoltes et évitaient le problème : « Nous sommes si fière de toi, chérie ! Les Grunnings savent que tu es une sorcière, ils sont ravis ; Tu pourras faire tant de choses pour eux. » Toutes sauf une lettre. Un petit morceau de papier, concis, me rappelant que le Pensionnant de Filles de Ste Catherine serait heureux de m'accueillir si je continuais à protester. Ils m'auraient enlevée de Poudlard ! »
L'ours de Lily était presque écrasé, les yeux exorbités. Sélène le détacha gentiment de son étreinte.
« Wooo, là, Lily ! relax avec Teddy ! Garde tes forces pour plus tard… »
Lily expira longuement en essayant d'apaiser ses mains.
Remus se serra les mains, l'air pensif.
« Alors tu ne veux pas te marier. Ça a été arrangé par tes parents. »
« Non, je ne veux pas épouser Cameron. C'est un connard ! Tout ce que je veux, là, maintenant, c'est lui enfoncer un poteau de dix mètres bien profond dans le… »
« Lily ! »
« Désolée, Sel, mais tu n'as pas rencontré ce type, il est – oh, c'est pas bon, pas bon du tout. Pourquoi doivent-ils venir ici ! C'était mon seul sanctuaire, loin d'eux, loin de cette vie ! Attendez – pourquoi donc viennent-ils ici ? Comment ont-ils eu la permission ? »
« Le directeur Dumbledore le sait sûrement. Il voulait te voir demain matin dans son bureau. » annonça Remus d'une voix douce et apaisante.
Lily acquiesça calmement. « D'accord.»
Ils restèrent assis en silence pendant un moment. Chacun était perdu dans ses pensées, sous le poids de cette arrivée inattendue.
« Quand arrivent-ils ? » demanda Sirius.
« Demain après-midi » grogna Lily. « Mère, Père, Pétunia (ma petite sœur), Cameron, sa mère et Dieu sait combien de photographes ! »
Un sourire sadique commença à étirer la bouche de Sirius.
« Alors… puisque ces gens ont si cruellement énervé la magnifique Dame de la Fleur, avons-nous sa si hautement estimée permission de – comment dirai-je – déclarer ouverte la fête du slip pour eux ? »
Lily gloussa en acquiesçant.
Sélène lança Teddy à Sirius, le touchant directement au nez. « Compte-moi dedans ! »
Les bougies qui éclairaient la salle commune de Gryffondor diminuèrent jusqu'à un faible vacillement. Dans la cheminée, les cendres brillant d'un orange doré n'étaient plus qu'un vague souvenir de chaleur. Les grandes fenêtres de verre décoré révélaient, à travers les gouttes de pluie, le ciel d'une nuit noire. Les cours de la journée étaient terminés. Le dîner était passé. Seuls quelques étudiants zélés restaient dans les coins de la salle, combattant seuls contre leur lit pour finir des devoirs.
Lily, Sélène, Remus, Peter et Sirius attendaient devant le feu mourant, pelotonnés dans leurs fauteuils. James n'était pas rentré. Il n'était pas venu au dîner non plus, ce qui – remarqua Sirius – était plus qu'étrange. Même après avoir emmerdé Rogue et s'être fait rejeter par Lily pour la cinq millième fois, James était toujours assis à la table des Gryffondor entre Remus et Sirius, enfournant sa viande et ses légumes aussi vite qu'il était magiquement possible, avalant son jus de citrouille en faisant la course avec Sirius.
« Je suis inquiète » murmura Lily, hypnotisée par les cendres qui se désagrégeaient.
« Il est sans doute encore au terrain de Quidditch » la rassura Remus. « Les filles, vous devriez aller vous coucher. »
Sirius bondit sur ses pieds et s'inclina. « Dame de la Fleur, Dame de la Lune, je vous souhaite une bonne nuit. » (2)
La large carrure de Peter se souleva tandis qu'il ronflait bruyamment sur le canapé.
Sirius lui donna un léger coup de poing. Pas de réponse.
« Laisse-le là. Il sera très bien. »
Sélène embrassa Remus en lui souhaitant bonne nuit.
« Fanfaron » murmura-t-elle avant de se lever pour étreindre Sirius. Elle l'embrassa rapidement sur la joue avant de monter les escaliers en courant jusqu'à son dortoir, le laissant assez perplexe, mais très heureux.
« Remus, Sirius, » Lily les enlaça tous les deux chaleureusement. « Merci ! Merci d'être là pour moi. »
« James l'aurait été… Il a juste besoin de tirer ça au clair tout seul. », Remus s'arrêta, ne sachant pas s'il devait le dire ou pas. « Il t'aime vraiment, Lily. »
Elle pencha la tête pour cacher l'humidité de ses yeux émeraudes.
« Je sais », dit-elle dans un murmure. « Je sais. »
Lily restait éveillée dans son lit. Les draps se collaient à sa peau et son oreiller était mou et inconfortable. Elle avait beau le marteler et l'enfoncer, il ne prenait jamais la bonne forme. Les luxueux rideaux de velours drapés autour de son lit étaient trop restrictifs et la rendaient claustrophobe. Ils se refermaient sur elle. Elle était seule.
Frustrée et énervée, Lily sortit de son lit, écartant les lourds rideaux. Elle s'assit dans l'encadrement de la fenêtre pour regarder le parc au-dehors. La pluie s'étaient arrêtée mais ses larmes s'accrochaient toujours désespérément à la vitre. Lorsque ses yeux se tarirent, elle put distinguer la limite entre l'herbe et la forêt interdite, qui s'étendait indéfiniment jusqu'aux montagnes. Ses yeux suivirent la ligne sombre qui marquait l'orée de la forêt jusqu'à la chaumière du garde-chasse.
A l'est, c'était le grand lac ; une grande ombre noire dont la surface reflétait la lumière de la demi-lune. A l'ouest, les immenses gradins du terrain de Quidditch s'élevaient dans la nuit. Les étoiles dans le ciel étaient aussi brillantes et aussi éclatantes qu'elle les avait vues quelques heures plus tôt dans la Grande Salle, dont le plafond imitait parfaitement le ciel nocturne ; à présent, cependant, le ciel était débarrassé des nuages et de la pluie. Quelques coussins violacés de nuages restaient à flotter à l'horizon. Elle fixa ses yeux dessus, soufflant doucement pour les éloigner, embuant la vitre.
Lily entrevit un éclat blanc à l'orée de la forêt. La lumière argentée de la lune fit miroiter sa peau et s'accrocha à sa ramure. Elle plongea son regard dans ses yeux bruns et tristes, avant qu'il ne disparaisse dans les frondaisons. Pendant les dernières heures avant l'aube, elle resta à la fenêtre, désireuse d'apercevoir encore le noble cerf.
Lorsque les premiers rayons du jour apparurent à l'est, illuminant le lac et les montagnes, Lily leur ferma les yeux. Elle n'avait pas envie de faire face au jour. Mais le jour persistait et la chaude lumière se pressa contre ses paupières jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus se cacher dans l'obscurité de ses pensées.
Elle descendit de la fenêtre, et ouvrit le tiroir du bas de sa commode ; le seul dans lequel elle envoyait un coup de pied chaque matin avant les cours. Rangé dans le fond, il y avait une petite boîte. Elle l'ouvrit : une bague s'y tenait. Une bague de fiançailles. La bague qui la liait à Cameron Grunnings. Elle la lança sur le sol avec le plus de force possible, puis l'écrasa sauvagement du pied, mais sans résultat. Elle ne pouvait pas la casser.
Une fois douchée et habillée pour la journée, elle mit la bague dans sa poche, pour pouvoir la glisser à son doigt lorsqu'ils arriveraient. Elle n'avait pas envie de la porter plus longtemps qu'il était nécessaire. Même l'avoir dans sa poche la dégoûtait.
Elle coiffa ses longs cheveux roux en queue de cheval et sortit pour un petit déjeuner très matinal.
James se tenait devant un tableau de fruits, une main courant dans ses cheveux indisciplinés. Il était resté dehors toute la nuit, et maintenant il était affamé. Il ne pouvait pas croire qu'elle était fiancée ! Il avait tant de questions dans la tête : à qui, depuis quand, pourquoi ne lui avait-elle pas dit, comment était-ce donc possible ? Lorsqu'il l'avait portée jusqu'à l'infirmerie, il avait été si inquiet, mais maintenant, maintenant il était seulement fâché, et perdu. Il aurait dû rester, attendre une explication. Mais il ne pouvait pas, c'était une révélation trop choquante, et revenir aurait été trop embarrassant. C'était mieux de rester à l'écart et de se calmer.
Il s'avança et chatouilla la poire. Elle ricana et le tableau s'écarta. Des elfes de maison se ruèrent pour lui servir fruits, céréales, croissants et autres pâtisseries. Un verre de jus de fruit fut placé devant lui sur une petite table. Il mangea en silence en écartant les créatures inquisitrices.
« Comment est votre petit-déjeuner, monsieur ? »
« Voulez-vous autre chose, monsieur ? »
Il se lava le visage et les mains avec l'eau d'un bol et s'essuya. Sur son ordre, un elfe récupéra les livres de ses deux premiers cours. Il grogna lorsqu'il s'aperçut que Lily serait au second.
Soudain, le portrait s'écarta à nouveau. Une forte silhouette poussa les elfes qui rivalisaient pour retenir son attention, pour le plaisir de le servir. Il était suivi d'une personne plus mince, plus émaciée, aux cheveux prématurément gris.
« Tu vois, Remus, je t'ai dit qu'il serait là. » rugit Sirius. Il donna à James une claque dans le dos. « Où étais-tu passé, Cornedrue ? »
« Dehors », répondit-il brièvement en poussa Sirius vers le portrait.
« Attends James, écoute-nous ! », tenta Remus. « Ce n'est pas ce que tu penses. »
« Vraiment ? » dit James. « Elle m'a menti, elle nous a menti. Comment a-t-elle pu garder un tel secret ? »
« Parce qu'elle ne veut pas » soupira Remus. « Elle ne veut pas épouser Cameron. »
« Cameron ? »
« Cameron Grunnings, le fiancé(2), » cracha Sirius bien que scandalisé par son horrible accent français. « Un moldu riche et pompeux. La pauvre fleur le hait. »
Bien qu'ayant commencé par jurer, James releva la tête vers la fin, les yeux brillants.
« Elle le hait ? Vraiment ? » demanda-t-il, fiévreusement. « Non attends – alors pourquoi l'épouse-t-elle ? »
« Ses parents ont arrangé le mariage. Si elle ne va pas avec lui, ils l'enlèveront de Poudlard. » expliqua Remus.
James s'adossa au mur en soupirant.
« Alors, elle ne l'aime pas, ce Cameron… ? »
« Non ! Beurk ! Pas du tout ! Elle le hait complètement ! Elle a plutôt envie de lui enfoncer un poteau de dix mètres bien profond dans le… »
« Sirius ! Il a compris l'idée ! » l'interrompit Remus.
James ricana, se souriant à lui-même. Il prit un dernier croissant au chocolat et l'enfourna. Ils quittèrent la cuisine poursuivis par les appels serviles des elfes.
« Alors, qu'est-ce que ça veut dire "ils viennent ici pour les photos" ? »
(1) en réalité ça se rapproche beaucoup de la pétanque, mais pour les français, la pétanque n'est pas vraiment un sport de riches ;-) alors j'ai pris la liberté d'inventer un peu…
(2) en français dans le texte ;-)
Note : Je vais peut-être faire des mises à jour encore plus fréquentes que je ne le pensais pour cette fic. Etant donné que je serai beaucoup moins libre en septembre, j'aimerais la terminer avant la rentrée (ce qui fait 19 chapitres en deux mois… rien que pour votre plaisir !) Mais je ne garantis pas la réussite, j'ai aussi d'autres choses prévues pour cet été !
Quoi qu'il en soit, à bientôt !
