Hey hey !
Comment allez-vous ? C'est vendredi, on va dormir une heure de plus ce week-end, et croyez bien que je vais en profiter !
Bref, sans plus de blablas, voici le nouveau chapitre ! En vous souhaitant une agréable lecture.
Chapitre 2 : Des Sages et des Hauts
Merlin se baissa rapidement, trouvant un abri de fortune derrière une maison à moitié écroulée. A ses côtés, Lancelot haletait, ses doigts serrés nerveusement sur son épée.
- Ils sont combien ? chuchota le blond.
- Bien trop nombreux, si tu veux mon avis, grommela le vieux sorcier.
L'aîné se redressa, agita rapidement la main et une explosion retentit au loin. Des hurlements se firent entendre, aussitôt suivis d'une vingtaine de traits de couleur rouge. Merlin replongea à couvert et prit une grande inspiration.
- Putain, on n'est pas rendu… marmonna-t-il.
- On ne s'en sortira pas vivant, fit remarquer Lancelot.
- Sûrement pas. Mais je compte emporter le plus de traîtres possibles dans la tombe avec moi ! brava Merlin.
Le plus jeune risqua un œil par-delà la barricade et analysa rapidement la situation.
- Le chef des rebelles a réussi à pénétrer dans le château. A mon avis, Avalon ne va pas tarder à tomber.
Merlin ferma les yeux, se concentra et un mince sourire finit par étirer ses lèvres.
- Il faut qu'on se fraye un chemin vers le rempart sud. Aliénor et Ah Puch tiennent leur position. Si on les rejoint, on sera mieux armé pour retrouver les autres.
Lancelot acquiesça et les deux sorciers bondirent de leur abri pour foncer à travers les lignes ennemies.
Baak Neh était prostré sur les dalles de pierre grossière couvertes de lichen. Son corps malingre tremblait de rage et de douleur. Son visage émacié affichait une peine incommensurable tandis que ses poings frappaient inlassablement le sol, laissant des tâches de sang qui s'échappait de ses blessures. Depuis combien de temps était-il enfermé dans les cachots du temple ? Il n'en savait rien.
- Je vengerai ta mort, K'oha'nil... murmura-t-il, des larmes ruisselants sur ses joues sales. Ces prêtres le paieront.
A quelques pas de lui, la dépouille d'une jeune femme, à peine plus âgée que lui, avait été abandonnée sur le sol après son sacrifice au dieu Ghanan, maître de l'agriculture et de la fécondité. La sacrifiée avait été égorgée et son sang avait été versé sur l'autel de pierre, en haut du temple. Les pleurs de Baak Neh redoublèrent. Il aurait dû s'unir trois lunes plus tard avec K'oha'nil, mais sa cité avait été attaquée par la tribu voisine. Lui et sa promise avaient été capturés. Et il était le prochain sur la liste des sacrifices.
- Je dois sortir d'ici... Comment faire ?
Un craquement sonore se fit entendre et un géant à la peau sombre apparut devant lui. Baak Neh se mit aussitôt debout et serra ses poings meurtris, prêt à défendre sa vie.
- Bonsoir jeune homme. Tu n'as rien à craindre de moi.
- Qui êtes vous ? Vous n'êtes pas d'ici... siffla le jeune maya, aussi effrayé que furieux. Vous venez me tuer ? Essayez donc !
- Je suis Héphaistos, le forgeron de l'Alliance Interdite. Je viens te libérer de ta prison pour t'emmener sur Avalon.
- Je ne connais pas cette cité, marmonna Baak Neh.
- Et c'est normal. La Source m'a demandé de m'occuper de toi afin de te préparer à accomplir ta vengeance et à embrasser ta destinée.
- Je veux tuer chaque âme qui s'est repue du sang de ma bien-aimée. Je veux détruire l'autel de ces faux dieux ! s'exclama vivement le maya, la voix tremblante.
- Et l'Origine de toutes magies le souhaite aussi. Elle seule mérite un culte. Mais les humains se sont détournés d'elle pour vénérer des icônes païennes. Tu seras l'arme du jugement dernier.
- Qu'elle me donne les moyens de me défaire de mes ennemis et chaque vie que j'ôterai sera exécutée en son nom.
- Nous nous entendons. Viens avec moi, Ah Puch, Dieu de la mort, Armageddon de l'Origine de toutes magies. Ta destinée t'attend.
Baak Neh donna sa main à Héphaïstos et tous deux se dématérialisèrent.
Aliénor d'Aquitaine, reine de France, s'ennuyait ferme en cette belle après midi d'hiver. Noël approchait, le château revivait, les couloirs embaumaient les épices et le vin, mais l'humeur de la femme ne s'en trouvait pas améliorée. Elle congédia d'un geste las de la main ses dames de compagnie qui s'efforçaient à la faire rire, en vain.
Aliénor, enfin seule, attrapa un lourd manteau qu'elle passa sur ses épaules. Elle rabattit la capuche de fourrure sur sa tête et sortit de sa chambre pour prendre la direction du parc. En chemin, elle croisa une bonne qui tenait dans ses bras sa dernière fille, Alix, âgée d'un an. La reine posa ses lèvres sur le front de la fillette avant de gagner l'extérieur. Le parc était recouvert de neige qui craquait sous la semelle de ses chaussures. Le froid la saisit et le vent, vif, rougit ses joues.
Elle se dirigea vers le bois du domaine et s'enfonça dans la forêt endormie. Elle avait besoin de réfléchir au calme et une petite promenade l'aiderait à mettre de l'ordre dans ses idées. Les relations avec son époux, Louis VII, se dégradaient. Et l'envie d'annuler son mariage se faisait de plus en plus ressentir. Elle avait le motif-la consanguinité est imparable-, l'argent -tout s'achète en ce bas monde-, mais manquait le moment opportun. Et le déclic. Elle soupira et écarta quelques branches couvertes de neige, se frayant un chemin dans les bois.
Abandonner le royaume de France était une idée séduisante. Elle n'était qu'un pantin entre les mains des conseillers du Roi, et la cour la détestait. Elle ne supportait plus les bruits qui couraient sur ses infidélités présumées. Partir était envisageable. Mais pour faire quoi ensuite ? Retourner en Aquitaine ? Les troupes françaises voudraient s'emparer de son duché. Dans le sang si une annexion pacifique n'était pas possible.
Un bruit sec attira son attention et elle tourna légèrement la tête avant de se raidir. Un homme d'une taille imposante s'approchait d'elle et fit une profonde révérence.
- Bonjour ma Reine.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis Culann, le forgeron du Conseil des Sages. Mes hommages...
- Le Conseil des Sages ? Je n'en ai jamais entendu parler. Dans quel royaume se situe ce Conseil ?
Le géant eut un sourire mystérieux et se redressa.
- Sur l'île d'Avalon, ma Reine.
- Avalon ? Ce n'est qu'une légende, mécréant !
- Seulement pour le commun des mortels, ma Reine. Vous êtes la quatrième Sage, l'enchanteresse de soin, désignée par l'Origine de toutes magies. Vous êtes sa confidente, sa plus proche conseillère, sa dame de confiance.
- Je suis une Reine, pas une simple servante.
- Et la Source vous considère selon votre rang... Accompagnez-moi et vous comprendrez.
- Je veux rencontrer cette... Source. Je lui expliquerais comment ses vassaux doivent s'adresser à quelqu'un de mon rang ! dit sèchement Aliénor.
- L'Origine de toutes magies va adorer... ironisa Culann en tendant la main à la jeune femme. Elle a toujours eu beaucoup d'humour.
- Faites vite ! Je suis une femme très occupée, gronda la Reine en posant gracieusement ses doigts sur le poignet du forgeron.
Tous deux disparurent dans un craquement sonore pour réapparaître au cœur d'un volcan. Il régnait une chaleur étouffante et Aliénor ôta son manteau qu'elle jeta à Culann. Le géant s'en saisit d'un geste rapide et fluide que la jeune femme n'aurait pas cru possible au vu de la corpulence de l'homme.
Elle reporta son attention sur le centre de la grotte où une gigantesque boule de magie blanche flottait au-dessus de la lave, inondant la caverne d'une douce lumière. La Reine se trouva subjuguée par la quiétude qui se dégageait de la masse de pouvoir. La sérénité la gagna, sa sombre humeur laissa la place à un sentiment de plénitude. Elle mit un genou à terre et s'inclina avec respect devant l'Origine de toutes magies.
- Aliénor... Ma Conseillère la plus fidèle... Merci d'être venue.
La voix éthérée de la Source envahit la grotte et le ton apaisant chassa les dernières craintes de la Reine de France.
- Que puis-je pour vous, ma Source ? demanda la femme.
- Relève-toi, ordonna doucement la boule de magie.
Aliénor hésita mais obéit. Elle ramassa sa robe contre elle et se redressa, son regard se posant sur sa Créatrice.
- Je sens le tumulte dans ton cœur et connais les contradictions de ton esprit. Ta destinée n'est pas en France, Sage. Traverse la mer et rends-toi en Angleterre. La gloire et la renommée t'y attendent.
- Oui, ma Source.
- Des obstacles entraveront ton chemin mais je serai à tes côtés, à chaque pas, pour t'aider. Comme tu m'as aidée par le passé...
- Merci, ma Source.
- Va avec Culann. Il te donnera de quoi accomplir la tâche qui t'attend. A bientôt, Sage.
Aliénor fit une profonde révérence et, alors que Culann la faisait transplaner pour Avalon, un sourire étira ses fines lèvres. Louis VII ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Une nouvelle vie s'offrait à elle et un nom résonnait dans son esprit : Henry Plantagenêt.
Elle était seule dans sa cellule, sa respiration pantelante et rauque résonnant contre les murs de pierre. Aliénor porta la main à sa poitrine et grimaça de douleur. Elle avait renvoyé les nonnes qui la veillaient. Les encornées devaient sûrement quérir un prêtre, à l'heure qu'il était.
L'ancienne reine de France et d'Angleterre étouffa un juron. Elle n'avait que faire du dernier sacrement, l'extrême onction. Elle ne croyait plus en Dieu. Et elle n'avait pas peur de mourir. Elle allait rejoindre Avalon et continuer sa destinée auprès de la Source. Des étincelles bleues de magie crépitèrent au bout de ses doigts et la douleur s'apaisa. Elle allait pouvoir partir calmement, dans la quiétude.
Elle se demandait ce que lui réserverait la vie après la mort de son enveloppe charnelle. Elle ferma les yeux, tentant d'imaginer ce qu'allait être son existence sur l'île enchanteresse, dans cet immense château.
- J'y mettrais bien quelques tapisseries… murmura-t-elle, amusée.
Elle sentit un léger courant d'air effleurer sa joue et elle rouvrit les paupières. Elle avisa une jeune femme brune aux cheveux broussailleux, un doux sourire illuminant son visage. Un halo doré entourait la femme d'aspect éthéré et argenté et sa magie emplissait la pièce dans une chaleur réconfortante.
- Ma Source ? fit Aliénor.
- Bonjour Sage, fit la femme. Je suis venue t'emmener sur Avalon.
- Merci ma Source, rien ne me ferait plus plaisir. Veuillez m'excuser, je ne puis me lever pour m'incliner devant vous.
La femme s'approcha de l'enchanteresse et lui caressa la joue de sa main fantomatique.
- Ne t'inquiète pas, je ne m'offusquerai pas pour si peu.
- Quelle est cette apparence, Origine de toutes magies ?
- D'ici quelques centaines d'années, je fusionnerai avec un être humain. Ce sera cette femme. Retiens bien son image, ma Reine, car tu devras l'accompagner. Elle aura besoin de toi comme j'ai besoin de toi.
- Je m'occuperai d'elle, ma Source. Vous avez ma parole.
L'Origine de toutes magies lui sourit avec bienveillance et posa ses lèvres sur celles de la Française.
- Il est l'heure d'y aller. Ferme les yeux, ma Reine. Tu ne sentiras rien.
- Je vous fais confiance, ma Source, murmura Aliénor en s'abandonnant à sa Créatrice.
Une explosion retentit et Aliénor fit un bond sur le côté, évitant de peu d'être blessée.
- Bon sang, ce n'est pas passé loin, lâcha-t-elle, essuyant du revers de sa manche des gouttes de sueur qui perlaient à son front. Une idée, Ah Puch ?
- Nous sommes deux, ils sont deux cents, ça va être serré… répliqua l'homme avec une grimace. Mais j'ai une idée pour avoir des soutiens. Pour cela, il faut gagner le cimetière d'Avalon.
- Et comment voulez-vous parcourir les deux cents mètres qui nous séparent de ce lieu ? De plus, si nous parvenons à l'atteindre, que ferons-nous ? On jouera à cache-cache derrière les tombes avec les opposants à la Source ? cracha la femme avec dédain.
- Je lèverai une armée de mort vivants. De quoi les terroriser et les anéantir, répondit posément Ah Puch avec un sourire mauvais.
Aliénor se redressa légèrement et balaya l'horizon. Un rictus étira ses lèvres et elle jeta un regard en biais au nécromancien.
- Bonne nouvelle, des renforts arrivent. Merlin et Lancelot les prennent à revers. Profitons de cette diversion pour gagner votre vivier à cadavres.
Un jeune homme en robe noire et au col blanc quittait, l'air sombre, le séminaire de Saint Sulpice pour s'engager sur la place. La nuit était tombée depuis peu et les rues du quartier étaient désertes. La canne de bois frappait à intervalle régulier les pavés et l'homme d'apparence frêle éprouvait quelques difficultés à avancer, soufflant de temps à autre son agacement.
- On me force à être ecclésiastique, on s'en repentira... marmonna-t-il, furieux.
Une ombre se détacha de l'obscurité et le jeune homme leva les yeux sur un géant à la peau ébène.
- Bonsoir, Monsieur de Talleyrand, dit l'homme d'une voix grave et rauque.
- Qui êtes-vous ? Et d'où me connaissez-vous ?
- Je suis Héphaïstos, le forgeron de l'Alliance Interdite. Vous êtes le septième Haut, l'éminence grise de l'Origine de toutes magies.
- Magie ? Vous savez que vous parlez à un homme d'église ? Je pourrai vous faire condamner pour de tels propos.
- Amusant de la part d'un sorcier, ironisa le géant.
- Je ne suis pas un sorcier ! rétorqua Charles-Maurice, terrorisé. Un mot de plus et je vous fais embastiller.
- En tant que premier mâle de votre famille, vous devriez être dans l'armée. Pourquoi n'est-ce pas le cas ?
- Parce que je boîte, cracha Talleyrand, amer.
- Parce que vous êtes un sorcier et que vos parents pensaient que l'Eglise vous guérirait de ce... pêché.
- Je ne vous permets pas de m'insulter !
Héphaïstos arbora son regard le plus mauvais et Talleyrand frissonna de peur.
- Tu vas m'écouter, Haut. Ta colère et ta rancœur t'empêche d'avancer. La voix ecclésiastique t'apportera la grandeur et la célébrité. Et la maîtrise de tes pouvoirs te fera entrer dans la légende. Mais pour cela, tu dois me suivre. La Source veut te rencontrer.
- La Source ? demanda le jeune homme, suspicieux.
- Elle répondra à toutes les questions que tu te poses et bien plus encore. Tu n'as rien à perdre à venir avec moi. Bien au contraire.
- Vais-je vraiment entrer dans la légende ?
- Les livres d'histoires retiendront ton nom comme l'homme qui aura marqué ce siècle et le suivant. Viens... fit le forgeron en lui tendant la main.
Talleyrand hésita mais son ambition prit le pas sur sa méfiance. Il posa sa main sur celle tendue et les deux hommes disparurent dans un craquement sonore.
Chaka regardait au loin, son regard perçant balayant l'horizon. Les troupes de son demi-frère, Sigujana, étaient prêtes à en découdre. Ce dernier ne voulait pas que Chaka, le bâtard, règne sur le peuple zoulou.
- C'est ce qu'on va voir, impie… grogna le guerrier en faisant rouler ses muscles sous sa peau ébène.
Mais ce que Sigujana ne savait pas, c'est que Chaka bénéficiait d'un soutien de poids : Dingiswayo, chef de la tribu voisine, les Bathwetwa. Certes, ce dernier faisait jouer la rivalité entre les deux héritiers pour ensuite s'emparer ensuite du trône des zoulous, aujourd'hui capté par Sigujana après la mort de son père, Senza Ngakona. Chaka savait qu'il devrait aussi s'occuper de Dingiswayo, mais chaque chose en son temps. Pour le moment, il était le chef des armées des Bathwetwa, le bras droit de Dingiswayo, et il allait livrer une rude bataille.
Le soleil était haut ce jour-là et la chaleur était écrasante. Pas un souffle de vent pour rafraichir la température ou l'ardeur des combattants. La guerre allait être meurtrière et il n'y aurait pas de prisonnier. Chaka sentit la fureur le gagner. Il allait tuer son demi-frère, vengeant ainsi les années de brimades qu'il avait subies.
- Tu vas t'apercevoir à quel point tu m'as endurci, frère… grogna-t-il alors qu'un rayon de soleil se reflétait sur la pointe de sa lance.
Il observa une dernière fois l'armée zouloue qui se mettait en place. Il avait envie de lancer l'assaut maintenant, mais d'une part, il faisait bien trop chaud, et d'autre part, il devait respecter les codes militaires. Et les deux armées devaient être en place pour guerroyer. Il tourna les talons et gagna sa tente, foulant le sable de ses pieds nus. Il écarta les pans de tissu et plissa les yeux en remarquant une gigantesque silhouette qui se dressait devant lui. Il resserra ses doigts sur sa lance et la dirigea vers l'intrus.
- Etes-vous un assassin envoyé par Sigujana ? Contreviendrait-il aux codes de la guerre ? rugit le combattant.
- Calme-toi, chef des armées. Je suis Culann, forgeron du Conseil des Sages, Veilleur de l'Origine de toutes magies. Je sais que tu es sur le point d'entrer en guerre, mais avant, tu dois rencontrer ta Créatrice.
- Je n'ai pas le temps pour ces sornettes ! Déguerpissez ou vous périrez !
- On lui dira ! soupira Culann en attrapant Chaka par l'épaule avant de les faire disparaître dans un craquement sonore.
Ils réapparurent dans une sorte de grotte dans laquelle il régnait une chaleur encore plus étouffante que sur le champ de bataille. Chaka fronça les sourcils en remarquant une grosse boule blanche qui flottait au-dessus de la lave et un léger vent rafraichissant se leva dans la caverne.
- Bonjour Sage. Heureuse que tu ais pris le temps de venir, fit une voix éthérée.
- On ne m'a pas vraiment laissé le choix, grogna le guerrier.
- Un peu de respect, veux-tu ! gronda Culann en donnant une tape dans le dos du futur chef zoulou qui tomba à genoux sous la pression.
- Chaka, une destinée exceptionnelle t'attend. Tu es mon épée, mon guerrier. Tu combattras en mon nom. Toutes les espèces connaîtront ta vaillance et celles qui voudront me défier subiront ton courroux.
- Encore faudrait-il que je gagne la bataille d'aujourd'hui, Origine de toutes magies, lâcha Chaka de sa voix grave.
- Je vais te donner le pouvoir de sortir victorieux du combat que tu vas livrer, Sage.
Un trait de lumière fusa de la boule de magie et frappa le zoulou en plein thorax.
- Va, Sage. Retourne sur le champ de bataille. Et tue ton demi-frère en mon nom.
- Il en sera fait selon votre volonté, ma Source, répondit Chaka en se relevant.
Il s'inclina profondément devant la puissance désincarnée et transplana. Deux heures plus tard, alors qu'il perçait de sa lance le cœur de Sigujana, il ferma les yeux et recommanda cette âme à l'Origine de toutes magies.
- JE SUIS VOTRE CHEF A PRESENT ! rugit-il, sa voix couvrant le bruit des lances qui s'entrechoquaient. UNE NOUVELLE ERE POUR LE PEUPLE ZOULOU S'OUVRE ! NOUS ALLONS CONQUERIR TOUT LE CONTINENT ! GLOIRE A LA SOURCE !
L'Origine de toutes magies observait avec intérêt la deuxième vie des sorciers qui l'avaient défendue lors de la bataille d'Avalon. Ces braves avaient péri par conviction. Ils étaient persuadés que seule la Source pouvait guider l'humanité jusqu'à la fin des temps, et que le leader de la rébellion n'apporterait que souffrance, guerre, et malheurs aux hommes, qu'ils soient sorciers ou moldus. Ils s'étaient battus pour préserver la paix et la Source espérait que les siècles à venir leur donneraient raison.
Oui, encore un chapitre centré sur les Sages et les Hauts, mais nécessaire pour les tenants et aboutissants de l'histoire. Promis, vous reverrez bientôt vos personnages préférés !
A la semaine prochaine,
Bises,
Sygui et Link9
