La reine restait debout. Elle était très digne malgré son envie intérieure d'arracher les yeux à Oscar .

« Oscar, j'ai appris votre comportement avec monsieur de Fersen. Je ne saurais vous dire à quel point j'en fus surprise et blessée. » commença la Reine.

Le colonel ne disait mot. Elle se sentait misérable. Elle avait agit comme une idiote sans réfléchir. Il était normal que la Reine lui en veuille. Elle-même n'aurait pas pardonné une telle trahison.

« Cependant, colonel, votre ami André à plaider votre cause » poursuivit t'elle.

La jeune femme était étonnée.

« André ? » murmura t'elle.

« Il a fort raison lorsqu'il dit qu'on ne contrôle pas ses sentiments. Ainsi donc nous aimons le même homme. Je ne vous en veux pas Oscar. Qui suis-je pour vous empêcher d'aimer. Quant à Fersen, c'est un homme libre de ses choix. Je suis une femme mariée. » dit La Reine en s'asseyant.

Oscar n'en revenait pas. Marie Antoinette lui pardonnait son affront ? Et André avait intercédé en sa faveur ? Le même André qui s'en était prit à elle ? Qu'il lui avait dit ne plus jamais vouloir la revoir.

« Je tiens tout de même Majesté, à m'excuser. Je n'ai pas réfléchi, j'ai agit sous le coup de mes émotions et non de ma raison. Je m'en veux de vous avoir fait ainsi du mal »

« Laissons cela voulez vous. » Dit La reine, tout de même heureuse d'avoir eu entendu le repentir de son soldat.

Cela se passait bien mieux que prévu pour Oscar. Elle tenta donc la deuxième démarche qu'elle avait en tête.

« Madame, j'aimerai savoir, jusqu'à quand vous allez disposer d'André à votre service ? »

Marie Antoinette fronça les sourcils.

« Votre père ne vous a-t-il pas dit, qu'il était entré de manière définitive au mien ? »

« En réalité , madame, je pensais que non, que c'était un transfert temporaire »

« Vous voilà donc fixez colonel »

« Majesté, si je puis me permettre. J'ai toujours … André est comme un frère pour moi et… »

« Ne vous inquiétez pas. Il est très heureux ici. De plus , sa solde est très confortable »

La discussion ne tournait pas dans le sens qu'Oscar voulait.

« Je n'en doute pas, majesté. Cependant, j'aimerai qu'il regagne mon service. » dit t'elle

« Comment ? »

« Oui, madame. Je suis habitué à sa compagnie et nous avons été élevé ensemble »

« Vous en parlez comme d'un animal de compagnie » fit la Reine choquée.

« Comment ! Mais absolument pas. » Rétorqua Oscar outrée.

« En ce qui me concerne , j'apprécie énormément André. C'est un homme plein de qualités. »

Oscar avait remarqué les dire de la reine. Preuve à l'appui de ce dont elle avait été le témoin par la fenêtre.

« Madame, puis je … » insista Oscar avant d'être interrompu par la reine.

« Non »

Les deux jeunes femmes se regardèrent avec le même regard tranchant.

« Madame, je suis prête à ne plus jamais revoir monsieur de Fersen si vous me rendez André » avait lancé Oscar qui voulait à tout prix récupérer le jeune homme à ses cotés.

Marie Antoinette fut pour le moins surprise de ses propos.

« Voila une singulière manière de prouver votre amour pour monsieur de Fersen. » La colère montait. A quoi jouez vous donc Oscar ? Elle lui avait prit son amant et maintenant elle le lui rendait pour obtenir en retour son ancien écuyer qu'elle trouvait par ailleurs charmant.

« Colonel, nous croyez vous rivales ? Croyez vous sincèrement que j'ai envie de revoir monsieur de Fersen après ce qu'il m'a fait ? Vous je vous ai peut être pardonné mais son comportement à lui m'est toujours intolérable. Je n'ai que faire de monsieur de Fersen . Gardez le, épousez le si cela vous chante même. Mais je gage qu'il à moins de valeur à vos yeux que votre écuyer pour vous en débarrasser si facilement » dit la Reine choquée. « Oscar, on ne commande pas les hommes et l'amour comme l'on commande un régiment. Vous avez tout à apprendre. »

Cette fois la reine était en colère.

« Quant à André, si vous le voulez autant, alors séduisez le si vous vous en croyez capable. Convainquez le de revenir à votre service. Si cela est sa décision, je ne m'y opposerais pas. Mais ne pensez pas que c'est parce que vous avez eu Fersen qui , je ne suis pas naïve est un grand séducteur que vous parviendrez à conquérir aussi facilement un homme qui est resté à vos cotés des dizaines d'années sans vous toucher. » attaqua la Reine.

Marie Antoinette était hors d'elle. « Mais sachez Oscar, qu'il est déjà sous mon charme et que je compte bien ne pas m'arrêter là. »

Oscar était foudroyé par l'éclair. Par quel diable la conversation avait t'elle dérivé sur ses questions de séductions ? D'où la reine sortez t'elle qu'elle voulait André d'une manière romantique ? Elle serra les poings. De plus cette femme , souveraine de France où non, l'avait insultée. Quel était ce manège ? Elle se permettait de parler d'André comme si elle le connaissait mieux que personne. Mais que savait t'elle de celui-ci ? Rien, bien sur, elle déchanterait vite.

« Je n'ai Madame, en aucun cas, l'intention de séduire André. Vous vous méprenez sur mes intentions à son égard. »

« Très bien, alors il n'y a guère la point de malentendu. Dites à monsieur de Fersen que je vous souhaite tout le bonheur du monde . Vous pouvez disposer maintenant ».

Oscar prit congés de la reine, les pensées confuses. La discussion avait dérapée mais elle ne savait pas pourquoi ? Lorsqu'elle sortit de la pièce . Elle prit les escaliers . André se tenait en bas de ceux là . Il conversait avec Madame de Jarjayes. Louis joseph arriva .

« Madame de jarjayes, venez voir vite » demanda le jeune prince en souriant.

La mère s'exécuta , laissant face à face les deux amis d'enfances.

André se tenait là devant elle. Cependant, il ne la regardait pas. Il s'apprêtait à quitter les lieux quand Oscar le retint.

« Attends ! Je voudrai te remercier »

« Me remercier ? »

« La reine m'a dit que tu avais plaidé ma cause… Merci »

Il ne répondit rien.

« André, arrêtons de nous disputer s'il te plait. Tu dois me croire quand je te dis que je n'ai rien fait chez Fersen qui puisse entacher mon honneur ».

Il hésitait. Il était encore très en colère mais Oscar faisait l'effort de faire le premier pas. De plus, elle lui manquait terriblement. Et ne pas être auprès d'elle, de savoir ce qu'elle faisait, comment elle allait, de la protéger l'inquiéter terriblement.

« Rentrons, s'il te plait » implora t'elle.

« Oscar, je suis au service de la Reine maintenant »

« Sa majesté m'a confirmé que si tu le voulais, tu pouvais revenir au service des Jarjayes… » fit t'elle avec un petit sourire.

« Vraiment ? »

« Oui ! Allez viens je t'en prie , je ne supporte plus mon père qui a décidé de te remplacer ! Il me suis comme un toutou c'est un cauchemar »

André fronça les sourcils. Son regard se durcit.

« Ah voilà donc la véritable raison ! En fait , tu veux te débarrasser de ton père et donc on rappelle ce bon vieux André à la rescousse ! C'est charmant vraiment…. Tu n'agis que par intérêt en ce moment. Franchement, je ne te reconnais plus ! »

« Comment ? Non mais »

« Puisque c'est comme ça ! Je reste ! en plus je suis bien mieux payer ici et La reine est adorable »

Il tourna les talons et laissa Oscar sur ses mots.

« André ! non ! »

La mère d'Oscar s'approcha.

« Ai-je bien entendu Oscar, ton père t'accompagne maintenant ? »

« Oui » dit t'elle encore perturbée d'avoir perdu le retour d'André à cause d'une simple petite phrase.

« Ne t'inquiètes pas, ton père déteste l'inactivité, te suivre et t'observer va le lasser plus vite qu'il ne pense »

Madame de Jarjayes connaissait bien son époux. En effet, à Versailles, déjà, le Général faisait les cents pas attendant sa fille. Il avait fini de lire la nouvelle Héloise.

« Ah mais je perd mon temps, c'est infernal » grogna t'il. « Je ne vais pas tenir longtemps comme ça ! En même temps, je ne peux pas laisser ma fille sans protection ! »

Il alluma sa pipe et prit une bouffée.

« Peut être vaut t'il mieux que je la rende à sa vie de femme. Je la marie et son mari la protègera…. Oui mais Adieu mon fils Oscar dans ce cas. Lui qui fait une brillante carrière. En même temps ; ai-je bien le choix ? Où alors il faudrait trouver un mari qui accepte que sa femme soit militaire et qui prend le temps de rester auprès d'elle à chaque minute. Oui c'est ça !! »

Il se frotta les mains

« Parfait … Quoi que où je vais trouver un tel homme qui accepterait de tenir ce genre de rôle ! Oh non c'est impossible » s'énerva le Général. « Il faudrait que j'y mette une fortune en dote… Bon, je pense que cela vaut la peine tout de même. Le seul soucis c'est de trouver l'homme. Ce Girodel semble attirer par ma fille… Oui mais bien arrogant et fier. Il la voudra dans son château… Tout est perdu. » soupira t'il dans les derniers mots.

Il s'assit.

« Je ne vois qu'André… Lui le ferait. Si il l'épouse, il aura une raison valable de quitter le service de la reine. Oui mais , un mariage noble …Roturier… Oh après tout, j'ai bien réussi a faire passer ma fille pour un garçon, la faire devenir militaire, donner ses entrées à André à Versailles alors qu'il n'est pas noble ! Ca ne sera pas plus compliqué.. Quand a ce que dira Oscar, ca n'est pas grave. Elle est mon enfant, elle doit obéir. Non le vrai soucis c'est André… Il ne me doit pas obéissance lui. Il ne travaille même plus pour la famille. Si il ne veut pas, il n'est pas obligé.. Et franchement comment pourrait t'il désirer ma fille ? Il la connait trop bien. Tous ses défauts… Son sale caractère. »

Le général fronça les sourcils.

« En vingt ans, il n'a pas eu un geste déplacé envers elle…C'est peine perdue. Elle ne lui fait aucun effet. Même avec une grosse dote… Il n'est pas assez fou.C'est l'homme le plus pondéré que je connaisse. Comment rendre Oscar attractif à ses yeux ? Elle qui n'a aucune once de féminité ? Allons ! reprends toi Raignier, ce n'est pas ton genre de te laisser abattre ! tu vas trouver ! »

Oscar rentrait soucieuse. André demeurait avec la reine et elle devrait continuer à supporter son père.

En revenant, elle croisa monsieur de Fersen.

« Alors , Oscar, dites moi, votre rencontre avec la reine s'est bien passée »

« Mieux que je ne l'aurai cru à vrai dire ? »

« Racontez moi »

« Elle… Elle ne m'en veut pas… »

« Mais encore ? »

« Fersen, je ne sais pas comment vous dire cela … Elle m'a dit qu'elle ne voulait par contre plus vous voir, que si je voulais devenir madame votre épouse. Elle n'y verrai aucun inconvénient. »

« Comment ? » fit Fersen choqué. La reine l'avait t'elle jetée aux oubliettes si facilement.

Oscar vit la mine déconfite du jeune suédois.

« De plus dit' elle, il semble qu'elle se soit entiché d'André » rajouta t'elle agacée à la vision de leur promenade dans les jardins

« Quoi ! André ! C'est une plaisanterie ? »

« Non, je les moi-même vu. C'est à vous soulever le cœur… »

« La reine et André… » il serrait les poings de rage.

« J'ai bien tenté de récupérer André, mais rien n'y a fait. »

« Comment cela ? »

« J'ai tout d'abord proposé à sa majesté de ne plus m'intéressez à vous si elle le libérait de son service pour qu'il revienne au mien » dit la jeune femme encore amer.

« Vous avez fait quoi ? » dit Fersen outré de se voir relégué tel une marchandise qu'on échange. « Mais enfin Oscar ! Cela m'étonne de vous. Je ne suis pas un objet ! »

Voilà que Fersen se mettait en colère contre elle.

« Je pensais que cela marcherait ! »

« Mais avez-vous pensé à moi dans cette histoire ? Ce que je ressens !! »

« Fersen » fit Oscar surprise.

« Vous n'êtes plus vous-même en ce moment ma chère… Si je suis si peu à vos yeux. Ce n'est pas la peine de continuer… Vous ne m'aimez pas. Je ne sais pas ce que je suis pour vous mais manifestement point ce que je croyais ».
Il partit furibond en grommelant des mots incompréhensibles . Probablement du suédois. De plus , il était en train de perdre la reine. Tout cela parce qu'il avait voulu s'étourdir .

« Décidément, mais qu'est ce qu'ils ont tous aujourd'hui… » dit Oscar qui refusait d'admettre sa conduite.

Elle regagna son bureau où son père l'attendait.

« Ah Oscar ! j'ai prit une grande décision ! »

Elle s'attendait au pire.

« Dès demain, je vais faire de vous une femme accomplie !Vous allez apprendre à être une femme avec Monsieur de Joncquiert. Il va vous apprendre à marcher de façon féminine, a parler comme une femme, et le plus important séduire un homme… »

« Pardon ? » Fit Oscar choquée.

« Oui, il vous faut vous marier ! Avec un homme qui accepterait votre condition militaire et pour cela , je n'ai vu Qu'André. »

« Quoi ! »

« Oui, par contre, le petit n'est pas aveugle, on attire pas les abeilles avec du vinaigre et déjà qu'il connait tous vos moindres défauts ! Il va falloir transformer le canard que vous êtes en merveilleux cygne… Il va vous falloir le séduire… C'est le seul moyen. Je ne peux pas rester indéfiniment à vos cotés et je ne veux pas vous voir une épouse au foyer ! »

« Vous allez demander à André de m'épouser ! mais il n'est pas noble »

« Le rang a mon niveau, c'est du détail , j'en fais mon affaire ! Non lui demander de but en plus, il n'est pas fou. Il va refuser. Vous vous êtes vu ? Encore quelqu'un qui ne vous connait pas bien, on vous met une robe et cela peut passer. Mais André….C'est peine perdu. Il va donc falloir vous transformer. Vous allez faire en sorte qu'il tombe a vos pieds. Qu'il ne soit pas en mesure D'objecter lorsque je lui proposerai. Après, une fois mariée, c'est trop tard ! »

« Vous avez perdu la raison ! »

« Au contraire ! »

« Je ne veux pas épouser André ! »

« Vous allez faire ce que je vous dis comme d'habitude. Où alors craignez vous qu'il vous rejette ? Après tout c'est votre meilleur ami. Vous vous entendez à merveilles ? Préférez vous monsieur de Girodel et passez votre vie à faire des broderies ? Je trouve que vous ne vous en sortez pas trop mal. Vous a de l'affection pour lui non ?»

« Evidemment mais le plus simple serait de renoncer a tout plan de mariage en ce qui me concerne »

« Ma décision est prise. Demain je vous met au travail. »

Quelques instants plus tard. Oscar digérait avec peine l'information. Se marier avec André. Quel drôle d'idée. Etrangement, ce n'est pas cela qui l'inquiétait le plus. Non c'était de devoir séduire André…Cela lui semblait mission impossible. En plus il était fâché contre elle.

Ces sentiments étaient confus. Elle aurait du être en colère, choquée, scandalisée que son père veuille la marier et tout ce qui la contrarier c'était la peur de ne pas réussir à le séduire. Elle repensait aux paroles celui ci. Qu'elle pouvait donner le change à quelqu'un qui ne la connaissait pas bien mais qu'André s'était différent. Elle revoyait l'image de la Reine minaudant devant lui. Cette Reine qui lui avait fait comprendre qu'André était tombé sous son charme. Non pensait t'elle. André était à elle pas à Marie Antoinette.

Elle se regarda dans le miroir.

« Je me sens perdue…Pourquoi je m'inquiète de ne pas être à la hauteur ? Hier je voulais Fersen aujourd'hui… »

Le fait était qu'elle détestait avoir le sentiment d'avoir perdu André. Que lui avait t'il prit de séduire Fersen. De penser qu'elle l'aimait alors qu'elle n'avait pas hésité à le laisser à la Reine rien que pour retrouver la compagnie de son ami.

Le lendemain, Monsieur de Joncquiert était sur le pied de guerre.

« Ah oui, y a du travail » dit t'il en regardant Oscar « Beaucoup de travail ».

Oscar le fusillait du regard.

« Je ne vous permet pas monsieur » Dit t'elle.

« 1ere leçon, accepter les critiques et ne pas répondre ! Vous êtes une femme bon sang ! un peu de délicatesse. Ici vous n'êtes plus colonel ! Allez donc passer une robe que je vois ce que cela donne ».

Oscar obéit. Quand elle revint, elle vit avec satisfaction que monsieur de Jonquièrt était émerveillé.

« Il y a la une très bonne base ! Vous êtes splendide »

« Voyez, je n'ai pas besoin de vous »

« Bien au contraire ma chère, monsieur votre père m'a expliquer la situation, cela pourrait fonctionner avec quelqu'un qui ne vous connait pas bien, mais déjà là avec un petit aperçut de votre caractère, le charme s'évanouit à vue d'œil. N'oubliez pas que vous allez devoir séduire un homme que vous laisser indifférent. La tenue l'étourdira quelques secondes c'est tout »

Oscar digérait difficilement les paroles de cet homme.

« Sachez monsieur, que je suis déjà parvenue à séduire, dans cette tenue ! C'est un homme de ma connaissance qui plus est ! » dit t'elle. Elle n'allait pas se laisser marcher dessus comme ca.

« Oh ! Un ami ? »

« Oui »

« Vous le voyez fréquemment ? Racontez l'expérience peut être instructive. »

Sans mentionner de qui il s'agissait Oscar parlait de cette petite aventure. Cela lui faisait du bien, elle n'avait pu se confier à personne.

« N'en tirez pas grande gloire. Il est évident que vous ne vous connaissez pas assez. »

« Comment ? »

« Vous l'avez vu très peu de fois en tout est pour tout. Le tout espacé à chaque fois par de nombreuses années. Cela ne pouvait être qu'un jeu d'enfant. Il est plus facile de séduire lorsque vous êtes mystérieux pour l'autre… Et pour celui qui ne vous connait pas , vous êtes quelqu'un de bien étrange. Femme menant une vie d'homme. Vous conquérir doit être un fantasme pour certain. Mais des qu'ils auraient gouté a vos charmes. Le sort serait rompu . Encore plus avec votre caractère autoritaire et si peu de féminité au quotidien »

« Oui , du travail, beaucoup de travail » ajouta t'il.

Oscar croisa ses bras.

« Décroisez moi ses bras tout de suite ! » ordonna t'il « Quelles sont ses manières ! Il vous falloir tout revoir. Nous allons déjà voir , la part de féminité qui est en vous. Pour commencer »

« A vous entendre, cela va être vite fait ! »

« Vous avez une jolie poitrine. Je vais vous apprendre à vous en servir ! Vos cheveux aussi , il faut arranger ça ! ne vous coiffez vous donc jamais ? Pourtant, ils sont beaux et épais. Vos mains. Fine mais, vos ongles ! vous les coupez ! Il va vous falloir une manucure. Un peu de maquillage pour rehausser votre teint aussi. Et puis apprendre à marcher. Vous devez avoir un pas gracieux et léger. Le physique ce n'est malgré tout pas ce qui va prendre le plus de temps. »

Il tapota sur la tête d'Oscar.

« Non, c'est ce qu'il y a là dedans qui est le plus dur ! »

Elle lui prit la main pour arrêter.

« Voyez ce genre de reflexes. Il ne faut plus les avoir. Une femme capable de mettre à terre son époux n'est pas séduisant . L'homme veut auprès de lui une jolie et fragile demoiselle à protéger et non l'inverse. Sinon , il se sent castré ! »

« Plus vous me parlez , plus j'ai envie de rester comme je suis » dit Oscar qui ne voulait pas se transformer en précieuse ridicule.

« Allons, maintenant, il faut aussi que vous me parliez plus en détails de cet homme. »

« André ? »

« Oui, d'après ce que vous me direz, je vais essayer d'établir son portrait psychologique et d'élaborer la meilleure tactique pour vous. »

L'idée ne déplut pas à Oscar, au contraire tout comme elle avait parler de son escapade avec monsieur de Fersen. Racontez sa vie auprès d'André , faisait énormément plaisir. Elle n'avait jamais eu l'opportunité de parler ainsi. Cela lui faisait beaucoup de bien . Monsieur de joncquiert écoutait attentivement. A un moment, il du l'interrompre car elle n'en finissait pas.

« Je suis désolée de vous interrompre, mais je vais bientôt devoir partir. »

« Oh »

« Je reviendrai demain. Par contre, il y aura , moins de travail que je ne pensais. »

« Ah bon ? Pourquoi ? » dit t'elle étonnée.

« Lorsque vous parlez de lui, vous dégagez une féminité que je n'aurai pas soupçonné. Vous n'en avez sans doute pas conscience non plus. Vous resplendissez, vos expressions changent, vos gestes aussi. Vous irradiez d'Amour pour cet homme et cela fait ressortir en vous la femme. »

Oscar fut très surprise d'entendre ces mots.

Il quitta la pièce laissant Oscar pensive. « Lorsque vous parlez de lui, vous dégagez une féminité que je n'aurais pas soupçonné . Vous irradiez d'Amour pour cet homme » avait t'il dit.

« L'amour ? Ce serait cela l'amour ? » se demandait t'elle. Ces sentiments, elle les avait depuis toujours. Elle n'avait juste jamais songé que cela pouvait être de l'amour non fraternelle ces sentiments. Ils avaient toujours été là.

Grand-mère entra avec une tasse de chocolat.

« Dis moi ma petite Oscar, tu pourrais me dire ce qu'il se passe. Je connais la réputation de monsieur de Joncquiért. Qu'est ce que cela cache ? »

« Père veut que je redevienne une femme… Enfin, non pas vraiment, il veut qu'une partie de moi redevienne femme pour me marier tout en restant militaire »

La vieille femme, failli en fait tomber la tasse .

« Te marier ! »

« Oui et donc je dois apprendre à séduire, à être plus féminine»

« Mais quand, comment ? Avec qui ? Le mariage est déjà prévu ?. Ma petite comment te sens tu ? Ca doit être terrible pour toi ? »

« Je ne sais pas trop quoi penser Grand-mère. Il veut que j'épouse André »

Cette fois ci la vieille femme du s'asseoir.

« Comment ? »

Oscar lui expliqua le cheminement de son père.

« Ton père ne cessera jamais de m'étonner… Mais toi qu'en penses tu ? »

« Je devrais être hors de moi, mais c'est étrange, je ne le suis pas. Tout est un peu confus grand-mère… Tu crois que je suis capable de le séduire ? Qu'il voudra d'une peste comme moi ? »

« Oh Oscar… » dit grand-mère attendri. Grand-mère connaissait la réponse mais elle ne devait pas parler à la place de son petit fils.
« Monsieur de jonquiert m'a dit une chose étrange… »

« Ah oui laquelle ? »

« Que lorsque je parlais d'André, je devenais plus féminine ? Tu as remarqué cela aussi ? »

« Eh bien, je n'y ai jamais vraiment fait attention. Mais maintenant que tu m'y fais penser. Quand vous n'êtes que tous les deux… Tu es en effet plus toi-même. Tu ne te caches pas derrière ton masque »

Oscar palit.

« Que quoi ? »

« Oui, vous vous connaissez depuis tout petit , alors dans l'intimité , tu fais moins attention. Bien sur, tu n'es pas comme tes sœurs qui on tendance a accentuer constamment leur statut de femme. Elle veulent et ne pensent qu'à plaire. Elles contrôlent leur apparences les gestes afin de magnifier leur nature délicate. Ce qui n'est pas ton cas. En tout cas, je perçois une nette différence entre l'Oscar de parade et la vraie jeune femme. »

Grand-mère savait que son petit fils avait lui aussi bien remarqué la différence. C'était peut être une révélation pour Oscar. Mais pas pour lui. Oscar qu'elle le veuille ou non était une femme . Une femme qu'elle laissait apparaitre avec André. Une femme qui avait fait succomber son petit fils.

« Tu crois qu'André la remarqué ? » demanda t'elle soucieuse.

« C'est à lui qu'il faut poser la question »

C'était une catastrophe, si cela avait été le cas. Si elle était féminine en sa présence et que malgré tout cela, en vingt ans, il était resté si impassible. Mais comment André la percevait t'elle ? Un homme ou une femme ? Un frère ou une sœur ? Un ami, une amie ? En tout cas ce qui était sur, c'est qu'il n'avait jamais été galant avec elle comme Fersen l'avait été pendant leur après midi, ou lorsqu'elle observa André avec la reine. La reine son sang ne fit qu'un tour. Maintenant qu'elle avait prit conscience de ses sentiments. Elle s'était promis, de faire ouvrir les yeux à André et d'aplatir la Reine qui avait décidé de se mettre sur sa route.

Deux semaines plus tard.

Oscar se tenait face à son père. Ce dernier furieux venait de la gifler sans ménagement.

« Comment avez pu faire cela Oscar ? » hurlait t'il.

La jeune femme qui était encore vêtue de sa robe déchirée par la manche gauche se releva péniblement. Sous l'impact de la main de son père sa blessure à la lèvres inférieure se rouvrit. Elle se releva en s'essuyant le sang qui en coulait. Ses cheveux étaient en bataille et son œil droit était tout gonflée sous l'ecchymose.

« Je vous avez demandé de le séduire ! Pas de vous battre comme des chiffonniers ! » criait monsieur de Jarjayes.

Grand-mère était derrière la porte en pleurs.

« Sans compter le terrible affront que vous avez fait subir à sa majesté ! Je n'attendrai pas son châtiment pour vous infliger le mien !! Hors de ma vue, le temps que je prenne une décision qui vous fera regretter toute votre vie ce comportement indigne d'un Jarjayes »

Oscar sortit de la pièce la tête baissée.

« Viens ma petite » lui dit tendrement Grand-mère.

« J'ai besoin d'être seule »

« Non, je ne crois pas, de plus je n'ai jamais vu le général dans un état pareil… Tu dois me dire ce qui s'est passé ? Je suis morte d'inquiétude… Et André qu'est t'il arrivé à André ? »

« Tout à déraper Grand-mère, je t'assure , je ne voulais pas ça … J'ai perdu mon contrôle et… »

« Tu peux tout me dire tu sais »

Oscar se décida à raconter à sa nourrice, les derniers événements de la soirée. Tout avait commencé lorsqu'elle avait été conviée au bal que la reine donnait à petit comité au Trianon … Le général avait décidé que celle-ci irait en tant que sa fille et non son fils pour saisir l' opportunité de séduire André. De son coté la Reine avait également invité Fersen…

Monsieur de Joncquiert et ses assistantes , s'étaient surpassés. Toute l'après midi, ils avaient coiffé , maquillé et habillé Oscar.

Monsieur de Jarjayes était ébloui de voir sa fille ainsi. Elle était méconnaissable. Le vilain petit canard était devenu un merveilleux cigne. De plus personne ne pourrait la reconnaitre facilement. Peut être arriverait t'elle à tromper André lui-même ?

Pendant ces deux dernières semaines Oscar avait apprit comment se comporter avec toutes les attitudes d'une dame de la cour. Elle était loin d'être encore à l'aise et naturelle mais elle disposait au moins des bases.

Lorsqu'elle fit son entrée au bal qui venait à peine de débuter. Les hommes se retournèrent tous émerveillés, y comprit Fersen qui se trouvait déjà dans la salle.

Elle tournait la tête pour chercher André mais ne le vit nul part. Elle se demandait ce que le jeune homme allait lui dire lorsqu'il la verrait ainsi. C'est alors que les regards se détournèrent d'elle au moment où la reine fit son apparition au bras d'André. Ils étaient tous deux rayonnants. André portait une tenue chatoyante probablement offerte par sa majesté.

Oscar sentit son cœur battre à tout rompre devant l'entrée de son ami. Il était magnifique. La Reine fit signe que le bal pouvait commencer et l'orchestre se mit à jouer.

Elle fut très vite sollicitée par quelques courtisans et André la laissa quelques instants. Il remarqua tout de suite Oscar qu'il reconnut tout de suite. Elle était splendide, il du l'avouer mais beaucoup trop fardée à son gout. C'était la deuxième fois qu'il la voyait en robe mais il avait mieux apprécier sa première apparition. Cette Oscar ici, avait perdu toute personnalité. Elle était belle mais standardisée comme les autres. Une fois la surprise passée de la voir ainsi, il se posait des questions sur sa venue.

Marie Antoinette, lui avait confié que Fersen lui avait envoyé des lettres enflammées lui demandant son pardon. Elle avait toujours refusé de lui accorder une visite mais l'avait cependant invité. Il s'était inquiété pour son amie. Il avait songé qu'Oscar devait avoir le cœur brisé par l'abandon de celui-ci pour la Reine cependant, il n'avait pas imaginé que son amie d'enfance aurait eu le culot de revenir ainsi vêtue dans le but de récupérer le beau suédois sous les yeux de sa Reine .

Bien sur, il savait que la jeune femme n'était pas du genre à se laisser abattre mais là, elle dépassait les bornes. Pire, elle risquait cette fois , de vraiment s'attirer les foudres royales. Il s'approcha d'elle dans le but de la raisonner quitte à être une nouvelle fois un peu rude avec elle.

Oscar le vit s'avancer vers elle et son cœur fit un triple salto dans sa poitrine. Elle était paralysée sur place. L'avait t'il reconnue ? Allait t'elle pouvoir appliquer correctement les techniques enseignées par Monsieur de Joncquiert ?

« Oscar ! En voila une surprise » dit t'il.

Il l'avait donc reconnue. Elle commença un petit sourire qu'elle couvera très vite en déployant délicatement son éventail. Elle tendit sa main pour un baise main avec le même mouvement de fluidité. Elle avait passé une après midi entière à maitriser ce combiné des mouvements.

André la fixait stupéfait. Lui demandait t'elle de lui faire un baise main ? Et qu'elle était cette lubie de se cacher de son éventail ? Pour toute réaction, il éclata de rire.

« Ah Oscar, ce n'est que moi, ne fait pas tant de manières, en plus ca ne te va pas du tout » dit t'il en riant.

Elle retira sa main, vexée avec une grande envie de lui jeter l'éventail à la figure à ce rustre mais elle ne répliqua pas. André observait son amie dont il ne comprenait pas trop les réactions ,elle aurait du lui lancer un regard glacé pour son attitude inconvenante au lieu de cela , elle baissa les yeux avec un petit air triste.

« André, tu es magnifique ce soir… la couleur de tes habits rehausse la splendeur de tes yeux »

Il écarquilla les yeux. A quoi jouait t'elle maintenant ?

« C'est gentil, merci. C'est un choix et un cadeau de La Reine » dit t'il.

Oscar n'était pas très heureuse d'apprendre que Marie Antoinette avait choisi la tenue d'André.

« Marie Antoinette à toujours eu un gout très sure » ménagea Oscar.

« Quant à toi, tu t'es coiffée cette fois ! » dit t'il

La jeune femme n'était pas sur d'apprécier le sens de la phrase .Cependant, elle resta calme.

« Oui, cela te plait t'il ? » dit t'elle en battant des cils avec un petit sourire timide.

« Oh, bah… Ca te change ca c'est sur… »

La patience d'Oscar était mise à rude épreuve.

« Oh, j'aime beaucoup cette musique » lança t'elle avec espièglerie espérant se faire inviter par le jeune homme. Monsieur de Joncquiert lui ayant apprit qu'il n'était pas à la femme d'inviter l'homme mais qu'elle se devait de suggérer la chose.

« Oui, elle est agréable » acquièça André.

« Oui, très… » insista t'elle.

Cependant l'invitation tant espérer n'arriva pas. De son coté Fersen avait décidé d'inviter la reine à danser. Cette dernière étant enfin disponible.

« Je suis désolée monsieur de Fersen, plus tard peut être » rétorqua froidement la Reine qui le laissa pour se diriger là où se trouvait André et Oscar.

Marie Antoinette ne jeta pas un seul coup d'œil à l'inconnue qui était à coté de son nouvel ami.

« André » dit t'elle d'un ton Qu'Oscar jugea beaucoup trop mielleux. « Que pensez vous de ce bal ? »

« Il est parfait, majesté »

De la même manière qu'Oscar l'avait fait , elle sourit en couvrant très rapidement celui-ci avec son éventail et lui tendit sa main qu'André s'empressa de baiser.

Ils ne virent pas le regard assassin qu'Oscar leur adressait .

« J'aime énormément cette musique. Elle est très agréable » dit la Reine avec un large sourire.

« Majesté, m'accorderez vous cette danse ? » demanda alors immédiatement André.

« Avec joie »

Ils partirent danser sous les yeux furibonds d'Oscar.

a suivre