Yo !

Me revoici (déjà, on peut le dire, mais bon, comme j'ai déjà écrit les quatre premiers, je vais les poster assez rapidement – par contre, préparez-vous pour l'attente relou au E), avec le deuxième OS qui est sur un couple qui – euh – pose question. En fait, au début, je l'aimais pas et j'hallucinais qu'on puisse les shipper xD et puis après, bon, la série, ses acteurs bgs et ses sous-entendus insoutenables sont intervenus.

J'ai trouvé ça intéressant, on va dire. Me brûlez pas svp.

Niveau avertissement : UA, relative violence (lol vous vous attendiez à quoi), vulgarité, allusion implicite à de la torture.

Le malaise quand je vois sur quoi j'écris.

Allez, à plus ! Que ceux qui aiment se plaisent à le lire.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Bulle – Ramsay x Theon

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Je ne sais pas ce qui se passe dehors.

Peut-être que le monde brûle.

Ce serait possible car ici, tout est toujours doré.

Tout est toujours doux. Tout est toujours atténué. Je n'entends que des flocons de bruits, je ne vois que des lucioles au loin, je ne sens que de vagues effluves de souvenirs.

On m'a dit, un jour, que viendrait mon tour de sortir d'ici. Que viendrait mon tour de souffrir. Que viendrait mon tour d'avoir peur.

J'ai peur.

Je suis bien, ici. Terrifié. Je ne quitterai cet ici pour rien au monde.

À part... peut-être...

Je reviendrai.

Ne bouge pas.

Tu seras blessé sinon.

Et tu sais qu'il n'y a que moi qui ai le droit de te blesser...

N'oublie pas.

Je reviendrai.

J'ai peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Le monde me tue.

Et vice-versa.

J'adore ça. Je sais que c'est mal. J'adore ça.

Je ne sens même plus les blessures ; tout mon corps est humide de sueur et de sang, il y a des traînées de terre dans chaque recoin de mon être et des traînées de meurtre dans chaque recoin de mon âme.

Les autres ont depuis longtemps abandonné l'idée de me parler. Je leur fais peur.

J'adore ça.

« Allez ! Courrez, mes belles ! »

Les hauts gradés de notre armée ont toujours voulu se débarrasser de mes chiennes, mes loyales, mes jolies, mes sauvages chasseuses.

« Courrez, courrez ! »

Et maintenant, ils me sucent pour que je continue de les affamer.

« Plus vite ! »

Pour traquer l'ennemi.

« Plus vite ! PLUS VITE ! »

Pour lui faire peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Je ne sais combien de temps je suis là.

Je ne connais même plus ce que c'était.

Le temps.

Que s'est-il passé ?

Qui es-tu ?

Je crois que j'ai perdu la mémoire.

Comment ?

Et tu sais qu'il n'y a que moi qui ai le droit de te blesser...

Qui es-tu ?

Pourquoi es-tu mon seul souvenir ?

Tu me fais peur.

Le monde autour t'a-t-il mangé ? Dévoré comme je le fais de cette bulle ? J'ai le souvenir de « manger », de « boire »... même très loin, celui de « dormir ».

Et celui de « pleurer ».

T'es vraiment un pleurnicheur.

Il y avait des murmures...

Tu me fais peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Je ne pense plus qu'avec mon corps.

Tous mes muscles hurlent de victoire. L'adrénaline me fait trembler dans ma course, mon combat, ma chasse.

Il y a des tâches rouges dans la poussière du monde, partout. Ça me brûle la rétine au point que j'en banderais presque. Et l'odeur... L'odeur, putain.

Ça annihile tout le reste. Ne reste que cela. Et tout ce que ça entraîne.

La mort. La douleur. L'excitation. Les larmes.

Oui... je suis un pleurnicheur... oui, maître... désolé, s'il vous plaît, s'il vous plaît...

Patience, petit prince sans mémoire.

Je reviendrai.

Ma mitraillette déchire un homme. Aucun bruit au milieu de l'horreur qui gronde autour. Ne reste que le poids plaisant et vibrant entre mes doigts du métal froid.

J'ai peur...

C'est vrai ?

Tu le sais bien... je reviendrai.

Qui es-tu ?

Tu le sais bien... celui qui te fait peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Il y avait... beaucoup de douleur.

Dans mon passé.

J'en suis certain.

N'oublie pas.

Et cette voix... elle chuchote, elle chuchote... jamais elle ne hurle.

A-t-elle toujours été si proche de moi qu'elle n'en avait jamais besoin ?

J'essaie de « hurler » des fois. Je n'y arrive pas.

J'ai l'impression que mes cordes vocales ont été fendues.

Mais j'arrive pourtant à laisser de minces fils de voix s'emmêler dans la bulle. Je ne comprends pas.

Je suis bien, ici.

Ne bouge pas.

Tu seras blessé sinon.

C'est vrai.

Mais ne m'as-tu pas blessé, toi ?

Je le sens, je le sais. Il y a des cicatrices partout sur mon corps.

Des doigts manquants qui ont eu peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Cela fait... plus de 3 ans ?

Tant de temps passé à torturer, ensanglanter et faire pleurer d'autres que toi.

C'était un pur bonheur, n'en doutes pas.

Mais... tu es bien plus que tout ce monde souffrant, n'est-ce pas ?

Ta mémoire reviendra.

Qui es-tu ?

Tu ne m'oublieras plus.

Je m'incrusterai sous ta peau bien plus encore que je n'avais pu le faire. Je taillerai ton esprit pour qu'il ne tournoie plus qu'autour du mien. J'enserrerai ton cœur dans mes mains jusqu'à ce qu'il explose et se fonde partout en moi.

Le monde se lassera toujours plus vite que moi d'imposer la douleur.

Je le gouverne, n'est-ce pas ?

Oui, maître. Toujours.

Tu ne te souviens plus de ça, aussi.

C'est bien.

Qui es-tu ?

Je te réapprendrai à avoir peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

J'ai un unique souvenir.

C'était une fille. Je sais qu'elle avait de bonnes intentions et que malgré nos différends, nous étions toujours partenaires et compagnons d'aventures.

Jusqu'à ce qu'on soit séparés.

Je n'entends pas sa voix.

Il n'y a que la tienne.

Je reviendrai.

Reviens, s'il te plaît.

Je veux savoir qui donc la personne qui m'a enfoui dans ce rond cocon doré.

Qui que tu sois. Monstre chuchoteur ou allié amical.

Celui qui te fait peur.

Pourquoi n'y a-t-il que ta voix qui ait de l'importance ? Ton corps n'existe pas pour moi.

Il ne semble qu'il n'y ait que le mien qui puisse crier une vérité.

Je suis blessé. Dans ma tête, sur ma peau, dans mes muscles, sur mon âme.

Qui a dit que cette bulle me guérissait ?

Elle entretient ma peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Je fuis le combat.

Pour toi.

C'est la première fois que je fais cela.

Mais je dois désormais venir te libérer pour mieux te contrôler. C'est un but plus important que cette simple guerre, ce défouloir, cet abattoir où je suis le seul boucher.

Je suis fatigué de ce combat inutile et tu vas redevenir ma proie.

Ou du moins...

Des fois...

J'y pensais...

Toujours.

Peut-être.

Mais je suis trop fort pour ça. Et toi, trop faible.

Il n'y a pas d'équilibre, n'est-ce pas ? C'est toujours comme ça que ça fonctionne. Pourquoi changer ?

Le sang est un délice.

Les hurlements sont une douceur.

Les cicatrices sont des mots.

Mon amour est ta peur.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Une main vient de se plaquer contre la paroi de la bulle.

La paroi extérieure.

C'est le moment.

Tu es là ?

Je reviendrai.

Tout mon corps tremble ; arrête !

Ce n'est qu'un signal – ça explose.

Je tombe et ma voix se craquelle dans un semblant de hurlement ; pourquoi tout est si violent ? Pourquoi n'es-tu pas apparu ?

La bulle s'est diluée autour de moi, la poussière m'a aveuglé, l'or disparaît. Je suis... au sol ? Sans même m'en être rendu compte.

Mes mains sont à plat sur le sol – froid, sale, compact.

L'air me vient brusquement, je « respire ». Enfin... je tousse d'abord, m'étouffe presque en redécouvrant cet acte simple.

Il y a une ombre...

Celui qui te fait peur.

Tu as un corps.

« Theon. »

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

« Theon. »

C'est lui. Il n'a pas bougé. Il aurait pu fuir facilement. Une bulle, ça se détruit.

Il est là.

Toujours l'air aussi faible.

Mais c'est lui. Et ce n'est plus Schlingue.

« Theon. »

Je le répète. C'est le premier mot que je ne crie pas depuis trois ans. Tous mes mots sont pour toi.

« Je suis revenu. »

Tu murmures furtivement. Je ne t'entends pas. Tu as peur.

Je crois que...

Tu m'as manqué.

Toujours.

Je ferai en sorte que tu me répètes ce mot dans d'autres circonstances. Tu ne seras plus Schlingue. Tu es Theon. Tu m'as manqué ainsi.

C'est en te voyant que je comprends que l'usure m'a pris.

« C'est toi... »

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

J'ai parlé. J'ai dit.

C'est toi. C'est toi. Je le sais. C'est toi.

Comment t'appelles-tu ?

N'oublie pas.

Je me relève. J'ai l'impression d'être un enfant. J'ai du mal à fonctionner. C'est la première fois depuis trois ans. Je retombe. Tu ne bouges pas.

Ton souffle est si lourd. Et ton odeur... tu sens la mort.

Le monde est en cendres ; il y a des aboiements partout, du sang, des corps, des arbres racornis, des objets métalliques.

Je réessaie de me lever. Mes muscles n'ont jamais été aussi brusqués ; ils sont parcourus de spasmes incessants.

Tu avances. Je suis trop occupé à tester mon corps pour avoir peur.

Tu me lèves brutalement pour me poser sur mes pieds.

Il y a...

Ton regard.

« C'est le moment de rentrer. »

Je te vois. Et je ne sais toujours pas ton nom.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Tes pas sont hésitants et fragiles à côté de moi.

Je ne sais comment ton corps peut si facilement se souvenir de ce genre d'action alors que ton esprit a banni toute ta vie de ta mémoire.

La bulle a agi. Comme il le fallait.

Pour que tu ailles mieux.

Pour que tu oublies tes douleurs.

Pour que tu te guérisses.

Même si les plaies restent visibles.

Tu ne sembles pas te rendre compte de ta nudité.

« Tiens. »

Je te glisse ma cape ensanglantée sur les épaules. Tu as une moue de répulsion mais tu la maintiens malgré tout autour de toi.

« Je n'habite pas si loin. »

Tu as l'air soulagé.

Je fixe le chemin que forment les cadavres. Mes chiennes trottent autour de nous.

Ton regard pèse sur mes épaules.

C'est toi.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Tu as la voix de mes souvenirs mais... je ne sais pas qui tu es.

Maintenant que je sais que tu as un corps, je suis perdu.

« Qui es-tu ? »

J'ai l'impression d'être épuisé rien que par le fait d'avoir poussé mes cordes vocales à une action plus véritable que de simples chuchotements.

Tu t'arrêtes.

J'oscille sur mes pieds nus en faisant de même. Il y a plein d'horreurs pointues qui s'enfoncent dans ma voûte plantaire ; j'ai mal, mais bizarrement, je ne m'en soucie guère.

J'ai l'air résistant.

À la souffrance.

Et tu sais qu'il n'y a que moi qui ai le droit de te blesser...

Oui, je sais. Et ça m'intrigue.

Illogique.

Tu te tournes vers moi. Ton regard.

Il est comparable à la glace avec laquelle la fille de mes souvenirs et moi jouions.

Mais c'est comme s'il cachait une saleté incomparable. Une guerre.

« Je suis Ramsay. »

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Je suis Ramsay et tu m'appelais maître.

Je suis Ramsay et tu es Theon.

Je suis Ramsay et ton bourreau.

Je suis la voix qui doit peupler ta tête depuis trois ans, celui qui t'a caché, enfermé, protégé dans une bulle, l'artiste qui a martyrisé ton corps.

Celui qui te fait peur.

Tu respires doucement, tu imprègnes mon nom à mon visage, à ma voix, première accroche à laquelle tu t'es tenu pendant tout ce temps.

Tu t'approches, grimaçant à peine sur le tapis de bris de verre, de métal et d'os, me fixes plus attentivement.

Le temps est suspendu.

Tout est si calme.

Ma guerre s'achève.

Tu es là.

« Ramsay... Enchanté. »

Et je crois que...

Ma façon de t'aimer va en être changée.