Bonjour tout le monde !

Merci beaucoup pour vos réactions ! Bon, comme je l'ai écrit, il n'y a aucun chapitre d'écrit en avance. J'avance dans le flou, laissant mes idées vagabonder au-delà des mots. A voir où cela nous mène... Tout droit dans le mur du Chemin de Traverse, peut-être ?

Bonne lecture !

Chapitre deux

Les meilleurs amis du monde

Cela faisait trois ans que la communauté sorcière se reconstruisait, tant bien que mal. La Bataille de Poudlard avait fait beaucoup parler d'elle, et le nombre de morts avait été impressionnant. Les dégâts provoqués par les armes moldues avaient été importants et le château de Poudlard était en constante rénovation depuis la Bataille Finale.

L'équipe de cracmols et de sorciers qui avaient participé à la défense des élèves s'étaient volatilisés depuis, médaillés par le Ministère mais retournant dans leurs familles comme si rien de cela ne s'était produit. Le gouvernement actuel avait demandé au Département des détournements de l'Artisanat Moldu de se renseigner sur les différentes technologies des non-sorciers.

Malgré le nombre de blessés et de morts, les Weasley étaient tous sains et saufs. Ronald s'était pris un gros savon de la part de sa mère, Molly, qui aurait préféré que ses deux plus jeunes enfants soient en sécurité plutôt qu'au centre d'un combat presque sans espoirs. C'était sa façon de leur faire comprendre qu'elle tenait à eux plus qu'à sa propre vie.

L'Ordre du Phénix avait aidé selon leurs capacités et nettoyé le château après la Bataille. Les jeunes, eux, avaient été rassemblés dans la Grande Salle près des blessés. Mais, ne pouvant rester en place à observer les autres pleurer un ami ou un membre de sa famille, Harry s'en était allé. Il avait eu besoin de calme, et rien que pour cela, il avait quitté les lieux maintenant hantés de Poudlard.

L'odeur du sang l'avait suivit pendant plus de deux jours consécutifs et il vagabonda dans les rues de son village natal : Godric's Hollow, sans but précis. Ni Voldemort, ni Nagini, ne pourraient le surprendre, cette fois-ci. Ses pas le conduisirent vers le cimetière, une fois de plus, et son regard s'attarda sur les tombes de personnes qu'il ne connaissait que de nom. Les Peverell, entre autres. Puis, encore et pour toujours, James et Lily Potter.

Il s'était assis dans l'herbe, en plein soleil, observant sans vraiment la voir, la tombe de ses parents. Les minutes et les heures étaient passées et il avait sauté le repas de midi, encore une fois. De toutes manières, il n'avait pas d'argent moldu. Pourrait-il abandonner ses amis pour se fondre dans la masse et oublier le passé ? Non, la communauté sorcière ne le laisserait certainement pas tranquille avant un bon moment.

Une main passa devant ses yeux à plusieurs reprises, avant de se rende compte que quelqu'un lui adressait la parole.

Une bouteille d'eau fut placée devant ses yeux et il la prit en observant l'homme qui s'était, lui aussi, assis dans l'herbe.

Habillé de noir, le regard douloureux et hanté.

Snape.

Il hocha la tête en remerciement pour l'eau, et se remit à observer les arbres.

Severus Snape semblait encore plus mal en point que lui, mais aucun des deux n'ouvra la bouche. À quoi bon ?

Le professeur de Potion se leva au bout de plusieurs dizaines de minutes, non sans difficultés.

- N'oubliez pas de vous nourrir, Potter, marmonna le professeur avant de quitter les lieux.

Harry avait bien essayé de répondre, mais aucun son ne voulut sortir. Ce fut la dernière fois qu'il revit son ancien professeur.

Harry resta quelques heures à réfléchir, penser, tenter d'oublier, avant que le visage de Ginny ne s'impose devant lui lorsqu'il atteignit, une fois de plus, les ruines de la dernière demeure de ses parents.

La jeune femme ne prononça pas un mot mais prit Harry dans ses bras, en guise de réconfort, et Harry inspira faiblement le doux parfum de Ginny. Elle se dégagea de l'étreinte et l'invita à la suivre, en lui annonçant avoir pris de l'argent moldu afin qu'ils mangent dans un des restaurants du village.

Il n'avait osé refuser. Harry n'avait pas le cœur de retourner dans le monde des Sorciers, et encore moins faim.

Les mois étaient passés et Harry, qui imitait maintenant à la perfection un visage heureux, demanda Ginny en mariage. Il l'aimait. Plus que n'importe qui d'autre. Le mariage semblait une évidence, et il lui semblait que Ginny n'avait plus que ce mot à la bouche.

Puis se fut le tour de Ron et Hermione. Luna, fidèle à elle-même, observait de loin le groupe d'amis dont elle faisait partie, un regard rêveur collé sur son visage. Ses amis respiraient le bonheur, et elle refusait toute avance des garçons encore célibataires. Ginny s'était rapidement lassée de cette amitié et Luna ne parla plus qu'à Harry, lorsqu'elle n'était pas en voyage avec son vieux père.

Hermione et Ron vivaient le grand bonheur. Ce fut lors d'une rencontre non planifiée dans le Londres Moldu que Harry appris de la bouche de sa meilleure amie qu'elle attendait leur premier enfant, et qu'elle allait l'annoncer à son époux le soir même. Harry, très heureux pour elle, insista afin qu'ils organisent une petite fête dans la semaine avec Dean et Lavande qui eux aussi attendaient leur premier enfant.

Ronald, fatigué de sa journée au Ministère, était rentré avec joie dans le petit cocon que le couple s'était créé. Le monde était enfin paisible, sans grande menace. Les Mangemorts les plus puissants n'étaient plus en vie et les autres se cachaient quelque part, loin d'eux. Ronald soupira de bonheur en s'affalant dans le canapé.

- Bonsoir mon cœur ! fit-il en voyant arriver son épouse. Tu as passé une bonne après-midi ?

- Oui, et toi ? Pas trop difficile ?

- Ça va, l'homme aux chaussures mordeuses a été arrêté cet après-midi dans le Londres Moldu. J'ai faim.

- Tu as toujours faim, se moqua doucement Ronald.

- On mange quoi ce soir ? demanda-t-il un peu plus brusquement que nécessaire, agacé par la remarque.

- Je t'amène au restaurant, fit Hermione.

- Pas ce soir, grogna Ron. Je ne veux pas sortir.

- Mais…

- J'ai dit pas ce soir, répéta le roux un peu plus durement.

Il était crevé, et il n'avait absolument pas envie de s'afficher en public. Sans compter qu'il ne comprenait pas le visage excessivement joyeux de son épouse.

- Tu peux y aller seule si tu veux.

- J'ai réservé une table, et…

- Bah, tu peux annuler, fit Ronald en haussant les épaules et en se dirigeant vers la cuisine.

Hermione le suivit et pris ses mains.

- Ronald, je…

- Quoi ? fit-il vivement en se dégageant des mains de son épouse.

- Je voulais t'annoncer quelque chose, fit Hermione en ravalant sa salive.

Ron soupira et observa son épouse. Elle avait l'air épuisée, mais elle l'était tout le temps ces dernières semaines et cela l'énervait. Il y avait toujours un petit truc qui n'allait pas.

- Dis-moi tout, répondit-il alors avec un petit sourire.

- Je suis enceinte, annonça la jeune femme en souriant, apparemment heureuse.

- Pardon ? demanda Ron en fronçant les sourcils.

- J'attends un enfant ! Ronald, nous allons pouvoir fonder une famille, nous allons avoir un enfant ! répéta joyeusement la jeune femme, aux anges et ne pouvant contenir cette bonne nouvelle plus longtemps.

- Je ne comprends pas, Hermione, fit sérieusement Ronald.

Hermione, comme douchée, se reprit et observa son époux. Mais qu'avait-il à la fin ?

- J'att…

- Tu attends un enfant, j'ai bien compris Hermione, répondit durement Ronald. Mais as-tu seulement pensé à son avenir ? Nous n'avons pas assez d'argent, Hermione ! Ce gosse, je n'en veux pas, pas pour l'instant.

- Mais on ne choisi pas quand…

- Je m'en fiche, Hermione ! se mit à crier Ronald. Je n'en veux PAS ! On vit dans un village moldu, loin de mes parents parce que tu voulais qu'on fasse notre vie indépendamment de la leur, ce que je trouve bien égoïste et débile entre nous soi dit, et maintenant tu me dis que tu es enceinte alors qu'on ne peut pas se le permettre ? Il y a encore des Mangemorts dans les rues !

- On a assez d'argent, répondit à son tour Hermione, toute joie envolée. Et mes parents pourront nous aider pour le garder quand nous serons au travail ! Et il n'y a pas de Mangemorts dans les rues, Ronald ! fit-elle avant d'étouffer un sanglot.

- Pourquoi tu pleures encore, Hermione ? fit dangereusement Ronald. Tu ne penses pas que tu pleures un peu trop ces derniers jours ? Tu as une humeur massacrante, tu as mal au ventre, tu vomis, il y a toujours un truc qui ne va pas avec toi !

- Mais enfin Ron, c'est les symptômes d'une femme enceinte ! Je… je pensais que tu serais…

- Que je serais heureux, peut-être ? Dégage, Hermione ! Dégage d'ici avant que je ne te fasse mal !

- Mais Ronald ! fit-elle en prenant les mains de son mari.

Celui-ci se dégagea vivement et poussa sa femme de l'autre côté de la pièce. Hermione bascula en arrière et s'ouvrit le crâne contre le coin de la table à manger et Ronald, sous le choc, observa le corps tomber au ralenti.

Il reposa le verre qu'il avait pris quelques secondes plus tôt et s'accroupi aux côtés de sa femme.

- Hermione ? Hermione, arrête de faire semblant, réveilles-toi ! cria-t-il. Hermione !

Il se mit alors à pleurer contre le corps sans vie de sa femme, ne pensant pas une seconde à contacter un médicomage, aveuglé par la douleur qu'éprouvait son cœur.

Ce fut Dean, le lendemain, qui le découvrit affalé contre le corps froid de son épouse, sur le sol de la cuisine. Paniqué, il appela les médicomages et Ronald leur annonça une mauvaise chute. Ils ne posèrent aucune question et Ronald déversa sa colère et sa tristesse sur Dean qui l'écouta patiemment, loin des oreilles indiscrètes.

Dean, qui faisait d'étranges études mêlant la science moldue à l'astrologie et la divination, promit de trouver une solution pour faire revivre, si ce n'est sa femme, au moins son souvenir.

Ils rejoignirent des amis au Chaudron Baveur dans la soirée. Dean et Ronald furent ceux qui burent le plus, comme pour oublier la dure journée qu'ils venaient de passer. Lorsque les autres partirent, Ginny les avait rejoint et apprit de Dean le décès de son amie, non sans peine. Ronald ne lui parlait plus beaucoup depuis quelques mois et elle tenta de le rassurer du mieux qu'elle le put. Ils n'avaient prévenus personne : ni Harry, ni les parents de la jeune femme, et Ginny se sentit ainsi mise à l'écart.

Dean expliqua alors, en plein délire et sous l'effet de l'alcool, à Ron, que l'amitié fraternelle qui liait Hermione à Harry maintenait certainement l'âme d'Hermione en vie, quelque part. Et que le sang du Survivant pourrait certainement faire revivre l'épouse du rouquin. Ginny, peu certaine de ce plan foireux, écouta Dean disserter une heure durant sur les liens fraternels et le noyau magique qui pourrait faire revivre l'âme et le corps de la personne même soixante-douze heures après.

- De toutes façons, maman ne l'appréciait pas tant que ça, finit par dire Ron. Elle nous disait depuis le début de ne pas trop nous attacher à Harry et Hermione, qu'ils devaient servir pour Dumbledore, fit-il en reniflant.

- C'est vrai, répondit Ginny. Dumbledore nous donnait de l'argent de poche, et aidait maman aussi pour accueillir Harry comme si c'était le dernier membre de la famille. Pour nous, peu nous importait au début mais tu as beaucoup souffert à cause de Harry, je suis désolée…

- Pas ta faute, grogna Ron. J'ai été assez idiot pour réellement devenir ami avec lui. Il avait l'air tellement perdu ! Je n'allais pas le laisser devenir ami avec Malfoy, Dumbledore m'en aurait voulu et maman m'aurait tuée.

La discussion continua dans ce sens pendant plus d'une heure, loin des conversations plus joviales des autres personnes autour d'eux. Protégés par un Silencio, Dean leur donna rendez-vous le lendemain après-midi dans une des ruelles du Chemin de Traverse. Et ce fut bien le lendemain que Ronald amena Harry dans les rues de la rue marchande afin de rendre visite aux jumeaux.

- Viens, finit par dire Ronald en trainant le jeune marié dans une ruelle plus étroite, il y a un nouveau magasin là-bas, tu veux y aller ?

- Pourquoi pas ! fit Harry, toujours partant pour découvrir les nouveautés que le monde des sorciers pouvait offrir.

Il aperçut Dean et Ginny un peu plus loin, et fronça les sourcils. Ginny aurait dû travailler, déjà qu'elle était rentré très tard la veille…

- Salut Harry ! l'apostropha Dean en lui serrant la main.

Le décor de la ruelle changea et Ronald lança quelques sortilèges.

- Que fais-tu ? demanda Harry en sortant sa baguette.

- Expelliarmus mon chéri, fit Ginny en attrapant la baguette au vol.

- Ginny !

- Désolée, mon cœur, fit-elle avec un sourire contrit. La famille est et reste ce qu'il y a de plus important à mes yeux, mais Ron à besoin de nous. Enfin… plus précisément de toi.

- Hein ?

Ginny soupira et s'adossa à un mur alors que Ronald se positionna en face de lui et Dean derrière.

- Tu n'es pas sans savoir que Luna a sauté d'un pont à Londres ce matin, fit Ron. Oh, tu ne savais pas ?

Harry ouvrit la bouche, mais trop surpris par cette nouvelle, il recula d'un pas.

- Tu es conscient que si nous n'étions pas devenus amis, nous n'aurions pas eu autant de soucis durant toute notre scolarité ? Hermione est morte, Luna aussi, et c'est de ta faute, Harry, fit Ron sur un ton dangereusement calme.

- Quoi ? Mais, comment ? Hermione ? Que s'est-il passé ?

Sentant la panique monter en lui, Harry positionna les paumes de ses mains vers son ami.

- Les meilleurs amis du monde, se moqua Dean.

- On ne t'a jamais aimé, tu sais ! cracha Ronald. Ma mère nous a forcés à devenir ami avec toi, et Dumbledore nous avait promis qu'il ne nous arriverait rien. Le célèbre Harry Potter sans famille ! Et tu vois ce que tu as fait ? Tu as pourri notre vie ! Chaque année à Poudlard, et encore aujourd'hui !

- Maman m'a donné de l'argent de poche pour que je te suive partout et lui rapporte le moindre de tes gestes, continua Ginny les yeux dans le vague. J'ai fait la bêtise de tomber amoureuse de toi. Mais Ronald m'a ouvert les yeux hier soir et il a entièrement raison, avait alors dit la jeune rousse, les yeux noirs et la voix rauque. Ma mère t'apprécie maintenant, mais elle avait surtout pitié de toi, à l'époque.

Si Harry douta qu'elle soit sous Imperium ou un sortilège du genre, il n'en dit pas un mot et s'écroula sous la douleur du poignard qui s'enfonça dans son abdomen.

Ce fut après un cri peu digne que le Survivant perdit la vie, peu après Hermione Granger, Luna Lovegood, et en même temps que Severus Snape qui avait pris une dose d'un poison rare quelque part en Ecosse, enfermé dans une cabane au centre d'une forêt méconnue depuis plusieurs mois.

Ronald Weasley n'arriva jamais à rendre la vie à sa défunte épouse, incinérée peu après l'incarcération de son mari. Ginny s'en sorti sans souci, sa mère la protégeant comme une lionne protègerait les siens et arguant que son fils avait dû lancer un sortilège de contrainte.

Ginny ne se rendra jamais sur la tombe de son époux et Ronald ne regretta jamais le mal qu'il avait fait à sa femme, oubliant même qu'elle fut enceinte d'un héritier ou d'une héritière.

Hermione avait mérité son destin de miss-je-sais-tout, trop centrée sur elle-même, et Harry aurait dû mourir lors de la Dernière bataille, comme l'avait prédit Dumbledore à Molly Weasley.

La noirceur du monde chassa les quatre âmes qui cherchaient en vain leur route, et la vie continua…

°Oo-*°*°*-oO°

Une entité peu reconnue par les êtres vivants pulsait au sein d'une sombre forêt. La magie elle-même avait arrêté le Temps, trop consciente des défauts de ses enfants.

Un grand mage, qu'elle avait jadis béni malgré ses défauts, avait joué avec son entourage comme avec un échiquier. La vie avait cependant continué et plusieurs âmes dont la magie avait été autrefois bridée avaient rejoints l'entité.

Des vies, présentées sur un plateau d'argent par Albus Dumbledore. Car les membres de l'Ordre du Phénix n'avaient jamais reçu de formation au combat et n'étaient pas Auror.

Les quelques âmes voletaient près de la lueur familière et chaleureuse avant de fondre comme neige au soleil, dans la source de Magie qui restait intacte coûte que coûte.

Les corps translucides marchaient sur un sol nuageux et aussi blanc que du coton. Doucement, ils prirent conscience de leur environnement.

Qu'allaient-ils devenir ? Que s'était-il réellement passé ? Pourquoi leurs amis les avaient lâchement traités de la sorte ? Etait-ce réellement des amis ?

- La manipulation est une chose que je ne tolère pas, gronda une voix au loin. Et vous en avez été malheureusement victime. Vos amis sont devenus serviteurs du Mal, vous accusant de maux qui ne sont pas de votre fait.

Des oiseaux blancs et bleus voletaient tranquillement dans ce paysage féérique et les corps continuaient de flotter au-dessus du sol cotonneux. Le paysage était blanc, avec quelques nuances d'un bleu très clair.

- Sev' ? fit une voix que le Maître des Potions et Harry reconnurent immédiatement.

- Lily, fit difficilement Severus, avec trop d'émotions.

Harry arriva à ses côtés et observa la jeune femme qui avait été sa mère.

- Harry… oh je suis tellement fière de vous deux…

Sans comprendre ce qu'ils leur arrivaient, ils se retrouvèrent dans les bras d'une jeune version de Lily Potter, née Evans.

- Je n'ai pas beaucoup de temps, finit-elle par dire. Sev'. Je te pardonne pour tout ce que tu as pu faire de mal et ce pourquoi tu te sens mal. Nous n'étions que des adolescents, à l'époque. Tu mérites une vie meilleure. Magia voudrait vous permettre de recommencer sur de meilleures bases et contredire les Mauvais Plans. Vous pourrez compter sur l'intelligence de Luna et Hermione. Mais Sirius et moi vous accompagnerons. Quelqu'un nous attend, termina-t-elle avec un tendre sourire.

Prêt à répliquer qu'ils ne souhaitaient guère retourner dans le monde des vivants, le groupe se figea devant Sirius qui apparu à son tour.

- Nous ne laisserons ni Dumbledore, ni Voldemort décider de notre futur. La Magie nous donne cette chance, Snape, alors nous la prendrons. Pour une meilleure vie.

- Et… Potter ? James Potter, je veux dire ? demanda difficilement l'être translucide nommé Snape.

- James n'a rien à dire, répliqua vivement Lily. Il n'y a pas que vous qui aviez été manipulés, vous savez, rajouta-t-elle sur un ton plus doux.

- Il va falloir y aller, fit alors Sirius. Nous ne savons pas ce qui nous attend, mais cela promet d'être amusant !

« Mêlez vous au monde, soyez vous-même et surtout, surtout, n'oubliez pas d'être heureux… » murmura une voix douce mais puissante. « Cette chance sera la vôtre, et certains vous rejoindront… »

*O*~*°*~*o*~*°*~*O*

Du coton. Du tissu doux… tout doux. Des rêves, des pensées qui défilent, une barrière protectrice faite d'eau et de flamme. De bois. Et de terre.

Une forêt…

- Bienvenue chez vous, fit une voix autoritaire.

Severus et Sirius furent les premiers à se réveiller en sursautant, et observèrent le canapé immonde sur lequel ils étaient installés.

Reprenant durement connaissance, et se rappelant de l'entrevue dans les limbes, Severus fronça les sourcils.

- Ça, c'est un manoir de grande famille, murmura Sirius dont les yeux parcouraient minucieusement les murs.

Les adolescents dormaient encore, affalés eux aussi sur de grands canapés aux couleurs un peu trop vives au goût des deux hommes.

Les yeux de Severus se fixèrent au corps endormi de…

- Lily s'est séparée d'avec James il y a fort longtemps, murmura Sirius. Il ne supportait pas qu'elle t'envoie de bonnes ondes lors de tes entrevues avec Voldemort.

- Vous… fit Severus, n'arrivant finalement pas à formuler sa question.

- On ne pouvait pas te voir, mais chacun d'entre nous pouvait apercevoir, une fois par mois, les proches que l'on souhaitait revoir un jour… Lily m'a dit que la protection ancestrale qui protège Harry s'étendait à toi. James s'est beaucoup disputé avec Lily à ce sujet. Il a fini par accepter qu'elle tienne à toi autant qu'à lui, mais il a préféré quitter le cocon qu'ils avaient, au Royaume.

- Le Royaume ?

- Le Royaume de la vie, fit Sirius en fixant ses yeux bleus dans ceux de Severus. Je vois que Magia n'a pas chômé. Nous ne ressemblons pas réellement à nos anciens « nous »…

Severus, qui ne s'était pas donné la peine d'observer Sirius plus que nécessaire le fit enfin, détectant les changements. Les cheveux, d'un brun plus clair et bien plus lisses, étaient mi-longs et attachés en queue de cheval. Ses sourcils, autrefois broussailleux, étaient eux aussi plus fins et ses yeux avaient abandonnés le gris des Black pour un bleu un peu plus vif que la moyenne.

Severus se demanda alors à quoi il pouvait bien ressembler maintenant et aperçu un miroir au-dessus d'une cheminée majestueuse. Il se leva et alla observer son apparence.

Mince, mais moins maigre qu'avant, il se retrouvait cependant dans le miroir. Son nez aucunement cassé, ses cheveux noirs tout aussi longs que ceux de Sirius et le visage très légèrement plus arrondit, bien moins pâle.

Ses yeux le surprirent plus qu'autre chose : il avait toujours les yeux marron, mais un liseré vert semblait scintiller autour de ses pupilles.

Ses bras étaient plus musclés, et ses mains toujours aussi grandes. Il se sentait mieux, aussi. Moins blasé, moins las. Moins fatigué de la vie comme il avait pu l'être avant de quitter leur monde. Un semblant d'espérance semblait gonfler ses poumons à chaque instant.

Lily, quant à elle, avait les cheveux un peu plus dorés qu'avant, et lisses. Il ne se souvenait plus assez de son amie pour dire si elle avait beaucoup changée ou non. Les enfants étaient sous d'épaisses couvertures et il préféra les laisser se reposer, et profiter de ce moment de calme pour visiter les lieux.

Il entendit Sirius sursauter et se retourna vivement, prêt à défendre son pire ennemi.

- Bienvenue chez vous, répéta la voix qui avait réveillé les deux hommes.

La jeune femme aux cheveux blonds souriait. Aucun des deux ne la connaissait, mais elle n'inspirait aucune crainte.

- Lena Nott, fit la jeune femme. Ces lieux sont les vôtres. Tenez, Lord Black, ceci est pour vous. Lord Prince, voici également, fit-elle en tendant deux grosses enveloppes. Je vous conseille de vous attabler dans la pièce d'à-côté afin d'étudier ces écrits. Je vais demander aux elfes de préparer le repas de midi.

Les deux hommes se jaugèrent et passèrent la porte entrouverte, avant de s'installer à une grande table.

Ils décachetèrent les deux enveloppes et en sortirent des liasses épaisses.

Londres,

Lundi 25 janvier 1971

Lord Sirius Phineas Black né le 14.08.1937, fils de Marius Black [1917-1970], l'oncle de Walburga Black, et de Monica Tourdesac décédée en 1965.

Lord Sirius Black a épousé Mrs. Lena Nott-Black en Autriche le 30 mai 1959. Ils ont une fille Luna-Wilhelmina Black née le 22 mars 1960.

Information secondaire : vous êtes le parrain disparu de Seiros Sirius Black, fils d'Orion Black ainsi que le cousin de Walburga Black.

Lena Nott, épouse Black, est née en date du 07.04.1938. Est la cousine de Theodore Nott Sr..

Lord Elias Severus Prince, né le 07 janvier 1937, fils d'Elizabeth de Caming et de Theodore Prince [1918-1968] (oncle d'Eileen Prince née en 1940).

Lord Prince a épousé Lady Lilia King le 12.07.1958 et ils eurent deux enfants : Harry Severus Prince et Hermione Dahliane Prince nés le 27 mai 1960.

Elias Severus est le cousin d'Eileen Prince.

Vous avez habités le fin fond de l'Ecosse et éduqué vos enfants loin de tout. Vos familles n'ont pas de contact régulier avec vous. Les deux terrains de 10 hectares chacun sont les propriétés de Lord Prince et Lord Black.

Le responsable Gobelin de vos finances se nomme Biorz Kaonth.

Vos missions sont de détruire les plans de Tom Jedusor et de contrer les manigances d'Albus Dumbledore. Vous avez assez de diplômes pour postuler aux postes vacants à l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard.

Votre Mère. »

Les deux hommes trouvèrent ensuite divers papiers officiels tels que des certificats de naissance ou des bilans de santé. Ils avaient encore une demi-année avant que « leurs » enfants soient en âge de rejoindre Poudlard. Severus soupira et Sirius l'observa.

- Tu pensais avoir une vie tranquille ? demanda le Gryffondor.

- Effectivement, grogna Severus.

Il n'avait absolument pas envie de voir son « double » se faire malmener devant Potter. James Potter. Et là, il devrait gérer Potter junior en plus. Harry. Il faudrait qu'il s'y habitue. Du moins, il faudrait d'abord que l'adolescent accepte cela.

- Le plus difficile sera certainement pour les ados : se fondre dans la masse tout en ayant plus de connaissance… Au moins, Harry aura certainement de bonnes notes comparé à la cinquième année.

- Il a plutôt intérêt, marmonna Snape. Une vie tranquille sans les maraudeurs… est-ce trop demandé ?

- Apparemment, se moqua ouvertement Sirius avant de redevenir sérieux. Mais nous ne resterons pas sans rien faire. Je suis désolé pour toutes les crasses que tu as dû subir, Servilus. J'adore ce surnom par contre, mais oui je te présente mes excuses. J'ai eu assez de temps pour ravaler mon semblant de fierté. Et pour analyser qu'une telle haine n'était pas normale. Pas saine. Un adulte aurait dû réagir, avant que cela ne tourne au désastre.

- Entendre cela d'un cabot à la cervelle digne d'un âne me surprendra toujours, répliqua sèchement Severus.

- Non mais réfléchis un peu… je suis certain que cette haine viscérale n'était pas naturelle.

Severus approuva. Il était vrai que ce n'était absolument pas normal.

- Dumbledore manipule.

- C'est lui qui a les reines en main, répondit Sirius.

- Il va falloir contrer ses plans de manière discrète…

- Ça ne va pas être du gâteau tout ça.

Snape soupira. En effet. Et…

- C'est écrit sur le document que tu es le parrain de ta jeune version…

- Je lui remettrai les pendules à l'heure, et j'espère que ta version miniature n'ira pas rejoindre les Mangemorts…

*O*~*°*~*o*~*°*~*O*