- Titre : Les yeux du coeur
- Auteur : Shinigami's Bride
- Genre : Romance, yaoï
- Couple : 2x1, 4x3, 2+5, 5x?
- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.
- Petit mot de l'auteur : Je tiens à remercier Iroko, Marnie02, Zephis, Llewla, Aya121, Noan, Hotaru-setsuna, Sharo-Chan, Shini-cat et tous ceux qui ont favorablement accueilli ma fic et espère que ce nouveau chapitre les contentera dans leur première impression.
Chapitre 2
Lorsque Duo rouvrit les yeux, il avait la tête encore engourdie par sa migraine. D'un mouvement assez pénible de la tête, il regarda le réveil posé sur sa table de nuit qui affichait : 10h30. D'aprés la lueur qui filtrait par les rideaux, il en conclut que c'était le matin et qu'il avait dormi presque 24 heures. Ce fut non sans peine qu'il se leva et prit le chemin de la salle de bain. Il regarda son reflet dans le miroir qui lui renvoyait l'image de son visage encore marqué par la fatigue de sa dernière mission. Lentement, il défit sa natte puis se déshabilla avant de pénétrer dans la douche. Il y resta une bonne heure, l'eau relaxant ses muscles endoloris. Il se sécha sommairement, se contentant de garder une serviette sur la tête pour ses cheveux, puis il enfila un jean moulant et un t-shirt noir avec un col en V mettant en valeur sa fine musculature. En sortant de la salle de bain, il jeta un dernier coup d'oeil au réveil qui affichait maintenant 11h45. Ses amis devaient sûrement être dans la cuisine entrain de préparer le repas, d'ailleur son estomac lui fit part de son mécontentement de n'avoir toujours pas reçu sa pitence. Doucement, il descendit les escaliers et, attiré par l'odeur du café, il se dirigea vers la cuisine où il ne trouva personne. Cela lui sembla trés curieux. Il allait faire demi-tour quand il remarqua sur la table de la cuisine un petit mot écrit de la main de Quatre.
"Nous sommes partis faire quelques courses.
Nous revenons le plus vite possible.
Il y a des biscuits dans l'armoire si tu as faim et du café.
A tout à l'heure,
Bisou
Q."
Il ne put réprimer un sourire devant autant de prévenance. Sacré Quatre, il pensait vraiment à tout. Suivant les instructions, il s'empara de la boîte de gâteaux et se servit une tasse de café. Aprés un petit déjeuner tardif, il décida de visiter les lieux, n'ayant eu qu'un bref aperçu à son arrivée. Il se diriga donc vers le salon. Celui-ci était peut-être moins luxueux que ceux rencontrés dans les précédentes demeures de l'Arabe mais Duo siffla d'admiration devant tant de richesse. Il avait beau avoir l'habitude mais ça lui faisait toujours cet effet à chaque fois. Lui qui avait toujours vécu avec moins que le stricte minimum, il avait l'impression de pénétrer dans la caverne d'Alibaba. Dépassant son admiration, il scruta plus attentivement la pièce et son regard s'arrêta sur le fond de la pièce. C'était une immense baie vitrée qui donnait sur la vallé, permettant à la lumière du jour d'envahir tout l'espace. Mais ce qui retint son attention, était la présence d'un magnifique piano à queue placé devant l'espace vitré. Duo s'avança jusqu'à lui, comme attirer par un aimant, et ouvrit le couvercle. Doucement, il se mit à caresser du bout des doigts la surface lisse des touches de l'instrument, se laissant envahir par un sentiment de nostalgie. Depuis combien de temps n'avait-il plus approcher un piano ? A cette pensée, il se revit à l'époque de l'église Maxwell, son visage s'illuminait chaque fois qu'il écoutait Soeur Hélène jouer sur celui de l'orphelinat. Voyant son intérêt, elle lui avait proposé de lui apprendre à jouer. Il était tellement heureux lorsqu'il se retrouvait assis à côté d'elle à jouer un morceau à quatre mains. Il s'était montrer un élève trés assidu et s'était terriblement impliqué pour la rendre fière au point qu'il pouvait au bout de quatre mois jouer tout seul des morceaux longs et souvent trés techniques. Soeur Hélène disait de lui qu'il avait reçu un vrai don du ciel. Il revit son sourire rayonnant lorsqu'il jouait uniquement pour elle. Inconsciemment, il appuya davantage sur l'une des touches puis sur une autre, et encore une autre. Chaque son semblait le transporter de plus en plus vers ses souvenirs. Cédant à une pulsion, il s'assit face au piano et commença à pianoter sur les touches et au fur et à mesure une douce mélodie s'éléva dans les airs. Il retrouvait peu à peu ce sentiment de paix, de bien être qui lui avait tant manqué. Fermant les yeux de délectation, il se laissa peu à peu gagner par la passion, accélérant le rythme de la musique, déversant dans chaque note toutes ses émotions.
Au même moment, une voiture arriva en vue de la villa. Le véhicule se stoppa une fois dans le garage se trouvant à plusieurs mètres de la maison et quatre jeunes garçons en sortirent, la fatigue se lisait sur leurs visages.
- W : Je ne suis pas mécontent d'être enfin arriver, souffla-t-il, soulagé.
- Q : Moi non plus. Pfiioooooooouuuuuuuu... Devoir passer presque trois heures dans une voiture parce que la seule ville de la région se trouve à une centaine de kilomètre de la villa, que c'est épuisant. Je crois que même Duo ne l'aurait pas supporté.
- W : Et heureusement que Maxwell n'était pas avec nous sinon c'est moi qui ne l'aurait pas supporté !
Quatre s'imagina bien l'attitude que son ami aurait eu pendant le voyage. Confiné dans un espace clos pendant une période assez longue, le natté s'en serait sûrement pris aux nerfs de ce pauvre Wufei à défaut de pouvoir se distraire, le taquinant sans vergogne, l'accablant de surnoms tous plus ridicules les uns que les autres et l'assommant de ses plaintes. A cette vision, il ne put réprimer un petit rire à la barbe du chinois qui pesta de plus bel. Pendant ce temps, Heero et Trowa commençaient à décharger la voiture et aprés avoir distribuer la part des charges, tous les quatre se dirigèrent vers la maison. Heero en tête marchait d'un pas lent et régulier quand il se stoppa net devant ses équipiers. Ceux-ci sursautèrent en même temps et manquèrent de lâcher leurs fardeaux, surpris par le geste du japonais.
- W : Yuy, t'es dingue ! On peut savoir ce qui t'a pris ?!!
Mais ce fut le silence qui lui répondit. Quatre commença à s'inquièter.
- Q : Heero ! Que t'arrive-t-il ? Il y a quelque chose qui ...
- H : Chuuuut ! le coupa-t-il.
L'attitude du japonais était des plus déroutantes. Voyant que celui-ci s'obstinait à ne pas répondre, Trowa intervint.
- T : Heero ? Qu'est ce qui se passe ?
Alors le japonais se tourna vers ses équipiers.
- H : Vous n'entendez rien ?
A ces mots, les trois pilotes tendirent l'oreille à la recherche d'un quelconque bruit qui aurait pu justifier la réaction du Soldat Parfait. Mais à part le bruissement du vent dans les branches, il n'y avait que le silence autour d'eux. Voulant enfin comprendre pourquoi le japonais s'était stoppé, Quatre voulut lui demander ce qu'il avait entendu pour se mettre dans cet état quand une faible mélodie commença à s'élever dans les airs.
- Q : Vous entendez ça ?
- W : Oui. Qu'est ce que c'est ?
- T : C'est un piano.
Heero ne disait rien. Alors qu'il marchait en tête du groupe, il avait entendu un drôle de son, aiguë et bref. Il n'y fit pas attention jusqu'à ce qu'un autre son lui vienne, plus grave mais tout aussi bref que le premier, puis encore un autre. C'est là qu'il se stoppa pour mieux entendre et tenter de trouver l'origine des sons. Mais il n'entendit plus rien, les sons s'étaient arrêtés. Alors qu'il s'apprêtait à expliquer à ses équipiers pourquoi il s'était arrêté aussi brutalement, les sons revinrent mais plus réguliers, suivant un rythme doux et soutenu, formant ainsi une magnifique mélodie. Lorsqu'il entendit Trowa dire "C'est un piano.", il chercha dans sa mémoire où il avait vu un piano dernièrement et il se souvint qu'un piano à queue se trouvait justement dans le salon de la villa. N'y tenant plus, il se remit en marche vers la demeure, les trois pilotes à sa suite. Plus ils se rapprochaient de la maison, plus la mélodie était distincte. Une fois devant la porte d'entrée, il somma aux autres pilotes de faire le moins de bruit possible puis il ouvrit la porte et pénétra dans la villa. Une fois à l'intérieur, les quatre pilotes se figèrent devant la vision qui leur était offerte. Duo, les cheveux dénattés, se trouvait assis au piano du salon et jouait avec douceur et frénésie de l'instrument, les yeux fermés et un sourire qu'ils ne lui connaissaient pas, illuminait son visage. Aucun d'eux n'osa faire un geste de peur de voir la magie de cette scène disparaître, ils l'écoutèrent avec beaucoup d'attention, se laissant emporter dans l'univers de l'américain. L'empathe ressentit en plusieurs vagues successives les sentiments de son ami à travers sa musique, bien-être, amour, tristesse, mélancolie... Tout son être lui criait de l'approcher, de ressentir encore plus. Il posa délicatment son paquet au sol, s'approcha lentement de l'américain, faisaint attention de ne faire aucun bruit. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il vit une larme glisser le long de la joue de son ami. Dans un élan de tendresse, il avança la main jusqu'à son visage et captura la larme du bout de son index. Mais à son contact, Duo sursauta violemment et referma le couvercle du piano. Il regarda Quatre droit dans les yeux, complètement perdu. Ils étaient là, tous les quatre, et l'avaient écouté. Il avait oublié le temps d'une chanson la guerre, Oz, les gundams, les meurtres et était redevenu le petit Duo fragile de l'église Maxwell au point qu'il n'avait pas sentit la présence de ses équipiers dans la pièce. Mais le regard inquiet de son ami le ramena à la dure réalté et il se dépêcha de se recomposer son masque de Joker.
- D : Euh... Salut les gars ! Déjà rentré ?
Mais aucun ne lui répondit. Ils le regardaient tous avec des yeux grands comme des soucoupes. A croire qu'ils avaient vu un fantôme. La palme revint sans conteste à Wufei qui avait l'air d'un poisson hors de l'eau, ouvrant et fermant la bouche sans un son et qui le regardait comme si c'était la première fois qu'il le voyait.
- D : Feifei, ferme la bouche t'en mets partout ! Je te préviens c'est pas moi qui nettoie aprés !
- W : C'EST WUFEI, MAXWELL !!!
- D : Ah bah au moins t'as pas perdu ta langue ! ricana-t-il. Et je savais pas que t'avais le même nom de famille que moi !
- W : Grrrrrrrrrrrrrrrrr !!!
- D : Je plaisante !!! Sinon je peux savoir pourquoi vous me regardez comme ça ?
- Q : Euh... C'est à dire que tu nous as surpris. Tu ne nous avais pas dit que tu savais jouer du piano. Pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?
Duo hésita avant de répondre :
- D : Tout simplement parce que je n'en voyais pas l'utilité. D'ailleur vous auriez pu tout aussi bien lire mon dossier personnel que vous n'y trouveriez aucune allusion. N'est-ce pas Hee-chan ?!
Les trois paires d'yeux fixèrent alors le japonais qui avait froncé les sourcils. Il savait donc qu'il avait lu son dossier personnel. Ne voulant pas en dire plus, il se contenta d'aquiescer d'un hochement de tête.
- D : Tu vois ! Même papy G l'ignore alors pas de quoi fouetter un chat ! On a tous nos petits secrets et je suis sûr qu'il en est de même pour vous tous. Vous n'allez pas me faire croire qu'il n'y a pas une ou deux choses qui ne figurent pas dans votre dossier que vous gardez pour vous ?!
A ces mots, les quatre pilotes s'observèrent un instant avant de détourner les yeux. Certes il existait beaucoup de choses sur le passé des quatre pilotes qui ne figuraient pas dans leurs dossiers mais le fait que ce soit Duo qui en parle si ouvertement leur fit comprendre qu'ils ne se connaissaient pas réellement.
- D : A voir vos têtes, j'ai sûrement tapé dans le mille.
- Q : J'avoue que tu n'as pas tort mais en ce qui te concerne, connaissant ma passion pour la musique, pourquoi ne pas être venu me faire partager tes talents ? J'en aurais été plus que ravi.
- D : Et quitter l'image du baka natté inculte et immature qui fait mon succés ?! Non j'y suis trop attaché !!! A vrai dire si je ne te l'ai pas dit avant c'est parce que je n'avais plus touché un piano depuis trés longtemps et encore, lorsque je le pouvais, je m'arrangeais pour être seul dans ces moments-là. D'où ma surprise lorsque je vous ai vu. Mais si il n'y a que ça pour te faire plaisir, je serais plus que ravi de pouvoir partager cela avec toi, mon petit Quat-chan ! Mais pour l'heure, je vais dans ma chambre finir de me sécher les cheveux ! dit-il en replaçant la serviette qui était tombée sur ses épaules, sur ses cheveux.
- Q : D'accord ! Moi je vais préparer le repas. Trowa, tu m'aides ? demanda-t-il en se dirigeant vers la cuisine.
- T : Hn !
Sur ce, Duo se leva et partit en direction du couloir. Wufei suivit les deux autres dans la cuisine tandis que Heero restait sur le pas de la porte reliant le couloir au salon. Lorsque l'américain arriva à sa hauteur, il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- H : Comment as-tu su ?
Duo se stoppa et lui fit face, un sourire énigmatique peint sur son visage.
- D : Comment j'ai su que tu avais fouillé dans mon dossier personnel ?
Un instant, leurs regards s'accrochèrent quelques secondes qui parurent une éternité pour le japonais. Ce regard... Jamais Heero ne lui avait vu ce regard. Cet océan améthyste qui le fixait ardemment, comme cherchant à sonder son âme. Il sentit un frisson le parcourir des pieds à la tête en contradiction avec l'étrange chaleur qui le prenait au corps.
- H : Hn ! réussit-il finalement à dire.
Le sourire de Duo s'étira davantage à cette réponse. Alors comme ça, Mr-Heero-Yuy-Je-suis-le-soldat-parfait-à-qui-rien-n'échappe voulait savoir comment le baka qu'il était, avait pu découvrir son petit secret. Sentir le japonais s'inéressé enfin à lui, lui procurait une telle joie qu'il se retenait difficilement de sauter dans tous les sens en criant YATTAAAAAA. Mais devant l'éloquence de son partenaire et l'impatience qu'il lisait dans ses yeux, il ne voulut pas tenter le diable et décida d'abréger son attente.
- D : Comme je l'ai dit précédemment, nous avons tous nos petits secrets. Je ne te dirai pas comment je l'ai découvert, je préfère garder le mystère. Mais sache que même si je ne l'avais pas su, te connaissant, je me doutais que tu l'aurais fait tôt où tard. Et puis, si ça se trouve, j'ai peut-être lu ton dossier personnel moi aussi, qui sait ? Mais je paris qu'il n'est pas duemment complété, n'ai-je pas raison ?
Le japonais ne répondit rien mais Duo le vit lever un sourcil, preuve de sa clairvoyance.
- D : Qui ne dit mot, consent ! Tu es quelqu'un de trés mystérieux Heero mais je le suis tout autant que toi. Je pense que malgré tout ton savoir faire tu ne puisse jamais percer à jour l'énigme que je suis.
- H : Est-ce que c'est un défi ?
- D : Non, c'est une constatation ! Et ne crois pas que je me vante de pouvoir te percer à jour ! Je n'irais jamais jusque là. Ca, il y a longtemps que j'ai abandonné...
Il avait murmuré ces derniers mots mais cela n'échappa pas à l'ouïe fine du Soldat Parfait. Et avant qu'il n'ait pu rétorquer quoi que ce soit, Duo s'était éloigné et montait les marches menant à l'étage. L'américain se dirigea vers sa chambre mais alors qu'il arrivait à la porte, un vertige le prit et sa vue s'obscurcit quelques secondes. Il prit appui sur le mur et attendit que cela passe. Lorsque sa vue redevint normale, il pénétra dans sa chambre, ferma la porte et se laissa glisser contre elle haletant. Il regarda ses mains qui tremblaient encore sous l'émotion et murmura :
- D : Mon Dieu ! Qu'est-ce qui m'arrive ?
Tsuzuku...
Chapitre 2, terminé ! Alors qu'en dites-vous ?
