Donc, ça, c'était avant-hier. On a attrapé l'akuma mais ChatNoir est partie toujours fâché sans même se rapprocher de moi pour qu'on célèbre notre victoire et je n'avais même pas le temps de parler parce que mes boucles d'oreilles signalaient que j'allais perdre mes pouvoirs.
Ce qui amène donc mon histoire à hier. Je me dirigeais vers le manoir d'Adrien pour lui remettre ses devoirs. Alya avait insisté pour livrer personnellement ceux de Nino.
J'ai sonné à la porte et Nathalie l'assistante de M. Agreste m'a demandé d'attendre dans un salon. J'étais super nerveuse. J'allais devoir expliquer les devoirs à Adrien sans bafouiller et j'étais sure que ma peur de bafouiller me ferait bafouiller encore plus.
Tikki est finalement sortie de mon petit sac pour m'aider à me calmer.
Tout à coup, on s'est figées toutes les deux en même temps. Il y avait eu un bruit près de la porte. Lorsque nous avons tourné la tête en même temps, j'ai vu avec horreur M. Agreste senior dans l'encadrement de la porte et son garde du corps juste derrière.
Le père d'Adrien n'a pas dit un mot. Il a juste incliné la tête dans ma direction. Le Gorille s'est avancé vers moi et plaçant les cahiers de devoirs d'Adrien devant moi, je me suis expliquée :
« Non, non, je suis juste venue porter les devoirs d'Adrien. Et ça c'est, euh… » ajoutai-je en pointant du doigt vers Tikki « Ma marionnette. Je m'entraîne pour être ventriloque. » passant outre le fait qu'elle flottait au-dessus du sol.
Peine perdue, le Gorille m'attrapa un bras m'entraînant par l'épaule. M. Agreste me prit les devoirs d'Adrien des mains et sans leur jeter un coup d'œil, les déposa sur la table basse. Il ramassa mon sac d'école rose et nous suivit.
Le Gorille m'entraîna jusqu'à un garage à travers des couloirs sombres où je n'étais jamais aller. Il me poussa dans une longue limousine noire. Les vitres étaient teintées très noires et la séparation relevée.
Le moteur se mit en route avant même que le garde du corps ait prit place à l'intérieur et par un automatisme, les portes près de moi se verrouillèrent.
OK. C'était probablement la manière des riches et des snobs de la haute de se débarrasser des filles du peuple comme moi. M. Agreste devait considérer que je n'étais pas digne de salir ses planchers encore moins de parler à son fils. ''Je ne valais pas une explication'' comme l'avait dit ChatNoir la veille. Ils avaient simplement ignorer Tikki parce qu'ils n'en avaient rien à faire. Ils allaient me reconduire chez moi comme le fardeau que j'étais et me dire de ne jamais remettre les pieds sur leur territoire. Euh…comment connaissaient-ils mon adresse? Même s'ils connaissaient la boulangerie à côté de l'école. Ils ne savaient pas que c'était là que j'habitais. Je ne leur avais pas donner mon nom.
Le trajet fut très court. Je n'avais pas eu le temps de vraiment paniquer ou de chercher à savoir où nous allions. La voiture s'enfonça dans un autre garage.
Le Gorille ouvrit la porte. Mon sac à la main. Tout ceci était de plus en plus inquiétant mais encore une fois je me disais que c'étais peut-être juste moi qui n'avait pas l'habitude de ce genre de chose.
Je sortie de la voiture. Tikki était dans mon petit sac mais celui-ci était ouvert. Nous nous trouvions dans un entrepôt vide avec des fenêtres en hauteur de chaque côté. Celles-ci étaient en partie obstruées par des arbres. À l'exception d'une table, la pièce ne contenait qu'une autre porte intérieur sur le mur opposé à la porte de garage.
Rapidement, le Gorille attacha une paire de menotte à mon poignet et l'autre partie à une des pattes de la table. J'ai d'abord seulement poussé une exclamation de protestation. Mais je criai carrément lorsqu'il me retira mes boucles d'oreille pour les déposer sur la longue table hors de ma porté.
Tikki avait réussit à défaire la menotte pendant que le Gorille m'enlevait les boucles d'oreille mais lorsque je perdis le contact avec la deuxième, mon amie disparut et le Gorille referma simplement le bracelet de métal à nouveau.
Il remonta ensuite dans la voiture et repartie. Je profitai du moment où la porte de garage était ouverte pour crier à plein poumon mais ce fut inutile.
J'essayai de soulever la table pour dégager la menotte de la table mais ne réussit pas à obtenir le moindre mouvement, je m'aperçut qu'elle était boulonnée au plancher.
Essayer d'attraper mes miraculous avec les pieds était inutile aussi, elles étaient beaucoup trop loin. Mon sac d'école ne contenait que des cahiers et des crayons. La seule chose utile que j'avais était mon téléphone. Je le sortie de ma poche en me demandant qui appeler.
C'est à ce moment que toutes les lumières du garage s'éteignirent à l'exception de celle au-dessus de moi qui devint encore plus aveuglante.
« Ladybug! Comme on se rencontre! » me salua une voix qui me fit froid dans le dos.
J'abaissai la main qui tenait mon téléphone et d'un léger glissement du pouce je commençai un enregistrement. C'est ce qu'Alya aurait fait! C'était la seule chose qui était dans mes possibilités. De toutes façons, moins d'une minute plus tôt, je voulais appeler la police pour leur dire que j'avais été kidnappée et j'allais maintenant en avoir la preuve.
« Qui êtes-vous? » demandai-je naturellement.
« Tu connais mes œuvres mieux que quiconque. Je suis certain que, toi aussi, tu rêvais de me rencontrer. » Je ne répondit pas. S'aurais été une déclaration de guerre et j'étais désarmée.
« Et dire qu'il ne m'a fallu qu'une simple sommes d'argent pour te faire venir ici. Beaucoup plus facile que de créer des akumas. »
« Donc, j'avais raison, vous aimez vous écouter parler. » fis-je plus bravement que ce que je ressentais.
« Oh! La petite Marinette a apprit à répondre! » se moqua le Papillon. « Alors, maintenant tu vas le faire encore. Parce que toi ici, Paris et ChatNoir sont aussi en mon pouvoir. Je n'ai qu'à entrer dans cette lumière pour récupérer ton pouvoir et il n'y a rien que tu puisses y faire. Si je veux, je peux envoyer akuma sur akuma sur Paris. Et il n'y a rien que tu puisses y faire. Je peux engager quelqu'un pour tuer tes parents et tes amis et là encore, tout ce que tu peux faire c'est protester dans une pièce vide. Je peux aller jusqu'à toi et te frapper tant que je le veux. Que dirais-tu de cinq coups de fouet par akuma que tu as vaincu? Après cela, je suis sûr que tu vas souhaiter avoir perdu plus souvent. Mais aucun de ces plans ne m'amènera la bague du ChatNoir. C'est toi qui va le faire. »
« Hors de question, jamais! » me lamentai-je.
« Dois-je me répéter? Tu es en mon pouvoir. Tu n'as qu'un seul choix à faire. Sois tu sors d'ici et tu me ramène la bague de ChatNoir. Soit je détruit Paris et je marche sur les cadavres de tes amis pour l'arracher moi-même des doigts sans vie de ton partenaire. »
« Je ne saurais même pas comment faire pour le trouver. Sans mon miraculous, je ne peux même pas le joindre. En plus, après ce qu'on s'est dit hier, je pense qu'il ne me répondrait même pas. Il faudrait quelque chose comme un rendez-vous donné sur la chaîne des alertes, il doit la surveiller à l'occasion. Mais là ce serait public. Et supposons que vous lâchiez un akuma, c'est vrai qu'il se montrerait mais supposons que je vais le voir sans mon masque et que je lui demande son miraculous. Vous croyez vraiment qu'il me le remettra sans combattre? »
À ce stade, je parlais très vite. Ma nervosité prenait le dessus et je commençais à stresser tout haut.
« Tu as vingt-une heure. Prends ton miraculous et rapporte-moi les deux à 15h demain ou à 15h01... Je fais exploser ton école et ta boulangerie. Puis, je lâcherai des akumas sur Paris. »
Un objet en métal atterrie à mes pieds. Il s'attendait surement à ce que je me concentre sur les menottes, mes boucles d'oreille ou que je m'effondre mais je continuai de regarder dans la direction de sa voix. Il était trop confiant! La porte n'était pas encore complètement refermée et sa transformation commençait à disparaître. Je n'en ai pas vu autant que je l'aurais voulu. Mais ce que j'ai vu s'avéra suffisant par la suite.
J'étais complètement paniquée. Je voulais fuir et disparaître dans un trou. J'ai attrapé la clé, mes miraculous, mon sac et les menottes ouvertes pour faire bonne mesure.
Rendre les miraculous à Maître Fu immédiatement était la seule idée qui me semblait logique. Oui mais, qu'arriverait-il à mes parents lorsque je n'aurais aucun miraculous à présenter au Papillon? J'étais exposée. Pour le coup, c'est moi qui avais besoin d'un super-héros. Et ChatNoir aussi était piégé d'une certaine façon. Le Papillon savait à quel point nous sommes liés.
Et si je balançais une nouvelle Ladybug devant les caméras? Le Papillon n'aurait pas d'emprise sur elle et sa contrainte sur moi ne serait plus sa priorité. Bon, je resterais une cible mais plus mes amis et ma famille. Donc, j'avais un début de plan. Donner mes miraculous à quelqu'un capable de s'en servir et disparaître de manière à ce que le Papillon apprenne que Marinette était manquante.
Je devais retourner chez moi et fuguer. Je regarder mon téléphone pour voir l'heure. 18h30. Mes parents se mettraient bientôt à ma recherche pour le souper.
Et là…je me suis pratiquement donner une claque! J'étais déjà disparue. J'avais même été kidnappée après l'école et le dernier endroit où j'avais été vu était chez cet infâme individu de Gabriel Agreste. Les caméras m'avait vu entrer, j'avais laissé les devoirs et je n'étais pas ressortie par la porte. J'avais même les menottes avec les empreintes du Gorille dessus.
Après être sortie de l'entrepôt, je m'étais effondrée dans les bosquets près du mur de l'entrepôt pour réfléchir. Téléphone en main, je récupérai l'enregistrement que j'avais fais, je le transférai sur mon nuage puis je déposai mon téléphone avec les menottes sous les feuilles d'une plante. Si des gens à ma recherche activaient le GPS, ils pouvaient le trouver en appelant.
Maintenant, les miraculous. Il fallait quelqu'un de fort pour vaincre Papillon. Avec une détermination comparable à la sienne quelqu'un qui ne serait pas gentil et qui n'obéirait pas. Mais elle devait aussi être habile pour ne pas s'envoyer le yoyo en pleine figure à sa première apparition.
J'aurais voulu choisir Alya vraiment. Mais je pressentais déjà beaucoup de travail pour elle. Elle devait déjà s'occuper de la disparition de son amie. Publiciser dans les grandes largeurs l'arrivée de la nouvelle Ladybug et celle-ci aurait peut-être besoin de Rena Rouge pour vaincre le Papillon.
Je ne voyais qu'un seul autre choix possible et bien honnêtement, tout ça à résonner en moi comme une délicieuse vengeance. J'en avais eu plein les mains pendant deux ans à m'occuper de Chloé, je ne pouvais faire autrement que retourner la faveur au Papillon.
Restait à décider ce que j'allais faire de ma peau. Je ne pouvais plus rentrer chez moi et ça, peut-être jusqu'à ce que le Papillon soit arrêté. Si Chloé avait été seule sur le coup je me serais inquiété mais avec ce que je savais maintenant sur lui, (J'étais carrément assise dans la plate-bande de son repaire et il serait sur place le lendemain à 15h.) mon chaton aurait une belle victoire finale avec sa nouvelle partenaire. Ça me faisait un peu mal de savoir que je m'étais battue si longtemps et que c'est Chloé qui finirait la partie mais, moi, j'avais perdue. La malchance normale de Marinette!
Et cette fois-ci, elle avait frappé fort! Chloé m'avait humilié proprement devant toute la classe y comprit Adrien puis devant ChatNoir. Ensuite, lui et moi avons eu une affreuse dispute. Je n'avais plus aucune chance d'être acceptée comme petite amie d'Adrien par son père surtout si la police allait chez lui pour l'interroger sur ma disparition. De toute façon, je ne l'intéressais pas vraiment comme ça, il aimait quelqu'un d'autre. ChatNoir m'en voudrait à mort de m'être fait prendre et de le laisser seul avec Chloé pour le combat finale. Finalement, mes parents allaient devoir endurer toute l'angoisse de ma disparition. Je ne valais que bien peu de chose.
12 heures. Dans 12 heures je laisserais un message à ChatNoir pour tous lui raconter puis je donnerais les miraculous à Chloé et lui raconterait toute ma disparition pour que son premier travail de Ladybug soit de me rechercher.
D'ici ce temps-là, je pouvais rester dans la poussière ou faire ce que je n'avais jamais osé faire. Ma version de Ladybug cesserait d'exister au matin et Marinette ne savait pas quand elle réapparaîtrait parmi les siens.
Qu'est-ce que j'avais toujours voulu faire sans oser le faire? Une déclaration d'amour à Adrien! Mais, je ne pouvais pas entrer dans cette maison sans être repérée, pas en plein jour.
Il y avait aussi mon chaton. Il m'avait demander une chose très simple : il voulait comprendre. Aujourd'hui, je pouvais lui offrir cela. Ma disparition imminente me donnait le droit de tout lui dire, tout lui raconter. Ça serait même plus facile pour lui.
La nuit commençait doucement lorsque j'enfilai les boucles d'oreille et me transformai. Je rassurai doucement Tikki et lui expliquai que je voulais voir ChatNoir pour lui parler. Je laissai un message à mon ami espérant qu'il l'aurait bientôt.
« Je vais disparaître. Je voudrais te dire adieu. Alors, si tu le veux toujours, je répondrai à toutes tes questions. Je serai sur la Tour Eiffel jusqu'à 22h00. »
Je n'ai pas eu à attendre si longtemps. Je l'ai vu arrivé juste avant moi. Il faut dire que j'ai été retardée par la surprenante découverte que j'ai faite en m'éloignant de l'entrepôt. Celle-ci était située sur un terrain se trouvant directement derrière chez Adrien.
La voiture qui m'avait déplacée était probablement sortie par l'avant du manoir pour faire le tour du quartier et entrer par le terrain arrière. Tout ce qu'il y avait d'autre sur ce terrain était une maison vide et une remise de jardin avec de la machinerie d'entretien et de jardinage à l'intérieur. Il y avait bien peu de chance que le Papillon m'ait laissé me promener librement ici si j'avais une chance quelconque de trouver quelque chose de compromettant.
« C'est quoi encore cette histoire de disparaître, maintenant? » me lança-t-il toujours fâché dès que je posai les pieds sur le métal de la Tour.
« Ce n'est pas ce que je veux. Je n'ai pas le choix. » sa colère me donnait envie de pleurer.
Il se rua sur moi et m'emprisonna de ses bras contre son torse. « Je t'interdis de me quitter! » m'ordonna-t-il partagé entre la colère et la tristesse. Ma nouvelle l'avait blessé. « Si tu pars..., je pars aussi!»
Ses bras sur moi m'émouvaient et me rassuraient. J'ancrai en moi chaque détail de ce moment, cette sensation, pour les garder dans mon cœur pour toujours. La paume de ma main droite trouva sa joue et celle de ma main gauche, sa nuque.
« C'est pour ça que je suis ici, pour préserver ce qui peut l'être entre nous. La dernière chose que j'aurais voulue serait de te quitter sur une colère. Je dois partir. Au matin, j'aurai une remplaçante pour t'aider. Je vais vous dire tout ce que je sais et je vous aiderai si je peux mais, il ne doit pas me trouver. Je ne peux plus être Ladybug. Le Papillon m'a découverte, je suis compromise. »
« NON! Comment? » Il me serrait encore plus dans ses bras si c'était possible et des larmes se sont accumulées dans ses yeux pour courir sur ses joues.
« Quelqu'un m'a vue parler avec mon kwami. Il m'a attrapée et m'a vendue au Papillon. Si je ne lui rapporte pas ton miraculous demain, il détruira Paris en commençant par ma famille. » Je n'osais même plus le regarder dans les yeux. Mais il fit pleuvoir une quantité de baiser sur mon visage. Il n'était plus en colère contre moi mais il y avait une fureur en lui qui cherchait une cible.
« Mon autre identité va devoir disparaître quelques temps. Mais, je veux te dire qui je suis. Comme ça, lorsque je rentrerai chez moi, nous pourrons à nouveau être amis. Je suis désolée de te retirer la femme que tu aimes. Celle qui est ton amie est bien pâle en comparaison. » Son visage était perplexe et je laissai aller ma transformation. Sous le choc, il se détacha de moi. La colère reprit son regard.
« Non! Non, je refuse que ce soit toi! Ce n'est pas possible. Tu n'as pas ta place au combat. Tu es…tu es délicate, fragile et, et maladroite. Co-comment quelqu'un à pu te choisir. Surtout toi! En plus, ça t'impose tellement! Et là, le Papillon t'a trouvé. C'est affreux! Ça n'aurait jamais dû être toi! »
J'étais affreusement blessée par tout ce qui m'arrivait. Je n'étais plus une héroïne avec des pouvoirs, j'avais trahie la confiance de Tikki. Mon retour auprès de mes parents qui commençaient surement à me chercher à l'heure actuelle allait dépendre de Chloé. Ma propre survie serait à la mesure de ma capacité à me cacher. J'allais surement devoir passer quelques nuits dehors. Adrien, celui que je voulais pour toujours et personne d'autre, ne voulait pas de moi comme petite amie et maintenant ChatNoir, la personne qui étais la plus proche de moi, était dégoutté par mon identité.
Tout ça, toute cette vie, c'était trop difficile pour moi. Je n'en avais rien fais d'utile. Je n'étais pas quelqu'un qui réussissait sans la chance que m'apportait Tikki. Je savais que je devais passer la main mais égoïstement, je ne voulais pas. Je savais que je n'étais plus rien sans Ladybug. J'étais insignifiante et je causais plus de troubles que je n'en résolvais. Pourquoi continuer à me battre?
J'étais en haut de la Tour Eiffel, bien plus haut que la limite permise au public. Encore une fois, ma survie dans ce lieu réservé aux héros ne dépendait que du sursis que la malchance m'accordait avant de s'abattre à nouveau sur moi. Mais j'avais toujours aimé cet endroit, et être Ladybug m'avais apprit à voler. Marinette ne le pourrait plus. Alors… autant le faire une dernière fois. Laisser le vent sécher les larmes sur mon visage.
Je m'approchai du vide au milieu. ChatNoir me tournait le dos. Il parlait nerveusement en marchant de long en large mais j'avais cessé d'écouter. Je suis passé par-dessus une poutre. J'ai retiré ma veste et l'ai repliée sur un travers. Puis, j'ai pris les miraculous et les ai mis dans une des poches. Comme je retirais la deuxième, Tikki m'appela mais je ne lui répondis pas. Je regardai le sol et plongeai, la tête vers le bas.
Mais je ne sentie le vent ni sur mes joues, ni sur mes bras. Un instant, je crue que mon pied s'était accroché quelque part parce que je sentais une pression sur ma cheville. Lorsque je regardai, je vis ChatNoir qui m'avait rattrapé. Il ne me regardait même pas en me ramenant vers lui.
Étrangement, j'étais très calme. J'étais en sursis depuis le moment où le Papillon m'avait offert un délai. Ma tête et mon cœur savaient qu'ils allaient mourir et avaient déjà cesser de me parler.
« Pourquoi tu m'as rattrapée? » Je ne comprenais pas pourquoi il avait fait ça s'il était si fâché et dégoutté que je sois Ladybug.
« Pourquoi as-tu voulu sauter? » Son visage n'exprimait plus rien que je lui connaissais. Moi, qui pensais tout connaître de son visage!
« Parce que, vivante je ne sers à rien, ni à personne. Je suis une nuisance, une nullarde, un fardeau. Au moins, si je disparais, je ne blesserai plus personne par ma présence. » Étrangement, je manquais de souffle et je devais forcer les mots à sortir de ma gorge.
« C'est à cause de ce que je t'ai dit. Parce que je crois que tu ne devrais pas être Ladybug? » Il était surprit et choqué et en larme.
« Je suis d'accord avec toi, tu sais. Je suis beaucoup trop irresponsable pour être une héroïne. » Je n'avais plus qu'un filet de voix mais de toute façon, je n'avais plus du tout envie de parler.
« Je suis désolé de t'avoir dit ça, désolé de t'avoir blessé, désolé de m'être fait mal comprendre. » Il m'attira contre lui et commença à flatter mon dos. Il y avait des larmes dans sa voix. « Parfois, lorsque je suis au combat, je me retrouve le dos au sol ou bien je prends des coups et même parfois je suis chez moi et je me fais punir parce que j'étais absent quelque part. Et je me demande: Pourquoi je fais tout ça? Pourquoi je devrais me relever et continuer à combattre? Bien souvent, tu n'as même pas vraiment besoin de moi et je me suis même déjà retourner contre toi. Dans ces moments de désespoir, je pense à Marinette. Je me demande si tu es en sécurité. Je me dit que je dois me battre pour te protéger. Que le danger ne te trouve pas. Alors, d'apprendre que tu fais fasses au danger chaque jour… J'ai laissé ma peur parler. Je suis désolé. S'il-te-plaît, pardonne-moi. »
Il m'écarta de lui pour me regarder dans les yeux. Puis, il posa ses lèvres sur les miennes. Je ne répondis pas à son baiser, je ne ressentais aucun plaisir. Je me disais que peut-être que je n'en ressentirais plus jamais.
« Tu es fâchée que je t'embrasse? » me demanda-t-il devant mon absence de réaction.
« Non, je ne ressens rien. Je suis juste engourdie. Il y a un trou dans mon cœur. »
« Alors, laisse-moi le remplir. » et il commença à m'embrasser encore et encore. Il le fit très longtemps s'acharnant à me ramener à la surface de l'océan noir où je me noyais. Il ne s'arrêta que lorsque je lui répondis finalement. La crise était passée mais Chat n'avait rallumé qu'une étincelle fragile en moi.
« Ce n'est pas juste à cause de toi que j'ai voulu sauter. C'est vrai, ce qui c'est passé entre nous m'a bouleversé, mais ma vie ne présente plus aucun intérêt à mes yeux. Déjà, à cause du Papillon, s'il m'attrape, il m'a promis des coups de fouet. Et je ne peux jamais rien faire de bien. Ma malchance et ma maladresse naturelle découragent tout mon entourage de vouloir être avec moi. Je suis nulle à l'école et je ne réussis jamais ce que j'essaie de faire. Chloé fait de ma vie un enfer quotidien et le garçon que j'aime et avec qui je voulais partager mon avenir en aime une autre. Remarque, je ne peux pas lui en vouloir.»
« Attends, tu parles d'Adrien, là? » fit ChatNoir stupéfait.
« Oui, pourquoi? » fit-je hésitante. J'avais le même sentiment que lorsque je sentais que j'avais fais une erreur sans savoir laquelle.
« Parce que c'est toi qu'Adrien aime, idiote! » Mon visage s'est surement rallonger de plusieurs longueurs vers le bas. « Il t'aime parce que tu es sa partenaire, que tu l'éblouies chaque jour par ta gentillesse et ton dévouement. Parce que même si tu ne l'aimes pas en retour, tu le laisses t'aimer sans jamais le blesser. Parce que tu es affolante quand tu ballades tes courbes sous son nez et aussi et surtout parce que tu es sa meilleure amie. »
« Adrien? C'est vraiment toi? Tu viendrais pas de me traiter d'idiote, là? »
« Ça, c'est idiot! » fit-il en pointant vers le trou-qui-avait-l'air-d'être-sans-fond près duquel nous étions toujours. Et oui, c'est vraiment, vraiment moi. »
« Mais, mais non, alors, ton père, c'est… » ne pus-je que bafouiller sous la pression des idées qui se bousculaient dans ma tête. Je n'avais pas eu l'intention de révéler à Adrien ce que son père m'avait fait. Mais si le père de ChatNoir était en contact avec le Papillon, il devait savoir. Surtout à cause de la proximité entre sa maison et du repaire du Papillon.
« Quoi, mon père? » demanda ChatNoir ahurie que cet homme entre dans la conversation.
« C'est…un monstre. » Je connaissais déjà beaucoup d'histoire sur M. Agreste et avec ce que j'avais vécu plus tôt, je ne pouvais que faire ce constat. Reprenant mon histoire au moment où Mlle Bustier m'avait chargée de lui rapporter les devoirs. Je lui raconter toute ma journée jusqu'à notre rencontre. Il était très curieux du repaire et décida qu'il voulait aller voir.
« Te rencontrer ici, concorde avec les ordres du Papillon. S'il découvre que nous sommes ici, il croira que j'essaie de te convaincre de me laisser ta bague. Mais si on me voit là-bas, il pourrait décider d'attaquer tout de suite. »
« Arrangeons-nous pour qu'il ne te voit pas! »
Prenant les miraculous dans la poche de ma veste, il me demanda de les enfiler pour ne pas les perdre. Tikki se jeta sur ma joue sans rien dire en redevenant tangible. Elle avait eu peur de me perdre et moi j'étais toujours triste de notre future séparation.
Lorsque j'enfilai aussi ma veste et que j'eu été prête à partir, ChatNoir me prit dans ses bras et m'embrassa. Cette fois, des larmes coulèrent sur mes joues. Il y avait une faille dans ma carapace et guérir faisait mal.
« Marinette? Nous sommes de fantastiques partenaires au combat. Je voudrais que nous ayons la même chose en-dehors. Je veux t'aider à ajouter des couleurs dans ta vie. Nous réviserons ensemble et je te défendrai contre Chloé. Je connais même des trucs de mannequin pour arrêter d'être maladroit. Je sais que de ton côté, tu as tellement d'amour à donner. Et j'en manque véritablement. Quand dis-tu? Formons une équipe? Il me présentait son point et je fis ce que je pensais ne plus jamais faire. Mon point rejoint le sien.
