Chapitre Deux : La Comté accueille un nouvel habitant.
Après ce premier étonnement, l'aubergiste n'avait pas posé de gros problèmes. Il avait fait ce qui était convenu en spécifiant à Bilbon qu'il ne voulait pas de cette engeance dans la salle avec les autres clients.
Bilbon après l'avoir regardé avec dégoût entra dans la chambre indiquer par le propriétaire. Fili le suivit sans quitter le sol des yeux. Il garda la tête baissée jusqu'à ce que Bilbon ferme la porte de la pièce.
- Bien cela étant régler. Je crois qu'il est tant que je te prévienne de quelques petites choses au sujet des Hobbits et de moi en particulier. Je suppose que tu n'as pas rencontré beaucoup de mes semblables, je me trompe demanda t'il
Fili leva légèrement les yeux pour voir que Bilbon avait un air amusé et invita Fili à s'asseoir sur l'une des seules chaises de la pièce. Fili se surpris à vouloir pleurer, d'habitude il devait s'asseoir à même le sol, il avait dormi dans une écurie une fois.
Fili s'assit avec beaucoup d'hésitation et de méfiance. Bilbon remarqua cela, il lui sourit et attendit que Fili se détende un peu avant de commencer à parler à nouveau :
- Je suis un hobbit de la Comté. C'est un détail important. Les hobbits ne sont pas connus pour leur grande bravoure, leur sagesse ou même leur grand altruisme. La majorité des gens ignorent l'existence des hobbits, car nous ne sortons que très rarement de notre Comté.
Il fut interrompu par une femme d'un certain âge qui porta une bassine d'eau avec l'aide d'un adolescent. Heureusement, Fili n'était pas de très grande taille ce qui était un avantage constata Bilbon. Cela voulait dire qu'il pouvait faire cela rapidement. Le seul problème était ces haillons.
A sa grande surprise, une femme les interrompit
- J'ai quelques vêtements de mon fils si cela vous tente. Cela ne sert à rien de le laver si vous ne lui enlever pas les vêtements sales qu'il porte.
Fili était resté assis dans cette chaise, il n'arrivait pas à croire ce qui lui arrive. Il allait prendre un bain et on lui proposait même des vêtements, ils avaient déjà été portés mais par rapport à ce qu'il avait avant... Il n'avait vraiment aucune raison de protester sur ce point.
Lors de ces années d'esclavage dans la villes des hommes, Fili avait observé avec beaucoup d'envie les autres enfants. Pendant que lui passait des années à faire des tâches ingrates comme vider les pots de chambres et laver les écuries, il avait vu les jeux et les rires des autres enfants. Il ne se rappelait pas de l'effet que cela faisait, il ne se rappelait d'aucun jeu ni d'aucun calin ni même du nom de ses parents. Ce n'était qu'un souvenir lointain dans l'esprit d'un enfant tourmenté. Il se souvenait du visage de son père avant qu'il ne se fasse tuer, seul le nom lui échappait. Il se rappelait aussi des traits d'une femme aux longs cheveux bruns et d'un homme lui ressemblant avec des cheveux gris et un air imposant.
Il aurait tellement aimé se souvenir de leurs noms. On lui avait donné ces vêtements il y a quelques années. Ils étaient désormais troués et sales. Il avait honte de devoir porter de telles nippes mais il n'y avait d'autre choix.
Alors quand on lui dit qu'on va lui enlever également le collier en fer qu'il avait gardé, il n'en revenait toujours pas.
Bilbon se dépêcha d'accepter la proposition de cette femme, ce ne serait que provisoire. La Comté ne manquait pas de tailleur de qualité capable de faire des vêtements plus respectables. Le seul souci était qu'il était un nain, il serait obligé de mettre des vêtements de hobbit. Il faudrait aussi lui enlever le collier en fer, il demanderait à son ami le forgeron. Il préférait ne pas faire cela ici. Inutile que Fili se fasse rattraper par d'autres esclavagistes. Il ne voulait pas rester à Bree plus que nécessaire. En plus de cela, il devrait rembourser son cousin quand il avait puisé son argent pour acheter le garçonnet. C'était un enfant, il avait l'apparence d'un enfant de treize ans mais Bilbon savait que les Nains vieillissaient p:lus lentement que les hobbits. Fili ne serait pas mature avant au moins une cinquantaine d'année.
Bilbon attendit que la femme sortit suivi de son acolyte avant de dire au plus jeune de se déshabiller, ce dernier ne discuta pas les ordres. Il plongea ensuite dans l'eau et Bilbon lui tendit le savon avant de prendre un autre morceau de savon et de commencer à frotter avec beaucoup de vigueur les cheveux du jeune nain. Fili prit le savon que lui tendit Bilbon avant de frotter ses bras et son torse d'enfant. Une grande partie de la crasse partit et l'eau prit une couleur brunâtre.
Dix minutes plus tard, Bilbon alla chercher le petit pot d'eau que la femme avait laissé à l'entrer et conseilla à Fili de fermer les yeux afin de ne pas avoir de savon dans les yeux.
Il versa l'eau sur la tête des nains, des cheveux blonds coupés courts firent leur apparition sous le savon et la saleté. Bilbon en fut surpris, qui l'eut crut ? Il était content, Fili ressemblait un peu plus à un nain qu'avant.
Il s'assura que toute trace de saleté était partit avant d'aller récupérer une serviette laissée de côté, il la tendit au jeune nain qui la prit avec gratitude et s'essuya avec beaucoup de soin.
Bilbon fut attristé, il se doutait que la vie d'un esclave n'était pas idyllique mais tout de même.
Il put observé les traces laissées par de trop nombreux coups de fouet sur le corps d'un enfant. Il y en avait des très anciennes, quelques brûlures plus récentes étaient présentes sur ses bras. En dehors de cela, il y avait aussi la proéminence de ses côtes. Il était clairement très mal nourrit, et de choses pas très saines pensa Bilbon.
Fili savait que son nouveau maître pouvoir voir les nombreuses cicatrices laissées là par des anciens maîtres et des esclavagistes afin de lui apprendre sa place et de le punir quand il était pas assez obéissant et pas assez rapide.
Il n'était pas fier de montrer ses cicatrices qui couvraient son dos et qui seraient présentes désormais jusqu'à sa mort.
La porte s'ouvrit à nouveau laissant la place à la femme de tout à l'heure mais aussi à un enfant qui portait deux grandes assiettes.
La femme se dépêcha de poser les vêtements sur la chaise à côté de l'entrée, elle avait vu les cicatrices et la pitié et la compassion lisait dans ses yeux. Fili fut envahit d'un profond mal à l'aise en sentant toutes ces nouvelles personnes voir son dos et ses bras. Il se dépêcha d'attraper la tunique blanche sur la chaise et de l'enfiler.
Ce geste fut le signal que saisit Bilbon pour reprendre les choses en main. Il reprit ses esprits et demanda au jeune de déposer les deux assiettes sur la table présente devant la cheminée. Il le fit et ce dernier sortit de la pièce après un dernier coup d'oeil jeté dans la direction du jeune nain. La femme se dépêcha de déposer également de nouvelles bottes, elle avait vu le regard insistant de Bilbon et savait que ce n'était pas le moment pour les ennuyer.
- Je vous remercie madame pour votre gentillesse, Fili et moi-même vous en êtes reconnaissants. Si vous pouviez faire enlever le baquet d'eau, cela serait extrêmement apprécié.
Sur ces mots, la femme siffla et un autre adolescent rentra et prit le baquet et lui et la femme les laissèrent seuls après avoir emmener le tonneau d'eau sale.
Fili en avait profité pour prendre le pantalon qui était proposé et qui était de couleur marron, il laissa les bottes de côté jugeant que dans la pièce, ce ne serait pas d'une grande utilité.
Bilbon l'attendait devant la cheminée, il avait laissé le jeune garçon se débrouiller seul. Inutile de trop l'envahir, faisons cela en douceur se dit le hobbit.
Il souleva le couvercle en métal présent sur les deux assiettes. Fili était allé s'asseoir sur la chaise prêt de la porte et Bilbon comprit qu'il attendait quelque chose mais quoi se demanda t'il ?
Après plusieurs minutes, Bilbon comprit enfin ou se situait le problème, il devait avoir la permission d'approcher de la table.
Fili était content, il était propre et il portait des vêtements sans trous et propres qui lui tenait chaud. Il savait par les nains qu'il avait rencontré que ces derniers étaient résistants à des temps pluvieux et froids, Fili se doutait que les nains en question soient quasiment nus ou en haillons lorsque ces occasions se présentaient.
Bilbon s'approcha de Fili et lui parla à nouveau d'une voix calme et posée, comme pour calmer un poney non dressé.
- Viens donc manger avec moi, ce n'est pas comme cela, qu'on va te remplumer... Tu es bien trop maigre, je ne sais pas ce qu'on te donnais à manger mais, avec moi ça va changer. Je veux que tu ailles t'asseoir avec moi... Si cela t'aides, alors c'est un ordre de ton maître...
Bilbon avait rajouter la fin en remarquant que Fili obéissait forcément aux ordres directs, donc quand on lui ordonnait de manger ou de s'asseoir, il le faisait, il avait été élevé dans cette idée. Il aurait le temps de défaire cela plus tard, de lui faire oublier toutes ces habitudes qu'il a prises en prison.
Il allait devoir aborder aussi le sujet de sa famille, s'il n'était pas seul. Il devrait sans aucun doute leur faire savoir qu'il était vivant, Bilbon imaginait que ses parents devaient se faire un sang d'encre si ces derniers ne s'imaginaient pas qu'il était mort.
Fili fit d'abord un pas vers la table tout en regardant Bilbon, quand il vit que ce dernier ne le réprimandait pas il avança d'avantage et finit par s'asseoir devant la cheminée.
Bilbon reprit sa place en face de lui et recommença à parler en espérant ainsi le détendre d'avantage.
- Où en étais-je avant que cette femme nous interrompe ? Ah oui... Les hobbits... Et bien comme je te l'ai dis... nous ne sommes pas de grands guerriers. En réalité, aucun des miens ne sait se servir d'une arme, nous ne sommes pas de grands penseurs. Nos principales préoccupations sont la nourriture, ce qui explique qu'il y ait beaucoup de fermiers, d'éleveurs de pêcheurs et toutes sortes de métiers en lien avec l'alimentation, nous aimons aussi la bière et bien que tu me paraisses un peu jeune pour fumer, saches que nous faisons aussi de l'herbe à pipe. On aime aussi les choses qui poussent comme les fleurs, les arbres et même différentes sortes de plantes fascinantes. Tu sais, si tu commences à manger maintenant, je vais pas m'arrêter de parler pour autant. Quand c'est chaud, c'est meilleur... crois moi
Fili commença à manger en utilisant les doigts. Dans l'assiette en face de lui, il y avait une cuisse de poulet, accompagnée de légumes oranges et de grands légumes allongés verts, des haricots et des carottes s'il se rappelait bien. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eut un repas digne de ce nom. La majorité du temps, on lui laissait les restes.
Il mangeait de façon relativement propre pour quelqu'un qui mangeait avec ses doigts remarqua Bilbon, peut-être l'habitude... Il se doutait que les esclaves comme lui ait été autorisé à utiliser des couverts.
- Demain matin, nous rentrerons chez moi. J'habite dans un charmant trou de hobbit. Dedans, tu y trouvera je l'espère un foyer provisoire pour te reconstruire lentement et peut-être qu'on pourra aussi contacter ta famille pour que tu puisse les revoir dès que tu te sentiras près. Je ne te considère pas comme un esclave, tu es un enfant... un enfant nain certes, mais un enfant quand même. Une telle chose ne devrait jamais être arrivé ni à toi ni aux autres. Comme je ne peux pas sauver les autres de leurs sorts, je peux au moins te sauver toi... Je ne sais pas pourquoi mais je pense que notre rencontre n'est pas dû au hasard...
Fili avait écouté attentivement ce que ce hobbit lui racontait, il parlait de choses abstraites. Qu'est-ce qu'était un foyer ? A quoi cela servait-il ? Fili ne comprenait pas toujours ce que son nouveau maître voulait dire, il était étrange. Après, il est vrai qu'il n'avait jamais rencontré de hobbit, peut-être étaient-ils tous étranges, encore plus s'ils n'utilisaient pas d'armes comme le disait Bilbon. Mais alors comment se défendaient-ils contre des agresseurs extérieurs ? Il pensa aussi à sa famille, celle qu'il devait contacter. Mais contacter qui et ou se demanda Fili
Il se rappelait à peine de leurs visages, leurs noms avaient été oubliés depuis longtemps. Et si ces derniers l'avaient oubliés ? Ou alors que ces derniers pensaient qu'il méritait ce qui lui était arrivé ? Pire, ils pourraient avoir honte de lui maintenant qu'il était ce qu'il était. Ils n'avaient pas vus les cicatrices dans son dos,ni la marque d'infâmie qu'il portait sur sa cheville, une marque faite au fer rouge avec une lettre suivie d'un chiffre pour faire savoir à tout le monde ce qu'il avait été. Fili n'était pas certain d'avoir envie qu'ils le voient dans cet état-là, peut-être valait-il mieux qu'ils le croient morts. Cela serait moins douloureux...
Bilbon évidemment, ne savait pas tout ce qui venait de passer par la tête de son jeune compagnon.
- Quand on sera dans la Comté, il faudra aussi qu'on t'enlèves ce collier horrible que tu portes autour du cou. Cela ne convient pas du tout, non... pas du tout.
Fili mangeait curieusement très lentement, Bilbon se serait attendu à ce qu'il se jette dessus. Voyant son air surpris, le nain décida de s'expliquer
- Manger lentement est important, parfois je ne reçevais rien pendant plusieurs jours d'affilés. Quand on me donnais à manger, je me précipitais dessus et j'avais toujours faim après avoir tout pris. Un autre comme moi m'a conseillé de manger plus lentement, il paraît qu'on a moins l'impression d'avoir encore envie de manger après.
Bilbon se dit que décidément quelque chose n'allait pas chez ces gens. Comment pouvait-on arriver à faire cela à un enfant ou à un être humain en général ?
Bilbon se leva de la table, il n'avait vraiment plus envie de rien après tout cela. Bilbon vit que Fili venait de finir son assiette, il lui fit signe de prendre la sienne. Il n'y avait quasiment pas touché.
Le jeune nain attendit avec méfiance alors qu'il tendait la main pour prendre l'assiette presque pleine de Bilbon. Au bout de quelques instants, Fili prit la cuisse et commencer à la manger à son tour. Cinq minutes plus tard, tout avait disparu.
Bilbon reprit la parole :
- Je pense qu'on ferait mieux de se coucher, je suis éreinté. Nous avons une longue route demain et il me faudra récupérer mon poney à l'écurie.
Fili se leva alors de table avant d'aller se coucher dans un coin de la pièce à même le sol. Le hobbit ne s'était pas attendu à cela, devait-il le faire monter dans le lit par la force ? se demanda d'il
Cela ne semblait pas une bonne idée, ce jeune nain avait assez souffert et Bilbon se disait que cela faisait assez d'émotions fortes pour aujourd'hui.
Il alla quand même chercher la couverture avant de la mettre sur le jeune qui s'était endormi presque aussi vite qu'il s'était allongé sur le sol.
Bilbon s'assura que l'enfant n'avait pas froid, puis vérifia que le feu dans l'âtre ne s'était pas éteint avant d'aller se coucher également dans un lit.
Dans les Montagnes Bleues, Dis s'était levé comme tout les matins. Elle sentait toujours l'absence de Vili son mari qui était décédé dans des conditions atroces, et celle de son fils aîné qui avait disparu bien avant d'être en âge de faire quoi que ce soit.
Kili venait de se lever. Il avait quinze ans. Chez les nains, il serait toujours considéré comme un enfant pendant encore une quarantaine d'années. Il entra dans la pièce qui leur servait de cuisine et de salon et vit que sa mère était déjà au travail. Un petit déjeuner l'attendait, son oncle était là aussi au bout de la table comme d'habitude.
Thorin venait de rentrer d'un long voyage au Rohan ou il avait effectué un travail censé nourrir sa famille et notamment son neveu et Dis.
Dis... Son cœur se serra en pensant à tout ce qu'elle avait enduré. Cela faisait vingt ans et pourtant... la douleur était toujours présente. Ils avaient découvert le corps de son mari Vili carbonisé dans un bosquet près de Lake-ville. Son neveu, l'aîné avait disparu. Personne n'avait pu lui dire ce qu'il était devenu, Thorin pensait qu'il était mort, les recherches avaient été arrêtées depuis longtemps maintenant. Sa sœur avait assez souffert, inutile de la faire espérer inutilement sur cet enfant qui était mort. Il avait pensé que l'enfant pouvait avoir été vendu en esclavage chez les humains, il avait cherché sans grand résultat. Il était pas évident de le faire, les nains évitaient d'aller dans ces villes. Les autres hommes ne donnaient pas d'informations de peur de subir des punitions de la part des leurs. Les esclaves ne sont pas notés dans un registre, ni décrit. Ils sont enterrés dans le grand secret, il avait vraiment fait de son mieux. Il espérait que l'enfant était mort, il avait vu le traitement de certains esclaves et cela lui faisait froid dans le dos.
Cela avait été douloureux pour lui-même, après tout Fili était un enfant joyeux, rieur et surtout il se rappelait son impatience à l'idée d'être grand frère. Kili ne connaîtrait pas cette complicité qui n'existait qu'entre deux membres du même sang, qui était différente de celle qu'il partageait avec sa mère ou ses amis.
Kili connaissait l'existence de ce frère, Dis y avait veiller. Elle était enceinte au moment de l'attaque, Thorin remerciait Mahal qu'elle ne soit pas allé avec Vili ce jour-là, il aurait perdu toute la famille proche qui lui restait.
Dis venait d'entendre son fils entrer dans la cuisine et s'asseoir sur un tabouret. Elle plaça en face de lui une tranche fine de viande froide et quelques pommes de terres coupées en petits morceaux. Elle regarda son fils, il était tellement vivant. Il passait son temps à faire des farces au plus grand déplaisir de ceux qui en faisait les frais. Elle avait constaté avec plaisir, qu'une grande complicité était née entre Kili et son oncle. Elle était rassurée, elle savait que la présence d'un père était important pour le développement d'un enfant, Thorin avait promis d'être plus présent pour elle et de voyager moins longtemps et moins loin. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à son autre enfant qui avait disparu corps et biens, c'était une plaie béante qui ne s'était pas refermée. Elle doutait que cela se referme jamais, seulement la douleur avait diminué.
Kili avait été un médicament efficace. Elle s'occupait de lui, jouait avec lui et ne pensait plus à rien d'autre.
Elle entendit son frère demander à Kili s'il voulait aller chez Bofur avec lui. Il voulait lui acheter un nouveau jouet et passer du temps avec lui même s'il ne l'avouerait jamais à haute voix.
Kili avait besoin de Thorin, mais... Thorin avait tout autant besoin de Kili.
Dis sourit en donnant sa permission, comment aurait-elle pu refuser alors que son fils lui faisait les yeux tristes qu'employait son propre mari pour la faire céder ?
Kili se leva aussitôt de la table pour aller chercher ses petites bottes près de l'entrée. Thorin eut à peine le temps de mettre son manteau alors que Kili le pressait de se dépêcher.
Dis se prépara pour aller au marché. Il était temps de racheter de la viande et de la bière, et aussi de l'herbe à pipe pour son frère. Elle se dirigea vers les étals bondés D'autres femmes nains se trouvaient là, ainsi que quelques marchands humains qui vendaient des produits humains et elfiques.
Dis rencontra Geilis, une femme humaine qui fabriquait des vêtements avec des étoffes venues de loin. Les deux femmes étaient devenues proches, autant que peuvent l'être deux femmes dont une est seulement de passage quelques temps dans l'année.
Geilis raconta qu'on avait encore fait délivré de nouveaux esclaves, le Roi du Rohan avait fait interdire la mise à mort des esclaves s'ils étaient handicapés ou mutilés. Dis horrifiée, n'avait que rarement quitté les Montagnes depuis son installation et ne pouvait s'imaginer qu'on puisse accepter ce genre de commerce. Elle avait entendu les rumeurs parlant de l'esclavage des nains, peu des leurs avaient été capturés et Thorin se préoccupait de la question bien entendu, mais des choses plus urgentes venaient toujours empêcher une plus grande résolution du problème. Ils avaient du faire face aux hivers rudes plusieurs années de suite où beaucoup d'entre eux étaient morts de faim ou alors étaient tombés malades.
Dis sourit à Geilis qui enchaîna sur un sujet plus gai, une nouvelle fête allait avoir lieu dans deux jours, elle espérait y voir Dis et son fils parce qu'elle avait ramené quelques cadeaux pour le petit garçon. Cette dernière rassura Geilis, ils viendraient... peut-être même avec Thorin et Dwalin, elle savait qu'il était en ville. Elle s'attendait à le voir arriver chez elle ce soir, c'est pourquoi elle avait acheté d'avantage de viande et de bière que d'habitude.
La journée passa lentement, Dis fit ses courses,parla plus longuement avec d'autres nains de sa connaissance notamment Bombur et Dori, à côté de ce dernier se tenait Ori qui trottinait à peine. Dis bavarda longtemps avec eux, elle s'enquit de leur santé, de celle de Nori le membre cambrioleur et turbulent, leur demanda s'ils avaient de quoi se nourrir suffisamment. En tant que seule femme de la lignée de Durin, les tâches de ce genre lui incombaient. Elle savait que ce même genre de tâches seraient attendues de la femme à Kili un jour quand il serait chef.
Elle s'adressa ensuite à Bombur pour lui demander comment allait sa femme et surtout Bifur qui avait toujours cette hache coincée dans le crâne et que peu de gens comprenait désormais car il parlait un ancien khuzdul.
Thorin marchait dans la rue avec Kili à côté de lui, son neveu trottinait en écoutant avec attention Dwalin raconter ce qu'il avait vu et fait durant son voyage dans les Monts de Fer. Dwalin avait parlé d'une nouvelle maladie qui avait décimé la population, quelques enfants nains étaient morts. C'était une tragédie pour eux, peu d'enfants naissaient.
Il avait aussi évoqué Dain qui voulait savoir quand est-ce que Thorin allait lui présenter officiellement Kili, surtout si ce dernier serait désigné comme héritier. Thorin ronchonna légèrement, il ne voulait emmener Kili dans cet endroit, il était de toute façon bien trop tôt pour en faire l'héritier de quoique ce soit./ Il fit part de son avis à Dwalin qui sourit.
- Oui, mon frère Balin a pensé que tu dirais cela. Je l'ai vu brièvement, il semble se porter comme un charme malgré son usage abusif de la bière à mon avis.
C'est à ce moment-là que Kili décida d'intervenir, il avait écouté avec attention, même s'il ne comprenait pas tout.
- Comment vous savez qu'il prend trop de bière ? Vous l'a t'il dit Maître Dwalin ? ?
- Non, mon garçon. Mais c'est pourtant évident... Il est devenu beaucoup plus gros, tout simplement.
A cet instant, Dwalin et Kili éclatèrent de rire et son oncle Thorin ne put empêcher un sourire d'apparaître sur son visage.
- Dwalin, viens nous voir ce soir et tu me donneras la suite de tes nouvelles. Dis sera enchanté, elle a peu de compagnie dans la maison en dehors de la mienne et de celle de son fils. J'ai peur qu'elle ne pense bientôt à Fili la date de son anniversaire approche.
- Je ne pourrais pas empêcher cela, mais enfin tu sais que je ne dis jamais non à de la bière, de la compagnie et une bonne part de viande , et on fumera autour de la cheminée.
Kili ajouta de son air enfantin
- Vous pourrez me raconter une de vos histoires. Elles sont tellement plus intéressantes que celle des autres, en dehors de celle d'Oncle Thorin bien sûr
- Ma fois, cela me convient également.
Arrivés devant le magasin de Bofur, Dwalin continua sa route. Thorin poussa la porte et laissa passer son neveu.
Dans cette boutique, on pouvait voir des tas de bois de différentes tailles empilés sur les tables et dans les coins.
Il y avait une cheminée, une ribambelles de couteaux suspendus au mur. On pouvait aussi voir plusieurs pots remplis de couleurs. Bofur était en train de réaliser une rangée de petits soldats en bois et pas encore peint.
Il leva la tête en les voyant arriver il sourit en voyant le neveu de Thorin. Il salua également le fils de Thrain avant de demander à Kili ce qu'il voulait. Les jouets achevés se trouvaient sur un autre étal tout au fond de la boutique, il y avait des babioles de toute sorte. Il y avait des poneys en bois, des animaux de ferme et aussi quelques guerriers avec leurs armes. Kili les observa sous toutes les coutures, il y avait aussi quelques instruments de musique comme une flûte mais il savait que son oncle considérait que cet instrument était trop « elfique » à son goût.
Kili regarda attentivement avant de choisir ce qu'il souhaitait.
Au courant de la nuit, Bilbon avait déplacé le petit nain du coin dans lequel il s'était endormi à un lit, il arrivait en effet que notre hobbit ait du mal à dormir à l'extérieur.
Fili avait relativement dormi. Il s'était réveillé plusieurs fois évidemment mais il ne faisait plus le cauchemar sur la mort de son père depuis longtemps. Il avait dormi avec le ventre plein, propre et habillé, il avait l'impression qu'il allait se réveiller et que tout cela n'avait été qu'un rêve. D'un regard, il fit le tour de la pièce, Bilbon était en train de se rhabiller. Fili s'assit sur le lit.
Bilbon vit Fili et lui sourit :
- Est-ce que ca va ? Tu as bien dormi ? Je crains qu'on ne soit obligé de manger plus tard. J'ai dépensé une grosse partie de ce que j'avais emmener hier. Je dois rendre le peu qui me reste à mon cousin. On mangera plus tard en rentrant chez moi, on aura un grand repas.
Bilbon fit un tas de tout ce qu'il devait emmener, un sac qu'il avait mis dans un coin de la pièce fut rempli avec ses affaires. Bilbon ramassa tout et encouragea Fili à le suivre non sans lui avoir donner des conseils. Fili devait garder les yeux baissés, éviter de croiser le regard de qui que ce soit. Bilbon allait se dépêcher de récupérer son poney et ne pas s'attarder. Il avait beaucoup de choses à régler avant de pouvoir s'occuper pleinement de cet enfant nain.
C'est donc d'un pas pressé que lui et Fili se rendirent à l'écurie ou le poney les attendait. Il s'empressa de mettre ses affaires dessus et fit signe au jeune nain de s'approcher, il prit le peu d'affaires que le nain possédait, un espèce de collier avec quelques petits bouts de métaux gravés, la seule chose qu'on l'avait autorisé à garder et qui avait appartenu à son père, ainsi que d'autres vêtements laissés de côté par cette femme d'aubergiste.
Il regarda que tout était en ordre avant de faire signe au nain de le suivre. Il devait sortir de cette ville, il était plus que temps.
Il ne put hélas mettre le nain en selle comme il espérait, un esclave sur un poney alors que le maître était à côté en train de marché... Cela aurait apporté une intention non nécessaire à ce qu'ils faisaient.
Il mirent un quart d'heure à sortir de la ville, quand ces portes furent franchies, Bilbon sentit une partie de lui être soulagé d'avoir quitter cette horrible endroit.
Ils marchèrent la journée entière, faisant de petites pauses afin de se reposer, finalement ils arrivèrent sur les bords de la rivière Brandevin et de son gué. L'homme faisait passer hommes et chevaux, il était payé par la ville de Bree.
Bilbon parla quelques instants avec le passeur qui les aida à faire monter le poney de Bilbon, Fili le suivit ensuite.
Ils arrivèrent rapidement de l'autre côté et entrèrent officiellement dans la Comté. Bilbon vit son compagnon ouvrir des yeux écarquillés face à ce qu'il voyait.
Fili n'arrivait pas à croire qu'ils puissent exister des plaines aussi verdoyantes, elles s'étendaient à perte de vue. Il y avait des prairies couvertes de fleurs jaunes et d'autres étaient couvertes de céréales et de légumes en tout genre.
Il vit des hommes de la taille de Bilbon, mais aussi des femmes et quelques enfants dispersés ça et là. C'était sans aucun doute d'autres hobbits. Fili les trouva tout de suite bizarre. Quand son maître et lui passèrent, ils étaient tout sourire et parlaient avec beaucoup de gaieté, ils saluèrent Bilbon comme on le ferait avec un ami qu'on a toujours connu.
Bilbon avait eu le temps de réfléchir pour savoir dans quel ordre il allait faire les choses. D'abord il allait parler avec son cousin afin de lui rendre les quelques pièces qui lui restaient, il devait également trouver un moyen de lui faire oublier la somme qui avait été utilisé pour l'achat de son jeune ami. Il trouverait quelque chose, les Hobbits étaient peu rancuniers, ils préféraient troqué qu'acheter mais parfois c'était utile d'avoir quelques piécettes. Il irait ensuite chez le forgeron avec Fili pour que son cher ami lui enlève le collier en fer qu'il portait toujours autour du cou.
Pour finir, demain il irait voir le Thain et le maire de la ville pour lui expliquer toute l'histoire et assurer à ce jeune nain le droit de rester chez lui autant qu'il le souhaiterait.
Bilbon arriva devant un trou de Hobbit avec une porte au couleur bleue, un petit jardinet avec quelques fleurs était devant. Son cousin Malet Touque était dehors en train de fumée sa pipe quand il les vit arriver.
Plus tard, il racontera à ses enfants qu'il se rappelait avec précision la première fois qu'il avait rencontré Fili, nain d'Erebor comme il l'apprendrait ultérieurement.
Le nain qui suivait Bilbon était de petite taille, il était encore clairement un enfant. Il avait des cheveux blonds courts, il portait une chemise blanche simple et un pantalon noir usé mais propre et sans trou. Il portait une paire de bottes simples marrons. Ce jeune avait les yeux grands ouverts, il pouvait voir l'émerveillement dans ces prunelles. Il n'avait visiblement pas eu une vie facile si on en jugeait par sa minceur et le jeune semblait avoir un lourd passé, peut-être trop lourd pour quelqu'un d'aussi jeune. Le poney fut laissé devant le jardin, personne ne volait jamais rien à Hobbitebourg.
Note de l'auteur : Grâce à une lectrice, je me suis rendue compte que j'avais passé sur le trajet entre Hobbitebourg et Bree un peu trop vite. Effectivement, il y a plusieurs villages mais j'avoue avoir oublié cette partie là.
J'essaierais de faire d'avantage attention la fois suivante.
