Hello les girls,

Voici déjà le chapitre 2 et le début possible d'un tournant à 180 degrés de cette fic, j'espère que vous me donnerez vos impressions. Je pense publier le jeudi (pas demain on s'entend mais dans 8 jours !)

Merci à 35Nanou pour ses corrections.

Merci à toutes pour vos mises en alertes ou favoris et bien sûr pour vos commentaires je pense avoir répondu à toutes les inscrites.

Merci aux anonymes : llonka, Paris girl, libel fanny() et laccro ().

Bonne lecture

Chapitre 2

Le 10 janvier 2013

Que nous cache la comtesse de Syllavie ?

Voilà un an que nous pouvons nous interroger sur ce qui se trame au palais, tout d'abord les raisons nébuleuses du départ du garde du corps de la comtesse et du comte de Syllavie qui travaillait au service de cette dernière depuis plus de 20 ans. Maintenant les absences à répétition de la comtesse demeurent sans explications. Depuis son malaise après le renouvellement des vœux de sa fille et de son gendre, la comtesse se rend régulièrement en Europe. Aucune déclaration publique n'a été fournie, un vrai mystère entoure les faits et gestes de la comtesse.

Les syllaviens ont le droit de connaître ce qui pousse notre souveraine à quitter si souvent son île.

Par Jessica Stanley.

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Je froissais le journal, il fallait vraiment que je prenne une décision et vite.

2013 sonnerait sûrement la fin de mon règne mais comment le leur dire.

Ma vie s'était tellement accélérée depuis le retour d'Isabella et de Charlie.

Si je me fustigeais encore d'avoir donné ma fille pour sauver l'île, je ne pouvais que me réjouir de la voir si amoureuse aujourd'hui. Mon cœur s'était envolé le soir du 500ème de l'île quand j'avais vu la manière dont elle regardait son époux, je n'avais plus de doutes qu'elle était devenue femme. Cette assurance lui allait si bien et je dois dire qu'Edward avait répondu mieux que tout ce à quoi je m'attendais. Rétablir Charlie dans ses fonctions avait été un cadeau du ciel.

Nous avions alors pu reprendre les visites des dignitaires. Si l'utopie prônait l'égalité, il n'en restait pas moins que la comtesse ou le comte de sang était celui qui détenait les décisions et son conjoint ou sa conjointe était officieusement en charge du palais et permettait l'organisation d'événements tels que l'accueil de personnes hauts-placées dans le monde.

Les diplomates aimaient beaucoup venir sur l'île, ils aimaient vivre dans un contexte politique différent du leur et tellement pacifique et trouvaient toujours leur séjour des plus reposants. Charlie et Isabella partis, je ne voyais pas comment j'aurais pu continuer cette mascarade et justifier à toutes ces personnes le pourquoi de leur absence.

Enfin, c'était très distrayant d'avoir repris ces activités et enrichissant de pouvoir rencontrer des points de vue différents et passionnants.

J'avais l'impression que toutes les choses avaient repris leur place. Bien sûr, Isabella était victime de la presse lui reprochant de ne pas être enceinte plus vite.

Je me souviens de l'avoir moi-même questionnée à ce sujet, elle avait été sur la défensive. Bella n'avait pas compris que je voulais juste la protéger. Ce que j'avais besoin de savoir c'était si elle se voyait mère dans les mois ou plutôt les années à venir, de cette manière j'aurais pu la soutenir face aux journalistes.

Malgré cet inconvénient, ce qui mit réellement un premier obstacle à mon petit monde parfait fut le départ d'Alfred.

Penser à Alfred me rendait nostalgique.

Comment pourrais-je le qualifier, peut-être de meilleur ami. Il me connaissait, il avait vécu à mes côtés pendant tellement d'années, vivant toutes mes peines et tous mes bonheurs.

Quelques années après le départ de Charlie, c'était dans ses bras que j'avais trouvé un peu de réconfort, les choses étaient claires entre nous, nous avions juste une amitié améliorée. Charlie était, est et restera le seul homme de ma vie.

Alfred, lui, avait toujours été là pour me protéger et c'était en me donnant de la chaleur humaine qu'il m'avait permis pendant ses 13 années de survivre dans mon rôle de comtesse.

Bien sûr, il n'avait pas eu besoin de mots pour comprendre au retour de Charlie et d'Isabella.

Au début, nous continuions notre routine comme avant, il était à mes côtés lors des apparitions publiques et autres, alors que Charlie n'avait plus vraiment ce droit.

C'était quand Charlie avait réintégré ses fonctions de comte que j'avais vu que c'était réellement difficile pour lui. Je ne pourrais jamais oublier notre conversation.

Flash-back

-Comtesse puis-je vous parler ? m'avait-il demandé timidement.

-Bien sûr Alfred que puis-je faire pour toi ? Lui avais-je répondu en lui faisant signe de s'asseoir en face de moi.

Il ne le fit pas, vint s'asseoir à côté de moi sur le canapé, me décalant un peu tout en le regardant interrogative.

-Renée, avait-il dit doucement, c'est trop dur je suis désolé.

-Pardon ? Avais-je demandé incrédule.

-Rien n'est plus important que ton bonheur et je peux voir que tu l'as trouvé avec ta famille. Maintenant que je sais que tu es heureuse, je dois me préserver un peu et c'est trop dur de te voir … avec lui, avait-il fini dans un murmure.

-Mais euh… j'étais estomaquée, n'osant comprendre ce qu'il me disait, Alfred, tentais-je en posant ma main sur sa joue.

-Je t'aime Renée, j'aurais voulu être juste un ami comme c'est le cas pour toi mais c'est au-dessus de mes forces, excuse-moi.

Il m'avait alors serrée dans ses bras enfouissant sa tête dans mon cou, inhalant mon odeur, « prends soin de toi » avait-il murmuré avant de se reculer et de partir.

Fin du flash-back.

Je n'avais pas revu Alfred, j'avais perdu un ami très cher mais je ne pouvais pas lui imposer mon bonheur parfait alors qu'il avait passé sa vie à mes côtés sans rien attendre en retour. S'il avait été un secours pour moi, je me rendais compte que j'avais été égoïste le gardant vers moi pour ma survie l'empêchant de vivre sa propre vie.

J'espérais de tout cœur qu'il rencontre un jour une femme qui le rendrait heureux.

Et puis, les choses avaient vraiment commencé à se compliquer pour moi, juste après les 20 ans d'Isabella. Elle voulait renouveler ses vœux à Edward à la chapelle en petit comité.

Malgré le caractère secret de cette cérémonie, la presse s'en était emparée et en avait fait ses choux gras.

C'était une célébration à leur amour, un témoignage de leur attachement. J'avais compris qu'elle avait attendu après son anniversaire, se jugeant enfin mûre pour prêter le serment du mariage.

J'étais fière de ma fille ce jour-là, je l'imaginais déjà monter sur le trône. Cette pensée m'avait fait sourire, d'autant plus que ça ne marchait pas vraiment comme ça, mais bon, je ne devrais pas la voir dans toute sa splendeur normalement puisqu'elle ne pourra y accéder qu'à ma mort.

En cette fin de journée, j'avais senti les engourdissements, de manière plus prononcée que je les avais ressenti depuis quelques temps, me retrouvant à terre, la vue obscurcie et le côté droit paralysé.

Carlisle avait voulu me faire une série d'examens qui n'avaient pas permis de trouver de manière formelle la cause de mon mal, juste une multitude de suppositions avaient été émises.

Quand l'utilisation de mes membres était redevenue possible et que mon état devint stationnaire, je fus résolue à rejoindre le continent pour comprendre ce qui m'arrivait.

C'est comme ça que tous les mois, je me rendais en France.

Je fis deux autres «attaques » et enfin le diagnostic put être posé, je souffrais de sclérose en plaques.

Comment pouvais-je continuer à gouverner ayant ce fardeau en plus à gérer.

Même si les pronostics étaient plutôt optimistes, je devais suivre un régime très strict, limitant ainsi la dégénération de la myéline autour de mes axones. Cependant rien ne me mettait vraiment à l'abri d'une autre attaque.

Comment pouvais-je gouverner, me rendre à toutes ses représentations publiques avec la crainte de m'effondrer au sol ?

Je ne voyais qu'une seule option, céder ma place à Isabella.

En intervertissant nos rôles, prenant juste à ma charge un rôle secondaire, je pourrais être là pour la seconder dans ses premiers pas, conférant ainsi à notre île une sécurité avec une régente en bonne santé.

Je fus sortie de mes pensées par Charlie qui rentrait dans la pièce, il vint me prendre dans ses bras et me serra contre lui, embrassant mon crâne.

Nous restâmes un long moment sans rien dire, perdus dans nos pensées.

-Je dois laisser ma place à Bella, dis-je sans détour.

Je le sentis se crisper.

Je soupirais, j'avais tant besoin qu'il me soutienne à ce moment là.

-Elle est si jeune, finit-il par murmurer.

-Oui mais elle est aussi très forte et responsable.

-Je sais mais pourquoi se précipiter, nous sommes seuls au courant, nous n'avons pas besoin d'ébruiter l'affaire et avec ce nouveau traitement et ce régime, peut-être que ton état ne va pas évoluer avant plusieurs décennies.

Je souris, il était très optimiste et avait besoin de croire que j'allais bien.

-Peut-être et justement, je voudrais pouvoir offrir de la sérénité à Syllavie et rattraper toutes les années que j'ai perdues avec toi.

Il me décala alors de lui, fronçant les sourcils.

-En reportant sur Bella toute la charge du royaume ?

-Euh, je … non, m'insurgeais-je. Je voudrais être là pour elle, je voudrais pouvoir lui permettre de prendre ses nouvelles fonctions non pas dans la douleur de mon deuil mais en l'aidant dans ses décisions. Je suis convaincue que la prise du pouvoir est plus facile du vivant du prédécesseur.

Il souffla, il savait que j'avais raison sur ce point.

-J'ai décidé de porter la décision au vote du conseil.

-S'il te plait, attends encore un peu, tenta-t-il.

Le conseil se rencontrait toutes les semaines et je n'avais rien dit à la réunion du lendemain, laissant à Charlie le temps de se faire à l'idée mais la semaine suivante, il fallait que je clarifie les choses.

Je devais à ma famille, au conseil et à mon île d'être franche avec eux.

J'avais beaucoup hésité avant de savoir si je devais apprendre mon état de santé à Isabella en premier mais autant rendre les choses le moins dramatique possible. L'annonce de ma maladie pendant le conseil apparaitrait plus comme un événement gênant d'un point de vue régence de l'île et non pour ce qu'elle était c'est-à-dire limiter mon espérance de vie.

Charlie était vraiment tendu depuis que je lui avais fait part de ma décision.

Nous suivîmes l'ordre du jour habituel du conseil, ayant juste rajouté à la fin, un vote. J'avais vu des interrogations dans le regard de nombreux d'entre eux lors de la lecture de l'ordre. Il était rare que je demande un vote, étant habituellement sûre de mes décisions.

Une fois tous les points réglés, ce fut enfin le moment de vérité, je décidais de le faire sans détour :

-Je me suis absentée de nombreuses fois de l'île pour des raisons médicales, les médecins viennent de me diagnostiquer une sclérose en plaques.

Je vis les yeux s'écarquiller autour de la table, je n'osais pas regarder ma fille de peur de lire de la tristesse dans ses yeux ce qui me ferait perdre tous mes moyens.

-Mon état est stationnaire et avec mon traitement rien ne permet de dire si celui-ci va se dégrader ou non dans l'immédiat. Cependant, j'ai des doutes sur mes capacités lors des représentations publiques sachant que je pourrais faire une paralysie à tout moment.

Je fis une pause, laissant aux membres du conseil le temps de comprendre là où je voulais en venir.

-Je souhaite donc aujourd'hui que nous votions pour donner à Isabella la régence de l'île dans un futur proche.

Je vis les mâchoires se décrocher et les yeux converger sur Isabella.

Je n'osais toujours pas aller lire dans les yeux de ma fille ce qu'elle ressentait à ce moment-là quand une plainte me parvint.

-Mère non…

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Quel point de vue désirez-vous pour la suite ? Carlisle, Charlie, Jasper, Edward, Bella ? Dites-moi tout !