Coucou !
Voilà le premier chapitre.
Merci Léa Mikaelson pour ta review d'encouragement, ça fait chaud au cœur :-)
N'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas dans les chapitres à venir, c'est ma première traduction et j'ai vraiment envie de vous donnez à voir toutes les nuances de cette magnifique fic ;-) (et aussi parce que je veux progresser !)
Pour les avertissement allez voir le précédant chapitre ;-)
Sinon, bonne lecture et on se retrouve en bas ;-)
Chapitre 1
Maintenant, viens le monstre
Cueillir des champignons était une corvée que j'avais toujours aimé faire. Cela me permettait de faire une promenade dans les bois, en appréciant la paix et la tranquillité ambiante. Notre petite maison était vraiment très calme ces derniers temps. Mère parlait à peine et Père semblait tout le temps harassé, comme si le temps l'avait soudain rattrapé de tout son poids.
Grigor n'avait jamais été très bavard de toute manière, il passait donc la plupart de son temps à l'extérieur chassant et prenant soin de notre petit champ.
Habituellement, j'appréciais le silence mais maintenant les sons du quotidien me manquaient terriblement. Parler, rire. Crier et râler.
Mais il semblait que toute la joie s'était dissipée lorsque Katerina était partit.
Elle était partit il y a de cela sept mois et je pensais à elle.
Toujours. Et chaque jours qui passait.
Elle n'avait envoyée aucune lettre, mais cela ne m'étonnait pas : aucun de nous ne savaient lire ou écrire et je savais que c'était cher de faire appel à un scribe, en particulier un qui pouvait écrire en bulgare.
Je me demandais même s'il y avait de tels scribes en Angleterre. Père était le seul dans notre maisonnée qui pouvait se targuer de savoir lire, Grigor avait eu la chance d'apprendre mais il n'en avait pas été intéressé pour autant.
Je me relevais en pensant avoir ramassé mon comptant de champignons, tout du moins assez pour faire un bon ragoût.
J'étais sur le point de rentrer lorsque je tombais sur un groupe composé de quelques filles du village. L'une d'elles était Mascha, la jeune fille dont le frère avait ruiné la réputation de Katerina. Il avait tenu des propos terribles sur elle à tout les villageois qui souhaitaient l'écouter.
Justement, en parlant de commère...
« Tout va bien pour ta soeur ? », demanda une Mascha moqueuse. « J'ai entendue dire qu'elle travaillait comme prostituée maintenant ».
Toutes les autres filles commencèrent à rire.
Pour la sûreté de son minois, je fis comme Mère m'avait suggérée de faire dans ce genre de circonstances : je les ignoraient.
Je fis donc volte-face et commençais à m'éloigner d'un pas vif.
« Tout le monde pensent que tu deviendras comme ta sœur », continua Mascha. « Mon frère dit que tu ouvriras tes cuisses au premier homme qui le demandera. »
Je cessai net de marcher.
Pardonnez-moi Mère.
Je me tournais lentement vers les filles.
Elles n'en ont rient que davantage lorsque je me suis dirigée en souriant vers Mascha.
« Au moins, mon nez n'est pas cassé. », dis-je calmement.
Elle me regarda l'air confus.
« Quoi ? »
Je souris et lui mit une droite au visage, exactement comme Grigor m'avait appris à le faire dans le cas où quelqu'un viendrait me chercher querelle.
Je doutais avoir casser le nez de Mascha mais elle saignait de manière abondante. Je ne pus empêcher un sourire de fleurir sur mes lèvres alors qu'elle hurlait comme un goret qu'on égorgerait.
« Espèce de sale chienne ! Attends que mon père soit mis au courant de ça ! »
Cela aurait pu m'inquiéter davantage que je ne l'étais car son père était l'homme le plus riche du village, mais à ce moment j'étais trop occupé à prendre plaisir à la situation pour m'en préoccuper.
À un tel point que je sifflotais de satisfaction un air paillard -que m'avait appris Grigor- en me dirigeant vers la maison.
Je me sentais bien mieux que durant ces dernières semaines.
Malheureusement, le sentiment ne dura pas longtemps : je commençais à réaliser les conséquences de ce que je venais juste de faire. Je savais que je serais punie, mais je me convainquais en me disant que cela valait la peine.
J'avais autrefois été fessée pour avoir agit de manière inconvenante mais aujourd'hui, quelqu'un d'aussi vieux que moi devrait mieux savoir se contenir. À plus forte raison, une femme, ne devrait jamais agir comme je l'avais fait.
Autant dire que j'étais un peu nerveuse lorsque j'atteignis le cottage.
Je pris donc ma résolution à quelques mètres de l'entrée : je devais le dire à mon père avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. La part naïve en moi espérait vraiment ne pas devoir le faire.
Je ralentis la cadence de mes pas lorsqu'en relevant la tête de mes souliers je remarquais soudain un étrange cheval noir installé maintenu par une corde sur la poutre des étables.
Il semblait que nous avions des invités.
Je fus énormément soulagée.
Au moins je n'aurais pas à annoncer tout de suite la mauvaise nouvelle à Père.
Je respirais tout de suite mieux.
À en juger par la selle de qualité, notre invité était quelqu'un qui avait de l'argent.
Oh non, serait-il possible que le père de Mascha soit déjà là ? Je pensais un fol instant me cacher dans les bois mais cela n'aiderait pas, je serais seulement plus en difficulté en revenant, l'estomac dans les talons.
Je pris une profonde respiration et m'avançait à l'intérieur, mon panier de champignons dressé devant moi dans un bouclier dérisoire.
Je me figeais net à l'entrée, mes yeux clignant furieusement devant la scène totalement improbable qui se figurait devant mes yeux.
Il y avait quelqu'un couché au sol. Les bras en avant -comme si même au-delà de la mort il tentait de s'enfuir- et le cou tordu dans une position humainement impossible.
Mes yeux clignèrent encore plus furieusement et ma bouche béa sous le choc de la réalisation.
Le corps avachit sous mes yeux était celui de Grigor.
« Grigor ! », m'époumonais-je en retrouvant soudain l'usage de la parole. Mes jambes décidèrent de se mouvoir d'elles-mêmes et je me jetais à genoux à ses côtés.
Lorsque je touchai son visage, je sus qu'il était mort. Je veux dire, réellement mort.
Je refusais néanmoins de l'accepter.
Puis, je vis Père. Il était lui aussi allongé sur le sol.
« Nonononononon !... »
J'étais déjà en état de choc, mais le bruit d'un objet tombant sur le sol me fis lever les yeux.
Il y avait un homme adossé au mur, il venait juste de jeter au sol le corps exsangue de Mère.
Le bruit mat se répercuta jusque dans les tréfonds de mon esprit.
Mon regard fut immédiatement aimanté sur le corps malgré le danger imminent représenter par l'homme.
Ses yeux étaient ouverts mais il n'y avait aucune lumière en eux.
Elle avait disparu.
Ma bouche s'ouvrit, je voulais crier mais rien ne sortait.
Lentement, l'homme se retourna et me regarda.
Ce ne pouvait être un homme son faciès était celui d'un monstre, ses yeux tournant de plus en plus sombre alors qu'il me lançait un regard glacial.
Et puis, il sourit, le sang maculant ses canines pointues.
Je n'avais jamais cru aux monstres, mais maintenant que je l'avais en face de moi, je savais que je regardais la mort elle-même.
Mon esprit me criait de courir mais comment peut-on échapper à la mort ?
Je n'eus même pas le temps de cligner des yeux qu'il était déjà en face de moi, m'arrachant au sol.
Il parla, mais je ne pouvais pas le comprendre.
Il fronça les sourcils et tenta de nouveau en bulgare, cette fois-ci.
« Es-tu une Petrova ? »
Je ne pouvais pas lui répondre, et ce, même si je l'aurais voulue. Tout mon corps était engourdi. Tout ce que je pouvais faire était de fixer la noirceur qui baignait dans son regard. Je ne pouvais toujours pas bouger, son étau me gardant en place aussi sûrement que la menace de ses crocs.
« Réponds-moi, gamine. », demanda-t-il et il écrasa mon bras avec tant de force que je me mis à hurler.
« Va au diable », lui crachais-je de toute la force de mes deux poumons.
Pas très intelligent certes, mais que pouvait-il me prendre de plus ?
Je repoussais la douleur qui sourdait à mes tempes avec l'assurance tranquille que j'allais suivre ma famille d'ici peu de toute façon, j'en étais sûre.
Le monstre me regarda un peu surpris, puis il ria.
« Oh oui, tu es bien une Petrova, je peux le sentir. »
Je tremblais quand il se pencha vers moi, reniflant mon cou.
Avant que je ne réalise ce qu'il se passait, il attrapa mes hanches et me jeta en travers de son épaule.
J'ai hurler, plié en deux sur son dos, lui balançant des coups de poings et de pieds aussi fort que je le pus, mais je ne le faisais même pas ralentir.
Un clignement des yeux plus tard et nous étions à côté du cheval luxueux.
Il me plaça sur le sol en face de lui et saisit durement mon menton.
« Tu n'émettras pas un seul son tant que je ne t'autoriserais pas à le produire, tu ne te débattras pas et tu ne feras rien d'autre que m'obéir. »
Je voulais lui crier dessus, mais je ne pouvais pas. Instinctivement je touchais ma gorge et essayais encore mais rien ne sortit.
Mais que m'avait-il fait ? Je levais les yeux et je vis que ma terreur l'amusait, il souriait.
« Vois-tu, maintenant ? À présent, tu feras exactement ce que je te dis de faire. »
Je sentis mes yeux s'embuer je n'avais jamais autant haï -avec autant de violence que de spontanéité- quelqu'un de ma vie . Il ne semblait pas heureux non plus.
« Pas de pleurs. », ordonna-t-il afin de me faire cesser immédiatement.
Ma terreur allait grandissante alors que je me demandais de quelle magie noire devait-il user pour me contrôler ? Je ne pouvais lutter lorsqu'il m'a placé sur la selle de son cheval juste avant de monter derrière moi. Désespérément, je tentais de tourner ma tête, je voulais voir une dernière fois ma maison, mais il ne me le permit pas.
Ma famille était morte.
J'aurais pleurée si j'avais pu mais je n'étais pas en mesure de verser une seule larme.
§§§§§
A suivre...
