Me revoici comme promis avec le premier chapitre. C'est un premier chapitre donc je mets l'histoire en place tranquillement. Cette semaine se sera Harry et par la suite Draco, en alternant comme ça chaque semaine. Ils seront séparés pendant quelques chapitres, mais ne vous inquiétez pas, ils seront bientôt réunis. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne lecture et n'oubliez pas que les commentaires sont toujours appréciés ^-^

UPDATE : J'ai ajusté mes temps de verbes, merci de me l'avoir fait remarqué :)


Chapitre 1 - Vivre

Un jeune homme marchait tranquillement dans les rues de Londres. On était en plein mois de février et la neige recouvrait le sol. Malgré la noirceur de la ruelle, il savait où aller. Harry chantait tous les soirs dans ce bar miteux. Il allait surement encore chanter pour un auditoire totalement saoul et se faire draguer par de vieux pervers en manque, mais il n'avait pas le choix, c'était sa principale source de revenue.

Une vieille bâtisse décrépie apparut devant lui, dans le fond d'une rue. Malgré l'extérieur maussade et peu accueillant, Harry savait que l'ambiance à l'intérieur était toute autre. Comme on était dimanche soir, le petit club serait bondé. Les gens n'avaient généralement pas envie d'aller travailler le lendemain. Malgré l'aspect rustique de l'endroit, la bière, et surtout son prix, faisait venir les plus gros buveurs de Londres. Harry, après avoir salué le bouncer, entra par derrière. Pas question de traverser la foule avec sa précieuse guitare dans les mains.

- Hey Harry !

- Hey Dean ! Comment va la soirée ?

- Ça roule tout seul. Le pourboire coule à flots !

- J'espère qu'il en sera autant pour moi, dit-il au barman.

La soirée fut en effet riche en pourboire. Il chanta et joua presque toutes les pièces de son répertoire, les gens en redemandant. Ce qui lui valu une belle petite somme. Il pourra enfin remplacer la paire de souliers trouée de Teddy.

C'était donc vers 4 heures du matin qu'Harry rentra enfin chez lui, dans son petit appartement décrépi. Il ne le payait pas cher c'est vrai, mais il en valait bien le prix. Il ouvrit la porte le plus silencieusement possible, mais celle-ci, ayant bien besoin d'un peu d'huile, produit un grincement qui résonna dans toute la pièce, car oui il n'y avait qu'une pièce dans l'appartement, ou deux si on comptait la salle de bain.

- Harry c'est toi ?

- Oui c'est moi Teddy. Chut ! Rendors-toi, tu as école demain.

Il déposa sa guitare par terre et rejoignit, en quelques pas, le seul lit de la pièce dans lequel un jeune brun était endormi, enfin presque endormi. Mais quelques caresses de cheveux à peine et l'enfant était de retour au pays des rêves. Il serrait très fort une petite couverture rouge brodée d'un lion en or ; seul héritage qu'Harry avait encore avec lui. Cette couverture lui avait tenu compagnie toutes ces années, son rôle était maintenant de réconforter le plus jeune.

Harry aurait bien aimé aller le rejoindre au pays des songes, mais il n'avait pas le temps pour le moment. D'abord, il devait prendre une douche pour enlever cette odeur d'alcool et de cigarette. La salle de bain était composée d'un évier qui tenait à peine debout, d'une toilette cernée, malgré tous les effort d'Harry pour la nettoyer, d'une douche à peine assez grande pour y tenir et, bien sûr, l'eau chaude était un luxe qu'il ne pouvait se permettre. Il prit donc une douche froide de deux minutes, juste assez pour dire qu'il était mouillé.

Ensuite, il se devait de faire les comptes. On était à la fin du mois, il devait donc payer son loyer, son électricité, l'école de Teddy et voir ce qui lui restait. C'est avec découragement qu'il vit qu'il lui restait tout juste de quoi payer l'épicerie de la semaine et les nouveaux souliers de Teddy. Il devra lui annoncer qu'il ne pourra pas lui financer son voyage scolaire. Il savait que Teddy ne lui en voudrait pas, mais il se sentait coupable de ne pas pouvoir faire plus.

Bientôt 5 heures, Teddy allait se lever pour aller à l'école. Il devait faire 2 heures d'autobus chaque matin et chaque soir. Harry ne voulait pas que Teddy aille dans une école du quartier fréquentée par les voyous où il risquait de subir des mauvais traitements. Teddy était une jeune homme renfermé et timide, Harry voulait un lieu sécuritaire. L'école était cher, même très cher. La majorité des économies d'Harry y passait, mais il voulait ce qu'il y a de mieux. Le directeur de Poudlard avait même accepté qu'Harry paie chaque mois, au lieu d'une seule fois au début de l'année.

À 5 heures, Harry du se résigner à réveiller l'ange endormi.

- Teddy, mon grand, c'est l'heure de se lever.

Teddy, sans rouspéter, se leva machinalement. Il se lava, mit son uniforme et prit son petit déjeuner qui consistait en un bol de céréales. Harry, pendant ce temps, fit son lunch et à 5h30, ils étaient prêts à partir. Harry accompagnait toujours Teddy à l'école. Cela lui faisait 8 heures d'autobus par jour, mais il ne voulait pas laisser l'enfant y aller tout seul. Avec les gens qui trainent, on ne sait pas ce qui pourrait lui arriver. Il ne se plaignait pas vraiment de la distance. Cela lui donnait l'occasion d'écrire et de composer ses chansons. La musique était toute sa vie, c'est grâce à elle qu'il a pu survivre à toutes ces années d'enfer. Il ne voulait pas que Teddy vive la même chose, jamais.

Ce n'est qu'une fois de retour vers 10 heures, qu'Harry pu enfin se laisser aller au sommeil, mais dès 13 heures, il devra se lever pour aller chercher Teddy.

Teddy était dans la vie d'Harry depuis maintenant 5 ans. Ils s'étaient rencontrés dans la rue. Teddy était orphelin tout comme lui. Il avait à peine 6 ans à cette époque et déjà il devait mendier pour obtenir de quoi survivre. Harry apprit par la suite, qu'après qu'un incendie ait ravagé sa maison, tuant ses parents et sa jeune sœur, Teddy fut mis à la porte de chez sa tante qui devait s'occuper légalement de lui. Elle ne désirait pas avoir d'enfants et le considérait comme une nuisance. Harry, qui avait connu une enfance semblable, le prit rapidement sous son aile et lui promit de prendre soin de lui. C'est à ce moment qu'il essaya de trouver un emploi. Il travailla un peu partout, pour de maigres salaires, mais au moins, après plus de 6 mois ensemble dans la rue, il put fièrement ouvrir la porte de son premier chez eux. À 15 ans, Harry avait enfin un toit. 5 ans plus tard, ils étaient dans la même situation, mais au moins, ils n'étaient plus à la rue.

Le trajet du retour avec Teddy était toujours plus amusant, celui-ci aimait raconter sa journée avec enthousiasme. Il adorait l'école et apprendre. Plus tard, il voudrait devenir architecte, bâtir de belles maisons qui seront à l'épreuve du feu. Harry était content qu'il s'investisse tant dans ses études. Cela lui prouvait qu'il ne dépensait pas cette somme d'argent pour rien. Même s'il ne pourra jamais avoir de grandes études, Harry savait qu'au moins Teddy pourra un jour vivre heureux.

- Alors mon grand, vous avez fait quoi aujourd'hui ?

- C'était trop génial ! En classe de science, la classe a explosé !

- Quoi ? Comment ça explosé ?

- Bah, je sais pas trop en fait. Mais le professeur Rogue était rouge de rage haha. Tu aurais du voir sa tête Harry. Je pense que le bout de ses cheveux a pris feu !

- Et toi, ça va ? Vous n'avez rien eu ?

- Nah nous on n'a rien, c'est qu'au bureau du prof que ça a merdé ...

- Langage Teddy ...

- Je crois que c'est le gros Marc et sa gang qui ont remplacé un truc dans la réserve de Rogue, du coup, boum !

Teddy continua le récit de sa journée et Harry se disait que, si à 11 ans ils pouvaient faire ça, il n'imaginait pas quand ils en auraient 15. Les prochaines années risquaient d'être pleine de surprise.

Comme chaque jour, ils arrivèrent chez eux vers 17 heures. Harry prépara un "repas", bon c'était des pâtes avec du ketchup, mais au moins ils mangeait et Teddy ne s'en plaignait pas. Après, c'était l'heure des devoirs. Ce qui était généralement une partie de plaisir. Harry ne cessait de se répéter à quel point il adorait ce gamin. Un enfant qui aimait faire ses devoirs, c'était magique ! Après, il y avait le moment jeux. Il n'avait pas la télé, ni de jeux vidéos, mais ils aimaient bien jouer avec ce vieux paquet de cartes. C'était un des seuls moments de la journée qu'ils avaient à eux. Puis vers 19 heures, venait le couché. Harry l'installa confortablement dans le petit lit qu'il occupait pendant la journée. Et parfois, comme ce soir, Teddy exigeait une histoire. Ce n'était pas compliqué, ils n'avaient qu'un seul livre. Heureusement qu'il avait appris à lire avec une de ses familles d'accueil qui voulait d'un jeune homme bien éduqué. Le livre en question s'intitulait Le Petit Prince. Même si Teddy le connaissait par cœur, il ne se lassait pas d'entendre et de réentendre le récit de ce jeune aventurier.

Ce n'est que vers 21 heures qu'il pu enfin partir travailler. Son spectacle commençait à 23 heures. On était lundi soir et Harry savait que ce serait une soirée tranquille. Il devra attendre vendredi pour revoir une hausse de la clientèle. S'il était chanceux, il se fera quoi, 10 $. Harry n'était pas payé pour ce qu'il faisait, le patron du bar l'avait bien averti, il n'avait le droit que de repartir avec ce que les gens voulaient bien lui donner. Comble de malheur, Dean ne travaillait pas la semaine. Il devra encore subir les avances de Denis, le barman sur semaine. Harry avait beau le rejeter chaque soir, celui-ci continuait à lui faire des avances de plus en plus entreprenantes.

Il entra comme à son habitude par la porte arrière. Le bruit était beaucoup moins fort que le soir précédent. Et comme il s'en doutait, Tom était bien là pour l'accueillir.

- Hey Harry ! Mais tu es bien sexy ce soir mon cher, ce pantalon moule tes fesses à merveille.

- Lâche-moi Denis, je dois me préparer.

- Le petit lion sort ses griffes. Je suppose que tu es une bête au lit ?

Harry fut sauvé par le patron qui fit remarquer que des clients attendent au bar. Il serait tranquille pour un petit moment. Il profitait de cette heure pour pratiquer un peu, éclaircir sa voix et mémoriser ses nouveaux textes.

C'était maintenant à lui de monter sur scène, accompagné de sa fidèle amie. Il aimait ce moment, il aimait la scène. Bien sûr, la majorité des gens ne l'écoutait pas, mais il savait que quelques uns prenaient le temps de savourer sa musique. Il était fier, fier de pouvoir rejoindre quelques personnes à travers ses textes.

Il n'avait plus besoin de se présenter, les gens le connaissait. Pourtant, ce soir, il allait chanter un nouveaux texte.

- Bonsoir, ce soir j'ai une nouvelle chanson pour vous. J'espère que vous apprécierez la pièce Vivre.*

Une douce mélodie se fit entendre, avec une touche de jazz, pour réchauffer les cœurs. Puis la voix grave d'Harry enveloppa la pièce.

Quand on se met à espérer
Que la mort vienne nous chercher
N'y a-t-il aucun espoir ?
Avons-nous encore besoin d'y croire ?

Je n'ai pas demandé à naître
Toujours me juger sans me connaître
Je ne voulais pas exister
Si c'est pour ne jamais connaître la liberté

Pourtant je veux vivre, vivre, vivre

Viens me chercher, oh oui je t'attends, je t'attends

x2

Je suis enchaînée
Condamnée à ne jamais rêver
Quand la vie est déjà tracée
À quoi bon essayer de lutter ?

Une vie de solitude
Une vie d'incertitude
Les miracles n'existent pas
L'amour ne sera jamais pour moi

Pourtant je veux vivre, vivre, vivre

Viens me chercher, oh oui je t'attends, je t'attends

x2

Une abomination
À t'elle sa place dans un monde de perfection ?
Une personne qui a perdu ses ailes
Pourra-t-elle à nouveau avoir confiance en elle ?

Un masque s'est forgé au cours des années
Les larmes de souffrances y sont plus facilement dissimulées
20 ans à maudire son destin
À espérer que tout cesse enfin

Pourtant je veux vivre, vivre, vivre

Viens me chercher, oh oui je t'attends, je t'attends

x2

Comment peut-on espérer voler
Quand on ne sait même pas marcher ?
Si seulement j'avais droit moi aussi au bonheur
Peut-être une étincelle ferait rebattre mon coeur.

Viens

Le dernier mot était à peine murmuré. Cette chanson était tellement personnelle. Il y eu quelques applaudissements et cela était le plus grand bonheur d'Harry, il n'avait pas chanté pour rien, on l'écoutait.

Pourtant un applaudissement résonnait encore plusieurs secondes après la fin de la chanson. Harry leva les yeux sur la foule et se figea.

Non ! pas lui ! Tout mais pas lui !

Un jeune homme le fixait, un immense sourire sur le visage. Harry le vit prononcer ces mots : Enfin je te retrouve Harry !

Son pire cauchemar se trouvait devant lui, et il ne pouvait rien faire.


* Le texte est aussi de moi. Ce n'est pas une chanson existante.

Merci d'avoir lu et à la semaine prochaine pour la suite ! ^_^