Un grand merci a Cissy, CptJackHarkness, Anaid, Jay et Kushera Knez pour leurs avis, ainsi qu'à tous les lecteurs qui lisent cette petite histoire : )
Et voila, j'étais partie pour une histoire courte avec seulement trois chapitres mais à l'écriture de celui-ci, je me suis vite rendu compte que cela n'allait pas pouvoir être possible. Cela sera donc une histoire un peu plus longue de prévu sorry : )
Enjoy : )
Reprenant son souffle après les trente secondes les plus longues de sa vie, Colby ne cessa pas de se demander par quel miracle il avait réussi à traverser ce no-mans-land sans plus de dégâts que des genoux écorchés. La couverture que Don lui avait fournie s'était révélée très efficace, surtout lorsque ce dernier avait réussi à atteindre un de leurs assaillants qui, à en juger par son absence de tir, avait sans aucun doute rejoint le monde des morts .
Cependant, même si il y avait une menace en moins, il en restait quatre autres, et non des moindres. Sans parler d'un nouvel enjeu, le plus important qu'il soit à présent : garantir la sécurité de son patron, toujours encerclé et quasiment à découvert. Durant sa traversée, Colby avait compté cinq tirs, ayant reconnu entre mille le bruit de sa propre arme ainsi que le Glock de Don… Pas besoin d'être Charlie Eppes pour faire le calcul. Quatre balles séparaient à présent l'agent Eppes d'une mort certaine. Désormais à couvert derrière une benne à ordure malodorante, il ne lui restait plus qu'a se frayer un chemin en toute direction afin de surprendre l'un des attaquants.
Lorsque de nouveaux tirs retentirent, il ne put s'empêcher de culpabiliser. Il avait volontairement désobéi à un ordre direct. Une telle action qui, s'il aurait encore servit dans l'armée, aurait été passible d'un jugement en cour martiale avec de terrible retombées pour sa carrière. Maintenant qu'il officiait au sein du FBI, il n'avait plus qu'à espérer que les sanctions seraient moins radicales. Et si jamais son plan ne se passait comme prévu et que Don était blessé ? Il aurait des comptes à rendre à toute l'équipe, sans parler de Charlie et Alan ! Tous le détesteraient jusqu'à la fin de ses jours, à part peut être David mais …Réalisant qu'il perdait du temps à réfléchir aux conséquences de son refus d'obtempérer aux demandes de son supérieur, il préféra se re-concentrer sur la mission au combien difficile qui l'attendait à présent.
D'instinct, son regard balaya les alentours, faisant mentalement un compte rendu des positions précises des tireurs. Localiser les menaces était la première chose à faire avant de choisir un itinéraire pour les atteindre le plus discrètement et le plus efficacement possible. Rapidement, l'agent Granger cibla l'un des hommes, situé à quelques mètres de lui, bien à couvert derrière un gros tout-terrain vert. Le tireur lui tournait inconsciemment le dos, bien trop occuper à essayer d'atteindre Don pour percevoir sa présence. Une erreur qui lui serait probablement fatale.
Sans faire le moindre bruit, il s'approcha, rapide comme l'éclair. La main étroitement serrée sur la seule arme qu'il possédait, le regard fixé sur sa cible, il arriva bientôt à son niveau. Toujours prit dans sa mission, le tireur, un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, de type hispanique et surtout, armé d'un fusil d'assaut M16 qui semblait flambant neuf. Ne perdant pas une seconde, voyant que l'ennemi s'apprêtait à tirer une autre volée de balles potentiellement mortelles vers son patron, Colby n'hésita pas une seconde. D'un geste brusque, il plaqua sa main libre sur le visage de son adversaire afin de l'empêcher de faire le moindre bruit susceptible d'alerter un de ses complice tandis qu'avec synchronisation, il trancha la carotide saillante à l'aide de son couteau.
Sans aucune chance, le tireur s'affaissa dans ses bras et il le déposa lentement au sol, toujours en maintenant une discrétion remarquable. Vérifiant une nouvelle fois que le jeune homme était bien mort, il entreprit de le dépouiller de toutes ses armes, afin d'envoyer à Don de quoi se défendre alors qu'il continuerait sa traversée funeste. Hormis le M16 et un long couteau acéré, qui semblait bizarrement semblable à celui qu'il attachait chaque jours à sa cheville pour pouvoir être prêt pour n'importe quelle situation, l'agent Granger ne trouva rien de plus sur le corps encore chaud du tireur. Décidant que le temps de se poser des questions quant à l'origine de ces armes militaires pourrait attendre un instant un peu plus propice, il s'empara du fusil d'assaut et éloigna la lame du corps par simple mesure de sécurité avant de se redresser.
Fronçant les sourcils, il ne put s'empêcher de remarquer que le tireur qu'il venait d'abattre avait visiblement un peu d'expérience dans le domaine des embuscades. L'endroit qu'il avait choisit pour se poster offrait un angle de tir optimal sur une bonne partie du parking dans lequel ils se trouvaient. Une chance que Don ait été hors d'atteinte derrière le SUV. En pensant à ce dernier, Colby réalisa que c'était justement le bon moment pour inverser un peu les rôles en donnant à son patron de quoi se défendre. La surprise des trois autres tireurs jouerait en leur faveur, c'était une certitude.
Sortant son téléphone portable, faute de talkie-walkie resté avec le reste de leurs équipements dans la malle du SUV, Colby composa rapidement le numéro de son patron, priant silencieusement pour que celui-ci décroche. Heureusement pour l'agent Granger, dès la première tonalité, la voix furieuses de Don rugit à son oreille, le faisant grimacer légèrement tandis qu'il se demandait s'il aurait un jour la chance de retrouver son audition.
- GRANGER ! T'AS INTÉRÊT D'AVOIR DE BONNES NOUVELLES SI TU VEUX PAS QUE J'UTILISE LE PEU DE MUNITION QU'IL ME RESTE POUR TOI ! Hurla Don, fou de rage.
Sachant que raisonner son parton lorsqu'il était dans un tel état était inutile, Colby décida d'aller droit au but.
- Il en reste encore trois mais j'ai un M16 tout neuf pour toi ! Ecoute Don, tu ne peux pas bouger de là alors je vais essayer de m'approcher au maximum et te le faire passer, tu as comprit ?
Sans attendre de réponse, il raccrocha rapidement. Malheureusement, il comprit vite que se rapprocher de Don allait être l'étape la plus complexe de son plan, étant donné la distance qu'il allait devoir parcourir à découvert. Pour une personne normale, dix mètres ne signifiaient pas grand-chose mais quand on s'apprêtait à traverser ces fameux dix mètres sous un feu ennemi très fournis, ces quelques secondes paraissaient durer une éternité. Une si longue éternité qu'il se demanda s'il ne valait pas mieux tenter d'atteindre les autres tireurs de sa position actuelle à l'aide du M16. Après une courte réflexion, il écarta rapidement cette idée car, même si, durant ses années de services au sein de la prestigieuse compagnie des Rangers, il avait apprit à être un sniper d'exception, il savait aussi que sa position et, plus important encore, la sécurité de Don serait compromise au premier tir.
La discrétion devait être le maitre mot pour sortir de cette histoire mais plus le temps passait, plus la situation s'enfonçait profondément. Les trois tireurs commençaient à se douter de quelque chose. Les tirs avaient ralentis leurs cadences, laissant heureusement à Don un peu de répit mais Colby savait que la seule raison d'un calme si inhabituel était dû au fait que les tireurs étaient à sa recherche. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'ils ne découvrent sa position, ce qui signifiait donc qu'il allait devoir bouger, et vite de préférence.
Alors qu'il cherchait le moyen le plus sécurisé pour atteindre le deuxième tireur, situé à seulement une cinquantaine de mètres de lui, son téléphone se mit à sonner. A la vue du nom de Don sur l'écran, il ne put s'empêcher de grimacer, redoutant le moment où il annoncerait à son patron qu'il ne pourrait finalement pas lui apporter le M16 tant attendu.
- Don, tu va devoir attendre un peu pour le M16. Ils ont arrêter de tirer, ils sont en train de me chercher, j'aurais pas le temps de me déplacer à découvert !
- Mais … Je fais quoi moi en attendant ?
- Reste à couvert ! Je suis en route pour neutraliser le deuxième tireur. Écoute Don, si jamais je suis repéré, je veux que tu en profite pour récupérer nos munitions et ton gilet !
- Quoi ? Mais tu ne va pas te faire repérer ! T'as pas intérêt Granger ! Pas après le discours de GI. Joe que tu m'a servit toute à l'heure !
Pour la deuxième fois de la journée, il n'hésita pas à raccrocher au nez de son patron, ignorant volontairement les retombées. Après tous les affronts à la hiérarchie qu'il avait commit aujourd'hui, il n'était pas à ça près, pensa t'il.
Trois tireurs … Il avait déjà fait ça des dizaines de fois, avec des hommes bien plus organisés et armés que ceux-ci. Sauf que Don n'était pas au milieu lorsqu'il luttait contre les talibans en Afghanistan…
Reportant rapidement son attention sur sa nouvelle cible. Sachant que le M16 lui serait inutile, vu le bruit qu'une seule balle était capable de faire, il le déposa silencieusement, afin de ne pas s'encombrer d'un poids inutile. Deux itinéraires s'offraient à lui pour atteindre le tireur numéro 2 : le premier qui consistait à arriver directement par la gauche tandis que le second, un peu plus long mais beaucoup moins risqué, qui, après avoir slalomé entre une vingtaine de véhicules, le ferait arriver juste derrière lui. Afin d'assurer une meilleur réussite, le deuxième chemin lui parut à la fois le plus sécurisant mais lui assurait aussi une surprise totale de la part de son adversaire.
Sachant que la moindre erreur lui serait fatale, il fit de son maximum pour se montrer le plus agile, rapide, et silencieux possible, chose qui n'était plus très évidente depuis qu'il avait quitté l'armée. Certes, son travail au FBI était assez mouvementé, mais les heures qu'il passait à taper des rapports tous plus inutiles et fastidieux les uns que les autres en mangeant des tacos avaient joué sur sa forme physique. C'était dans ces moments là qu'il se mettait à regretter les rations et les six heures de sport quotidiennes ! Après s'être promit de passer plus de temps à courir le matin, il continua sa course silencieuse. Son cœur se serrant un peu plus chaque fois qu'il entendait l'éclat d'une balle, de peur que le SUV ne soit pas une planque assez sécurisée pour Don.
Il ne lui fallut pas plus de deux minutes pour arriver silencieusement derrière le tireur numéro deux, qui n'avait absolument pas perçut sa présence. Soudain alors qu'il s'apprêtait à attaquer, répétant les même gestes que pour le numéro un, le bruit reconnaissable d'une balle retenti, suivit d'un cri tant redouté d'une voix qu'il identifierait entre mille…
Sans même s'en rendre compte, il laissa échapper un petit « Don », murmuré si bas que presque personne n'aurais pu l'entendre … Hormis le tireur numéro deux qui se retourna déjà …
To Be Continued
Et oui c'était un chapitre exclusivement centré sur Colby, le prochain sera sur Don et la suite … Bah vous verrez bien ; )
