Severus Rogue perçu l'hésitation du jeune homme. A présent, tournant le dos à l'ultime endroit à avoir supporté Albus Dumbledore vivant, le professeur de potions se demandait si, s'il n'avait pas vu cette détermination chez lui, le garçon n'aurait pas été d'une aide certaine pour tirer son vieil ami de ce mauvais pas.
Non ! Ce n'était pas le moment de penser à cela. Dumbledore avait voulue cette fin, il venait de la lui demander. A priori, il n'avait pas voulu mettre le garçon en danger, leurs chances auraient été trop minces. Oui, il lui avait demande, supplié d'en finir, alors que l'attitude de Draco était déjà à moitié tournée vers la rébellion.
Il fallait partir, à présent, ou la fin de Dumbledore attirerait l'attention de l'ennemi, de quelque bord qu'il soit.
Il agrippa Malefoy par le col de sa robe, et le fit passe devant lui, profondément perturbé par une certitude qui venait manifestement de s'effondrer. Severus devait réagir, ou les autres s'alarmeraient du changement d'humeur du gamin.
Allons, rejoignons le Seigneur des Ténèbres, avant de nous faire attraper, lui murmura-t-il à l'oreille, alors qu'il le faisait passer devant lui.
Ses paroles n'auraient pas été exemptes de soupçons de trahison, si l'un des mangemorts les avaient entendues, mais, par chance, seul le jeune homme blond les perçu. Et il en saisit le sens, ce qui eut pour effet de raffermir son regard, et d'y tempérer par de la détermination, la profonde surprise qui s'y était lue lorsque Rogue avait lancé son Avada Kedavra. Le professeur aussi, reprit contenance, en voyant changer le visage de son élève. Ils prirent tous deux encore un peu d'avance sur les autres, qui ne tardèrent d'ailleurs pas à se diviser pour régler quelques démêlés avec le service d'ordre établit par Potter, et qui, au grand soulagement intérieur de Severus Rogue, se révélait, s'il était stupidement dangereux pour les élèves, néanmoins remarquablement efficace.
Lorsque plus aucun des mangemorts ne les suivaient, il vit cependant Malefoy stopper dans son avancée. Il voulait apporter de l'aide dans le camp qu'il avait choisi, mais c'était bêtement idiot et dangereux et pas seulement pour lui. Trop de choses dépendaient de la foi que le seigneur des Ténèbres avait en certains faits, et l'alliance du garçon, à la résistance ébranlerait trop cette foi pour qu'il se permette de la laisser se faire absolument.
Draco ! Vos parents ! lui lança-t-il.
Mes parents ? fit-il plus bas, comme s'éveillant d'un songe, et réalisant que ce n'en était pas un. Ils auraient pu partir, continua-t-il de murmurer. Il y a de cela bien longtemps. Ils auraient pu changer de camp. Changer, tout simplement. Ils ne l'ont pas fait. Trop tard pour eux, lâcha-t-il, comme à regret.
Rogue se mit à paniquer. Mais son visage était resté de marbre, lorsqu'il déclara :
Ecoutez, Draco. Soit vous rentrez sagement avec moi, en feignant la joie de la victoire, soit je vous sacrifie en vous dénonçant au maître. Il est des choses de bien plus grandes importances, pour la survie de ce monde, que votre misérable petite contribution dans un camp comme dans l'autre.
Un éclair de compréhension passa dans le regard du jeune homme. Bien sûr, Rogue ne le livrerait pas de la sorte au Seigneur des Ténèbres, il inventerait quelque chose, n'importe quoi, qui puisse assurer sa survie. Mais, il lui avait fallut employer une image forte, pour qu'il comprenne en moins de temps possible, l'envergure du problème que poserait le parti de la trahison, ouvertement prit par l'élève.
A l'angle du couloir, 30 mètres plus loin, Hermione, aux prises avec un mangemort au sourire ineffaçable n'eut que le loisir de percevoir la menace que constituait Rogue envers Draco Malefoy, sans toutefois percevoir un seul des mots échangés, exceptés « . Et, tout en stupéfixant son adversaire, elle pensa que, décidément, ce blond ténébreux était bien à plaindre, s'il ne parvenait à se rebeller convenablement, sans se faire constamment ramener vers le chemin de la magie noire.
