Hop, hop, merci :
--Keikoku89, je t'ai déjà répondu ... je t'ai déjà répondu ?? Oui, j'crois bien lol. Alors biz et bonne lecture !!
--Catsumi, je ne sais pas trop si cette fic sera à la hauteur de ce que tu attends ... bah, tu verras bien lol ! En tout cas, merci pour cette review.
--Theriel ! Mdr, ah la la la ! Accro à moi ? Pas bien ! Tu es motivée pour cette fic ? Bah, c'est spécial, mais essaie toujours ! Bizzz !
--Goupixa !! Lol ! C'est excellent d'en retrouver quelque uns "d'avant" ( genre réunion d'anciens élèves mdrr ). Alors, à voir si ça te bottera, hein ! Bizzz !
Bon, ça y est, la réunion au sommet avec ma bêta a eu lieu ( clin d'oeil à toi Mayou si tu passes par là, par hasard lol ! ) et donc, ... let's go ! Je vais tâcher de publier chaque vendredi après-midi.
Bon, sur ce, ça commence vraiment :
Quand je regarde derrière, j'ai parfois l'impression que tout a commencé le jour où j'ai rejoins l'école du professeur Charles Xavier. Une sensation que rien n'a précédé. Ce sentiment s'accentue lorsque je me remémore ma toute première rencontre avec Robert Drake. A partir de cet instant, mon passé s'est effacé de lui-même, ne laissant en moi que les cicatrices de sa violence, mais les images ont disparu. Je me suis ouvert à mon futur et au contact de cet inconnu, j'ai eu envie de redémarrer à zéro.
Il y a des rencontres qui vous transforment. Celle avec Robert était l'une d'elle.
Il ne m'a fallut pas moins de Jean et de Tornade pour me rapatrier au manoir. A elles deux, elles ont réussit à me convaincre qu'une meilleure vie m'attendait derrière ses murs et que je méritais mieux que mon existence décousue et débauchée dans la rue.
D'abord sceptique, j'ai finis par les croire, curieux de voir ce que cette école avait de si fabuleux. Je les ai donc suivis et j'ai très tôt posé le pied dans l'imposant bureau du professeur Charles Xavier. Cet homme avait beau être handicapé, il imposait le respect. Je me suis donc tenu à carreau, du moins le temps de son discours sur la condition mutante et les possibilités que pouvaient m'offrir cet établissement.
Qu'il en soit ainsi. Je décidai de me poser pour un temps.
ξөөҖөөξ
- Nous allons te trouver une chambre, me lance la jeune femme aux cheveux blancs d'un ton exagérément joyeux.
Comme réponse, je lui sers un haussement d'épaule désintéressé et me contente de la suivre alors qu'elle parcoure le manoir. Elle a un bon cul quand même la mutante ... Après plusieurs minutes de promenade dans le luxe de style classique du bâtiment, Tornade, si je me souviens de son petit nom à deux balles, s'arrête face à une porte en bois et y toque plusieurs coups.
- Oui ? répond immédiatement une jeune voix masculine.
Tornade ouvre la porte, entre la première et je la suis dans ce qui m'apparaît comme une chambre. Deux lits, avec leurs tables de nuit, reposent à gauche et à droite, chacun contre un mur. Une armoire est située juste à ma droite et deux chaises à ma gauche. Sous la fenêtre est positionnée une table déjà bien occupée par des affaires scolaires.
Mais je n'accorde pas plus d'attention au décor lorsque mes yeux sont attirés par une forme assise sur le lit de gauche. Le type se met alors debout, laissant le livre qu'il était sûrement en train de dévorer et s'avance vers nous, l'air guilleret. Guilleret et niais.
- Robert, tu vas avoir un nouveau camarade de chambre, explique très brièvement la nana décolorée.
Le Robert me tend sa main droite en se présentant :
- Robert Drake
Je fixe un instant la main de mon nouveau « camarade de chambre » puis relève le regard dans le but de le dévisager. Ce qui me frappe en premier ce sont ses yeux. Je n'en ai jamais vu d'aussi bleus et profonds. Ensuite, je suis choqué par la gentillesse qui en émane. Qui émane de tout son être en fait.
Mais son style sérieux, un peu coincé sur les bords et bon fils à papa me déplaît immédiatement. J'ai presque envie de lui pincer la joue rebondie en criant « Gouzi gouzi gouzi ». C'est quand même de bonne grâce que je saisis sa main tendue et la serre avec plus ou moins d'entrain en me présentant à mon tour :
- John Allerdyce.
- Bon, je vous laisse faire plus ample connaissance, se retire subtilement Tornade. John, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas.
Je ne réponds rien et me contente d'ôter ma main de celle de Robert que je trouve particulièrement froide. La femme quitte la chambre en refermant la porte derrière elle, me laissant seul avec Bébert.
Négligemment, je me détourne de lui afin de poser mon sac sur le lit libre de droite. Dans mon dos, je sais qu'il ne me quitte pas des yeux mais qu'il est sûrement bien trop timide pour engager la conversation. Je me jette donc à mon tour sur le lit, dos au mur, et pose mes pieds directement sur la couette.
En effet, Robert, toujours planté au milieu de la pièce, me contemple d'un air indescriptible, ce qui provoque une montée de colère en moi :
- Quoi ? aboyé-je.
- Rien, réplique-t-il.
Sur ce, le pauvre petit garçon s'empresse de rejoindre son lit et s'y assoie dans le but de reprendre sa lecture là où je l'y avais interrompu. Mais désormais, c'est à mon tour de le fixer de façon exagérée.
Alors que ses yeux parcourent avec une vitesse qui m'impressionne les lignes du bouquin, sa main gauche inoccupée triture le couvre-lit. Je remarque sur le champ qu'il n'a pas des mains de gamin. En fait, Roro n'a pas un corps de gamin, juste la tête. Et bizarrement, ça doit contribuer à son air d'infinie bonté.
Qu'est-ce qu'il a l'air concentré ! Trop sérieux, je l'avais bien dit. Je dévie mon regard vers le bouquin en question afin d'en découvrir le titre. « Roméo et Juliette » de Shakespeare. Non mais je rêve là ? Bon ok, je ne l'ai jamais lu, mais il ne peut pas lire quelque chose de plus original ?
- Quoi ?
Sa question me prend de court, d'autant plus que je rencontre ses yeux impressionnants même si ces derniers n'expriment aucune animosité, juste de l'étonnement. Je tente donc de faire un effort de sociabilité et questionne :
- C'est bien ce que tu lis ?
- Roméo et Juliette ? s'étrangle Robert en se redressant. Tu ne l'as jamais lu ?
- Est-ce que j'ai une gueule à lire du Shakespeare ?
Ma répartie le frappe de plein fouet, comme si je venais de lui foutre une baffe. Son visage se ferme et il baisse la tête, l'air blessé. Oh mon Dieu ! Je tente de rattraper le coup, histoire d'éviter que le petit s'ouvre les veines :
- Alors ? C'est bien ou pas ?
Les yeux de Robert se plongent à nouveau dans les miens mais c'est avec un peu de froideur qu'il me répond :
- C'est la quatrième fois que je le lis. C'est beau et triste. Une histoire d'amour impossible en fait.
Je renifle de dédain. J'aime pas les histoires d'amour à l'eau de rose. D'un coup, je décide de poser la question qui m'intrigue depuis que je l'ai rencontré :
- T'as quel âge ?
- 17 ans. Je suis arrivé il y a deux semaines, lorsque j'ai su que j'ai eu mon bac. Mes parents croient m'avoir envoyé dans une prépa banale.
Oh coco ! Je t' ai juste demandé ton âge, pas ta vie !
- Et toi ?
Quoi ? Il veut que je lui raconte ma vie ? Rêve ! Cependant, je peux au moins lui avouer mon âge :
- 22 ans.
Robert hoche la tête d'un air surpris. Quoi ? Je fais pas mon âge, peut-être ? Oui, je le sais. Soudain, une lueur s'allume dans son regard lorsqu'il demande :
- Est-ce que tu as un surnom ?
« Maître », ça t'iras ? Non, je ne suis pas à ce point dominant. Quoique ... Bref, je ne vois pas où le gamin veut en venir :
- Comment ça ?
- Moi, c'est Iceberg.
Robert s'assoie un peu plus au bord de son lit, après avoir soigneusement placé le marque-page dans son bouquin, et joint ses deux mains. Quelques secondes plus tard, il les écarte et j'y découvre avec surprise, une boule de glace. Sur le cul, je m'avance sur mon lit, posant de ce fait mes pieds à terre et tend la main droite pour toucher la boule formée. C'est bien de la glace. Elle est gelée. Impressionnant.
Je lève mes yeux vers le visage souriant et tout fier de mon camarade de chambre et rétorque :
- Cool.
Je gigote un peu afin de saisir mon Zippo de la poche droite de mon jean et l'en extirpe pour le présenter à Iceberg.
- Moi, c'est Pyro.
Ces yeux bleus s'écarquillent au moment où d'un geste habile, j'ouvre mon briquet et saisit une gerbe de flamme dans ma main gauche. Je range rapidement le Zippo et choppe la boule de glace toujours dans les mains de Robert. Je rejoins alors mes deux mains, forçant ma flamme à rencontrer sa glace et un filet d'eau s'échappe bientôt de mes mains, tâchant la moquette.
Tout en souriant, je secoue ma main puis redresse ma tête pour le regarder. Robert a l'air aux anges.
- Cool.
Un vrai sourire étire ses lèvres et du coup, entraîne les miennes à en faire de même.
- T'as pas idée à quel point, Robert ! me vanté-je en m'allongeant sur mon lit.
- Appelle-moi Bobby.
ξөөҖөөξ
Bobby. Au début, je ne me voyais rien en commun avec ce gars et je me demandais comment j'allais bien vivre avec lui. Enfin, « vivre » est un peu radical comme verbe, disons « cohabiter », car nous n'avions pas tellement le choix.
Son air coincé et timide me mettait hors de moi et je ne tardais pas à réaliser que nous étions diamétralement opposés. Que ce soit de part notre vécut, nos origines, nos goûts, nos façons de voir les choses, notre caractère et même jusqu'à nos pouvoirs ! Alors comment cohabiter dans de telles conditions ? D'autant plus que j'ai toujours eu l'habitude d'être seul et surtout, indépendant.
Alors forcément, il y a eu friction.
ξөөҖөөξ
Tout en sirotant un Coca, j'avance dans le couloir menant à ma chambre à une allure pépère. Dans le sens inverse, je croise une nana d'apparemment mon âge et sans cesser de marcher, je me retourne pour la mater. Y'a des spécimens pas dégueus dans cette école, il faut le reconnaître.
En sifflotant un air de Kiss, je pénètre dans ma chambre, sans prendre la peine de frapper. J'ignore si mon camarade de chambre est présent ou pas et, en toute honnêteté, je m'en branle.
Il est présent. A peine rentré, je le découvre en train de ramasser mes vêtements à terre pour les jeter sur mon lit. Alors forcément, je braille en claquant la porte :
- Qu'est-ce tu fous ?!
- Je fais du rangement. C'est devenu une vraie porcherie ici, répond-il sans prendre la peine de me regarder.
Par des gestes vifs, l'Iceberg entreprend de regrouper mes affaires, étalées sur la table en bois, bien dans le coin qui m'est attribué.
- Tu veux pas carrément faire une démarcation ? persiflé-je avant de boire une gorgée.
Bobby pose alors ses yeux bleus sur moi et fixe immédiatement mon Coca. C'est d'un air contrit qu'il lâche :
- Et évite de manger ici. A chaque fois, y'en a partout.
- Quoi ?!
Il se prend pour qui là au juste ? Ma mère ? Forcément, je passe à l'attaque :
- C'est toi qui décides des règles, c'est ça ?
- Non, mais un minimum d'ordre et de netteté ne fait pas de mal.
- Je hais l'ordre et j'ai jamais été net, répliqué-je avec véhémence.
- Et bien, il va falloir faire un effort si on veut que tout se passe bien, conclut Bobby en se tournant enfin vers moi, après avoir finit de ranger la table.
- Qu'est-ce que t'appelles « tout » ?
- On est camarades de chambre. Faut qu'on prenne tous les deux sur soi pour que l'ambiance soit vivable et qu'on se supporte. Ça fait presque un mois que tu es ici et franchement ...
Bobby paraît subitement mal à l'aise et c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je me rapproche de lui et crache :
- Franchement quoi ? Vas-y, assume maintenant, vas jusqu'au bout !
Ses yeux fuient mon regard appuyé et furieux alors qu'il développe :
- On n'a pas la meilleure des cohabitations qui soit. Tu fais rien pour la chambre et on n'a pas spécialement de contact. Tu te contentes d'aller et venir à droite et à gauche sans trop t'impliquer, ni participer à quoique ce soit.
Non mais c'est qui ce gamin pour qu'il se permette de me juger ?! Mon Zippo se met instantanément à me démanger mais je ne m'en empare pas, une meilleure idée me venant à l'esprit :
- Tu veux voir ce que j'en fais de ton ordre et de ta netteté ?
Le regard intrigué de Bobby se pose alors sur moi tandis que je recule jusqu'à son lit et tend mon bras pour déverser ma canette de Coca à moitié pleine sur ses draps. Quelque chose de piteux, comme de la peine ou encore de la douleur, traverse ses yeux bien trop bleus et je termine :
- Je me casse. Trouve-toi un meilleur camarade de chambre.
Je balance ma canette à terre, tâchant la moquette par la même occasion, m'empare de ma veste en cuir brun et quitte la chambre en laissant exprès la porte grande ouverte. D'un pas rapide, je dévale les escaliers en me déstressant sur mon briquet et une fois dans le hall, alors que j'allais franchir la grande porte, une voix me force à m'arrêter net :
- Je ne pense pas que cela soit la plus judicieuse des solutions.
Dans un soupir et tout en m'excitant sur le petit objet métallique que je tiens dans la main, je fais volte-face pour rencontrer le professeur Xavier roulant dans ma direction. Persuadé qu'un sermon va venir, je lève les yeux au ciel.
- Toi et Robert Drake avez plus de points communs que vous ne semblez le croire.
J'ai pas envie qu'un vieux à roulette me dicte ma loi. Bave ce que tu veux papy, je me casse quand même d'ici. De toute façon, qu'est-ce que je fous là ? Ça fait un mois que je glande pour rien !
- Tu es ici dans le but de te donner une seconde chance, John. Tu le sais aussi bien que moi, même si à certains moments tu l'oublies et tu laisses la peur prendre le dessus.
- La peur ? m'exclamé-je, réellement étonné. Peur de quoi ?
- De te montrer tel que tu es vraiment. De t'ouvrir aux autres et de laisser parler le vrai John.
Je rumine en silence à ses paroles alors qu'il rajoute :
- Ta carapace se fissure. Laisse-la céder entièrement.
Le vieux à roulettes vient de frapper juste. Ça me troue le cul de l'admettre mais c'est le cas. Je referme donc mon Zippo d'un geste théâtral puis concède avec mauvaise grâce :
- Qu'est-ce que je dois faire ? Remonter et lécher ses draps ??
- Bobby est quelqu'un d'adorable et généreux. Une bonne dose d'excuses devrait amplement suffire, avoue Xavier dans un vrai sourire.
Je pousse un soupir douloureux. Jamais, de toute ma vie, je n'ai eu à m'écraser et à implorer le pardon.
- Tu as le choix John, rajoute le professeur. Soit tu restes tel que tu l'as toujours été, mais réfléchit bien à ce que cela t'a apporté, soit tu te conformes à la première impression que tu as eu lorsque tu es arrivé ici.
- Et quelle était-elle ? le nargué-je.
- Recommencer à zéro.
Ok, je l'admets, il est balaise le papy. Je prends le temps de la réflexion mais décide finalement de faire un effort.
- Je vais aller m'excuser, tranché-je en rangeant mon Zippo dans la poche.
- Bonne décision.
Mal à l'aise, je remonte les marches menant à la chambre, tout en cogitant à la meilleure manière de présenter mes excuses. Bordel, qu'est-ce que je déteste ça ! Pourtant, il faut que je le fasse. Bobby est un bon gars et il ne mérite pas mon caractère de merde.
Une fois arrivé à destination, je constate que la porte est fermée et je reste planté devant un moment, ne sachant vraiment pas comment m'y prendre. Ok, je n'ai jamais été doué en ce qui concerne les relations humaines mais bon ! C'est pas la mer à boire, allez John, fonce !
Décidé, j'enclenche la poignée et pénètre dans la chambre en prenant bien soin de refermer derrière moi. Je trouve Bobby en train de défaire son lit et d'entasser les draps salis à terre. Ses yeux se posent immédiatement sur moi et j'y lis une peine profonde. Je fourre mes mains dans les poches arrières de mon jean et rassemble tout mon courage pour lâcher à mi-voix :
- Je suis désolé.
Un éclair de surprise passe sur le visage de Bobby et je m'empresse de détourner le regard. Je devrais rajouter un truc. Mais quoi ? Le silence me pèse, jusqu'à ce que je trouve :
- Je sais que je suis pas franchement vivable comme mec. Mais je te promets de faire des efforts.
Je rencontre alors à nouveau ses yeux océans et remarque qu'un timide sourire éclaire le visage de mon camarade de chambre. Un peu requinqué, je retire mes mains des poches et l'aide à défaire son lit.
- Merci John, souffle Bobby.
- Tu vas devoir changer ton matelas aussi.
- Ah oui.
- Je m'en occuperais. J'irais voir Tornade, promis-je en ôtant la taie de son oreiller.
- Merci John.
- Tu te répètes, Bobby Boy.
Le surnom est sorti de lui-même et je lève les yeux pour savoir comment il est accueillit chez le destinataire. Plutôt bien, si j'en crois le regard enjoué de l'Iceberg.
ξөөҖөөξ
