Et voilà le deuxième chapitre de mon Drarry :D J'espère que cela vous plaira, n'hésitez pas à laisser des commentaires !

Je ne sais toujours pas combien de temps durera cette fiction, mais je ne pourrais que poster le week-end, maintenant que je fais mes études à Strasbourg ^^'

Harry Potter n'est pas à moi, ni le personnage, ni l'oeuvre, mais j'aimerais bien Draco et Severus chez moi :D

Bonne lecture !


Draco se réveilla en sursaut le lendemain, lorsqu'Harry ouvrit la porte de sa chambre. A travers ses yeux enfarinés, il vit le sourire du jeune homme.

- J'ai fait du café, t'en veux ?

- Euh, ouais, j'arrive…

Harry ressortit aussi vite qu'il était venu, énergique. Draco se redressa, regarda autour de lui, comme s'il avait oublié où il se trouvait. Le soleil brillait dehors, de cette lumière chaleureuse qui réchauffe le cœur, et Merlin savait qu'ils en avaient besoin. Il sortit du salon et rejoignit le Gryffondor dans la cuisine. Sur le rebord de la fenêtre, un hibou grand duc d'un noir profond était perché.

- D'où il sort celui-là ?

- J'ai acheté Blacky ce matin, sur le chemin de Traverse.

- Tu étais sur le chemin de Traverse ?

Harry lui servit du café.

- Si tu as du courrier à envoyer, Blacky s'en chargera. Oui, j'avais des achats à faire.

Draco cligna des yeux et fronça les sourcils.

- Mais où est ta chouette ? Hedwige ?

Harry posa brusquement du jus de citrouille sur la table.

- Elle a été tuée par un Mangemort.

Draco s'assit sans rien ajouter de plus. La situation était déjà suffisamment étrange et gênante comme ça. Evoquer ces évènements n'était pas une bonne idée. Mais que partageaient-ils sinon cela ? Ces années de querelles ?

- J'ai acheté de quoi vivre ici. Je vais retaper cette maison. J'ai aussi préparé une chambre pour toi.

- C'était pas à toi de-

- Lancer un sort de nettoyage et poser des couvertures sur le lit ne demande pas un effort surhumain. Tu n'as plus rien sur toi, il y a pleins de vêtements dans l'armoire dans l'entrée, toute sorte.

- Ok…

Dire merci lui brûlait la gorge. Il suivit Harry à l'étage pour voir sa chambre. Celle qu'occupait Harry avait été celle de Sirius. Il ouvrit la porte de la chambre. Il y avait un grand lit de place, joliment décorée, un bureau en bois, devant lequel était un siège rembourré, et une commode. Draco s'approcha de celle-ci, elle ressemblait à un meuble qu'il connaissait. Il se baissa pour voir le tiroir et passa sa main sur les initiales : NB. Narcissa avait dormi ici.

Harry qui s'était approché derrière lui avait compris ce qui n'allait pas.

- Tu veux une autre-

- Non. C'est bon, ça va aller.

- Draco, si un jour ils se font capturer, je la défendrais-

- Personne ne les aura. Ils sont loin, et moi non plus je ne les reverrai pas, c'est comme ça, c'est le prix à payer.

Il fit demi-tour.

- Je vais chercher mes affaires dans le salon.

Harry soupira. Puis secoua la tête. Il ne devait pas se décourager, rester motivé, coûte que coûte.

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Draco était en train de lire dans sa chambre, lorsqu'il entendit Harry tousser violemment. Il descendit quelques marches et fronça les sourcils lorsqu'il vit Harry dans le hall, un balai à la main, semblant cracher ses poumons.

- Mais qu'est-ce que tu fais avec ce balai ?

- Ça… se… voit pas… Je dépoussière… cette… maison…

- Mais pourquoi tu t'emmerdes à le faire comme ça ? se moqua Draco en agitant ses mains pour se tenir loin des poussières. Un simple sort de nettoyage suffirait.

- Non, je veux faire ça moi-même, réussit à dire Harry avant qu'une nouvelle quinte de toux le prenne.

Draco sortit sa baguette et lança un sort pour aspirer les poussières. Harry releva la tête et le remercia, avant de recommencer à balayer. Draco secoua la tête et s'assit là, attendant qu'il y ait suffisamment de poussières pour les aspirer.

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Ce fut le dîner le plus désagréable auquel il n'ait jamais pris part. Si on oubliait les nombreux repas au Manoir en compagnie du Seigneur des Ténèbres. Il frissonna, se rappelant le jour où on lui avait confié la mission de tuer Dumbledore. Il avait été incapable de le faire. Se sentait-il soulagé ou minable ? Il n'avait pas été capable de tuer un homme, ce devrait être rassurant, non ? Il redressa brusquement la tête vers Harry, qui jouait avec sa nourriture, semblant tout aussi mal à l'aise que lui.

- Potter ?

Il le regarda d'un air désapprobateur, celui qui voulait dire « arrête de m'appeler comme ça », mais Draco n'en tint pas compte.

- Est-ce que tu as vu Severus dans la forêt ?

La fourchette de Harry bascula. Il se racla la gorge et repoussa son assiette.

- Non, il n'y était pas.

- Qu'est-ce que tu me caches ? Je suis sûr que tu l'as vu durant la bataille, qu'est-ce qui s'est passé ? Tu l'as tué, c'est ça ?

Harry se leva en secouant la tête et donna un coup de baguette pour que la vaisselle se fasse toute seule.

- Tu dis n'importe quoi, je ne tue pas les gens, moi.

- Sous-entendu, moi oui ?

- Je ne sais pas, à toi de me le dire, marmonna le brun.

Draco se dirigea vers lui et le força à se retourner, le visage déformé par la colère.

- Ouais, ouais, j'ai tué quelqu'un. J'ai tué Bellatrix, et tu sais pourquoi ? Pour sauver ce qui te sert de famille.

Harry ne put s'empêcher de se mordre la lèvre. Il était allé trop loin, mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour une fois de plus détourner l'attention de Severus Rogue. Il ne se sentait pas prêt à en parler. Le Gryffondor était souvent rongé par la culpabilité et Harry se sentait dévoré de toute part. Draco tourna les talons et quitta la cuisine en claquant la porte.

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Draco caressa les plumes de Blacky, puis ouvrit la fenêtre pour qu'il s'envole. Cette nuit-là, il n'arrivait pas à trouver le sommeil. Depuis leur dispute il y a trois jours, Harry et lui ne s'étaient plus adressé la parole. Draco sortait à peine de la chambre, il entendait Harry s'afférer dans la maison, déplacer des meubles, nettoyer, s'énerver, mais ne lui venait plus en aide. Il était seulement sorti de sa chambre pour chercher Blacky, afin d'envoyer une lettre à sa mère. Aurait-il une réponse ? Il n'en avait aucune idée. Blacky trouverait-il ses parents ? S'ils se cachaient, il y a avait peu de chances. Il appuya sa tête contre le mur et ferma les yeux, perdu dans ses pensées. Un craquement dans la pièce d'à côté le fit sursauter. Il fronça les sourcils et écouta.

- Non… Professeur…

Il se leva, cela venait de la chambre de Potter. Il avait entendu que le Survivant était depuis toujours sujet aux cauchemars, mais c'était la première fois que cela arrivait depuis qu'ils étaient là. Il ouvrit la porte de sa chambre pour se rapprocher et écouter ce que disait son hôte.

- Maman… Rogue, tu ne peux…

Draco ouvrit la porte de la chambre. Harry s'agitait dans son sommeil, son front était trempé de sueur. Une larme roula sur sa joue.

- Severus !

Draco fit un pas en arrière lorsqu'Harry se réveilla en sursaut, la respiration lourde.

- Harry ?

Le brun se tourna et essuya rageusement les larmes sur ses joues.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Draco se rapprocha lentement, jusqu'à venir s'assoir au bord du lit.

- Je t'ai entendu t'agiter… C'était un cauchemar ?

Harry se redressa et acquiesça lentement.

- Plutôt des souvenirs…

Draco soupira, puis regarda Harry avec tout le sérieux dont il était capable à cette heure avancée de la nuit.

- Harry. Je ne l'ai jamais porté dans mon cœur, je l'ai même considéré comme un parasite alors qu'il m'est toujours venu en aide, mais il fait partie de ma famille, j'ai besoin de savoir ce qui lui est arrivé, si je peux compter sur lui.

Etonnamment, ses premiers mots avaient entraînés de nouvelles larmes, qu'il tentait de cacher au Serpentard.

- D'accord, je vais tout te dire.

Alors, Harry raconta comment Severus était mort, ses derniers mots, comme il avait eu l'air vulnérable, la boule au creux de son ventre lorsqu'il avait compris que la mort de Severus ne lui serait pas égale, que bien au contraire, elle prendrait toute la place dans son cœur, comme les souvenirs l'ont dévasté, comme il s'est dégoûté, comme il a vu ses années de tortures scolaires prendre un autre visage, comme il a progressivement senti son regard changé envers lui, alors qu'il ne pouvait s'empêcher de le détester à la fois, à quel point il est perdu depuis qu'il a retrouvé son souffle en sortant son visage de la pensine.

Draco s'était allongé au pied du lit du Survivant, il fixait le plafond, le regard vide, sentant ses derniers espoirs le quitter, la tristesse serrer sa gorge, l'admiration, mêlée à ce désagréable sentiment de trahison. Et puis cette fierté, mal placée, d'avoir lui aussi comme son parrain, tourné le dos aux forces du Mal.

- Il a fait le Serment Inviolable. Il n'avait pas le choix pour Dumbledore.

- Il l'aurait fait de toute manière, répondit Harry. Il devait le faire, il n'avait pas le choix.

- On a toujours le choix.

- On ne te l'aurait pas laissé non plus.

- Si j'avais été moins lâche, si.

Draco se passa les mains sur le visage, vidé de toute énergie.

- Merci de m'avoir dit tout ça, ça… merci.

Il se leva et quitta la chambre d'Harry.

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Sa nuit avait été très agitée suite aux révélations du Survivant, et il était persuadé qu'il l'avait entendu s'emmêler dans ses couvertures, alors que les cauchemars s'enchaînaient. Il lui était reconnaissant de ne pas être venu s'en mêler, comme lui l'avait fait. Mais Harry Potter n'était pas célèbre pour sa capacité à taire ce qui pouvait être gênant. Et au petit-déjeuner…

- Draco, est-ce que tu vas bien ?

- Super, ça ne pourrait pas aller mieux, railla le blond.

- Je sais ce que tu ressens-

- Je n'ai plus aucun contact avec mes parents, la dernière personne chez qui je pensais pouvoir me réfugier est morte, non tu ne sais pas ce que je ressens. Tu n'as peut-être plus ta famille, mais des personnes sont à tes côtés pour combler ce manque, des amis, des alliés, les gens ne te détestent pas, ne veulent pas te voir enfermé à Azkaban. Moi et les personnes que j'aime, si.

- Parce que tu crois que j'apprécie d'être considéré comme un héros ? Des nombreuses personnes sont mortes à cause de cette guerre, de nombreuses personnes se sont battues pour ce qui leur est cher, sans elles, je n'aurais jamais été capable de comprendre ce que je devais faire, et tout ce que les journaux écrivent, c'est que J'AI sauvé le Monde des Sorciers. Et bien, non, je n'ai rien fait, j'ai même été incapable de sauver ceux que j'aimais, j'ai été incapable de comprendre bien des choses. Hermione, Ron et moi, on s'est toujours trompé.

Une énième journée, qui commençait par une énième dispute. Draco prit la tasse que venait de lui servir Harry et se leva.

- Je ne sais vraiment pas ce que je fais ici.

- Si tu sors, les Mangemorts risquent de te contacter, ce qui est très mauvais pour ton image. Et tu n'as nul part où aller.

- Peut-être que Pansy-

- Draco. Ce n'est pas pour être méchant, mais tu sais très bien que les amitiés à Serpentard ne valent rien. J'ai voulu me convaincre du contraire pendant six ans mais s'il y a bien une personne qui le sait, c'est toi.

L'ancien Serpentard haussa les épaules et tourna les talons. Il alla boire son café dans le salon, appuyé contre la fenêtre. Il ne resta pas tranquille bien longtemps, Harry entra dans le salon, un aspirateur à la main. Draco écarquilla les yeux.

- C'est quoi ce truc ?

- Un aspirateur.

- Un quoi ?

Harry le brancha et l'alluma. Draco recula, manquant de renverser sa tasse.

- Mais qu'est-ce que c'est que ce monstre ?

- C'est ce que les Moldus utilisent pour la poussière. Aujourd'hui, je m'occupe du salon. Tu veux m'aider ?

Draco fronça les sourcils et s'approcha prudemment.

- Qu'est-ce que je dois faire ?

- Tu peux t'occuper des grosses poussières avec ta baguette, si tu veux.

Draco acquiesça et tendit sa baguette où Harry était passé. Progressivement, silencieusement, la pièce fut nettoyé, sans dispute, sans le moindre mot. Draco pensa qu'au moins, dans ces moments-là, ils ne se disaient pas des mots qui dépassaient leurs pensées, où traduisaient leurs douleurs. Draco secoua la tête lorsqu'Harry arrêta enfin l'aspirateur.

- Qu'est-ce que c'est bruyant ton machin. Avec la magie, tu aurais fini en cinq minutes, même pas.

- Draco, tu ne connais pas le plaisir de faire quelque chose de tes propres mains ?

- Non.

Harry sourit et quitta la pièce, motivé à faire découvrir de nouvelles choses à son invité.

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Lorsque Draco descendit au rez-de-chaussée le lendemain, il trouva Harry dans le salon, entrain d'arracher la tapisserie. Pas l'arbre généalogique, mais celle qui recouvrait tous les autres murs. L'arbre généalogique semblait avoir retrouvé ses couleurs, les prénoms brillaient, les coins qui étaient noircis tâchés, avaient été nettoyés.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Il vit le sourire en coin d'Harry. Ce qu'il faisait l'intéressait, il le voyait s'afférer et se demandait pourquoi il n'allait pas au plus simple.

- Tu veux bien m'aider, t'es un peu plus grand que moi et je n'arrive pas à l'arracher tout en haut.

Draco s'approcha et aida Harry à tirer sur le dernier bout de tapisserie.

- Et maintenant ? demanda le blond.

Harry se pencha et tendit un seau à Draco.

- Rince, euh non, il faut rincer l'éponge et remettre de l'eau pure. C'est pour ramollir la tapisserie.

Harry savait qu'utiliser l'impératif n'était vraiment pas la meilleure manière d'apprivoiser le jeune Malfoy. C'était déjà bien qu'ils arrivent à dialoguer et qu'il s'intéresse à ce qu'il fait. Draco revint rapidement avec le seau, dans lequel il avait ajouté une éponge. Sans un mot, il en prit une qu'il essora et commença à étaler l'eau sur le mur. Harry prit l'autre éponge et alla de l'autre côté de la pièce.

Au fur et à mesure qu'il s'appliquait à arracher le papier, Draco comprenait à quoi cela servait. Il comprenait Harry. Oublier, trouver un but à son existence, faire quelque chose pour éviter de broyer du noir. A défaut de trouver de quoi discuter, car finalement leurs destins étaient les même, mais ils n'avait rien à se dire qui tournait mal, ils travaillaient l'un à côté de l'autre, et Draco trouvait cela reposant.

- Rah, j'arrive pas à enlever ce bout de tapisserie ! s'agaça Harry.

Draco se tourna vers lui, un sourcil haussé.

- Ça doit pas être assez mouillé ! s'exclama-t-il en faisant un geste brusque vers Harry.

Son éponge, gorgée d'eau, atterrit en plein sur le visage du brun. Il écarquilla les yeux, puis les plissa et sourit en attrapant sa propre éponge.

- Tu vas voir !

Il lança l'éponge à son tour, mais Draco se baissa.

- Espèce de vicieux, grogna Harry en s'approchant, la deuxième éponge à la main.

- Serpent, nuance, ricana Draco en reculant, espérant atteindre l'éponge qui se trouvait derrière lui.

Ils se jetèrent dans un même temps l'un sur l'autre, éponge à la main. Elles étaient gorgées d'eau et de poussière, et les deux garçons ne tardèrent pas à être sales et mouillés, mais rieurs.

- T'es vraiment qu'un gamin, Malfoy, rit Harry en essuyant ses lunettes.

- C'est qui qui a voulu me balancer le seau à la figure ? se défendit Draco en enlevant son t-shirt complètement trempé.

- Tu veux boire quelque chose ? demanda Harry en quittant le salon.

- Un café.

Il regarda l'heure. Il était presque midi et il n'avait pas vu le temps passer. Il ouvrit la fenêtre et regarda au loin pour voir si un hibou s'approchait. Sa mère ne lui avait pas répondu et il ne savait s'il devait s'en réjouir ou non. Il se retourna lorsqu'il entendit Harry revenir avec deux cafés.

- Merci.

- Blacky est parti ce matin, tu attends du courrier ?

- J'ai envoyé une lettre à ma mère.

- Draco…

- Je sais que c'est risqué. Je sais que je n'aurais certainement pas de réponse. Mais j'en avais besoin, c'est tout.

Harry acquiesça et se tourna vers les murs.

- Bon, une bonne chose de faite. Pour la cuisine, par contre, je vais utiliser la magie. Pareil pour les escaliers, je ne sais pas réparer une rampe.

Draco pouffa de rire.

- Et moi dont. C'est aux elfes de maison de faire ça.

- Comme si quelque chose était abîmé chez toi.

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Draco s'occupa de la rampe d'escalier, et Harry de la cuisine. Ils déposèrent des bâches dans le salon pour la peinture, nettoyèrent tous les couverts, plats qu'ils trouvèrent dans les placards, rangèrent le débarras. Tous les soirs, ils s'installaient dans la cuisine, prenaient un café, discutaient de leurs envies, parfois de leur enfance, souvent de ce qu'il voudraient faire plus tard, évitant de parler de ce qui avait conduit à ces envies si cela concernait la guerre, et surtout, ils évitaient de parler de la guerre elle-même. De temps en temps, ils se risquaient à évoquer leurs querelles ridicules des trois premières années Ils n'allaient jamais au-delà. La quatrième année était le début du cauchemar. Ils leur arrivaient d'évoquer les ragots de l'école, mais toujours sur le fil du rasoir. Progressivement, ils apprenaient les limites de l'autre, jusqu'où ils pouvaient aller, et les terrains à éviter. Les discussions étaient donc reposantes, presque agréable. De temps en temps ils riaient franchement, parfois se taquinaient, rarement se touchaient. Ils ne se toléraient plus, ne vivaient pas encore ensemble, mais côté à côte. Et ils étaient bénéfiques l'un pour l'autre. Draco se sentait utile et oubliait pour quelques heures ses sombres pensées, quant à Harry, il pouvait penser à sa vie sans avoir à ses côtés quelqu'un pour le plaindre ou embellir le tableau. Lorsqu'il était tard, Harry lavait les tasses et les rangeait, tandis que Draco montait écrire une lettre qu'il confiait à Blacky. Puis il s'accoudait à la fenêtre, Harry venait lui souhaiter une bonne nuit, et quand ils avaient de la chance, c'était ainsi qu'elle était. Lorsqu'ils faisaient des cauchemars, ils n'en parlaient pas. Ou alors, il demandait simplement à l'autre s'il voulait en parler. En général, c'était Harry qui agissait comme ça, mais la réponse venant du Serpentard était toujours négative.

C'était ainsi que se déroulaient leurs journées et ils s'en contentaient, ils n'avaient pas besoin de plus. Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'ils cohabitaient. Seuls certaines choses leur rappelaient qu'il y avait toujours une vie à l'extérieur : la porte ouverte pour aérer, les fenêtres, Blacky qui entrait et sortait, mais le plus flagrant, c'était les lettres qu'il ramenait. De temps en temps c'était un paquet de Molly Weasley, qui contenait un gâteau, rien de plus innocent, mais parfois, les lettres étaient des convocations lorsque les Aurors retrouvaient des Mangemorts. Harry était parti toute une journée, le Ministère avait accepté de déplacer les audiences, afin qu'Harry ne s'absente qu'une seule journée. Ils avaient également reçu des demandes de journalistes et Historiens, mais s'arrangeait pour répondre à leurs questions par correspondance. Ces lettres n'étaient jamais des moments de plaisir pour aucun d'eux. Elles leur rappelaient ce qui c'était passé, que tout n'était pas fini et qu'ils seraient encore maintes fois confrontés à l'impact qu'avait eu cette guerre, à laquelle ils avaient pris part, sur le Monde. Harry comprenait ce devoir de mémoire. On leur en avait dit le moins possible sur la Première Guerre, tout le Monde avait fermé les yeux, et il était pour lui hors de question que cela se reproduise. Cela avait fait bien trop de mal. Pour Draco, le courrier était une véritable torture. Les jours passaient, et il était terrorisé à l'idée que la prochaine lettre que recevrait Harry concernerait ses parents.

- Draco, tu viens m'aider ? Je trouve pas la recette pour les joints rouillés.

Aujourd'hui, ils s'occupaient de tout ce qui grinçait, tombait en ruines, rouillait, etc… Draco leva les yeux au ciel et rejoignit Harry dans la cuisine.

- T'es vraiment nul en potion, y a rien a faire avec toi.

Draco lut la potion et claqua sa langue contre son palet.

- Imbécile, je suppose que tu as mélangé dans le sens des aiguilles d'une montre ?

- Pourquoi, fallait pas ? demanda innocemment le brun.

Draco soupira en levant les yeux au ciel.

- Non, fallait pas. Pousse-toi, laisse-moi faire.

Harry levais les bras en signe de capitulation et laissa le chaudron à Draco pour la poignée de porte du placard qui coinçait. Soudain, un bruit contre la fenêtre les interrompit. Draco ouvrit la fenêtre pour laisser entrer Blacky et lui prit la lettre qu'il tenait dans son bec. Harry vit le trouble dans le regard du sorcier.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry en s'approchant prudemment.

Draco lui tendit vivement la lettre.

- Ça vient du ministère. Tiens.

Harry prit la lettre de la main tremblante de Draco et celui-ci la serra contre lui, tentant de cacher son appréhension. Harry ouvrit la lettre et la déplia. Il inspira profondément.

- Alors ? demanda Draco d'une voix sèche.

Harry releva ses yeux verts.

- Draco. Ils ont retrouvé tes parents.