Chapitre I : Nouveau Jour

POV Edward.

Cela faisait désormais plus de 13 semaines, 5 jours, 17h, 46 minutes et 22 secondes que je me trouvais là, immobile tel un cadavre en décomposition, sur le sol humide à l'herbe touffue de cette clairière. Aussi, quand j'y étais arrivé, elle avait dès lors ravivé le souvenir de notre clairière. Notre clairière à Elle et moi. Elle. Bella. Jamais, en plus d'un siècle d'une existence tourmentée, je ne m'étais senti si humain. Cette délicieuse lycéenne du lycée de Forks m'avait fait renaitre, changé plus que de raison. Son odeur, sa tendre et délectable odeur me manquait tant. Ne plus entendre la mélodie de son cœur s'affolant à mon contact, sa respiration irrégulière sous mes baisers, sa peau pale et si délicatement rosée, douce et chaude, ses grands yeux d'un marron profond et intense, son indéfectible maladresse qui la rendait attachante ; tout autant de choses, tout me manquait. Bella me manquait. Et j'avais été stupide de croire que, même en prônant son bien, j'étais capable de me séparer d'elle. J'avais cru que l'aimer sincèrement serait renoncer à elle, pour son bien, sa sécurité, sa survie. En partant, je n'avais pas écouté ses supplications, m'implorant de rester près d'elle. Le danger ne pouvait venir que de moi. Je l'avais impliqué dans un monde auquel elle n'appartenait pas, et n'appartiendrait jamais. Elle avait alors frôlé la mort plus que le raisonnable ne le permet par ma faute. James. Jasper. Et maintenant, si j'en croyais les visions d'Alice, Victoria ?

Dire que j'avais ardemment tenté de la traquer. Au départ, cela m'avait semblé facile. Elle avait du s'approcher de Bella plus qu'elle n'aurait du car, capable de distinguer l'odeur de Bella parmi n'importe quelle autre, je flairais la fragrance de celle qui pour moi, méritait n'importe quel sacrifice. Puis, le parfum de mon amour s'évanouissant dans la nature, je fus incapable de pister le vampire plus longtemps. J'avais tenté inutilement de fuir la douleur, fuir les souvenirs, mais son odeur vint à me manquer lorsqu'elle disparue tantôt. Elle vint à me manquer. Et j'avais fini par me résoudre à souffrir, du moins jusqu'à maintenant. Je m'étais entêté à croire, persuadé que j'avais choisi la meilleure solution pour elle. Et alors que j'avais tout le temps de souffrir, de penser, réfléchir, le jour se leva. Le soleil m'aveuglait littéralement, me sortant de ma longue agonie. La souffrance était, en cet instant, si forte que je m'étouffais, suffoquant des sanglots que je ne pouvais réprimer. L'impensable se produisit alors. Alors que dans mes murmures, mes cris, mes sanglots retenus, j'appelais « Bella » dans un soupir, je sentis l'humidité sur mon visage et ma vision se brouiller. « La rosée du matin, sans doute », pensais-je. Non. L'herbe tout autour était parfaitement sèche et je pouvais assurer qu'il n'avait pas plus ici depuis presqu'une semaine.

Et pour la première fois depuis ces mois, je me relevais. Titubant. Non que je ne me sois pas vite rattrapé, connaissant mes aptitudes vampiriques, mais je fus chancelant pour quelques secondes, et cela me perturba. D'autant plus que je ne recouvrais pas ma vision. « Comme celle d'un humain ». Je portais une main à mon visage. Je n'étais pas préparé à la découverte que je fis alors. Ma main devint, au contact de me visage, humide elle aussi. Je portais cette eau merveilleuse à mes lèvres et me rendit compte avec stupeur qu'elle avait un goût … salé. Non. Improbable.

Serait-il possible que … ?

Je m'écroulais au sol, me lassant retomber, et explosais. Hurlements, larmes, coups. Larmes. Larmes. Impensable. Incroyable. Merveilleux. Magique. Insensé. Bella m'avait rendu plus humain que jamais je n'aurais cru pouvoir l'être. Plus humain même, que lorsque j'en avais été physiquement. Je me calmais et la chaleur de soleil, rayonnante, sécha la dernière de mes larmes. Comme j'avais été stupide de renoncer ! De l'abandonner ! Abandonner ma Bella ! Evidement, elle avait raison. Jamais je n'aurais pu la blesser, lui faire un quelconque mal. Elle croyait en moi. A l'instar de Carlisle et tous les autres membres de ma famille. Encore une fois, j'avais tellement eu honte de ma condition, m'étais tellement persuadé d'être un monstre que je ne leur avais pas fait confiance, pas suffisamment. Je n'y avais pas cru. Pourtant, j'aurais du.

Je pensais. Bella me pardonnerait-elle un jour ? Accepterait-elle de me revoir ? M'aimait-elle assez pour entendre mes excuses, supporter ma présence à ses côtés ? Autant de questions qui demeureraient sans réponse tant que je n'y aurai répondu de moi-même. En demandant à la principale intéressée. Bella, ma Bella.

J'étais loin, très loin de Forks. Courir me ferait perdre trop de temps. J'allais par mes propres moyens jusqu'à la plus grande ville des alentours. Une fois sur place, je dérobais discrètement la voiture la plus rapide que je trouvais alors, une Corvette noire. Parfait. Je gagnais l'aéroport en un rien de temps. Je négociais maintenant un vol pour les Etats-Unis le plus rapidement possible, moyennant finance si nécessaire. Une petite dizaine d'heure plus tard, j'arrivais, après un vol long courriel et deux heures de voyage dans un tout petit coucou, à l'aéroport de Port Angeles. La pluie, pour m'accueillir. N'ayant aucun bagage à récupérer, je filais à toute vitesse, me dirigeant machinalement vers le parking de l'aérogare. Quelle fut ma surprise lorsque je vis une magnifique et rutilante Porsche jaune. J'en avais promis une à Alice, exactement de la même couleur. Je me dépêchais de chercher une voiture à « emprunter », la Porsche étant occupée par son conducteur. Quel gâchis !

J'allais forcer la portière d'une berline allemande, meilleure voiture disponible ici, lorsque la vitre de la Porsche s'abaissa. Le conducteur était « garé » en plein milieu, ne laissant aucune place aux autres pour manœuvrer, ni même à moi, m'empêchant de sortir ma voiture. C'est alors qu'une voix que je connaissais trop bien s'adressa à moi :

- Edward ! Mais qu'est-ce que tu fiches ? Monte, vite ! me dit Alice, avec de grands signes de la main.

- Et toi, que fais-tu ici, Chère Alice ? Lui demandais-je une fois dans l'habitacle.

- Vision, répondit-elle. Je t'ai vu … pleurer, et prendre l'avion. J'ai su que tu serais là.

- Humm, grognais-je, vexé de savoir qu'elle m'avait vu dans cette situation si particulière.

Et comme si elle lisait dans mes pensés, elle commença :

- Oh ! Edward, ce n'est pas grave ! Ça n'a rien de normal, c'est vrai, mais c'est … beau, je veux dire c'est merveilleux ! Je me demande si tu saisi vraiment l'importance de ce fait. Tu es plus humain que n'importe lequel d'entre nous. Plus que Carlisle, même, Oh, est-ce que tu comprends ça ? Humain ! Tu imagines, la tête que ferait Rosalie en cet instant si elle t'avait vu ? Tu sais ce qu'elle donnerait pour redevenir humaine …

Oui, je le savais. Pour son humanité, Rosalie aurait tout fait. Même congédier Emmett. Pour autant, je n'étais pas rassuré. Evidement, quel bonheur, quelle source de joie ce serait si j'étais à nouveau humain ! Or, je savais parfaitement que cela était complètement impossible. Je devais obtenir des réponses, et vite. Me renseigner auprès de Carlisle.

Nous continuâmes notre conversation mentalement. Je me contentais d'une phrase lorsqu'il ne pouvait en être autrement ou d'un hochement de tête. Alice me racontait ce qui s'était déroulé pendant mon absence. Pour eux, ma famille, partie au clan de Denali, et pour Bella. Alice faisait très souvent le chemin pour garder un œil sur Bella. Elle n'avait pu se résoudre à totalement délaisser celle qu'elle considérait comme sa sœur. Me voir ainsi conter tout le mal que mon absence avait fait à Bella me rendit fou de rage. Rage, contre moi. Une haine d'une force incroyable. Et pourtant, Alice le disait, Bella semblait toujours m'aimer. Je n'avais que trop de chance de posséder les sentiments d'une créature aussi pure. Je ne la méritais tout simplement pas. Mais elle m'aimait et semblait désirer ma présence, me désirer. Et je l'aimais et ne demandais rien d'autre que d'être auprès d'elle. Quelle perte de temps avais-je causée !

C'est après une petite demi-heure de route que nous arrivâmes à notre Villa Blanche. Revoir cette maison, enfin. Ma famille, enfin. Alice m'avait prévenu. Elle avait révélé le contenu de sa vision (tout du moins l'essentiel) et les Cullen étaient tous revenus à Forks, pour mon retour. Eux non plus, je ne les méritais pas. Je les avais trop fait souffrir, Esmée notamment. Elle était une bien trop bonne mère pour moi. Alice n'avait parlé des « détails » qu'à Carlisle et Esmée. Carlisle avait alors entamé des recherches, pour savoir comment un tel phénomène pouvait être rendu possible ; tandis qu'Esmée s'était régalée des effets de Bella sur son vampire de fils. Elle avait tellement souffert, elle aussi, lorsque je l'avais privée de voir celle qu'elle considérait à présent comme sa propre fille. Elle aimait Bella sincèrement, comme elle pouvait m'aimer. Je rentrais chez moi, enfin, j'allais retrouver celle qui m'avait tant manqué et que j'aimais plus que ma propre vie ; ainsi que ma famille et souris à l'idée de voir enfin le visage d'Esmée s'illuminer à l'occasion de mon retour, et de celui de Bella dans notre famille. Enfin … si Bella le voulait.

Je passais un moment avec ma famille qui m'avait tant manquée, soucieux de restaurer un équilibre entre nous. Puis, n'ayant plus aucune conscience du temps, je demandais la date du jour et l'heure précisément. J'appris alors que nous étions le mardi 21 janvier, et qu'il était presque 15h. Il me sembla alors me souvenir qu'avant de disparaitre, mes cours du mardi au lycée de Forks se terminaient à trois heures vingt de l'après-midi. J'avais largement le temps de me rendre au lycée et de retrouver Bella, en voiture. Largement.

Je sautais alors du canapé sur lequel j'étais installé, puis me dirigeais vers le garage. J'attrapai machinalement les clefs de la Volvo grise que j'avais l'habitude d'utiliser puis démarrai en trombes. Je ne savais pas encore comment j'allais m'y prendre avec Bella. Ni comment elle réagirait. Peut-être allait-elle m'ignorer ? Je ne pourrai décemment pas lui en vouloir, je l'avais bien mérité, après tout. Néanmoins, j'essayais de ne pas me faire trop de mal et d'éviter de penser à cette partie du plan. Mais je ne m'étais pas rendu compte à quel point mes réflexions m'avaient absorbé. J'étais sur le parking du lycée depuis plus d'un quart d'heure lorsque je vis ma Bella sortir du bâtiment C. A la vue de son visage morose et son teint si terne, comme si jamais elle n'avait dormi, comme si elle souffrait un martyre sans nom, je ressenti comme un énorme coup de poignard dans le cœur que je n'avais plus, et cette fois encore, une larme roula discrètement sur ma joue droite. Je l'essuyais et sortit précipitamment de la voiture, me dirigeant vers elle. Je l'aimais trop.

POV Bella.

Anglais. Mon dernier cours de la journée. Le plus agréable néanmoins. Nous avions enfin cessé de travailler Shakespeare et ses tragédies amoureuses, pour mon plus grand bien.

Je jetais un bref coup d'œil à ma montre : 15h17. Dans trois minutes, la cloche de l'établissement sonnerait, libérant ses élèves pour la fin de journée. Je n'attendais jamais ce moment avec une impatience particulière. Pire, je le craignais presque. Parce qu'en rentrant chez moi, même si je prenais fou pour faire les choses les plus simples, je me retrouvais seule et incapable de ne pas y penser. Ne pas penser à lui. Edward Cullen, Le miracle de ma vie.

Jamais je n'avais escompté trouver cette perfection. Jamais je n'avais espéré être celle de quelqu'un, et j'avais toujours refusé les avances ; nouveauté surprenante de Forks ; qu'on m'avait faites. Mais avec Edward, c'était différent. Tout était différent. Son état de vampire ne m'avait jamais dérangée vraiment. Il est vrai que c'était incommodant, par exemple, lorsqu'il me serrait dans ses bras, m'embrassait, et que j'aurais voulu accentuer nos caresses. Ou lorsqu'il se torturait l'esprit, s'injuriait de tous les noms, de montre ! Jamais Edward n'avait été un monstre pour moi. Il m'avait toujours protégée, voir même surprotégée ; chose qui m'agaçait parfois ; m'avait sauvée et toujours pris les précautions nécessaires à ma survie, mon bien-être. Edward Cullen n'avait jamais été un monstre. Sauf peut-être le jour où il a décidé de m'abandonner.

Cela peut paraitre étrange, mais je ne pourrai jamais lui en vouloir de m'avoir finalement délaissée. Après tout, je ne suis qu'humaine. J'ai des faiblesses, beaucoup trop de faiblesses. Et puis, je suinte l'ennui et la banalité. Physiquement, je n'ai rien d'exceptionnel, ma vie est routinière et je suis prévisible. Tandis que lui, possèdes des capacités physiques ; et mentales ; impressionnantes. De plus, il est, pour quelqu'un de son espèce, encore plus particulier : Si la majorité des vampires méprisent les humains et ne les considèrent que comme leur repas, Edward et sa famille, eux, se sont intégré dans notre société et ne consomme que du sang animal. Un sacrifice qui leur est couteux, je le sais. Combien de fois Edward a-t-il fait preuve d'un courage étonnant et d'une volonté sans faille pour m'approcher ; m'aimer ; et résister à l'envie dévorante, à la soif douloureuse de goûter mon sang ? Je ne craignais rien avec lui, ni avec aucun membre de sa famille, je le savais. Tant que je ne saignais pas, j'étais en sécurité.

Mais voilà, la stupide humaine que je suis semblait, pour mon dix-huitième anniversaire, bien décidé à gâcher la fête organisée par Alice à cette occasion. En ouvrait les cadeaux que je leur avais dit de ne pas m'acheter, je m'étais coupée au doigt, ce qui avait déclenché l'attaque immédiate de Jasper, le plus jeune « végétarien » de la famille. Puis dans ma chute, amortie par Edward, pour me protéger de son frère, je m'étais ouvert le bras, et l'ensemble de la famille avait du quitter les lieux. Seul Carlisle ; qui avait des siècles de pratique médicale derrière lui ; et Edward ; qui m'aimait alors plus que de raison et retenait son souffle ; étaient restés près de moi le temps de guérir mes blessures, bien que j'eu congédié Edward, pour qu'il ne souffre pas trop de sa soif, qu'il ne se croit pas encore monstrueux de ressentir de telles pulsions. Son statut de vampire rendait cela normal, je l'acceptais. Et quelque part, je me sentais flattée que mon odeur lui soit si agréable et en même temps dangereusement respirable.

Voilà qu'après cette soirée, il n'avait plus jamais été le même. Comme si tout ce qui le rendait lui-même avait disparu. Je l'avais d'ailleurs constaté sur les photos que j'avais prises, avant/après, quand il ne les avait pas encore subtilisées. Avant cet accident, il était joyeux, ses yeux brillaient, son visage était ouvert et souriant. Il recherchait ma présence. Après cela, ses yeux ne reflétaient plus rien, se refermait comme une huître, ne venait plus me voir, en douce de Charlie, ne me touchait presque plus, ne parlait pas. Et puis, il est partit, quelques jours après cette histoire. « Tu ne m'apportes rien de bon », m'avait-il dit. Et j'en avais pleinement conscience. Seulement, j'avais été trop égoïste pour voir uniquement son bonheur. J'avais besoin de lui près de moi, de sa présence à mes côtés, de ses yeux topaze veillant sur ma maladresse. Je l'aimais. Je l'aimais plus que je ne le devais, avec une force que je ne comprenais pas moi-même. Oui, j'aimais Renée et Charlie, cependant, c'était différent. Pour Edward, je serais morte. Pour lui, pour son bonheur, j'aurais fait n'importe quoi. N'importe quoi, tant que je sois sure qu'il soit heureux.

C'est pour cela que je comprenais, que j'acceptais son départ. Que je continuais de vivre, ou plutôt, de survivre. Parce qu'il n'était pas heureux avec moi, il me l'avait clairement signifié, et partait pour être libre à nouveau, connaitre une meilleure existence. Et si, dans ce départ, il trouvait son compte, s'il était heureux aujourd'hui, alors j'étais prête à supporter ce sacrifice. Parce que je l'aimais. Je l'aimais encore.

C'est à cet instant que la sonnerie retentit, me sortant de mes songes, et que tous les élèves se précipitèrent au dehors de la classe. Je voyais Mr. Mason commencer à effacer le tableau noir et ranger ses dossiers de cours dans sa mallette en cuir, avant de réaliser que moi aussi, je devais partir. Qu'il était l'heure de quitter le lycée, que ma journée de cours était finie. « Encore une longue soirée qui s'annonce », pensais-je, faisant référence à ce qui se passerai une fois chez moi. Evidement, je rentrerai le plus lentement possible. En arrivant, je prendrais soin de garer consciencieusement la Chevrolet. Je préparerai le repas pour Charlie, et je nettoierai ce qui a besoin de l'être. Puis, je monterai dans ma chambre, et ferai mes devoirs. Je rangerai minutieusement mes affaires, m'appliquerai patiemment à bien travailler, et bien écrire. Ensuite, j'enverrai un email à Renée pour qu'elle ne s'inquiète pas. Puis, je préparerai mon sac d'école pour la journée de demain. Enfin, j'irai prendre ma douche. Malgré tout, je savais que le temps s'éterniserait et qu'il serait toujours trop tôt quand j'en aurais fini. Charlie rentrait, de plus, assez tard ces derniers temps. Il faut avouer que bien malgré mon dévouement factice, ma serviabilité, je n'étais pas de très bonne compagnie. Et aussi, que Charlie avait beaucoup de travail en ce moment. Une série de meurtres inexpliqués avait commencée à Seattle et les homicides devenaient de plus en plus fréquents. Sans dire qu'ils se rapprochaient également toujours plus de Forks.

Je ramassais mes affaires à la hâte, bien malgré moi, et sortis de la classe. Je traversais les couloirs avec une lenteur étouffante, puis arriva finalement dehors, devant le bâtiment C. Nous étions en janvier et au dessus de l'épaisse couche nuageuse qui recouvrait le ciel de Forks, le soleil rougissait comme pour signaler la fin de l'après-midi. Quelques rayons filtraient au travers des gros cumulus, et l'espace d'un instant, je fus aveuglée par la lumière. « Comme au lever du jour », pensais-je. Je me dirigeais vers ma Chevrolet lorsque j'aperçu une Volvo grise. Mon cœur manqua un battement, ma respiration s'affola, et je me sentis blêmir. Si c'était une blague, elle était de très mauvais goût. Est-ce que … ? Es-ce que Mike aurait acheté la même voiture qu'Edward ? Juste pour m'avoir ? Cela pouvait sembler prétentieux de penser cela, ce n'était franchement pas le cas. Mike avait déjà tenté ; sans grand succès, cela va de soi ; d'imiter Edward que je n'aurais pas été surprise si la voiture garée à l'emplacement habituel des Cullen avait été la sienne. Si c'était le cas, lorsqu'il m'en parlerait, il m'entendrait.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce n'était pas le cas, la présente voiture n'appartenait pas à Mike. Je le voyais se diriger et entrer dans sa voiture usuelle. Tyler était près de sa nouvelle voiture, et Angela dans celle de Ben. Lauren venait de monter dans la BM de Jessica, et Eric, lui, l'ovni, rentrait chez lui en vélo. Personne n'avait changé de voiture. Alors, je compris que ce n'était là qu'une fois encore l'œuvre de mon cerveau malheureux. Après les hallucinations auditives, j'en avais de visuelles ! Bientôt, je serais enfermée, et mourrais d'une overdose d'antidépresseurs. Au moins, j'en aurais fini, et cela ne me serait même pas imputable.

Je continuais alors d'avancer jusqu'à mon véhicule lorsque je le vis. Lui. Mon Edward. Il se tenait à quelques mètres de moi et semblait me sourire. Je compris alors qu'il s'agissait, non pas d'une hallucination, mais d'un rêve ; j'avais probablement du m'endormir en anglais, et j'imaginais mal comment j'expliquerai à Charlie ce soir l'heure de colle que je recevrais dès mon réveil ; et changeais de direction. J'avançais désormais vers lui, celui que j'aimais, qui me manquait douloureusement depuis des mois, et me retrouvais bientôt face à lui. L'hypothèse du rêve se confirma par la larme qu'il me sembla distinguer sur sa joue. Un vampire ne pleure pas. Il ne peut pas pleurer. J'étais en plein fantasme. Tout était trop beau pour être vrai …

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J'espère que ce chapitre vous a plu, si vous désirez la suite, faites le moi savoir dans les reviews. Sincèrement, j'aimerai savoir ce que vous en pensez, si ce début est bien construit, que je n'ai pas fait d'erreur quant à la personnalité que S. Meyer avait insufflée à ses personnages, car si mon histoire sera bien évidement différente de la sienne, je tiens à coller aux livres le plus possible, et que les personnages soient les plus fidèles à ce qu'elle avait créés ! Gros bisous,

Petite Fée.