Je te hais, puttana!

Premièrement, merci pour tous les jolis commentaires que j'ai reçu! J'espère ne pas décevoir avec cette suite.

- Ce chapitre est un peu moins brutal que celui qui le précède. Désolé.

- Ce chapitre est aussi deux fois plus long que celui qui le précède. Désolé.

- Il se peut aussi que certains éléments ne concordent pas parfaitement avec le jeu. Désolé.

Les "[...]" est un espèce de "pendant ce temps" ou "quelque temps plus tard".

Les personnages appartiennent à Ubisoft (Assassin's Creed Brotherhood) et à l'histoire de l'Italie.

Sur ce, bonne lecture!


Ezio scruta la Pomme. Il sourit.

- Avec ça, je vais détruire l'empire des Borgias.

Puis il continua d'avancer à grands pas dans Rome. Il voyait bien que les gens le regardaient étrangement, et qu'ils reculaient lorsqu'il passait. Mais cela ne le dérangeait pas. D'un certain point de vue, il aimait les voir le craindre. Cela prouvait qu'il avait du pouvoir. Et du pouvoir, il devait en avoir s'il voulait mettre fin au règne de Cesare.

À cette pensée, il sourit et continua son chemin…

[...]

Cesare faisait les cents pas dans son bureau. Son père était mort. Il avait donc le plein pouvoir. Mais il restait un obstacle à sa gloire. Un obstacle qui savait ce défendre plus que jamais à présent. Cette obstacle avait son arme entre les mains.

- Cet assassino! Si jamais je le vois, je lui coupe la tête!

- Tu sais bien qu'à présent, tu en es incapable…

Une jeune femme aux allures nobles venait d'entrer dans la pièce.

- Je ne t'ai pas demandé ton opinion, Lucrezia…

Elle laissa échapper un soupir, et s'approcha de son frère.

- Tu te fais de faux espoirs en pensant que tu réussiras à le tuer, mon cher. Avec ou sans Pomme, tu n'en serais pas capable.

Cesare s'assit dans un luxueux fauteuil et regarda sa soeur sévèrement.

- Arrêtes de dire n'importe quoi.

- DIre n'importe quoi, moi? Alors expliques-moi pourquoi n'es-tu toujours pas aller aux repères des assassins pour tout mettre à feu et à sang? Je croyais que tu savais où il se cachait…

- Je le sais aussi.

- Alors? Qu'attends-tu? Organises-toi pour faire sortir cet assassin de son trou, et brûle sa demeure ensuite…

Cesare garda le silence. Puis son regard fuit celui de sa soeur pour se poser sur le feu de foyer à sa droite.

- Je ne peux pas, murmura-t-il.

- Je le sais, dit Lucrezia en prenant place sur un autre fauteuil près de la cheminée.

Elle regarda son frère un moment. Il avait l'air si préoccupé, si songeur depuis quelques jours.

- Tu sais que tu peux tout me dire.

- Je n'ai rien à te dire, dit-il en gardant son regard sur le foyer.

- Cesare, il y a moins d'une semaine, tu voulais la tête de ce Florentin à n'importe quel prix. Maintenant, c'est à peine si tu réagis lorsqu'il tue tes soldats. Que t'arrive-t-il? Il s'est produit quelque chose?

- Non, il ne s'est rien passer, mentit le jeune homme.

Il s'était bien produit quelque chose. Mais cela ne s'expliquait pas. Il n'avait pas de mot pour décrire exactement ce qui c'était produit. L'étrange rapprochement qu'avait connu lui et l'assassin alors que les deux hommes étaient sur l'adrénaline le hantait encore. Juste le souvenir du corps d'Ezio contre le sien lui donnait des frissons.

- Cesare, tu m'écoutes?

Le jeune homme sursauta, comme si sa soeur venait d'apparaître à ses côtés.

- Tu n'as pas répondu à ma question…

Sans prévenir, Cesare se leva d'un coup et lança un regard dur à sa soeur.

- Sors de mon bureau! dit-il en pointant la porte.

- Mais je…

- SORS J'AI DIT!

Il n'eut pas besoin de le redire une troisième fois.

Lorsque Lucrezia quitta son champ de vision, Cesare se laissa tomber dans son fauteuil, et redirigea son regard sur le chaleureux feu qui brulait. Il soupira longuement. Il était forcé d'admettre que sa soeur avait raison: Il était maintenant incapable d'affronter Ezio en face. Puis il fronça les sourcils.

- Je dois le faire…

Il resta assit près d'une heure en pensant à son plan en regardant le feu s'éteindre peu à peu. Il ne restait qu'une faible lueur dans la pièce lorsqu'il décida enfin de se lever.

- Demain, Ezio, nous nous reverrons…

[...]

Ezio voyait Cesare au loin. Il parlait avec ses hommes. Il avait l'air encore plus malade qu'il ne l'était il y a quelques jours. Le poison avait dû faire son effet. Ezio sourit. Ça n'allait qu'être plus facile. Il était si près maintenant, qu'il pouvait entendre la conversation.

- Vous devez les trouver.

- Signore Cesare, ils sont partout et nul part à la fois, c'est donc…

- Je me fou des détails, trouver-les. Les assassins finiront par tomber.

Puis Cesare reprit difficilement son souffle. Ezio voyait bien que le poison le tuait à petit feu. Il sourit et profita qu'il soit de dos pour s'avancer vers lui, armé de la Pomme.

- Tu te trompes, Cesare.

Le Borgia se retourna vers l'assassin, figeant son regard sur lui et sur la Pomme. Depuis qu'il l'avait vu la dernière fois, il avait changé quelques détails de son armure. Ezio avait l'air plus bâti maintenant, et plus sexy aussi. Il affichait un souverain sourire, et le poison qu'il lui avait transmis quelques jours plus tôt ne semblait pas l'affecter. Sur le coup, Cesare aurait aimé être seul à seul avec lui. Mais c'était absurde. Lui et l'assassin étaient ennemis et ce qui s'était produit n'y changerait rien.

- Gardes! dit-il en pointant vers l'assassin.

Puis il partit en regardant le jeune Florentin se défendre avec sa Pomme. Il retourna alors rapidement son regard. Il ne savait pas pourquoi, mais il ne voulait pas savoir l'issue de ce combat…

[...]

- Cesare, que s'est-il passé là-bas?

- Rien du tout, lâches-moi…

Cesare marchait avec difficulté.

- Maudit poison!

Il voulait se rendre à son bureau, et s'y enfermé pour rester seul. Il ne savait pas ce qu'il se passait. Il ne connaissait pas encore l'issu du combat, et ne savait pas si l'assassin était encore en vie. Sa soeur avait beau lui poser la question, il n'avait même pas la capacité d'y répondre.

- Je peux t'aider chéri…

- Ne m'appelle pas comme ça!

Il avança encore en pensant à un moyen d'éloigner Lucrezia.

- Si tu veux m'aider, va me chercher un médecin. Dit lui de venir dans mon bureau.

Lucrezia acquiesça d'un signe de tête, et partit dans le sens inverse. Cesare eut alors un soupir de soulagement.

Il arriva finalement dans son bureau. Après avoir fermer la porte, il laissa tomber ses armes au sol, et retira une partie de son armure qui déposa sur un fauteuil. Il s'assit alors dans son fauteuil habituel. Un feu était déjà allumer dans la cheminée, comme à la coutume. Il s'installa à son bureau. La pièce régna alors dans un silence trouble. Cesare cacha son visage dans ses mains.

- Que vais-je faire …

Pourquoi ressentait-il autant d'angoisse à savoir que ses hommes se battaient en ce moment même contre Ezio? Était-ce pour ses hommes qui l'était inquiet, ou pour Ezio?

- Aaah! cria-t-il. Je suis fatigué de pen...

Puis il se mit à tousser. C'était le poison. Il devait avoir un remède le plus tôt possible. Mais peut-être bien que mourir était une solution. Il n'aurait plus à ce poser des questions stupides à savoir si l'assassin allait survivre à ses attaques.

-… Non, les assassins doivent disparaître…

Puis on cogna à la porte.

Un médecin entra.

- Signore, votre soeur m'a…

- Oui, oui.

Le médecin parut offensé, mais continua:

- En quoi puis-je vous aider?

- Je suis empoissonné.

- Mmm, d'accord.

Puis le médecin se mit à fouiller dans un énorme sac noir. Il en sortit des seringues, des lames, des sangsues et toutes sortes d'herbes.

- Je vais d'abord vous faire une saign…

- Épargnez moi les détails. Je vous fais confiance.

Le médecin commença alors son travail. Cesare n'osait pas regarder. Il n'en avait pas la force. Après quelques minutes de douleurs, de bruits inquiétants et de sang, le médecin annonça qu'il avait fini.

- Votre sang devrait être un peu plus claire maintenant, mais je vous conseil tout de même du repos. Si jamais vous n'allez pas mieux vous pou…

Mais cette fois, ce ne fut pas Cesare qu'il lui coupa la parole. Un garde était rentré dans le bureau sans frapper, ouvrant la porte à la volée.

- … Signore!… s'exclama-t-il, le souffle court. Vos hommes ont… ils sont morts…. et … l'assassin est…

À ce moment là, le garde prit une grande inspiration. Le coeur de Cesare avait arrêté de battre.

- … encore vivant… Avec cette fichu arme… il a…

Mais Cesare ne l'écoutait plus. Ezio avait survécu. Il ne savait pas s'il devait être heureux ou mécontent. Pourtant, il avait une envie étrange de sourire. Mais il s'en empêcha. Que penserait ce garde s'il lui souriait alors qu'il lui apportait une mauvaise nouvelle? Il fit alors semblant d'écouter la fin de son récit, et lui ordonna ensuite l'ordre de quitter son bureau. Le médecin fit de même quelques secondes plus tard. Cesare se retrouva alors de nouveau seul.

Il ne put s'empêcher de sourire. Ezio avait survécu. Il le reverrait. Ça lui donnait le sourire. Il se dit alors que l'assassin ne devait pas être aussi heureux que lui. Il en perdit son sourire. Cette idée le déprimait un peu. Peut-être bien que le Florentin avait déjà oublier ce qui s'était produit. Sur le coup, Cesare se trouvait un peu stupide. Comment avait-il pu penser que cet évènement dans la bibliothèque les rapprocheraient?

[...]

Ezio se réveilla en sursaut. Il se frotta rapidement les yeux, et regarda autour de lui. Tout semblait correct. Il était dans une chambre à la Rose Fleurie, l'endroit où il s'était couché la veille. Il se leva, tout en repensant au rêve qu'il avait fait. C'était si étrange. Il en avait encore des frissons.

Dans son rêve, il avait la Pomme avec lui, mais il était tout de même faible. Il avait de la difficulté à marcher, et à respirer. Il paniquait car il ne savait pas ce qui lui arrivait. Il y avait Cesare aussi. Et c'est à ce moment là que le rêve devenait plus étrange. Voyant qu'il était faible, Ezio craignait que le Borgia profite de la situation pour lui voler la Pomme. Mais non. Il s'était approcher de lui, et lui avait proposer de l'aider. Puis, sans prévenir, il l'avait embrassé. Tendrement. Doucement. Comme s'il considérait que l'assassin était trop faible pour qu'il puisse l'embrasser plus fort… Puis Ezio s'était réveillé.

L'assassin porta sa main sur ses lèvres, comme s'il avait pu sentir la salive du Borgia sur celles-ci. Mais après tout, ce n'était qu'un rêve. Il se secoua légèrement la tête, essayant de se changer les idées. Il attacha ses longs cheveux de son ruban rouge habituel, mit son habit d'assassin et sortit de sa chambre. Il se réconforta en pensant à la mission qu'il lui serait donner aujourd'hui. Ça lui permettrait d'oublier cet étrange songe.

En descendant l'escalier, Ezio croisa sa soeur.

- Déjà levé, Claudia?

- C'est à toi que je devrais poser cette question, frero. Rien ne presse aujourd'hui, tu aurais dû rester couché.

- Ah… non. Je me suis réveiller… un rêve plutôt étrange. Alors ça ne fait rien.

- Un rêve étrange? Expliques-toi…

- Ah, non. Pas besoin. Rien d'inquiétant de toute façon.

- D'accord. Ta mission te sera seulement donner en après-midi. C'est encore vague, mais il paraîtrait qu'un cardinal irait à la rencontre de Cesare pour régler quelques affaires.

- Je n'aurai qu'à suivre le cardinal, au moment venu.

- Justement, les filles ne l'ont pas encore trouvé. Donc pour le moment, tu pourrais t'occuper de quelques missions mineures avec les courtisanes.

- Très bonne idée, ça va me dégourdir les jambes…

Ezio sortit alors de la Rose Fleurie en laissant échapper un murmure:

-… et me changer les idées.

[...]

Cesare était en plein centre du Colisée. Ça faisait plus d'une heure qu'il était là, en plein soleil. Il commençait à avoir chaud sous son armure. S'il ne se retenait pas, il partirait et offrirait une somme pour la tête du cardinal qu'il l'avait fait attendre. Mais ce n'était pas le moment de se faire de nouveaux ennemis. Donc, il attendait. Au moins, le poison le faisait moins souffrir.

Il entendit alors des pas d'avancer vers lui. Il se retourna et vit le cardinal.

- Je suis sincèrement navré, Signore Borgia, mais des rumeurs courts qu'un groupe d'assassins…

- Oui, je connais bien les rumeurs. Je comprend votre retard.

Cesare lui sourit hypocritement, afin de cacher son envie de l'assassiner. Après quelques minutes, d'autres gens d'églises et hommes de Cesare s'étaient mêlés à la réunion. Ils discutèrent pendant près d'une demi-heure, pour finalement apprendre que les gens d'églises ne voulaient plus être liés aux Borgias.

- L'argent des Borgias est sale, dit sèchement le cardinal.

- Vous allez regretter cette décision, répondit Cesare en le pointant du doigt.

Puis s'installa un silence d'un quart de seconde. Cesare savait qu'il était là. Il entendit alors des bruits de pas à sa droite. Il savait que c'était lui. Il avait suivit le cardinal jusqu'ici. Avant même qu'il ne put retourner la tête pour lui-même constater sa présence, le cardinal afficha une expression de terreur.

- Assassino! Courez! Courez! s'écria-t-il en prenant la fuite.

À ce moment-là, le coeur de Cesare s'arrêta et son corps pivota.

- Ces gens là t'ont promis leur sang, mais lorsque tu as besoin de leur aide, ils te tournent le dos.

Cesare ne répondit rien. Il regardait l'assassin. Il éprouvait un certain bonheur à le revoir. Il allait même à se dire que s'ils n'avaient été que tous les deux, il lui aurait sauté dessus. Mais il savait très bien que ce n'était pas partagé. Il répéta alors son geste de la dernière fois: Il pointa l'assassin du doigt et appela les gardes. Il s'enfuit alors lentement, regardant la scène du coin de l'oeil. Mais lorsqu'il vit tous ses hommes se ruer sur le Florentin, et s'arrêta brusquement.

- Ne le tuez pas! s'écria-t-il.

Il fut lui même surpris de ses paroles. Il espérait seulement que l'assassin ne les avaient pas entendu. Pourtant, il semblait que ce dernier le fixait. Il sentit alors quelqu'un le prendre par le bras.

- Signore Borgia, ne restez pas ici!

C'était simplement un de ses hommes. Ils prirent alors la fuite à leur tour, laissant Ezio et sa Pomme derrière eux.

[...]

- Leonardo, je l'ai entendu le dire!

Le peintre soupira.

- Qu'a-t-il dit exactement?

- «Ne le tuez pas!»

- Il voulait peut-être simplement te tuer lui-même…

- Pourquoi aurait-il pris la fuite alors?

- Tu ne pas dit qu'il était empoisonné? Alors il est tout simplement trop faible pour le moment.

- Non… Il y avait de la panique dans ses yeux.

- D'accord. Mais supposons qu'il ne veuille pas te tuer, ce n'est qu'une bonne nouvelle, non?

- … sans doute… murmura-t-il.

- À moins qu'il y ait quelque chose que tu ne m'aies pas dit…

Ezio regarda Leonardo. Soupçonnait-il quelque chose?

- Alors, qu'il y a-t-il Ezio? Tu as l'air si perturbé…

- Non. Ce n'est rien. J'ai dû halluciner, ce n'est pas bien grave.

Puis l'assassin se leva et quitta le champ de vision du peintre. Ce dernier ne dit pas un mot et le laissa partir. Après tout, s'il ne voulait pas en parler, il ne pouvait pas le forcer…

[...]

Ezio marchait dans les rues de Rome. Il avait rangé la Pomme dans ses poches, afin d'éviter le regard des passants. Il marchait et marchait, sans savoir où aller. Il avait simplement besoin de prendre l'air, sans courir sur les toits ou grimper sur les murs. Il profitait de ce moment solitaire pour repenser à ce qui s'était produit au Colisée. Avait-il réellement halluciné? Pourquoi est-ce que Cesare avait-il l'air si préoccupé par son sort? Et ce rêve qu'il avait fait… Malgré ses efforts, Ezio ne l'avait pas oublié. Il repensa à la bibliothèque, au corps bouillant de Cesare contre le sien, à ses baisers dans le cou, à son souffle chaud et à sa voix si…

Quelqu'un avait sortit Ezio de ses pensées. Il l'avait prit par le bras, et l'avait entrainé dans une ruelle plus sombre. Lorsqu'il crut le reconnaître, celui-ci le força à entrer dans un vieux bâtiment et ferma la porte derrière eux. Ezio n'y voyait presque rien. Peu de lumière s'échappait des fenêtres barricadées et de la Pomme qui brillait dans sa poche. À voir les coffres vides autour de lui, Ezio devina qu'ils devaient être dans une banque non-rénové. Il sentit alors quelqu'un prendre violemment possession de ses deux mains et plaquer son dos contre le mur dans un bruit métallique.

- Vas-y, tue-moi!

Ezio eut un frisson lorsqu'il sentit le souffle chaud de son interlocuteur sur son visage. Il savait que son visage était proche du sien. Ses pensées devenaient de plus en plus floues. Il ne savait plus quoi faire.

- Non, Cesare… murmura-t-il.

Le visage du Borgia se rapprocha du sien.

- Tu es faible… dit-il entre ses dents.

Puis il se décolla de l'assassin.

Cesare fit quelques pas vers les fenêtres et revint vers Ezio.

- Tu sais que je te hais?

Ce n'était pas des paroles remplies de colère ou de haine. Cesare avait de la difficulté à les prononcées. On pouvait même croire que le Borgia allait en pleurer. Ezio ne savait pas comment réagir.

- Tue-moi! Je n'aurai ainsi plus de soucis à me faire!…

Puis il tourna dos à l'assassin, et alla se réfugier sur le bord des fenêtres. Il regardait tristement à l'extérieur.

- Ces gens-là me craignent et me déteste. Ils ont raison. Je n'ai rien pour me faire apprécier… Et toi, ils te craignent aussi, mais ils t'aiment. Ils te voient comme leur sauveur… Si tu me tues…

Il se retourna et fixa l'assassin. Puis il se rua vers lui, le prit par le col de sa chemise, et le plaqua sur le mur.

- Je te hais assassino!

Les deux hommes se regardèrent en silence. Ils avaient déjà vécu cette situation.

Ezio scruta lentement le visage de son ennemi, où il crut y découvrir des larmes. Il vit alors tout la faiblesse de Cesare dans son visage. Malgré qu'il aille les sourcils froncés, ses yeux reflétaient son impuissance, et ses larmes sa fatigue. Il ne savait pas pourquoi, mais l'assassin était incapable de voir son ennemi dans cet état.

- Embrasse-moi… murmura Ezio.

Et Cesare s'exécuta sans retenu. Il lâcha peu à peu le col de chemise d'Ezio pour aller déposé ses mains dans son cou. Leurs baisers s'approfondissaient, sans les laisser respirer. Ezio profita de ses mains libres pour retirer son capuchon, qu'il trouvait de plus en plus gênant. Les deux hommes continuèrent leurs échanges tout en commençant rapidement à se déshabiller. Ils retirèrent d'abord leurs armes, suivit de leurs armures qui commençaient sérieusement à les encombrer.

Cesare arrêta lentement leurs baisers pour s'aventurer dans le cou d'Ezio. Il y déposa alors de doux et suaves baisers. Ezio savourait ses caresses avec exaltation. Il était heureux de pouvoir être à nouveau proche de Cesare. Il en profitait. Chaque fois qu'il sentait les lèvres du Borgia se poser dans sur sa peau, il souriait un peu plus. Jusqu'à ce qu'il sente quelque chose de chaud couler dans son cou. Il prit alors le visage de Cesare dans ses mains, et le força à le regarder dans les yeux.

- … Tu pleures?

Cesare fuit le regard de l'assassin, et baissa la tête. Il essaya alors, sans succès, de recommencer ses baisers, mais Ezio le lui en empêcha.

- Réponds-moi.

- … Je ne vois pas pourquoi je pleurais… marmonna-t-il

Ezio regardait tristement Cesare. Ce dernier ne fronçait plus les sourcils maintenant, et avait l'air misérablement abattu. L'assassin approcha son visage de celui de son compagnon, et ferma les yeux.

- Je ne veux pas que tu pleures.

Puis il commença à embrasser les joues du Borgia. Cesare se laissa faire. À l'ordinaire, il savait qu'il aurait sans aucun doute repousser son partenaire, faute d'orgueil. Mais il se sentait calme pour le moment. Ezio avait réussit à l'apaiser.

Ezio parcourra le visage de Cesare de tendres baisers et les acheva dans son cou, où il s'y blottit ensuite. L'atmosphère avait changé. Ce n'était plus aussi sexuel et irréfléchi que la dernière fois. Les deux hommes s'aimaient silencieusement, car il ne voulaient pas parler de relation ou d'amour. Ça ne ferait qu'empirer les choses. Pourtant, ces violentes caresses échangées pour de doux baisers montraient bien que leur relation n'était plus la même. Les deux hommes l'avaient bien remarqué, mais ils préféraient ne rien dire.

Cesare prit la tête d'Ezio entre ses mains, et l'embrassa langoureusement. Ils échangèrent leurs langues et leurs salives dans des baisers qui devenaient de plus en plus torrides. Car, malgré leurs sentiments, il n'était pas question de ne pas profiter de ce moment. Dans un moment sans caresse, les deux hommes retirèrent leurs chemises. Ils étaient maintenant peau contre peau. Ils en ressentaient un tel plaisir, qu'ils en avaient la chair de poule. Ça les excitaient. Ils continuèrent leurs échanges salivaires tout en passant leurs mains sur leurs corps maintenant à nus.

De coin de l'oeil, Cesare vit une table aux allures plutôt confortables dans l'ombre de la pièce. Il lui vint alors une idée. Il prit les jambes de son partenaire afin de les installés autour de sa taille. Il prit ensuite Ezio dans ses bras, et le transporta jusqu'à la table, où il l'allongea. Ils continuèrent leurs caresses pendant que Cesare s'aventurait à retirer leurs pantalons. Il commença par celui de l'assassin, pour ensuite enlever rapidement le sien.

Il prit alors le membre remarquable d'Ezio dans la main droite, et commença de douces caresses. Il sentait l'assassin frissonner sous son corps. Ça le fit sourire. De son autre main, il vint à bout du ruban qui gardait les cheveux de son compagnon emprisonnés. Alors, tout en continuant d'embrasser sensuellement Ezio, Cesare jouait de plus en plus avec son membre, en plus de passer sa main dans ses long cheveux. Ezio ne se plaignait pas. Toutes ses caresses en même temps ne faisaient qu'augmenter sa soif de plaisirs.

Cesare entama de mouvement de plus en plus rapidement dans sa main droite. Les gémissements que laissaient échapper Ezio sous les caresses de Cesare étaient étouffés par leurs enflammés baisers. Le Borgia, qui adorait l'entendre geindre sous son influence, alla plus rapidement. Il savait que l'assassin ne tiendrait pas bien longtemps. Il poursuivit alors ses va-et-vient dans une vitesse maximum, emmenant Ezio à la jouissance. L'assassin vint alors dans la main du Borgia.

Cesare prit sa main enduit de sperme et l'approcha de l'intimité d'Ezio. Il y pénétra alors deux doigts sans avertir. L'assassin laissa alors échapper un étonnant gémissement. Cesare commença alors à s'amuser à l'intérieur d'Ezio, laissant ses doigts aller et venir. Il continua ses mouvements jusqu'à ce qu'Ezio l'interrompe:

- … arrêtes de me faire languir, stronzo…

Cesare lui répondit alors d'un sourire. Il retira d'abord ses doigts, pour ensuite prendre les jambes de son compagnon et les soulever légèrement, afin d'avoir un meilleur accès à son intimité. Juste avant de s'aventurer, Cesare approcha sa bouche de l'oreille de l'assassin:

- … Prêt, pas prêt, j'y vais… chuchota-t-il.

Puis il entra en Ezio. Ce dernier ne put évidemment pas s'empêcher d'échapper un cri de douleur et d'excitation.

Le Borgia débuta de délicats va-et-vient, juste un peu moins brusque que la première fois. Ezio se laissa aller, tout en promenant ses mains sur le corps brûlant de son compagnon. Puis les mouvements accéléraient, et les respirations s'abrégeaient. Les deux hommes étaient en symbiose. Ils gémissaient sous leurs impulsions et se consumaient sous leurs caresses. Il ne restait que peu de temps avant que les deux hommes atteignent la satisfaction de leurs ébats. C'est alors dans un geignement commun que les deux hommes atteignirent la jouissance.

Après s'être retiré, Cesare s'étendit auprès de l'assassin sur la table. Les deux hommes se regardèrent un moment, le souffle court. Cesare sourit, mais Ezio ne réagit pas. Il avait l'air abattu, triste. Voyant sa malheureuse expression, Cesare fit disparaître son sourire. Il approcha une main du visage d'Ezio et écarta les cheveux qui l'encombraient.

- … Pourquoi fais-tu cette tête? demanda-t-il tendrement.

- Demain, les assassins et moi attaqueront le reste de ton armée… et toi-même, répondit-il sèchement.

Cesare laissa échapper un soupir, et retrouva son sourire.

- Je m'en doutais, tu sais.

Mais Ezio garda son triste visage. Cesare, avec un point au coeur, comprit pourquoi son compagnon faisait une telle tête, mais préserva son sourire.

- Même si nous le voudrons, nous ne pourrions rien changer, Ezio.

Ezio fronça alors les sourcils, comme s'il était insatisfait de quelque chose.

- … Ai-je dit quelque chose de…

- Tu connais mon nom? coupa l'assassin.

Le Borgia parut étonner de la question.

- Bien entendu que je connais ton nom, idiota! C'est quoi cette question?

- … Simplement… c'est la première fois que je t'entend le prononcer…

Cesare sourit de nouveau, et approcha son visage de celui d'Ezio.

- Commencerais-tu à devenir sentimentale, Ezio? demanda-t-il en mettant l'accent sur le prénom de l'assassin.

- La ferme, stronzo.

Puis les deux hommes s'embrassèrent tendrement.

Cesare blottit ensuite sa tête sur l'épaule de l'assassin et soupira.

- Passons la nuit ensemble… Demain est un autre jour…

À ce moment-là, Ezio sourit.

- Tu veux passer la nuit sur une table?

Cesare sourit à son tour.

- Bien sûr que non. Il y a sans doute une chambre confortable pas très loin d'ici…

Ezio laissa échapper un rire.

- J'ai bien hâte de voir la tête de la personne qui nous verra arriver.

- … Pourquoi?

- Et bien, je suis visiblement un assassin, et tu es tout de même Cesare Borgia, non?

- Et puis? Demain, je ne serai plus là, alors…

- Ne dis pas ça.

Ezio pencha la tête et embrassa le front de Cesare. Ce dernier se leva ensuite et prit la main de son amant dans la sienne, le forçant à se lever lui aussi. Les deux hommes s'habillèrent alors aléatoirement, simplement pour ne pas sortir nus, puis quittèrent la vieille et délabrée demeure…

À suivre….


Il y aura sans doute un dernier chapitre, question de finir l'histoire (et le jeu).

Tous vos commentaires sont acceptés et appréciés!

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