Il n'avait pas vu la voiture noire qui le suivait depuis chez Sam. Encore sous le choc de ce qu'il venait de vivre, il roulait lentement. Comme il atteignait un quartier désert de la zone industrielle, il sentit un choc à l'arrière de sa voiture, on venait de l'emboutir.

Bon sang ! Il peut pas faire attention cet idiot !

Il descendit de voiture et reçut un douloureux coup d'une puissante arme paralysante. Il tomba mais ne perdit pas conscience, et se sentit transporté et déposé sans ménagement à l'arrière d'une voiture.

L'effet du rayon paralysant dura quelques minutes le temps qu'ils arrivent à un entrepôt situé à une courte distance du lieu de l'accrochage.

On le sortit de la voiture, il tenait debout mais se sentait très faible et dut être soutenu par deux hommes, qui le conduisirent à l'intérieur de la bâtisse.

On le poussa sans ménagement et il retomba, son cerveau était encore embrumé par la décharge et il n'arrivait pas à penser correctement sauf qu'il réalisait qu'il était dans une très mauvaise posture.

-Qu'est ce que vous voulez grogna t- il ?

-Silence dit l'homme, c'est moi qui pose les questions ici.

C'était un homme grand tout à fait ordinaire, il portait un costume gris et des petites lunettes. Derrière lui, trois gardes du corps assuraient sa sécurité. Ils avaient aussi le prisonnier à l'œil, et l'un des deux pointait une arme sur lui. Mais c'était une arme classique, un revolver. Le deuxième portait un long poignard à sa ceinture. Le troisième n'avait pas d'arme apparente.

-Je m'appelle Bronson dit l'homme aux lunettes.

-Charles Bronson ? Vous ne lui ressemblez pas beaucoup !

Sa plaisanterie tomba à plat, les gardes se rapprochèrent insensiblement de lui.

-Je veux que vous quittiez le SGC .

Il ouvrit de grands yeux étonnés :

-Et en quel honneur ?

L'homme ne répondit pas tout de suite. Il fit signe aux gorilles qui le poussèrent sans ménagement dans une petite pièce pourvue de tout un matériel sophistiqué.

Il appuya sur une petite touche et on entendit la voix de Carter et la sienne :

-Qu'est ce que c'est ?

-Mon rêve. Lisez le Monsieur.

-Pourquoi avoir écrit ?

-Parce que c'est plus facile pour moi, monsieur, comme cela je dis tout, et je ne suis pas tentée d'en escamoter la moitié.

Il frémit de rage et d'impuissance, il voulut se jeter sur le fameux Bronson mais les gorilles l'en empêchèrent.

La voix de la jeune femme s'éleva à nouveau :

-Oui mon général, pour moi, vous êtes « Jack » surtout dans mes rêves.

Maintenant c'était sa voix à lui

-Carter, j'ai beaucoup de cicatrices, comment est –elle celle-ci ?

-Pas la peine d'aller plus loin n'est ce pas ? dit l'homme d'une voix douce.

-Vous avez mis des micros dans ma maison ?

Il n'en revenait pas, lui qui était d'une prudence même, là il avait baissé sa garde. Jamais il n'aurait du l'emmener chez lui. Il y avait toujours un risque d'espionnage.

-Pas seulement des micros, vous voulez voir des images ?

Sur un écran on le vit avec Sam dans ses bras, il la consolait, il caressait ses cheveux, puis plus loin quand elle était allongée sur le canapé, et qu'il lui caressait le visage.

Il rageait intérieurement. Mais c'était trop tard.

-Naturellement je n'ai pas besoin de vous dire que ces documents iront immédiatement aux hautes autorités militaires, et vous serez destitué de votre poste au SGC, pour avoir enfreint une loi militaire, je n'ai pas besoin de vous rappeler laquelle.

-Non en effet.

-Mais si vous quittez de vous-même le SGC, il n'arrivera rien. Il y a déjà quelqu'un prêt à prendre votre place. Vous pouvez partir monsieur, je ne vous retiens pas.

Il rageait, une colère monstrueuse s'empara de lui, alors sans réfléchir, et surtout sans tenir compte des avertissements de Sam qui lui demandait de se protéger, il bondit vers l'homme à lunettes, et à l'instant même, il sentit une douleur atroce dans son dos. La lame s'était enfoncée dans ses reins, ripant sur l'os du bassin, l'accrochant au passage, et ouvrant profondément la chair traçant dans sa fesse droite un large et profond sillon qui descendait bas sur la hanche. Le sang se mit à couler abondamment tandis qu'il tombait sur les genoux d'abord et sur le ventre, ensuite.

Il dut s'évanouir sous le choc, car quand il se réveilla il était toujours étendu sur le sol dur de l'entrepôt, il pouvait sentir des grains de sable qui s'enfonçait dans sa joue. Ce n'était pas le moelleux de son lit, il n'était pas dans sa chambre avec Carter près de lui, mais il était entrain de vivre le cauchemar de Sam. Sa blessure saignait beaucoup. Il essaya de bouger mais sa jambe était comme paralysée, et il saignait encore plus. Alors il se résigna, il resta allongé, voyant défiler toute sa vie, il se jura que s'il s'en sortait il ferait quelque chose pour être avec elle, il n'en pouvait plus de la voir toujours et de ne pouvoir l'avoir. Mais pourquoi s'était-il jeté sur ce sale type ? Il lui apportait peut être le coup du destin qui lui manquait. Il s'était encore conduit comme un imbécile et maintenant il se vidait de son sang dans ce hangar fermé et déserté.

Alors il se plongea dans le rêve de Carter, fit comme s'il était dans sa chambre, nu, sur son lit avec sa douce présence à ses côtés, sa vie s'écoulant par cette large blessure.

Peut être pas une si mauvaise façon de mourir ?

Pendant ce temps là, c'était le branle bas de combat au SGC. Daniel appela d'abord chez Jack, puis chez Sam.

-Sam, savez vous où est Jack ?

-Non… pourquoi ? Demanda t-elle méfiante.

-Sam, on vous a vu quitter la base ensemble ce matin et cela n'avait pas l'air d'aller.

Elle ne répondit pas à sa remarque.

-J'arrive dit-elle simplement.

Ensuite Daniel essaya d'appeler partout où pouvait se trouver Jack. Le colonel Summers le plus haut gradé sur place avait pris la direction des recherches.

Sam était là aussi, elle ne voulait rien dire de précis mais dit seulement que le colonel l'avait ramenée chez elle vers 11 heures.

-En effet il devait se trouver assez loin de la base car il a dit qu'il lui faudrait une demi-heure pour rentrer.

-Nous avons retrouvé sa voiture dans la zone industrielle. Elle a été percutée, dit le sergent Davis au téléphone.

-Un accident ?

-Non juste un accrochage.

-Oui, mais il peut être n'importe où ! Dit Daniel.

-les Asgards peut être ? Dit Sam avec espoir.

-Non je ne crois pas répondit Summers, ils n'auraient pas pris le risque de faire ça en plein jour. Un rayon Asgard est visible de loin.

-Il a été enlevé, c'est sûrement ça ! Dit Sam en devenant toute blanche. Où est Teal'c ? demanda t-elle ?

-Je suis là colonel Carter dit l'ancien jaffa.

Elle le prit par le bras, et l'entraîna dans un petit bureau désert.

-Teal'c j'ai très peur pour lui. Vous vous souvenez de mes rêves ? Vous m'avez demandé si cela concernait les gens du SGC, je vous avais dit oui.

-Et vous sembliez très inquiète pour le général O'Neill.

-En effet il était dans un de mes rêves, blessé, et il perdait tout son sang…

-Je vais partir sur le champ pour cette zone industrielle. On la fera fouiller de fond en comble mais on le retrouvera.

-Je vais avec vous Teal'c.

D'importantes forces militaires étaient maintenant déployées. Il était 20 heures. Les usines et les bureaux étaient fermés.

Les bâtiments furent fouillés simultanément par de nombreuses équipes.

-Colonel Carter ? Dit une voix dans le talkie.

-Je vous écoute.

-On l'a trouvé 267 rue West. Il est vivant.

-Merci Teal'c. J'arrive.

Il avait réussi à bouger et par un effort surhumain, il s'était couché sur le dos, et avait placé sa veste roulée en boule sous sa fesse, comprimant ainsi l'atroce blessure et ralentissant du même coup le saignement. Cela lui avait sauvé la vie. Puis il avait attendu immobile, des heures durant, essayant de ne pas s'évanouir de peur de bouger et de faire saigner à nouveau la blessure.

Il gardait les yeux ouverts, fixant le lointain plafond de l'entrepôt. Il ravivait sa colère pour rester éveillé. Il avait soif, et froid. Une mauvaise sueur couvrait son front, il se mit à trembler.

Cela lui rappelait les nombreuses fois où il avait été blessé attendant d'hypothétiques secours. Sa formation militaire dans les commandos lui était d'un très grand secours. Il s'appliqua à respirer calmement pour enrayer une éventuelle panique naissante. Il se calma.

Il chercha à occuper son esprit, il se rappela les missions de SG1, les Goa'ulds. Il alimentait son courroux par tous les moyens pour garder en lui une étincelle de vie. Par la force de sa volonté il resta éveillé tout ce temps.

Un bruit le fit sursauter, la porte s'ouvrit à la volée, Elle tomba à genoux près de lui.

-Mon général ! Vous m'entendez, répondez moi ! Les secours arrivent ! Tenez bon !

Elle lui essuyait le visage. Elle l'inonda de ses larmes.

-Pardon Carter… murmura t-il

-Pourquoi pardon ?

-J'ai encore… tout gâché…je vais mourir…

Elle dut se pencher tout près de sa bouche pour l'entendre.

-Non vous n'allez pas mourir monsieur, on va vous soigner, lui souffla t-elle à l'oreille.

On le déposa doucement sur un brancard, et il fut ramené à la base toutes sirènes hurlantes.

Elle arpentait les couloirs de la base, n'arrivant pas à se calmer.

Il était dans la salle d'opération depuis si longtemps ! Daniel et Teal'c l'entraînèrent au mess, elle n'avait rien pris depuis le matin, et elle était épuisée.

-Tout va bien se passer, il est résistant, il en a vu d'autres.

Ils essayaient de la consoler, mais ils étaient d'une discrétion absolue avec elle. Elle ne disait plus le général, mais « Jack ». Ils attribuèrent cela au dramatique de la situation, car ils n'étaient pas au courant que la situation ait pu évoluer ainsi entre eux. Ils l'espéraient seulement. Voir leurs deux meilleurs amis pouvoir enfin s'aimer était leur rêve le plus cher.

-Sam lui dit doucement Daniel, vous parlez de lui en disant « Jack », je ne voudrais pas des oreilles indiscrètes vous entendent.

Elle rougit :

-Merci Daniel, c'est venu spontanément. Je suis tellement inquiète.

-Cela fait combien de temps qu'il est sur la table d'opération ?

-Deux heures, mais le docteur a dit qu'elle pourrait en avoir pour plus longtemps.

-Je retourne à l'infirmerie, dit Sam.

Il y avait une petite salle d'attente. Elle s'y assit et plongea la tête dans ses mains.

Il fallu encore attendre une heure pour que le docteur Bright sorte épuisée du bloc opératoire. Sam ne voulut pas se précipiter, elle se força à marcher normalement et rejoignit ses amis qui venaient aux nouvelles.

-L'opération s'est bien passée, dit-elle simplement. Et elle tourna les talons. Daniel courut derrière elle :

-Et c'est tout ? Vous ne trouvez rien d'autre à dire que l'opération s'est bien passée !

-L'état de santé du général est confidentielle. Je ne peux rien dire de plus, désolée.

-Mais nous sommes ses amis ! Poursuivit Daniel avec véhémence.

-Ecoutez docteur Jackson, vu la position du général, commandant de cette base, j'ai reçu des ordres de ne rien divulguer pouvant laisser entendre que le général O'Neill n'est plus apte à commander. Je regrette, ces ordres viennent de très haut.

Sam tira Daniel par la manche :

-Venez Daniel, elle a raison.

-Ne me dites pas que vous l'approuvez !

-Non, je ne l'approuve pas, mais je peux comprendre. Vous savez Daniel, l'armée et ses règles ! L'armée et ses lois ! Son ton était amer et désabusé.

-Est-ce qu'on peut au moins aller le voir ? demanda Daniel au docteur Bright qui était restée auprès d'eux.

-Pas ce soir, il ne s'est pas encore réveillé.

-Quel chameau ce docteur ! Ajouta Daniel, quand elle fut sortie, Janet nous aurait tout dit, elle !

Janet ! Comme elle leur manquait à cet instant. Sam serait déjà au chevet de Jack si elle était encore là…

Sam voulut se retirer dans ses quartiers, elle voulait être seule. Mais ses amis ne l'entendaient pas de cette oreille.

-Venez avec nous Sam, on va aller au mess, on ne sera pas loin de l'infirmerie. Et puis on essaiera de soudoyer l'infirmière de nuit.

Elle rit, un rire qui se transforma en sanglot. Mais elle savait que quoiqu' il arrive ces deux là seraient toujours là pour elle.

La nuit s'écoula lentement, Sam s'endormit un moment la tête posée sur ses bras repliés.

Pendant ce temps là Daniel alla parler à l'infirmière de nuit. Il lui débita un bobard comme quoi ils avaient l'autorisation d'aller voir le général. Il lui fit un de ses merveilleux sourires charmeurs et elle goba tout.

Il alla chercher Sam. Le général avait déjà ouvert les yeux. Elle s'approcha doucement :

-Comment allez-vous mon général ?

Il ne répondit pas, mais la regardait d'un air surpris.

-Vous êtes à la base mon général, vous avez été blessé.

-Votre rêve… Carter, s'est réalisé…

-Oui, mais vous êtes vivant ! Dit-elle avec un grand sourire. Et ça fait toute la différence. Comment vous sentez vous monsieur ?

-Mal.

-Vous souffrez ?

-Oui.

-Vous savez qu'elle a refusé de me donner de vos nouvelles.

-Qui ?

-le docteur Bright.

Il tourna péniblement la tête sur le côté :

-Elle a laissé le dossier sur la table. Prenez-le.

-Merci mon général, dit Sam souriant. Je vais en faire une photocopie et je reviens ni vu ni connu.

-Attention Carter, c'est confidentiel, rien que pour vous, Daniel et Teal'c.

-Je sais mon général. Elle se pencha vers lui et lui déposa un léger baiser sur la joue tandis qu'il replongeait dans le sommeil.

Rapidement elle photocopia la mince feuille du dossier et le remit à sa place sur la table de la chambre. La lumière était baissée, il dormait profondément, elle le regarda un instant et sortit sur la pointe des pieds.

Elle rentra dans ses quartiers suivie de Daniel et Teal'c. Elle parcourut le papier mais sa vue se brouillait elle n'arrivait rien à lire.

Daniel lui prit la feuille des mains, et lui fit un résumé.

-Bon, il a perdu beaucoup de sang et la blessure est très profonde, l'arme a effleuré le nerf sciatique, et elle note pronostic réservé, possible paralysie de la jambe. Attendre 48 heures pour se prononcer.

-Oh mon Dieu, Sam mit une main devant sa bouche ! Paralysé !

-Eh Sam ! Vous n'auriez pas du regarder ce dossier, C'est Jack qui vous l'a donné ?

-Oui.

-Alors il ne devait pas savoir ce qu'il y avait dedans.

Daniel essayait de trouver les mots pour la réconforter, mais il avait du mal. Il lui posa une main apaisante sur l'épaule.

-Et si on dormait un peu maintenant ? Demain sera un autre jour. Sam vous êtes épuisée.

-Vous avez raison Daniel, je suis morte de fatigue.

Le médecin l'examinait, il supportait vaillamment l'examen. Cela faisait deux jours qu'il était dans ce lit et commençait à trouver le temps long. Ce qui l'inquiétait c'était l'engourdissement de sa jambe. Mais le docteur Bright était confiante, le nerf avait juste été effleuré, l'IRM l'avait confirmé. Tout rentrerait bientôt dans l'ordre.

Ce qui lui manquait c'était la patience !

Pendant son absence, le général Hammond avait pris l'intérim. On l'avait une fois de plus tiré de sa retraite. Mais il avait accepté volontiers, pour aider Jack il aurait fait n'importe quoi.

-Vous savez qu'ils sont contents de vous en haut lieu, Jack, il parait que vous faites un excellent travail.

-Vous savez, mon général, la flatterie ne donne rien sur moi ! Dit-il en souriant.

Il se rembrunit, et repensa à l'ultimatum qu'on lui avait laissé, quitter le SGC de lui-même, pour mettre à sa tête un homme du NID, ou bien le quitter dans le déshonneur et entraîner avec lui dans sa chute, le colonel Carter. Le général Hammond qui le connaissait bien vit que quelque chose n'allait pas.

-Qu'est ce que je peux faire pour vous Jack ?

O'Neill le regarda et décida de tout lui raconter, ce qu'il fit. Les murs de l'infirmerie étaient sécurisés, aucun risque d'être entendu.

Hammond l'écouta sans l'interrompre.

-Quelques coups de fils à donner. Vous permettez Jack ?

-Je vous en prie mon général.

Le général Hammond tout frais retraité depuis quelques mois avait encore le bras long.

Quand il revint dans la chambre il arborait un grand sourire.

-C'est en bonne voie, Jack.

-Vraiment mon général ? Il me reste alors à guérir très vite.

-Oui Jack, c'est ce que vous avez de mieux à faire. Mais comment pensez-vous régler votre petit problème personnel ?

-Ma jambe ? Oh ! Elle va bien.

-Je ne parlais pas de votre jambe Jack, je…

-Ne dites rien mon général.

-Songez-y sérieusement Jack !

-J'y pense très sérieusement. Mais je ne peux rien dire pour le moment, mais vous serez le premier au courant. Je suis un peu superstitieux vous savez mon général.

Quelques jours plus tard Jack marchait avec des béquilles. Sa blessure se cicatrisait bien, il fallait seulement du temps pour que la guérison soit totale. Quelques semaines tout au plus. Mais dès que Jack fut debout, il n'attendit pas et il reprit le chemin de son bureau, et se remit au travail.

Les missions avaient continué sous l'égide d'Hammond. Le colonel Carter n'était pas souvent là. L'équipe phare du SGC était souvent sur le terrain.

Sam évitait de se retrouver seule avec O' Neill, c'était un peu comme si tout ce qu'ils avaient vécu d'intense et de dramatique n'avait pas existé. C'étaient des « colonel », des « mon général » Pourtant ils s'étaient pratiquement avoués leur amour. Elle attendait, elle ne savait pas trop quoi d'ailleurs, et sentait en O'Neill un recul, comme s'il regrettait ce qui s'était passé.

C'en était trop pour elle. Elle demanda à partir en mission le plus souvent possible, si ce n'était pas avec SG1 c'était avec d'autres équipes. Il ne la retenait pas comme s'il était soulagé, de ne plus la voir. Quand elle était au SGC elle s'enfermait dans son labo, travaillant presque nuit et jour. Elle s'abrutissait de travail pour ne pas penser, pour oublier.

Daniel et Teal'c étaient inquiets, mais elle refusait le dialogue, sa porte restait close. Elle allait au mess à des heures différentes, quand il n'y avait personne. Elle voyait O'Neill une fois par jour pour de très courtes entrevues, où il n'était question que de travail, les phrases étaient brèves, ils se regardaient à peine. Elle ne lui demandait pas de nouvelles de sa santé, même quand elle voyait qu'il souffrait à marcher. Elle voulait se sentir détachée, mais c'était dur, trop dur. Le soir elle s'effondrait en pleurant dans son lit. Elle se posait de réelles questions sur son avenir.

O'Neill avait très peur en fait de lui parler, car il ne savait pas encore s'il pourrait un jour contourner ce fichu règlement, le faire abolir, démissionner. Il avait eu un entretien téléphonique avec le président qui avait été mis au courant de ce qui s'était passé chez lui, les bandes étaient miraculeusement apparues un jour sous ses yeux. Ils les avaient regardées, écoutées, et avait découvert un autre homme, une autre femme que les deux militaires purs et durs qu'il connaissait. Il avait dit à O'Neill d'être patient. Il fallait que la rumeur concernant cette affaire s'apaise, cela pouvait demander plusieurs mois. D'autres personnes comme le chef d'état major avait reçu aussi les documents. L'affaire risquerait de faire grand bruit si elle éclatait au grand jour. Il voyait déjà les gros titres dans la presse, la carrière du colonel Carter foulée au pied.

La prudence était donc de rigueur et c'est la mort dans l'âme qu'O'Neill avait accepté de jouer le jeu. Naturellement il ne pouvait en dire un mot à Carter et c'était cela le plus dur pour lui. La voir dépérir, s'étioler et ne pouvoir rien faire.

Il l'envoyait en mission le plus souvent possible. Il choisissait les missions plus scientifiques, c'était un peu le calme plat sur le front des Goa'ulds. La Tok'ra depuis la rupture de l'alliance ne les envoyait plus sur des missions suicides, et c'était toujours ça de gagné.

Le soir il s'effondrait sur son lit à la fois épuisé et malheureux. Il dépliait alors les deux feuilles qu'avait écrites Carter sur ses rêves. Il relisaient les lignes si belles et se demandait si ce n'était pas trop tard.

tout ce qui vous touche, me touche.

On se rapproche, on se respire, on se touche, nos mains ne se contrôlent plus, on s'embrasse, doucement, puis avec fougue.

Après je dois reconnaître que mon rêve est un peu flou…

J'aime vous regarder, je vous touche, vous ne bougez pas, les cicatrices de votre dos m'attirent, me fascinent ! Je les touche, il y en a beaucoup, je suis émue de voir toutes ces traces sur votre corps. Je les suis du doigt. Ces marques vous les avez eu au combat, sous la torture, vous avez si souvent supporté la douleur pour nous l'éviter à nous, et je pleure en vous voyant. J'ai assisté à beaucoup de vos supplices, je connais vos souffrances, mais je vois autre chose, une terrible marque que je ne connais pas.

Comme il l'aimait en cet instant. Il se torturait à relire ces phrases. Ce mot « toucher », qu'elle employait de toutes les façons possibles, au propre comme au figuré. Lui aussi il était touché en plein cœur, et s'il en doutait avant, maintenant il le savait.

Il rangeait alors le papier au fond de sa poche, ces deux feuillets il ne les quittait jamais, il les portait tout contre son cœur. De temps à autre dans la journée il tâtait sa poitrine pour voir si elles étaient toujours là.

A la fin d'une journée particulièrement difficile il reçut un coup de fil du général Hammond.

-Jack comment allez-vous ?

S'il fut étonné du ton enjoué du vieux général, il ne le montra pas.

-Bien mon général.

Mais le général ne se trompa pas sur la voix lasse du chef du SGC. Il savait combien ce poste était difficile et les responsabilités écrasantes.

Il poursuivit sur le même ton.

-J'ai de bonnes nouvelles pour vous Jack ! Vous connaissez un certain Bronson du NID.

-Oh oui je le connais dit O'Neill avec de la colère dans la voix.

-Et bien figurez vous qu'il a été arrêté pour haute trahison envers l'état. Il est en prison et pour longtemps. Un complot a été mis à jour et porté à l'attention du président, ce complot dont vous aviez été la victime, était destiné à traîner dans la boue certaines personnes bien placées, vous, le colonel Carter, et moi-même, dans le but de prendre la tête du SGC et diriger ce service sous les ordres de qui ? Je vous le donne en mille.

-Kinsey bien sûr ! Mais je le croyais sur la touche celui-là.

-En apparence seulement continua Hammond, il était déchu par le président, mais comme il contrôlait depuis longtemps déjà une branche pourrie du NID, il y avait encore des intérêts et entendait bien les faire valoir. Ses hommes à lui agissaient dans l'ombre, et Bronson était son bras droit.

-Si j'ai bien compris Général Hammond, plus rien ne s'oppose à …

-Attendez le feu vert du président. Mais je recommande la plus grande prudence. Tant que les remous de cette affaire ne sont pas retombés il faut se méfier.

-Attendre encore longtemps d'après vous mon général ? Cela devient intenable, et j'ai très peur pour Carter, qu'il lui arrive quelque chose, qu'elle déprime ou pire encore.

-Je sais Jack, mais pas un mot de tout ceci, elle ne doit se douter de rien, c'est une question de sécurité pour elle.

-Je comprends. Merci général de vous occuper de moi comme ça.

-Vous le méritez bien Jack. De toutes les personnes que j'ai eues sous mes ordres, vous étiez la plus impossible, mais aussi la plus exceptionnelle ! Je suis sincère Jack.

-Je vous en ai fait baver quand même mon général !

-Oui Jack, vous étiez infernal certains jours, il faut bien l'avouer dit Hammond en riant. Allez mon ami ne perdez pas courage.

-Merci.

Trois mois plus tard, la situation était totalement dégradée au SGC. Oh tout allait bien en apparence, mais cette longue attente avait fait des ravages dans les cœurs. Daniel n'en pouvait plus de voir son amie Sam dépérir. Elle était épuisée par un travail incessant dans lequel elle se noyait pour oublier.

Un jour elle demanda à voir le général.

Celui-ci la reçut dans son bureau, debout, il ne la fit pas asseoir, pour lui montrer qu'il souhaitait que l'entretien fût bref.

-Faites vite colonel dit-il d'un ton sec, je dois partir.

-Oh mon général ça ne va pas être long ! Et elle posa une enveloppe sur son bureau.

-Qu'est ce que c'est ?

-Ma démission.

-Requête rejetée.

-Mon général, elle parlait lentement en accentuant les mots : je ne vous demande pas l'autorisation, je pars.

Coups d'œil noir de part et d'autre.

-Si vous partez maintenant, vous quittez aussi l'armée, en êtes vous consciente ?

Comment pouvait-il lui parler avec cet air froid, un tel détachement ! Comme elle s'était fait des illusions sur son compte ! Pauvre sotte, il a du bien rire de tes histoires de rêves prémonitoires. Et pourtant l'ingrat, cela lui a sauvé la vie. Je t'ai sauvé la vie Jack O'Neill ! Ne l'oublie pas !

Elle reprit d'une voix lasse :

-Mon général, j'en ai assez de l'armée qui broie les cœurs et les âmes, sous sa férule !

-Carter, reprit –il avec une étrange douceur dans la voix. Je n'accepte pas votre démission, mais je peux vous donner un congé, si vous me le demandez. Car si je fais suivre cette lettre, je ne pourrais plus rien. Ce ne sera plus de mon ressort. Que décidez-vous ?

Elle hocha la tête.

-Mon général, je suis fatiguée en ce moment, je souhaiterais quitter le SGC et prendre un peu de repos.

Elle ne savait pas pourquoi elle lui faisait encore confiance, peut être à cause de cette lueur triste qu'il avait eue dans le regard tout à l'heure.

Il lui sourit :

-Permission accordée Carter. Revenez-nous en meilleure forme, disons dans un mois ?

-Merci mon général.

-Et que fait-on de ceci ? Dit-il en montrant l'enveloppe.

Elle la reprit de ses mains, leurs doigts se frôlèrent et ils furent pris tous les deux d'un frisson. Ils détournèrent le regard.

Elle passa la lettre dans la machine à broyer, et sortit rapidement pour ne pas montrer ses larmes.

Sam avait dit à Daniel et à Teal'c que le général O'Neill lui avait accordé un mois de repos à sa demande. Elle n'avait pas mentionné son désir de démission.

-Vous comptez aller où Sam ? Avait demandé Daniel.

-J'ai quelques amies que je n'ai pas vues depuis longtemps à Washington.

-Vous donnerez de vos nouvelles ?

-Naturellement dès que j'arriverais là bas je vous appellerais, avait-elle répondu un peu vite.

Daniel lui trouvait très mauvaise mine, il avait essayé maladroitement de lui remonter le moral.

-Ça va s'arranger Sam !

Elle avait été furieuse :

-Comment le savez vous ? Et puis de quoi vous parlez ? Je suis épuisée par trop de boulot c'est tout.

Elle s'était à moitié vendue dans le début de sa phrase, cela avait fait sourire Daniel :

-Vous savez, Jack a de gros problèmes en ce moment.

-Si vous saviez ce que je m'en fous des problèmes du général ! Avait –elle crié. Et puis arrêtez de me parler de lui, je ne veux plus entendre son nom ! Jamais ! Maintenant laissez-moi partir. Je vous en prie.

Daniel l'avait alors prise dans ses bras :

-Prenez bien soin de vous Sam.

Puis elle avait passé ses deux bras autour du cou de Teal'c et lui avait murmuré à l'oreille : « gardez un œil sur lui Teal'c », puis elle l'avait embrassé sur la joue.

Elle avait alors quitté la base sans se retourner.

Puis Sam était rentrée chez elle. Elle avait appelé ses amies Hélène et Claire et elles avaient convenu de se voir le lendemain.

Le temps de faire rapidement un sac elle avait pu prendre le dernier vol de la journée pour Washington.

Les deux jours qu'elle passa avec ses amies lui firent un bien fou. Elles louèrent des films d'horreur, se bourrèrent de pizzas de bière et de whisky. Petit mélange anesthésiant qui apporta à Sam un peu d'accalmie dans sa douleur.

Malheureusement ses amies n'avaient que deux jours de congé, et dans l'avion qui la ramenait à Colorado Springs, elle fut bientôt reprise par ses tourments, et c'était avec une affreuse migraine et le cœur en charpie qu'elle s'enferma chez elle. Elle avait eu le réflexe d'appeler Daniel depuis chez Hélène.

Elle l'avait totalement bluffé avec musique hurlante en fond sonore, rires et plaisanteries.

Daniel avait été rassuré.

Puis elle rentra sa voiture dans son garage, n'ouvrit pas les volets et se coucha.

Il était 2 heures de l'après midi.

Elle plongea tout de suite dans le rêve. Le tout premier, celui qu'elle avait adoré et qui lui avait fait tant de bien.

Quand elle se réveilla dans la soirée, elle se sentait plus calme et se demandait bien ce qu'elle allait faire de ses trois semaines et demi de congé qui lui restait. Une éternité pour elle. Une crainte aussi de n'avoir rien à faire pour s'occuper l'esprit et s'empêcher de penser.

Sa maison était en ordre, comme une maison que l'on habite peu, presque un endroit impersonnel, un lieu de passage. Dans son séjour il n'y avait même pas de journaux sur la table basse, aussitôt lus aussitôt jetés, avec cette manie militaire de tout ranger, de tout classe,r de tout trier. Sa chambre était une pièce claire, aérée, avec peu d'objets personnels, quelques livres de sciences. Dans sa salle de bain impeccable, juste le minimum sur le lavabo. Des placards à peu près vides, à part ses tenues militaires, elles aussi impeccables. Elle chercha une tenue plus appropriée, ne trouva que quelques tenues de sport. Pour sortir, des vêtements de ville, deux ou trois jupes, des pulls et chemisiers, une petite robe un peu plus habillée. Au niveau des chaussures elle n'était pas plus riche.

Avec un soupir elle se rallongea, sa vie lui semblait tout à coup finalement très semblable à sa maison, vide, peu d'amis, peu de connaissances en dehors de son travail, une famille inexistante. Une vie, entièrement tournée vers son travail. L'armée lui donnait tout, mais lui reprenait tout, et l'étranglait sous ses règlements obsolètes. Huit longues années à se morfondre, à lutter contre un sentiment naissant, qu'elle avait cru pouvoir oublier, mais qui avait pris des proportions gigantesques, qui avait bouleversé sa vie, au point qu'elle avait perdu tous ses repères.

Elle sortit au supermarché. Le quartier où elle vivait était loin de la base, personne de l'armée n'habitait dans ce secteur. Elle aurait détesté être vue avec un caddy rempli de provisions pour plusieurs jours, avec cachés dans le fond, bien soigneusement sous les boites de conserve, des packs de bière et des bouteilles de whisky.

Elle fit un tour par le rayon pharmacie et s'acheta de l'aspirine et une boite de somnifères. Elle termina son parcours en louant des cassettes vidéo, quelques films sentimentaux où elle pourrait pleurer sur les héros et sur elle-même avec bonne conscience.

Elle ouvrit sa première canette de bière, puis une deuxième, et une troisième. Comme elle pleurait toujours devant sa télé en regardant ces inepties sentimentales, elle passa au whisky. Cela fit des ravages dans son corps qu'elle n'avait pas nourri depuis la veille. Elle s'écroula, sa bouteille à moitié vide roula sur la moquette, elle ne s'en aperçut même pas, elle avait sombré, enfin, dans le sommeil anesthésiant qu'elle recherchait depuis longtemps.

Son réveil fut pénible et douloureux, elle vomit longuement toute cette boisson ingurgitée. Elle tituba au sortir de la salle de bain, et ne jeta même pas un regard vers son salon en désordre. Elle se fit un café pour s'éclaircir les idées. Quelques minutes plus tard le découragement la prit de nouveau. Elle s'enfonçait dans une sorte de marasme dont elle ne pouvait pas sortir seule.

Son portable se mit à sonner. Machinalement elle répondit.

-Carter.

-Sam ! C'est Daniel ! Je viens aux nouvelles, alors Washington est comment ?

-…

-Sam, vous êtes là ?

-Oui, Daniel, vous m'avez réveillée.

-Oh excusez moi, mais il est dix heures, et je ne pensais pas…

-C'est pas grave Daniel, nous avons fait une petite soirée un peu arrosée et j'ai mal aux cheveux, dit-elle en regardant d'un air dégoûté autour d'elle.

-Excusez moi, je vous laisse.

-Daniel ! Est-ce que Teal'c est à côté de vous ?

-Oui je vous le passe.

-Merci.

-Colonel Carter !

La voix calme de Teal'c était apaisante, c'était quelque chose d'immuable, le monde pouvait s'écrouler, lui serait toujours là.

-Vous êtes seul Teal'c ?

-Oui colonel Carter, Daniel Jackson vient de quitter la pièce.

-Comment va-t-il ?

-Je suppose que vous parlez du général O'Neill ?

Et voilà c'était reparti, elle entendait son nom et aussitôt son cœur se mettait à cogner comme un sourd dans sa poitrine.

-Oui, dit-elle d'une voix qu'elle aurait souhaité plus ferme.

-Et bien disons, colonel Carter, qu'il n'est pas dans une bonne période.

-Il terrorise toute la base ?

-C'est à peu près ça !

Elle rit en l'imaginant sans arrêt en colère, déversant des mots durs et des remarques désobligeantes à un personnel obligé de se soumettre sous peine de sanctions. Sanction qu'il donnait rarement, il avait le sens de la justice, mais son caractère impétueux prenait parfois le dessus et dans ces cas là, il était particulièrement invivable.

-Et sa blessure, Teal'c ?

-Je crois qu'il en souffre. Mais je n'en suis pas sûr. Il n'en parle jamais, naturellement.

-Naturellement, répéta t-elle.

-Et vous Samantha Carter, comment allez-vous ?

-Je vais bien Teal'c, j'ai besoin de repos, c'est tout.

Elle ne voulut rien dire de plus. Ce n'était pas la peine, l'ancien jaffa avait parfaitement compris.

-Alors reposez vous bien Samantha Carter, et revenez nous bientôt.

-Merci Teal'c.

Ce coup de téléphone lui avait fait du bien, et beaucoup de mal à la fois. C'était comme mettre de l'huile sur le feu. On lui reparlait de « son général » aussitôt elle redressait la tête hors de l'eau pour la plonger encore plus profond quelques instants plus tard. C'était un cercle vicieux. Il n'y avait pas d'issue, elle le savait, autre que la rupture totale.

Elle se sentait si fatiguée, elle voulait dormir, simplement dormir. Seulement elle avait perdu tout bon sens et elle fit cet affreux mélange de somnifère et d'alcool.

Elle ne voulait rien d'autre que dormir.

Elle ne se réveilla que le lendemain, les idées obscurcies, et elle recommença, se plongea dans l'alcool et la dépression. Son portable sonnait elle ne s'en rendait même pas compte.

Sa réserve d'alcool était épuisée, mais elle n'eut pas le courage de sortir, elle n'était pas en état.

Le général était vraiment de très mauvaise humeur, il ne contrôlait plus grand-chose, et faisait son travail par la force de l'habitude. Il était tout le temps en colère et avait du mal à se contenir. Il se forçait devant ses subordonnés mais n'y arrivait pas toujours.

Le téléphone n'avait pas cessé depuis le matin, des problèmes d'intendance, de réunions, d'inspection, de sa hiérarchie qui le harcelait pour des broutilles.

Il ferma la porte de son bureau et demanda qu'on ne le dérange sous aucun prétexte.

Sa blessure était toujours très douloureuse, sa jambe s'engourdissait de temps à autre et il avait du mal à marcher. Le docteur Bright disait que tout était normal, que tout rentrerait dans l'ordre, rapidement, que c'était plus psychologique qu'autre chose.

Il avait bondit à ces mots :

-Psychologique ! Mais c'est une réelle douleur docteur ! Avait –il dit avec un grondement de colère dans la voix.

Le médecin lui avait alors répondu très calmement sans se laisser démonter par l'oeil furieux du général.

-Naturellement que c'est réel, vous souffrez, mais vous ne devriez plus. Votre blessure est guérie. Quand vous aurez réglé vos problèmes personnels, mon général, peut être que cette douleur partira ?

Elle le regardait avec un petit sourire qui en disait long. Il ne savait pas trop comment réagir, elle l'avait désarçonné.

Il tourna les talons sans rien dire et rentra encore plus furieux dans son bureau. C'était à ce moment là que Daniel s'était présenté.

Il avait été très mal accueilli.

-Ce n'est pas le moment Daniel, sortez !

Alors contre toute attente Daniel s'était fâché.

-Non Jack, vous allez m'écouter, j'en ai marre de voir mes deux meilleurs amis se détruire de cette façon. Sam n'est pas bien en en ce moment.

La colère d' O' Neill se dégonfla comme un ballon de baudruche. Il passa une main lasse sur son front.

-Je ne peux rien faire Daniel, pour le moment, rien du tout.

-Mais faites comme vous l'avez toujours fait depuis huit ans. Mais pourquoi la rejeter ?

-Cela ne dépend pas de moi.

-Il s'est passé quelque chose de grave ?

-Oui

-En rapport avec votre blessure ?

-En effet, mais le colonel Carter doit être totalement mise à l'écart de tout ça pour le moment.

-Mais pourquoi ?

-C'est pour sa sécurité.

-Sa sécurité ?

-Je ne peux rien dire de plus, Daniel, ne me posez pas de questions.

-Mais qu'est ce qui vous empêche d'avoir des rapports cordiaux avec Sam ? Il s'est passé quelque chose ?

-Daniel, je vous en prie n'en demandez pas plus.

Daniel ne comprenait pas, pourquoi O'Neill avait l'air si malheureux.

Il pointa un doigt vers son ami.

-Vous savez jack, vous êtes entrain de la tuer là. Je ne suis pas dupe de ses soirées avec ses copines, elle s'étourdit pour oublier, pour vous oublier.

-C'est peut être le mieux finalement, qu'elle oublie murmura Jack. Il ne parlait plus à Daniel mais à lui-même. Oui qu'elle m'oublie…

-Jack ! Réveillez-vous ! Elle ne répond plus au téléphone ! Depuis trois jours, son portable est coupé.

Jack releva la tête, sortant soudain de sa torpeur :

-Et c'est seulement maintenant que vous me le dites ! Vous avez le téléphone de ses amies à Washington ?

-Non, mais je pense qu'on peut le trouver. Je ne connais que leurs prénoms, Hélène et Claire, mais elles travaillent au Pentagone.

-Ok Daniel je lance une recherche. Walter, vous pouvez venir dans mon bureau ? Appela t-il à l'interphone

-Tout de suite mon général.

Il donna à Walter Davis ses instructions.

Un quart d'heure plus tard celui-ci revenait avec les noms et les téléphones des amies de Sam.

-Allez-y Daniel dit O'Neill en montrant le téléphone de son bureau. Il vaut mieux que ce soit vous qui appeliez.

-Quelle heure est-il à Washington ?

-17 heures dit O'Neill, en consultant sa montre.

-Vous avez l'heure de Washington ? Dit Daniel en souriant.

-Il faut bien, si vous saviez comme ces messieurs les bureaucrates ont une pendule dans le crâne !

Daniel rit heureux de retrouver un semblant de sourire sur le visage de son ami.

Il n'y avait personne ni chez Claire ni chez Hélène, elles devaient être encore au travail.

Téléphoner au Pentagone ressemblait un peu au parcours du combattant. Daniel fut envoyé de services en services.

-Je crois Jack que vous devriez appeler vous-même.

Il prit le combiné.

-Ici le général O'Neill du SGC, je voudrais parler au major Claire Allias ou au major Hélène Houtomi.

Curieusement on trouva immédiatement Claire Allias et on lui passa le général O'Neill.

Celui-ci se présenta et demanda à la jeune femme si elle savait où l'on pouvait trouver Sam, car cela ne répondait pas à l'appartement.

-Non, mon général. Je n'en ai aucune idée.

-Elle revient ce soir chez vous ?

-Non, mon général elle a quitté Washington.

Silence au bout de la ligne. Puis reprise d'une voix un peu plus étouffée.

-Quand vous a-t-elle quitté et pour aller où ?

-Elle n'est restée que deux jours. Mais elle ne nous a pas dit où elle allait. Seulement qu'il lui restait encore trois semaines de repos. Elle a vaguement parlé des Seychelles. Tenez Hélène arrive je vous la passe mon général, c'est elle qui l'a raccompagnée à l'aéroport.

-Mon général, oui c'est vrai j'ai raccompagné Sam, elle m'a dit qu'elle repasserait par chez elle avant de s'envoler pour les Seychelles. Mais nous n'avons plus de nouvelles, depuis une semaine.

Après les avoir remerciées, O'Neill raccrocha.

-Vous croyez qu'elle est chez elle Jack ? Dit Daniel

-Il faut aller voir.

Le coup de fil du général avait beaucoup inquiété les deux amies de Sam.

-J'ai encore des congés à prendre dit Hélène, et toi ?

-Je n'ai que ce week-end, mais je peux t'accompagner.

-Ce général O'Neill, c'est son supérieur ?

-Je le pense répondit Claire.

-Tu en as entendu parler ?

-Pas beaucoup, je ne sais même pas ce que fait Sam, en fait j'ai cru comprendre qu'elle était souvent sur des missions secrètes.

-C'est vrai qu'elle ne parle jamais de son travail. Et puis on ne la voit pas souvent, elle est très prise, conclut Hélène.

-C'est dommage, qu'on se soit un peu perdue de vue.

Elles laissèrent un message sur le répondeur de Sam.

La maison de Sam était fermée, les journaux s'étaient accumulés dans le jardin, la pluie les avait détrempés. La boite aux lettres regorgeait de publicités. O'Neill avait sonné, attendu un long moment, visiblement il n'y avait personne.

Il fit le tour de la maison, c'était le silence. La porte était fermée à clé, mais ce n'était pas un problème pour le général.

Il fit quelques pas dans l'entrée, c'était un vrai capharnaüm, comme il en avait rarement vu. De la vaisselle sale, une bouteille de whisky renversée, des vêtements.

Oh mon Dieu que s'est-il passé ici ?

-Carter ! Carter ! Cria-t il

Pas un bruit, il fit le tour des pièces, la cuisine, le salon, la salle de bain, la chambre d'ami, et tout au bout du couloir une porte était fermée.

Il appela à nouveau.

-Carter, mais d'une voix beaucoup plus douce. Quand il ouvrit la porte il eut un mouvement de recul puis se précipita vers le lit. Elle n'était même pas déshabillée, couchée en travers du lit, toute pâle, les bras en croix. Elle était sale, ses vêtements tâchés, une odeur de d'alcool et de médicaments flottait dans la pièce.

Il prit peur, son pouls était faible et elle respirait à peine.

Prenant son portable il appela une équipe médicale de la base.

-De toute urgence chez le colonel Carter dit –il.

Puis il revint dans le séjour, Daniel commençait à ranger. Jack écouta les messages de Sam. Il n'y en avait qu'un celui de ses deux amies qui prévenaient de leur arrivée.

-Restez près d'elle Daniel. Je rentre à la base.

-Vous n'attendez pas l'ambulance ?

-Non, désolé.

Daniel se sentait pris de colère mais devant le visage fermé de son ami il se contint. Ce n'était pas le moment car il lisait sur le visage de Jack toute une souffrance que celui-ci ne montrait pas souvent, tellement sa maîtrise de caractère était grande. Mais là il était au bord de l'effondrement, et Daniel ne voulut pas l'accabler davantage.

Il se contenta de hocher la tête et d'attendre l'ambulance près du lit de Sam.

Une heure plus tard Sam était à l'infirmerie, dans une chambre isolée. Elle dormait toujours, mais elle avait meilleure mine.

Le docteur Bright donnait au général des nouvelles toutes les heures.

Il était 23 heures quand Claire et Hélène arrivèrent à l'aéroport de Colorado Springs. Elles furent surprises de voir qu'elles étaient attendues. Une voiture de l'armée les conduisit à la base de Cheyenne Mountain.

Elle suivirent le garde et descendirent dans les profondeurs de la base. On leur fit signer plusieurs documents engageant leur responsabilité si elles avaient accès à des informations secrètes.

-C'est vraiment secret le boulot de Sam ! Dit Claire. Tu sais ce qu'ils font dans cette montagne ? Souffla t-elle à son ami.

-Je crois qu'elle travaille dans les radars, répondit son amie.

-Les radars ? Etonnant !

Après avoir traversé plusieurs couloirs gris et tristes, elles furent conduites dans le bureau du général, commandant de la base.

Elles se mirent aussitôt au garde à vous.

-Repos, dit-il. Je suis le général O'Neill, je suppose que vous êtes les amies du colonel Carter ?

-Oui mon général.

O'Neill les mit au courant de la situation, Sam était malade et avait besoin de rester chez elle, mais surtout pas seule. Il avait pensé qu'elles pourraient peut être l'aider.

-Mais nous n'avons pas de congé ? Dit Hélène.

-Ce n'est pas un problème avait-il répondu. La question est déjà réglée, vous êtes en service ici sur Colorado Springs, détachées à la base de Cheyenne Mountain.

Elles avaient accepté, un peu surprise de la rapidité avec laquelle tout cela avait été organisé.

La conversation avait été très brève. O'Neill leur avait paru tendu et fatigué. Mais elles furent impressionnées par sa prestance, sa haute taille, ses traits sévères. Sa façon de parler à la fois sèche mais chaleureuse dès qu'il prononçait le nom du colonel. Oui, Le général O'Neill pouvait être très intimidant.

Sur le chemin de l'infirmerie les deux jeunes femmes échangeaient leurs impressions à voix basse.

-Séduisant le général ! dit Claire.

-Et tu as remarqué son visage quand il parle de Sam ?

-Oh oui, je dirais qu'il apprécie beaucoup notre amie le colonel ! D'ailleurs pour nous demander d'être ses baby-sitters !

Sam resta deux jours à l'infirmerie et put rentrer chez elle. Ses amies étaient là, et à tout moment il y avait quelqu'un auprès d'elle, qui veillait à ce qu'elle s'alimente correctement, se repose et se détende.

Claire et Hélène essayèrent bien de la cuisiner au sujet du général, mais Sam ne voulut rien leur dire. D'ailleurs qu' y avait-il à dire ? A part un désert affectif, une souffrance sans nom et parfois une terrible envie de se laisser aller.

Elle leur parla tout de même de leurs relations, à tous les quatre. Naturellement elle parlait de vagues missions sur terre, parfois dangereuses, où ils avaient crées des liens de respect mutuel et de profonde amitié.

Durant les quinze jours de leur séjour, elles rencontrèrent Teal'c et Daniel avec qui elles sympathisèrent.

O'Neill ne vint jamais la voir.

Quand Sam revint à la base après son congé, rien n'était résolu. Elle avait pris la décision de ne rien espérer, d'attendre, mais elle savait qu'à la première occasion elle partirait. Pour le moment elle ne pouvait pas. Rien que de le voir, ou de l'apercevoir la mettait dans tous ses états, c'était comme une drogue, elle ne pouvait plus s'en passer.

O'Neill était seul dans son bureau quand il reçut un coup de fil de la maison Blanche. Il était attendu à Washington pour le lendemain et serait reçu par le président.

Il ne put fermer l'œil de la nuit, tellement l'anxiété lui serrait la gorge. Il imagina tous les scénarios possibles au cours de cette nuit blanche. Même celui le plus terrible où il lui faudrait renoncer définitivement à Sam. Il n'était pas maître de sa carrière, ni des règlements. Il avait un haut sens des responsabilités et savait qu'il ne pourrait quitter le SGC avant longtemps. Et puis le président le faisait peut être venir pour tout autre raison. Ce ne serait pas à lui de demander, mais d'écouter et d'obéir.

Sam s'était levée un peu moins fatiguée ce matin là. Elle avait repris son travail à la base depuis quelques semaines, mais restait pour l'instant cantonnée dans son labo. Le médecin ne l'avait pas encore autorisée à reprendre les missions. Mais cela ne la dérangeait pas, elle aimait la paix de son labo et pouvoir s'y retirer et y travailler seule lui apportait aussi de grandes satisfactions. Elle était souvent avec Daniel et Teal'c, prenait ses repas avec eux, ils la raccompagnaient souvent chez elle, et de temps à autres ils se faisaient une petite soirée. Un moment de détente pour Sam qui pouvait entendre parler d'O'Neill sans en avoir à en parler elle-même. Elle redoutait les questions de Daniel, mais celui-ci avait compris qu'on pouvait en parler mais pas directement. Alors il lui racontait ce qui se disait sur lui, lui parlait de sa santé. Jamais à la base elle ne voyait le général en privé, et c'était beaucoup mieux. Ils s'évitaient, mais elle, elle aimait l'observer de loin. Elle le regardait parler, donner des ordres. Mais jamais plus il ne riait ou ne plaisantait. Elle s'en était rendue compte et cela lui faisait mal.

Elle était seule ce matin là quand on sonna.

C'était lui, le cœur battant elle voulut refermer la porte mais il avait déjà glissé son pied dans l'embrasure.

-Il faut qu'on se parle Carter.

-C'est pour le travail Monsieur ? demanda t-elle hautaine en le regardant droit dans les yeux.

-Si cela avait été pour le travail je ne serais pas venue chez vous un dimanche matin, Carter dit-il doucement. Laissez moi entrer.

Elle ouvrit grand sa porte et s'effaça pour le laisser passer. Elle ne le fit même pas asseoir.

-Je vous écoute mon général.

Il sourit :

-Qu'est ce que j'ai dit de drôle ?

-Rien Carter, mais ne m'appelez plus « mon général »

Elle réagit à peine :

-Je ne comprends pas.

-Je ne suis plus général Carter, mais civil.

-Vous avez démissionné, mais pourquoi ?

-Vous me demandez pourquoi ? Dit-il, étonné et avec une nuance de déception dans la voix.

Elle ne répondit pas, elle ne le pouvait pas. Cela impliquait tellement de choses.

-Est-ce qu'on peut s'asseoir, dit-il seulement, ça risque d'être long.

Elle lui montra d'un geste le canapé et prit le fauteuil en face de lui. Une petite table basse les séparait.

Alors il lui raconta tous les évènements depuis le jour où il avait été enlevé et blessé, et le chantage qu'on exerçait sur lui. L'implication du NID et de Kinsey. L'obligation de nier farouchement toute relation personnelle avec elle, de la mettre sur la touche.

Elle blanchissait au fur et à mesure de son récit. Des larmes se mirent à couler elle ne les essuya même pas.

Il conclut en disant que cela avait duré très longtemps car il fallait du temps pour que les hommes du NID soient arrêtés, que Kinsey soit définitivement rayé de la carte. Et il attendait le feu vert du président.

Il raconta succinctement son entrevue avec le président qui avait accepté sa démission de l'armée, suite à une demande favorable de l'état major. Mais il avait refusé qu'il quitte le SGC. Il deviendrait donc commandant civil de la base de Cheyenne Mountain.

Sam le voyait arriver la bouche en cœur. Il lui avait débité toute son histoire. Elle était parfaite ! Mais elle continuait à lui en vouloir car il lui avait fait trop mal et elle avait du mal à croire qu'il ait pu montrer si longtemps une telle indifférence. Elle ne devait pas peser bien lourd dans la balance.

-Pourquoi avoir démissionné ? Demanda t-elle. Elle avait dit cela d'un ton négligent comme si c'était un détail sans importance. Quelque chose de banal, une question que l'on poserait comme ça. Mais il était très fort à ce petit jeu, elle aurait du se rendre compte qu'elle ne gagnerait pas. Car sa réponse ne fut pas forcément celle qu'elle attendait.

-Pour être plus libre de mes mouvements comme je l'entends. Il lui avait répondu sur le même ton totalement dépassionné.

Elle continuait de le fixer comme si elle ne comprenait pas, comme frappée de stupeur.

-Bon, il va falloir passer à autre chose, dit-il seulement.

Le mouvement qu'il fit fut si rapide qu'elle n'eut pas le temps de réagir, que déjà elle se trouvait dans ses bras, à sangloter contre sa poitrine sans pouvoir s'arrêter.

-J'ai tellement peur dit-elle entre deux sanglots. Je ne veux plus souffrir, je ne veux plus rien, de peur de me réveiller encore seule et abandonnée.

Il la berçait dans ses bras, mais elle souffrait tellement qu'elle n'arrivait pas à se dominer. Il lui passa la main sur le visage pour essuyer ses larmes et il commença à l'embrasser, sur les joues, le front, les lèvres. Elle pleura longtemps, il ne la pressait pas et comprenait qu'il lui faudrait du temps pour évacuer huit ans de frustration et quelques mois d'une dérive morale pire que la mort. Il était lui aussi dans le même état et avait grand besoin de ses bras à elle. Quand elle commença à se calmer il prit sa bouche et l'enflamma par un long baiser.

Il lui murmura à l'oreille

-Vous vous souvenez de votre rêve Sam ? Vous m'avez dit un moment que vous ne saviez plus très bien ce qu'on avait fait. Et si on allait clarifier ce que vous trouviez « un peu flou » dans ce rêve ?

Elle le serra un peu plus fort contre elle, elle nichait la tête au creux de son épaule.

-Et que doit-on faire ? Murmura t-elle, en levant les yeux sur lui.

-C'est ton rêve, Sam.

Il l'avait tutoyée, elle le regarda au fond des yeux en réalisant que c'était LUI et que c'était ELLE.

Elle lui sourit.

Un peu plus tard, elle replongea dans son rêve

La soirée se déroulait toujours de la même façon, après la bière elle voulait prendre congé, mais il ne l'entendait pas de cette oreille. Il se rapprochait à la frôler, elle sentait la chaleur de son corps si près du sien. Puis ensemble ils osaient ce qui leur était interdit depuis huit ans, ils se touchaient, d'abord timidement, puis de manière plus pressante. Leurs mains commençaient alors un ballet fantastique de mouvements désordonnés, ils perdaient le contrôle et l'entendement. Elle sentait le contact de lèvres chaudes et douces sur sa peau.

Beaucoup plus loin dans la nuit, elle se voyait alors allongée près de lui, il dormait sur le ventre, nu. Alors elle passait une main dans son dos, et sentait sous ces doigts les cicatrices de blessures ou de tortures.

Elle descendait plus bas sur sa peau et sentait une marque qu'elle connaissait bien. Elle l'avait rêvée et maintenant elle était là. C'était une crevasse profonde d'une quinzaine de centimètres de long, elle était rouge et violacée sur une partie, moins profonde et plus rose vers le bas, elle s'étalait sur ses reins et descendait loin sur la hanche droite. Elle passa son doigt dessus comme pour bien s'assurer de sa présence.

Il reposait le visage tourné vers elle, elle le regardait et ne s'en lassait pas. Elle passait sa main dans ses cheveux, dormait-il ? Pas sûr, car de temps à autre un léger sourire étirait ses lèvres.

Irrésistiblement elle était attirée par la grande cicatrice et la caressait encore, et encore, et cette fois-ci ce n'était pas en rêve.

FIN