pCela faisait longtemps qu'il ne s'était pas rendu à Madame Puddifoot. Il détestait cet endroit où les couples mièvres se rendaient pour se bécoter tout leur saoule ! Mais malheureusement pour notre jeune Italien, c'était également le seul endroit de Pré-au-Lard où il pouvait aller boire un Cappuccino, très bon par ailleurs, devait-il admettre./p
pAlors qu'il pénétrait en ce lieu, d'où émanaient des chuchotements et gloussements amoureux intolérables dès le seuil, ses yeux se posèrent immédiatement sur une chevelure flamboyante. Elle était là. Seule. Peut-être attendait-elle que son rendez-vous daigne montrer le bout de son nez ? Quoi qu'il en soit, cela ne l'intéressait pas. Quelle soit accompagnée ou non, il saurait lui rendre la monnaie de sa pièce. On n'éveillait pas un tel trouble tous les matins durant en un Zabini sans en payer les frais. /p
pIl se dirigea alors vers la table qu'elle occupait. Quel malheureux tableau elle offrait là, ne put-il s'empêcher de penser. Sa bonne éducation lui avait toujours appris qu'on ne laissait point attendre une dame de la sorte !/p
p« Bonjour Mademoiselle », introduisit-il de sa voix la plus séduisante, « Cette chaise est-elle libre ? »/p
pIl lui fallait bien respecter les convenances, même s'il se souciait de la réponse de la demoiselle comme de la guerre des Gobelins./p
p« Eh bien », bredouilla-t-elle, clairement surprise./p
pPeu lui importait. Il était déjà installé./p
p« Ce Cappuccino mérite-t-il sa réputation ? », commença-t-il la conversation, « Je me suis laissé dire qu'il était particulièrement goûteux et j'ai été séduit par l'idée d'en essayer la douce texture. »/p
pElle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois. Ils ne s'étaient jamais vraiment croisés, mais elle ne pouvait nier que leurs yeux se rencontraient très fréquemment lors du petit-déjeuner. C'était plus fort que lui, elle le fascinait. Certes, ce n'était pas tous les jours non plus qu'un Serpentard venait faire la causette à une Gryffondor, mais qu'importe? Il y avait des choses bien plus importantes./p
p« Je… », Commença-t-elle, « Je trouve qu'il est bon… »/p
pElle devait avoir l'impression d'être entrée dans la quatrième dimension./p
pCe n'était pas dans ses habitudes d'être aussi timide. Il le savait. Mais la façon dont il la regardait, dont il la dévorait littéralement des yeux, devait le troubler. Pas un regard de jeune prétendant pré pubère, non, le regard affamé d'un prédateur qui guette sa proie./p
pSon trouble se faisait plus grand, elle devait être en train de se demander ce que diraient les gens pour les avoir vus ensemble, elle craignait le qu'en dira-t-on. Il n'en avait cure pour sa part./p
pTroublée, elle commit donc l'acte impardonnable. Elle tenta de finir sa tasse au plus vite afin de fuir loin de lui. Mais maintenant plus que jamais, il ne le permettrait pas. Pas maintenant qu'elle était face à lui, et lui face à ce spectacle qui le rendait fou tous les matins./p
pSes jolies lèvres ourlées recouvertes langoureusement d'une fine couche mousseuse et séductrice./p
pIl se saisit d'elle sans même lui laisser le temps de réagir. Au diable les convenances !/p
pC'est sans cérémonial aucun qu'il déposa ses lèvres brusquement sur les siennes et qu'il se délecta de cette couche crémeuse. Il n'aurait su dire ce qui lui fit le plus tourner la tête. La réalisation de cet acte qui le dévorait depuis si longtemps, ou le petit gémissement qu'elle laissa échapper, presque soumise./p
pA moi, fut la seule pensée que son esprit toléra de manifester./p
pAlors qu'il la relâchait plus tendrement, il interpella l'une des serveuses./p
p« Un autre Cappuccino saupoudré de chocolat noir et de noisettes vertes pour mon amie », il avait plongé son regard de braise dans ses yeux chocolat, « Et un nature pour moi, je vous prie. »/p
pIl la vit rougir furieusement. Etait-ce en raison de ce prémisse de baiser, bien plus intense que tous les baisers qu'il avait échangés à ce jour, ou bien parce que ce garçon qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam savait exactement de quelle manière elle aimait boire son cappuccino ?/p
pIl se pencha alors vers elle en posant délicatement, mais pas moins fermement, sa main sur le sienne. Il se sentait bien trop possessif. /p
p« Blaise », commença-t-il sur un ton plus badin, « Blaise Zabini. Je suis enchanté. »/p
pElle le regarda les joues en feu./p
pElle baissa les yeux et murmura./p
p« Ginny… Ginny Weasley… Enchantée. »/p
p« Mais tout le plaisir est pour moi », conclut-il un sourire satisfait sur les lèvres./p
