Ohaeyo, mina-san !

D'abord, les réponses au prologue.

Dgreyman : Yep ! D'ailleurs, le petit épouvantail l'appellera pendant plusieurs années « Chihiro-sempai ». Je reconnais facilement la fan de Kakashi :)

*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*

« La réalité n'est rien d'autre qu'une illusion sur laquelle il ne faut pas se reposer. Je ne la crains pas : cependant, il n'y a plus que le pire présent dans mon esprit car je ne veux pas être détruite à nouveau… » Chihiro Ôta

Japon, à une cinquantaine de kilomètres de Tôkyô, 17 Juin 2003 :

J'ai jamais eu de chance.

Pourquoi ?

Déjà, ma propre famille me délaisse.

Mon frère est un scientifique reconnu, mes parents gèrent un commerce dans le centre de Tôkyô et ma sœur est mannequin. J'entends tout de suite quelque chose du genre : Ouaaaah, t'as trop de chance ! Bah non, pas de pot : Je viens de le dire, j'ai jamais eu de chance.

Il faut peut-être que j'ajoute que ledit frangin n'a pas eu de conversation (pas les « Hn » habituels, s'entend) humaine avec moi depuis… euh… un bon bout de temps. Mes parents voulaient à tout prix que j'hérite de leur commerce, ce que j'ai refusé tout net. Résultat, ils me nourrissent et m'ont payé un appart, mais c'est pas pour ça qu'ils sont attentionnés. Quant à ma sœur… bah, parlons-en de ma sœur. De longs cheveux noirs lisses à la japonaise, des yeux en amande (débridés, bien entendu), un visage pâle et fier… c'est ma cadette, ma petite sœur, le truc dont vous avez changé les couches (puantes) quand les parents étaient trop occupés, quoi ! Ouais, et bah elle me méprise. De mon côte, c'est la même chose. Elle n'a qu'un an de moins que moi résultat, même si elle est nettement moins futée que la première de classe que je suis, tous les mecs lui tournent autour. Et même si je rencontre enfin quelqu'un et que je l'amène à la maison, il tombe sous sa coupe et m'oublie. Résultat des courses : célibataire à vingt ans passés et peu d'amis fidèles. Je ne reste donc que la « sœur de Mikoto Ôta la mannequin des couvertures de magazine » ou « la sœur de Seiji Ôta le scientifique de robotique ».

Ensuite, parce que j'ai un physique banal. Ne vous attendez pas à : « je fais un mètre quatre-vingt », « j'ai un bonnet C depuis mes 14 ans », « j'ai des cheveux noirs avec des mèches rouges naturelles » et autres « yeux ambrés sauvages ». Nan, moi je suis banale.

Je fais un petit mètre soixante quatre (ce qui est chiant quand on veut être pris au sérieux), les cheveux auburn et des yeux dont la couleur oscille entre le vert et le marron. Je dois avoir au moins sept kilos en trop par rapport à la normale de mon âge (pas ma faute si je passe mon temps à boire du café sucré quand je dessine ou que je m'avale des tablettes de chocolat quand je déprime) et ma poitrine est comme moi : banale. Je vais pas vous faire un dessin non plus, hein ! Je n'ai ni une peau de porcelaine, ni de tatouage coloré depuis ma naissance ou de tache de naissance en forme d'étoile. Je ne suis pas l'enfant d'une prophétie ou je ne sais pas quoi, comme on en voit dans les mangas ou les romans de fantasy.

Non, je suis juste moi. Chihiro Ôta, aide mangaka de 21 ans et étudiante en archéologie.

Bon, d'accord, j'avoue, il y a au moins un truc chez moi qui est anormal… le mangaka que j'aide… bah, c'est pas n'importe lequel… c'est Masashi-san. Enfin, Kishimoto, quoi. Bah ouais… le mangaka de Naruto. Ah bah oui. Je sais, c'est la classe. Moi, je m'occupe surtout de certaines expressions des personnages ou de « petits » détails comme les yeux des Uchiha. Juste ça. Il faut dire que je connais Masashi depuis un bon bout de temps, vu que je bosse avec lui depuis le premier chapitre de son manga. Je peux donc affirmer que je connais presque toutes les répliques sur le bout des doigts.

Je répète donc, après cette petite parenthèse sur ma personne d'une banalité quasiment affligeante, que je suis malchanceuse.

Aujourd'hui, nous sortons sur le terrain avec ma classe. Nous sommes une cinquantaine à l'origine, mais comme le site est plutôt grand, on est tous divisés en groupes de cinq. Je suis donc, avec deux mecs et deux filles, en train de déterrer doucement les objets d'un tombeau ancien. Je tiens à préciser que mon école est quand même assez connue dans la région et que j'en suis rendue à ma troisième année.

La chaleur est assez écrasante au vu de notre début juin : tout le monde est en t-shirt et en jean en train de creuser. Je suis logiquement en sueur, mes cheveux attachés en chignon avec un stylo à bille (celui avec lequel je suis censée écrire mon rapport du jour, d'ailleurs). Je ne porte qu'un jean, un débardeur (j'ai laissé mon gilet sur une chaise) et des chaussures de boulot (solides : je risque pas de me faire percer la semelle par un bout de verre ou autre cochonnerie du genre).

Nos profs sont en train de s'extasier deux cents mètre plus loin sur la découverte d'un tombeau familial remontant à quelque chose comme approximativement trois milles avant Jésus-Christ. Et nous, on bosse.

Munie de mon pinceau, je tombe soudain sur un bout de bois. Intriguée, je m'affaire autour, ce qui interpelle mes camarades qui s'empressent (de façon désintéressée, bien sûr) de venir voir ma trouvaille : un coffre. C'est un coffre apparemment ancien, rectangulaire et d'une vingtaine de centimètres de long pour quinze de haut et de large, mais dont le bois et la serrure sont si rongés par le temps qu'on a l'impression qu'il va tomber en poussière d'une minute à l'autre.

- Hé, regardez-moi ça ! souffle Kenji Yamada près de mon oreille. La trouvaille de la journée ! Bon boulot, Ôta.

Je grince des dents. Ce mec se prend pour un tombeur pour le simple prétexte que les filles de la promo lui tombent dans les bras en sachant qu'il ne s'agit qu'un d'un coup d'un soir et avec ça, il est macho. Et impoli (Nda : appeler quelqu'un uniquement par son nom au Japon peut être considéré comme une insulte, surtout lorsqu'on ne le connaît pas bien).

- Appelle-moi Ôta-san. Et en plus, c'est moi qui l'ai trouvé. Ecrase.

Il me sort son sourire à deux yen tandis que les autres filles murmurent furieusement et que le deuxième garçon prend une attitude goguenarde.

- Je préfèrerais t'appeler Chihiro, me sort-il d'un air qui se veut charmeur.

- Ecrase.

- Allez ! C'est rien qu'un coffre ! T'as eu de la chance, c'est tout.

Je le fusille du regard avant de dire d'un ton sec en ouvrant le coffre :

- J'ai jamais de chance, Yamada-san.

Et j'ai raison. Comme d'habitude.

Le coffre s'effrite aussitôt que je vois son contenu. Je reste la bouche ouverte. Plus un mot ne filtre de derrière moi. Ils se sont tus ou alors c'est moi qui n'entends plus rien.

C'est un bracelet sur un socle noir brillant.

Le socle est lisse, sans aucune marque d'écriture. C'est de la pierre, sûrement de l'obsidienne. Je le prends dans ma main droite, comme hypnotisée. C'est le bracelet qui est vraiment intriguant. A peine large d'un centimètre, on dirait une sorte de verre… ou de diamant transparent. Il y a une sorte de liquide à l'intérieur c'est vraiment étrange d'ailleurs : comme de l'essence au soleil à cause de ses couleurs quand je le mets à la lumière du jour. Et dans le liquide flotte des sortes d'étincelles… oui, je sais, c'est stupide l'idée des étincelles dans l'eau, mais c'est la seule image qui me vient à l'esprit en les regardant.

Je fais alors une chose irréfléchie. Immature. Idiote. Stupide. Illogique. Pas professionnelle et accessoirement complètement crétine.

Je touche le bracelet. De ma main qui ne porte pas de gant en plastique.

Il se passe alors la chose la plus étrange et la moins scientifique de ma courte vie. La pierre se brise, partant elle aussi violemment en poussière. Quant au bijou, comme animé d'une vie propre, il se précipité sur mon poignet gauche et s'agrandit pour s'y adapter.

La seule que j'ai le temps de penser est : Et merde.

Voilà pourquoi j'ai jamais de chance.

TBC…

*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*

Et voilà ^^ mais ne vous attendez pas rapidement à la suite (comme d'habitude) ! C'était juste pour introduire l'histoire…

Alors, verdict ?