Raiting : M. Et oui, meurtres en série très détaillés. Quoi d'autre ?
Note : Ceci est le kadow d'anniversaire d'Ariani Lee, c'était le 22 août dernier, même que j'étais à l'heure. Beaucoup des personnes qui ont lu Neko Dewa Arimasen m'ont demandé une suite, et je leur ai répondu qu'il y avait déjà une petite séquelle. J'ai deux bonne nouvelle. Voici cette séquelle. J'ai eu une idée de suite. Bon, et j'ai une mauvaise nouvelle. Ce sera certainement pas pour tout de suite.
« C'pas un chat, ça »
Ja nai est la plus courte et la plus familière des formes négatives de desu (traduisible pas «être»). Elle traduit la proximité, l'intimité, l'habitude, c'est une forme qu'on utilise avec des amis dans le cadre d'une conversation anodine. Ja nai seule signifie même « ça ne l'est pas » ou « ce n'est pas le cas » lorsqu'on l'utilise en réponse. Sa familiarité peut aussi être comprise comme de l'agacement dans ce cas, selon la situation.
- Neko Ja Nai -
- J'ai pas envie.
- Je te demande pas ton avis.
14h30, un samedi. Axel était vautré à plat ventre en longueur sur le canapé, la queue battant l'air, un livre sous le nez. Moi, en face de lui. Il me regardait avec ses oreilles, ce qui discréditait toute l'attention qu'il essayait de porter à sa lecture.
- Je fais ce que je veux.
- Non, je crois pas.
Il a levé les yeux vers moi, avec un de ces regards à la « Chez qui tu crois être ? » pas du tout énervants.
- Je fais déjà ma toilette tous les matins, Roxas.
- Et ben cet après-midi, tu prends un bain, Axel.
- J'ai pas envie.
- Je te demande toujours pas ton avis.
Je soutenais son regard, lui le mien, on échangeait des éclairs bruts et purs. Il s'est levé sans rompre le lien entre nous et s'est approché de moi. Je n'ai pas bougé jusqu'à ce qu'il me pousse avec son corps, et nous nous affrontions toujours. Son sourire m'assurait qu'il adorait ça. Je n'en démordrais pas, pas spécifiquement pour qu'il prenne un bain, mais parce qu'il avait l'air de vraiment pas vouloir.
Il a posé ses mains sur mes hanches et a continué à me pousser assez doucement pour que je ne résiste pas, jusqu'à ce que je me retrouve dos au mur. Il se laissait aller contre moi en appuyant son bassin sur le mien, et moi j'imaginais comment j'aurais pu le prendre par la taille et retourner nos positi—
- Un bain, a-t-il dit. Ok. Une condition.
- …Nyeunh ?
- Tu me laves.
- J'achète.
Son sourire s'est élargi, et il a ondulé contre moi d'une façon tellement envoûtante et intoxicante que j'ai oublié de me souvenir d'où j'étais. L'idée atrocement magnétique de passer mes mains sous son T-shirt sans manche pour griffer ses flancs avait balayé tout le reste avec autant de violence que j'aurais voulu mettre dans le geste. J'ai commencé à bouger contre lui moi aussi, et alors il a posé ses lèvres dans mon cou, pour pincer ma peau… avant de se redresser, de se décoller lentement de moi.
- Bon, tu fais quoi ? On le prend, ce bain ?
En…foiré.
Il m'a nargué avec un sourire narquois en disparaissant dans le couloir qui menait à la salle de bain. Je l'ai suivi, mais pas assez vite pour le voir jeter ses vêtements par terre ou s'installer en boule dans la baignoire, dos à moi. Il avait ouvert l'eau et la laissait couler tranquillement sur ses jambes, si tranquillement que je commençais à penser qu'il m'avait servi sa petite rébellion juste pour le principe. J'ai laissé l'eau monter jusqu'à mi-poitrine, avant d'attraper un gant et du savon pour commencer à lui savonner le dos. Je me demandais si ses cheveux poussaient vraiment comme ça ou s'il faisait un truc. Je voyais assez mal un chat enfermé dans une cage avoir droit à du gel mais cette implantation me semblait encore moins probable que ça. Il faisait des vagues avec ses mains, ça avait l'air de bien l'amuser.
Passer les mains sur le haut de son dos tout glissant de savon, sur ses clavicules, son torse, dégageait une attraction irrésistible. C'était à la fois trop et pas assez, j'avais envie de plus, mais ses oreilles fermement orientées sur moi me faisaient l'effet d'un regard insistant. Très inhibiteur. J'étais super tendu, j'avais des gestes un peu secs, justement parce que je craignais de me trahir, moi et mes envies pas forcément avouables. A coup sûr il m'avait déjà senti venir.
Il a tourné la tête vers moi, et même en ne voyant que son profil j'ai compris l'éclat malicieux dans le regard entendu qu'il me lançait. Je n'ai eu le temps que d'esquisser un mouvement en arrière avant que ses ongles ne se ferment sur l'épaule de mon T-shirt et ne me tirent… dans l'eau. J'ai éclaboussé partout autour de moi, en tombant et en essayant de me rétablir à peu près correctement une fois dans la baignoire. L'eau, bien que loin d'être froide, m'a rafraichi de la chape de plomb chaude d'un été qui peinait à se terminer. J'aurais bien voulu pester, mais au lieu de trouver à me plaindre, j'ai éclaté de rire. J'étais trempé, tout habillé dans une baignoire pleine que je partageais avec un chat rouge et, lui, totalement nu - je ne sais pas quelle partie de la phrase est la plus étrange.
- C'était prévu depuis le début, hein ?
- Absolument.
Il riait aussi, très fier de lui. J'ai agrippé son épaule toujours nue et glissante pour m'aider à me redresser, et j'ai senti ses muscles se contracter sous mes doigts pour résister à la traction. Puis lui-même s'est avancé, prenant appui sur ma cuisse, vrillant mes yeux des siens avec une expression pas du tout lubrique.
- Mince. Tes fringues sont toutes mouillées.
- Oh, oui, j'ai répondu en même temps qu'à son sourire entendu. Va falloir les enlever.
- Tu veux de l'aide ?
- Bien sûr.
Ses mains toutes chaudes fermées sur mes hanches m'apparaissaient comme terriblement tentantes, plus encore quand elles se sont mises à glisser sur mon corps trempé pour en retirer les vêtements. J'ai frissonné au frôlement de ses doigts sur mes côtes. Ça lui a plu, et il m'a chatouillé doucement, faisant se poursuivre nos éclats de rire. Rapidement je me suis retrouvé torse nu, à moitié collé contre Axel. Nous étions tous les deux secoués par des pouffements pseudo-silencieux qui faisait se frotter nos peaux et créaient des vaguelettes dans la baignoire. Je ne sais pas pourquoi lui riait mais moi, essentiellement parce qu'il venait d'entamer un duel acharné avec ma braguette et que notre position ne l'aidait absolument pas à quoique ce soit.
Oh… J'étais assis sur ses cuisses, ses cuisses toutes nues sous l'eau. Brusquement l'envie d'être totalement collé contre lui partout m'a picoté la peau comme quelque chose qui brûle et démange à la fois. Même si je ne voyais pas du tout comment il allait m'enlever mon pantalon, vu que sa taille siégeait entre mes jambes. Après tout, ça c'était son problème. Il est finalement parvenu à l'ouvrir, mais pour le faire glisser sur mes hanches ça a été une autre paire de manches.
Subitement il a plongé la tête dans mon cou, avec un soupir rauque, et mordillé ma peau en ronronnant. J'ai fermé un bras autour de ses épaules pour appuyer le contact, et renversé la tête en arrière. Ses lèvres ont remonté mon cou, glissé sur l'arrête de ma mâchoire et se sont pressées en commissure des miennes. Ses gloussements ronronnants me secouaient, sa gorge vibrait agréablement contre mon épaule, ses doigts continuaient de crisser contre le tissu de mon pantalon.
- Lève-toi, a-t-il dit entre un coup de dent et un éclat de rire.
J'ai songé un moment à le laisser se débrouiller mais j'avais vraiment envie qu'il me déshabille. Alors j'ai appuyé mes pieds au fond de la baignoire et, non sans glisser et me raccrocher à lui, me suis levé. Son visage était au niveau de mon bassin, il l'a orienté vers moi pour me présenter un sourire amusé. La sensation de ses mains toujours aussi chaudes faisant glisser mes vêtements sur mes hanches, puis mes cuisses, était tout simplement grisante. Il a mordu son sourire en baissant les yeux sur ce qu'il venait de dégager.
- Oh, a-t-il fait d'une voix innocente.
J'ai fait semblant de ne pas comprendre, légèrement gêné, tandis qu'il me regardait à nouveau avec un regard qui disait exactement ce que je voulais entendre. J'ai dégagé une jambe du tissu, puis l'autre, et l'ai laissé se noyer au fond de la baignoire. Je me suis accroché à son cou et lui a fermé ses bras autour de ma taille, me guidant pour que je m'asseye à nouveau sur ses cuisses, en ciseau cette fois, et j'ai cru être extrait de mon corps quand il a donné un lent coup de bassin. Il m'a refait le coup de sa bouche presque sur la mienne, j'en ai eu des frissons jusque dans le bas du dos.
On ne s'était encore jamais vraiment embrassés. Il y avait eu cette fois, la toute première, juste après notre rencontre - accessoirement scellée par un achat - au début de l'été, où il avait furtivement fait se toucher nos bouches. Et cette autre, le dernier jour de mes congés d'été, il avait posé un baiser dans mon cou et celui-ci avait presque glissé jusqu'à mes lèvres. Il y en avait eu quelques autres, des bisous sur la joue, sur le front, mais jamais un vrai baiser, intense à nous couper le souffle. Et s'il décidait encore de jouer à ne pas me le donner, j'allais le lui prendre maintenant.
J'ai fermé les doigts sur ses cheveux et tourné la tête pour capturer sa bouche, y presser la mienne. Il m'a laissé faire, l'a même entrouverte en invitation. Je n'ai pas résisté à la sensation de nos langues se lovant l'une contre l'autre avec maladresse et avidité. Les ronrons d'Axel s'amplifiaient et se répercutaient jusque dans ma propre gorge, c'était terriblement envoûtant… Ses mains glissaient sur mes joues, ses hanches roulaient contre les miennes, j'en tremblais de plaisir. Du plaisir à perdre la tête et des rires à perdre le reste, voilà ce qui m'habitait à cet instant. Il avançait sur moi, sa queue battait l'eau dans son dos et lui faisait faire des clapotis. Il me tenait par la taille, me faisait doucement basculer en arrière… Subitement j'ai senti une douleur fulgurante dans mon dos :
- Ah-haouch ! Ayayayayaïe…
- Quoi ?...
Pas besoin de me retourner pour savoir ce que c'était. Axel avait subitement l'air inquiet. À mi-chemin entre inquiet et peiné.
- C'est le robinet.
Il a éclaté de rire - encore - et heureusement que j'adorais ce rire parce que j'aurais pu mal le prendre. En fait, il a d'abord essayé de retenir un pouffement, en vain, et donc s'est laissé à gloussé pseudo-discrètement. De mon côté de tentais de forcer ma bouche à prendre une autre forme que le sourire qui s'y formait. Il la regardait avec intérêt, et se marrait d'autant que je n'y parvenais pas.
- Il va falloir qu'on échange, j'ai dit en poussant ses épaules pour me retrouver au dessus de lui.
Il s'est gentiment laissé faire, alors que je m'attendais à ce qu'il rechigne, et m'a permis de l'allonger contre la paroi inclinée en faïence blanche. Sa bouche est venue chercher la mienne et nous avons repris ou nous en étions. Des hanches il a donné un coup léger pour me demander de bouger les miennes, ce que j'ai fait, tout doucement, spécialement pour l'agacer. Ça n'a pas raté. Il a coincé ma lèvre entre ses dents et creusé mes reins d'une pression bout des doigts.
J'ai attendu encore un peu et il a grondé, en ronronnant. Adorable.
- Bouge.
- « Bouge » comment ?
- Bouge plus vite.
Nouveaux pouffements. En léchant ses lèvres je l'ai embrassé à nouveau, et en ondulant contre lui.
- Tu crois qu'on peut faire l'amour comme ça ? m'a-t-il demandé en soupirant presque dans ma bouche.
- Comme quoi ?
- Comme là, juste collés l'un à l'autre. En se frottant.
Cette fois c'est moi qui ai pouffé.
- On fait du beurre, d'après toi ?
Son sourire s'est évanoui doucement, et j'ai cessé de bouger.
- D'habitude… Enfin avant toi, ça… marchait pas comme ça. C'était, euhm… On essayait pas de me demander mon avis, tu vois ?
- Je… crois.
Je préférais ne pas imaginer. Les cauchemars d'images qui m'apparaissaient semblaient déjà assez horribles comme ça.
- Y a des fois où ça s'est pas si mal passé, aussi. Mais j'ai pas toujours réussi à me protéger.
J'ai pincé du bout des lèvres l'une de ses joues, et les ai laissé dériver vers sa bouche, timidement, subitement plus sûr qu'il accepte un baiser de moi. Mais il a distraitement tiré la langue, et je l'ai attrapée avec la mienne. Il m'a laissé lui rouler un patin plutôt mal assuré auquel il a répondu trop suavement pour mes sens. Je me suis écarté un peu avant de m'approcher de son oreille.
- Je te ferai pas l'affront d'essayer de te prendre.
Je l'ai entendu ouvrir la bouche pour répondre.
- Mais !... je te laisserai pas le faire non plus.
Il l'a refermée.
- Moi j'aime bien comme ça, j'ai murmuré en ajoutant tous les accents enjôleurs possibles et imaginables dans mon chuchotement.
Ça a marché, il a vibré contre moi, et ses ronrons ont repris. C'était tellement mignon, il ronronnait en ressentant du plaisir, c'était quelque chose qu'il ne contrôlait pas, ça découvrait une facette de lui beaucoup plus innocente que tout ce qu'il m'avait montré jusque là. Ça me donnait envie d'explorer qui il était, d'apprendre à deviner ce qu'il pensait, de susciter en lui le désir de faire pareil.
Sans raison particulière, seulement parce que l'idée m'est venue d'un seul coup, j'ai gigoté jusqu'à pouvoir glisser une main dans son cou. Il l'a immédiatement fermé, par réflexe, comme quand on est chatouilleux, mais j'ai commencé à gratter juste sous sa mâchoire et j'ai eu l'impression de le sentir fondre sous moi. J'ai fondu moi aussi, et ses ronronnements sont repartis encore plus fort. C'était totalement irrésistible, je m'en suis mordu la lèvre.
- Tu fai-kw..aa ?
Oh mon dieu, fantastique ! Parler et ronronner en même temps le rendait plus mignon qu'un oisillon dans son duvet tout doux. Il avait naturellement rejeté la tête en arrière et se pressait un peu contre ma main. Nous étions tous les deux presque allongés, aimantés l'un par l'autre, j'avais une jambe perdue entre les siennes, l'eau m'arrivait jusqu'à la poitrine et dans le bas du dos… et je craquais définitivement pour ce chat rouge que je connaissais depuis un mois à peine. Comment résister ?
Un soupir langoureux s'est échappé de sa gorge, entre deux ronrons. J'avais envie de jouer. J'ai remplacé ma main dans son cou par ma langue et il a frissonné un éclat de rire délicieux. De ma main ainsi dégagée, j'ai parcouru sa peau immergée tandis qu'il griffait mes reins. J'ai glissé les doigts entre nos ventres qui semblaient pourtant collés, ai continué de descendre.
- Hn…
Divin.
Je ne savais pas ce que gémir et ronronner lui procurait mais moi j'adorais ça. Souriant sur son épaule, j'ai entamé un mouvement faible et gêné par mon propre corps, et lui s'est laissé couler comme de la neige fondue.
- Rox-as… attends…
Pas question d'attendre. J'avais soif de toutes les marques de plaisir qu'il ne m'avait pas encore montrées. Mais ça avait l'air sérieux, il a serré ses bras autour de ma taille. J'ai provisoirement cessé de bouger - ce n'est qu'un sursis, mon chaton.
- Roxas… Dis-moi que tu m'aimes.
J'ai écarquillé les yeux. Déjà parce que ça me semblait évident et tacite, et en plus parce que… ben… Voilà, de but en blanc, comme ça…
Et puis je l'ai revu dans sa cage, à l'animalerie, accroché aux barreaux pour avoir la presque illusion d'un petit bout de liberté, sans aucune intimité, traité comme un esclave et comme un jouet…
- Je t'aime.
- …que tu es amoureux de moi.
- Je viens de le faire.
- Dis-le encore.
- T'es d'un chiant…
- Oh, merci, t'es pas mal non plus.
J'ai reculé la tête autant que possible pour voir son visage. Nos nez se frôlaient, nos bouches s'attiraient, nos regards se jaugeaient. Et puis il a éclaté de rire. Et je l'ai suivi.
- Je suis amoureux de toi, j'ai soupiré en reposant la tête sur son torse, juste sous la sienne.
- Ok, cool.
- Comment ça, « cool » ?
- D'accord, d'accord… Moi aussi. P't'être.
J'ai serré les doigts sur ma prise et il s'est contracté.
- B-Bon… Un peu plus que peut-être.
J'ai vainement tenté d'étouffer les pouffements silencieux qui secouaient mon corps et ai recommencé à le faire ronronner et gémir à la fois.
-猫-
- J'ai pas envie.
- Je te demande pas ton avis.
21h00, un jeudi. Axel était étalé sur mon - notre - lit, sur le dos, et refusait obstinément d'en bouger.
- Je suis bien comme ça, je veux pas me changer.
- Tu vas pas dormir tout habillé, Axel.
Il a soupiré, puis s'est assis faussement à contrecœur. Il m'a balancé un de ses sourires enjôleurs, accompagné d'un regard suggestif.
- J'accepte à une condition.
Je lui ai rendu son sourire et ai grimpé à quatre pattes sur le lit.
- J'achète.
