la suite a déjà été écrite, me disant que personne allait lire si ils lisaient que le premier chapitre que même moi je trouve un peu chiant :3 en tout cas, voilà la suite!


Des jours passent. Eren ne quitte pas le dortoir. Il consacre son temps à dessiner des portraits de sa famille. Bon, ce n'est pas le plus talentueux dans ce domaine mais il a toujours aimé dessiner et en plus il ne veut pas sortir. Les autres le regardent et parfois se moquent de lui, mais sans oser le faire à haute voix. Il commence à s'ennuyer sérieusement ici. Eren se fou de ce que pense les autres de lui. Souvent, il chante la chanson. Elle le rassure.

La femme du premier jour, celle qu'il a surnommée en lui-même la femme du quai, vient chaque matin apporter des provisions et s'enquérir de la santé de tous. Une jeune fille l'accompagne, elle sait la langue du pays. Elle sert d'interprète.

- Vous n'êtes pas encore sorti? Pourquoi ne sortez-vous pas? Il faut prendre l'air!

Il dit non, en silence. Il n'ose pas avouer qu'il a peur de sortir, d'aller dans cette ville inconnue, dans ce pays inconnu, peur de croiser des hommes et des femmes dont il ne connaît pas les visages et ne comprend pas la langue. Pourtant, autrefois il était très curieux.

La femme le regarde, se tourne vers l'autre femme et lui parle un long moment dans une autre langue. Il ne comprend rien alors il attend. Elle décide de se retourner vers Eren.

- Vous êtes pâle comme une fantôme...vous devriez sortir dehors!

Eren pensa que la femme était stupide. Si c'était une raison pour le convaincre alors c'était raté! Mais quelque chose à l'intérieur de lui le dérange. Il n'aime pas les fantômes. Il y en a déjà trop qui viennent le tourmenter dans ses nuits. Il promet de sortir demain s'il ne fait pas trop froid.

- Le froid ici c'est comme la pluie chaude du pays. Il faudra vous y habituer, dit la jeune fille avant de partir avec la femme du quai.

Le lendemain pour la première fois, il sort du dortoir et retrouve le dehors. Il y a du vent, un vent qui vient de la mer et dépose un peu de sels sur les lèvres. L'adolescent passe sa langue sur ses lèvres pour y prendre le goût du sel. Il a revêtu tous les vêtements que la femme du quai lui as donnés le lendemain de son arrivée.

Il a sur lui une chemise, trois pulls, un manteau de laine, un imperméable, ainsi qu'un bonnet à rabats. Il ressemble ainsi à une sorte de gros épouvantail boursouflé.

- Ne te perd pas! La ville est grande! , lui ont lancés les autres réfugiées de son âge, en disant les autres réfugiés de son âge, il vise surtout Jean qui lui fait un sourire innocent qui lui donne de fortes envies meurtrières

Il lui jeta un regard noir et tourna la tête

- Attention à ce qu'on ne te vole pas ton collier! Repris Jean

Ils ont alors tous ri, parce que tout le monde savait qu'il tenait à cet objet qui paraît si insignifiant. Une fois, il y en a un qui avait voulu y toucher. Il avait automatiquement réagi et l'avait envoyé valser dans la pièce.

Il sortit de la pièce, tétanisé à l'idée de se faire voler son bien le plus précieux. Eren a marché droit devant lui, en ne changeant jamais de trottoir. Il s'est dit que s'il ne changeait jamais de trottoir, et ne traversait aucune route, il ne pourrait pas se perdre. Il lui suffirait de revenir sur ses pas pour retrouver l'immeuble du dortoir. Alors il marche doit devant lui, en tenant la clé fermement dans sa main -comme ça, elle sera pas volé- . Le froid colore ses joues qui dépassent des lainages. Ses yeux pleurent, le froid fait venir les larmes qu'il laisse couler sur son visage. Il ne tente pas vraiment de les essuyer, il s'en tape (j'ai eu très envie de mettre il s'en bat les couilles mais je me suis ravisé).

Il avance sur le trottoir sans vraiment regarder la ville, trop occupé à sa marche même. La femme du quai et la jeune fille interprète ont eu raison. C'est vrai que cela fait du bien de bouger un peu, de marcher. Il marche ainsi, un long moment, se rendant à peine compte qu'il repasse sans cesse devant l'immeuble du dortoir, car ne quittant jamais le même trottoir, sa promenade circulaire lui fait simplement faire le tour d'un grand pâté de maisons.

Au bout d'une heure environ, il se sent fatigué et s'assoit sur un banc, face à un parc qui est de l'autre côté de la rue. Il prend dans sa poche une enveloppe dans laquelle il a glissé du riz cuit. Il met le riz dans sa bouche et commence à le mâcher. Il laisse ensuite aller ses yeux tout autour de lui.

Rien ne ressemble à ce qu'il connaît. C'est comme de venir au monde une deuxième fois. Passent des voitures qu'il n'a jamais vues, en nombre incalculable, dans un ballet fluide et réglé. Sur les trottoirs, les hommes et les femmes marchent très vite, comme si leur survie en dépendait. Aucun n'est en guenilles. Aucun ne mendie. Personne ne fait attention à personne. Il y a aussi beaucoup de magasins. Leurs vitrines larges et spacieuse débordent de marchandises dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Regarder cela lui donne le tournis.

Il repense à son village comme on pense à un songe qu'on a fait et dont on ne sait plus très bien s'il est vraiment un songe ou une réalité perdue. Au village, il n'y avait qu'une rue. Une seule. Le sol était de terre battue. Quand la pluie tombait, violente et droite, la rue devenait un ruisseau furieux dans lequel les enfants se coursaient en riant. Lui aussi avait fait parti de ces enfants autrefois. Lorsqu'il faisait sec, les cochons y dormaient en se vautrant dans la poussière tandis que les chiens s'y poursuivaient en aboyant. Au village, tout le monde se connaissait, et chacun en se croisant se saluait. Il y avait en tout 12 familles, et chacune de ces familles savait l'histoire des autres, pouvait nommer les grands-parents, les aïeux, les cousins, connaissait les biens que les uns et les autres possédaient. Le village en somme était comme une grande et unique famille, répartie dans des maisons dressées sur des pilotis, et sous lesquelles les poules et les canards fouillaient le sol et caquetaient. L'adolescent se rend compte que lorsqu'il parle en lui-même du village, c'est au passé qu'il le fait. Cela lui pince le cœur. Il sent vraiment son cœur se pincer, alors il pose fortement sa main sur sa poitrine à la place du cœur, pour faire cesser le pincement.

Eren n'a pas froid sur le banc. Penser au village, même au passé, c'est un peu y être encore, alors qu'il sait qu'il n'en reste rien, que toutes les maisons ont été brûlées et détruites, que tous les animaux sont morts, chiens, cochons, canards, poules ainsi que la plupart des hommes, et que ceux qui ont survécu sont partis aux quatre coins du monde, comme lui l'a fait. Il relève le col de son imperméable et caresse la clé qui se trouve toujours dans sa main. Il reste paisible juste à temps qu'il se rende compte de quelque chose.

Il n'est plus seul sur le banc.


Il revenait de sa journée de travail. Encore une fois, sa journée avait été épuisante. Il avait l'impression d'être un baby-sitter avec Hanji qui foutait n'importe quoi, Auruo qui passait son temps à l'imiter et Petra qui passait son temps à réprimander son (mauvais) sosie. Erwin aussi des fois lui tapait sur les nerfs. Tout ce qu'il voulait c'était le silence. Complet. Plutôt la tranquillité parce que s'il pensait avoir le silence dans cette ville, c'est qu'il serait temps d'aller dans un asile de fous. Il marchait sur le trottoir avec une destination précise en tête. Le banc face au parc. Il aimait cette place et y allait tous les jours, sauf le dimanche. En fait, le fait qu'il aimait cette place n'était qu'une raison parmis tant d'autres. Il est maintenant proche de sa destination et remarque -dur de ne pas remarquer- un gamin assis dessus. C'était la première fois qu'il le voyait. Il y avait une lueur de tristesse dans ses yeux qui transperça le cœur de l'homme. Il décida de s'asseoir sur SON banc et d'observer l'inconnu à ses côtés. Il avait l'air absorbé par quelque chose qui se trouvait dans sa main. Cela prit du temps au morveux pour se rendre compte qu'il y avait quelqu'un qui le fixait à côté de lui. Le gamin recula instinctivement avant de se mettre à le détailler. Ce qu'il avait fait lui-même quelques minutes plus tôt. Par contre, il n'avait pas remarqué que les yeux du jeune étaient si captivant...


Eren voit très bien que l'homme le regarde. Il doit assurément être plus vieux que lui. Il est plus petit mais dégage une énergie...puissante. Il a les cheveux noirs et des yeux gris acier. Eren doit bien l'avouer, cet homme a beaucoup de charme. Il porte moins de vêtements. Sans doute est-il plus habitué à ce froid?

- Pas chaud, hein?

L'homme souffle sur ses mains, prend un paquet de cigarettes dans une de ses poches, tape sur le fond avec un geste précis qui fait jaillir une cigarette. Il tend le paquet à Eren, qui fait non de la tête.

- T'as raisons gamin, dit l'homme, je devrais arrêter..mais avec tout ce qu'on devrait arrêter!

Il met la cigarette entre ses lèvres, d'un geste simple et doux. Il l'allume, en aspire longuement la première bouffée, ferme les yeux.

- c'est tout de même bon, finit-il par murmurer.

Eren ne comprend rien à ce que dit celui qui vient de s'asseoir. Pour autant, il sent que les paroles ne sont pas hostiles.

- C'est la première fois que je te vois ici, tu y es déjà venu avant?, reprend l'adulte.

Mais il ne semble pas attendre de réponse. Il aspire la fumée de sa cigarette, comme s'il en goûtait chaque bouffée. Il continue à parler, sans vraiment regarder Eren.

- moi je viens presque tous les jours. Ce n'est pas que c'est très joli, mais l'endroit me plaît, il me rappelle des souvenirs.

Il se tait, jette un coup d'œil à la clé que tient Eren dans sa main, puis il regarde le garçon engoncé dans ses couches de vêtements, et revient ensuite sur la clé

- Je peux la prendre? (Pour la regarder de plus près), il joint le geste à la parole, montrant la clé du doigt et relevant le menton d'un air interrogatif. Eren comprend, ou plutôt croit comprendre.

- Elle appartenait à mon père..., dit Eren croyant que l'homme demandait d'où venait la clé

L'autre le regarda. Ne sachant pas trop comment réagir tout simplement parce qu'il ne savait pas ce que le garçon disait. Sûrement disait-il qu'il n'avait pas envie qu'un inconnu la prenne. Il décide de regarder l'heure et se rend compte qu'il devrait rentrer.

- Mon nom, c'est Livaï, il se pointe en même temps de prononcer ces mots et répètent Livaï plusieurs fois, et toi, c'est quoi ton nom gamin?, il pointe le "gamin" et celui-ci comprend, correctement cette fois-ci.

- Eren, dit-il un peu gêné

Il serre la main que Livaï lui tend. Elle est douce et froide.

- Eren...eh bien...salut gamin, dit le nain

Eren sent son cœur battre plus fort que la normale. Il ne sait pas trop pourquoi. Sûrement parce que cela fait trop longtemps que personne n'a prononcé son nom. Il aime comment Livaï prononce son nom, il voudrait qu'il continue à le dire. Encore et toujours.

Le soleil perce les nuages. Ce qui n'empêche pas le ciel de rester d'un gris qui s'ouvre sur des trouées blanches, à des hauteurs, vertigineuses. La fumée de Livaï semble vouloir rejoindre le ciel. Elle s'échappe de ses lèvres, puis monte très vite. Parfois, il la souffle par les narines. Eren pense alors aux naseaux des buffles, aux feux aussi, allumés dans la forêt le soir afin d'éloigner les bêtes sauvages, et qui se consument avec lenteur durant les heures de la nuit.

- Mes deux amis sont morts, dit Livaï en écrasant le mégot de sa cigarette sur le trottoir avec le talon de sa chaussure., Cela fait deux mois. Deux mois, c'est à la fois long, et très court aussi. Je ne sais plus au juste mesurer le temps. J'ai beau me dire, deux mois, deux mois, c'est-à-dire huit semaines, c'est-à-dire cinquante-six jours, cela ne représente plus rien pour moi.

Il reprend son paquet de cigarettes, en tend de nouveau à Eren, qui refuse encore, en souriant, puis il la glisse entre ses lèvres, l'allume, tire la première bouffée, les yeux clos.

- Ils travaillaient en face, dans le parc. Les deux tenaient un manège, vous avez déjà dû le voir, forcément, des petits chevaux en bois verni un manège à l'ancienne, il n'y en a plus guère.

L'homme se tait. Il fume en silence. Voilà longtemps qu'il n'avait pas parlé autant. Il se vidait de toute la peine qu'il avait gardé lui. Il n'en revenait pas. Il disait tout à un gamin qu'il ne connaissait même pas et qui ne comprenait sûrement pas. Il s'en foutait, il se sentait moins lourd.

Eren attend que la voix reprenne. Sans qu'il sache le sens des mots de cet homme qui est à côté de lui depuis quelques minutes, il se rend compte qu'il aime entendre sa voix, la profondeur de cette voix, sa force grave. Peut-être d'ailleurs aime-t-il entendre cette voix parce que précisément il ne peut comprendre les mots qu'elle prononce, et qu'ainsi il est sûr qu'ils ne le blesseront pas, qu'ils ne lui diront pas ce qu'il ne veut pas entendre, qu'ils ne poseront pas de questions douloureuses, qu'ils ne viendront pas dans le passé pour l'exhumer avec violence et le jeter à ses pieds comme une dépouille sanglante. Il regarde son voisin tout en serrant la clé dans sa main.

- Tu as déjà sans doute eu des amis. En fait ce serait bizarre que tu n'en ai pas eu. Je ne sais pas si tu en as perdu., reprend Livaï, mais tu dois me comprendre. Je les attendais toujours sur ce banc. Ils fermaient leur manège à cinq heures en hiver et sept heures en été. Je les voyais de l'autre côté de la rue, quand ils sortaient du parc. Ils étaient heureux ensemble. Ils me faisaient des signes de la main. Moi aussi, avant, je leur en faisais un.

Il se tourne vers Eren et le regarde avec un visage sans émotion. Le visage n'a pas d'émotions, mais ses yeux par contre les montre.

- je dois vraiment t'ennuyer. Je me demande pourquoi tu n'as pas encore décidé de foutre le camp.

Livaï a posé sa main sur l'épaule d'Eren. Geste qu'il ne faisait habituellement jamais. L'adolescent sent, au travers de nombreuses couches de vêtements, l'étreinte de la main, qui s'attarde un peu. Il n'ose plus faire un geste. Soudain, une idée lui traverse l'esprit, comme une lame. Et si cet homme voulait lui voler sa clé comme lui disaient les autres du dortoir? Il tremble. Sert son collier très fort contre lui. Son visage doit trahir sa peur car Livaï se rend compte que quelque chose vient de se produire. Il enlève la main de l'épaule, se reprenant et se disant que de toute façon, il ne mettait jamais sa main sur l'épaule des gens, c'était sale.

- Je parle, je parle. Je devrais arrêter. C'est que je ne parle pas très souvent, à part pour insulter une binoclarde débile. Je vais y aller.

Et il se lève, aussitôt, le cœur d'Eren bat moins vite, se calme. Un sourire revient sur son visage et ses mains desserrent leur étreinte sur le collier. Il s'en veut automatiquement d'avoir eu un mauvais sentiment à l'égard de cet homme dont le visage est tout à la fois blasé mais chaleureux.

- Au revoir, gamin. Peut-être à un autre jour...peut-être!

Eren reste figé sur le banc. Il ne comprend pas les mots mais sait qu'il va partir. Il aurait pourtant voulu rester encore un peu plus encore avec lui. Il se sentait bien avec lui. Il le voit s'éloigner jusqu'au moment où Livaï se perd dans la foule, une foule calme, sans cris, sans heurts, qui va, souple et noueuse comme un gros serpent de mer.


évidemment, j'ai changé la vrai histoire parce que sinon ç'aurait été trop bizarre :3 donc voilà, c'est fait...je demande votre avis, je continue lui ou je fais le troisième chapitre de Tu m'excuseras avant?