Chapitre 1: Le nouveau Directeur

Trois ans plus tard

On n'avait pas retrouvé le corps d'Harry ce jour-là. Draco avait passé trois ans à partager son temps entre les procès, la chasse aux derniers Mangemorts et la reconstruction de Poudlard. Le Serpentard n'avait pas été inquiété à la fin de la guerre grâce à son lien et à la lettre qu'avait faite Harry afin de prouver leur union.

Lors de l'inauguration du nouveau Poudlard, les anciens élèves qui avaient participé à la guerre furent invités à reprendre leur année interrompue au sein de l'établissement. La perte de Harry avait fait plonger Draco dans un monde où il n'avait plus envie de penser, alors la chasse au Mangemort, les procès et la reconstruction du château étaient devenus des remparts vitaux face à la souffrance. Il n'avait donc pas immédiatement pensé à reprendre ses études. Seulement désormais, plus de Mangemorts à attraper, le ministère s'occupait des derniers, plus de procès et plus d'établissement à sauver de l'éboulement. Il n'avait plus d'occupation. C'est pourquoi, suite à la lettre d'accueil du nouveau directeur, Draco ne mit pas longtemps à accepter de refaire sa 7eme année.

Draco se retrouva sur le quai de la gare. Les bruits, les odeurs, même les visages lui rappelèrent ses premières année à Poudlard. Les animaux en cage le faisaient rire, en imaginant la tête des enfants quand ils verraient Hagrid et Buck qui eux se baladaient librement dans le parc. La fumée du train donnait une atmosphère un peu lugubre mais elle était balayée par le rire des enfants. Rire, le Serpentard n'avait pas fait ça depuis longtemps.

« Draco, Draco, comme ça fait plaisir de te revoir, tu viens finalement » cria une voix reconnaissable entre toute. Ron.

Draco s'approcha du petit groupe composé de Ron, Hermione, Lovegood et Londubat. Inséparables ces quatre là, c'était déprimant.

« Alors tu as fini les procès, j'ai entendu dire que le ministère avait condamné le dernier hier » commenta Hermione en souriant.

Draco mit quelques instant à répondre d'un ton sec :

« Oui, j'ai voulu rester mais ils ont préféré que je rejoigne la gare plus tôt, pour prendre le premier train. »

« Tu sais ils font ça pour toi. Harry serait fier de toi pour tous tes engagements envers le monde des sorciers » répondit doucement Hermione.

Le Serpentard se renferma et tourna les talons en direction du premier wagon du train .

« Il n'a pas changé celui là, toujours Malfoy dans l'âme » critiqua Ron, qui reçu en réponse le coude d'Hermione entre les côtes.

« Arrête, c'est ma faute, je n'aurais pas dû parler d'Harry » confessa Hermione

« On l'a tous perdu Hermione, ce n'est pas une excuse. » dit Ron

« Tu ne comprendras donc jamais rien » se lamenta Hermione

Draco avait atteint le premier wagon et s'était trouvé une cabine isolée, qu'il avait ensorcelée pour qu'elle le reste. Draco en avait marre d'entendre toujours « Harry serait fier » « Harry serait ça... » « Harry serait ci... » . Harry était mort et il ne reviendrait jamais. Ils ne pouvaient pas le laisser ce serait vraiment trop demander. Draco passa son temps à ruminer toutes ces pensées jusqu'à l'arrivée du train à Pré-Au-Lard

Rien n'avait changé, tout était à sa place, même Hagrid était resté le même. Il avait accompagné les premières années à travers le lac pendant que le reste des élèves prenaient les calèches. Draco avait repris ses habitudes à la table des Serpentards, Blaise était assis à coté de lui comme avant, seulement quelque chose clochait.

Les professeurs n'avaient pas perdu de membre pendant la guerre, à part Snape qui avait été remplacé par un homme grand, châtain et de sombre yeux noir le faisait ressembler un peu à Severus. Une cicatrice de guerre redessinait sa lèvre supérieur. Il avait un grand charisme et était très méticuleux dans son travail, ce qui lui apportait un profond respect de ses pères.

Une autre personne était nouvelle à la table des professeurs. Elle se cachait sous une cape à l'effigie des quatre maisons, un capuchon lui couvrait tout le visage. Elle n'était pas ni très grande ni très large mais dégageait une aura indiscutablement attirante. Elle discutait avec les professeurs et ne faisait pas attention à l'entrée des premières années dans la salle.

Le Professeur Minerva McGonagall qui s'avançait en tête des premières années, posa la main sur l'épaule de l'inconnu tout en se dirigeant vers le pupitre central.

« Chers élèves, nous sommes très heureux de vous accueillir de nouveau à Poudlard. Laissez-moi vous présenter notre nouvel enseignant de Potions, monsieur Richards James. Il prendra également la direction de la maison Serpentard et assumera toutes les responsabilités qui incombent à cette tâche. »

Le dit Richard James se leva et lança aux élèves un regard froid puis il leur expliqua rapidement son parcours : Suite à son renvoi de l'hôpital Sainte-Mangouste pour avoir refusé de brasser des potion pour le « gouvernement » de Voldemort, il avait enseigné à Beauxbatons en tant que Maître des potions pendant 3 ans. Il était revenu en Angleterre suite à une offre d'emploi pour le même poste à Poudlard.

Mc Gonagall reprit la parole après une salve d'applaudissements polis.

« De plus, nous accueillons également notre nouveau directeur, qui a bien voulu reprendre les rênes de Poudlard laissées par le regretté Albus Dumbledore. Mais avant de lui laisser la parole, j'aimerais vous faire part de la vive émotion qui me traverse aujourd'hui à vous voir tous réunis au sein de cet établissement, en particulier les élèves qui reviennent courageusement après des événements difficiles. J'aimerais aussi remercier ceux qui ont fait en sorte que cette école puisse ouvrir de nouveau ses portes notamment notre directeur qui a apporté les fonds nécessaires et certains élèves de 7ème année qui ont donné beaucoup de leur temps pour nous aider à reconstruire. Pour eux, et pour tous ceux qui nous manqueront, je vous demande de vous lever. »

Les élèves, d'abord timides, commencèrent à se lever, encouragés par la table des professeurs qui donna l'exemple. Puis Hagrid commença à applaudir de ses mains grandes comme des battoirs, et la foule suivit le mouvement. Draco vit Hermione rosir de gêne et de plaisir, et crut bien voir les yeux de Blaisebriller d'émotion.

Après plusieurs minutes, Mc Gonagall finit par reprendre son discours :« Merci. Asseyez-vous donc, ce n'est pas terminé. Je laisse dès à présent la parole au directeur. »

Le directeur s'avança au devant des élèves, Draco remarqua un petit boitillement au niveau de sa jambe droite. Il posa ses mains de chaque coté du pupitre et commença son discours :

« Chers élèves, je suis heureux et fier de vous accueillir à Poudlard. Je sais que je ne pourrai pas remplacer notre très cher Dumbledore, mais je ferai de mon mieux pour lui succéder. Je remercie aussi les élèves de revenir au châteaux. Je suis enchanté d'accueillir les premières années de ce nouveau Poudlard et leur souhaite une agréable année. »

A ces mots, il inclina la tête vers eux et Draco, bien que ne voyant pas son visage, fut certain qu'il venait de les couver du regard.

« Je souhaite également faire les premières recommandation : la Forêt Interdite est, comme son nom vous l'indique, totalement interdite d'accès à moins d'être accompagné par notre Professeur de soins au créatures magiques. Il est bien sûr déconseillé de vagabonder dans le châteaux et dans le parc après le couvre-feu, tout comme d'échanger des sortilèges entre vous dans les couloirs. Il y a encore bien d'autre recommandation que les préfets vous indiqueront. Je vais demander au élève de premières années de bien vouloir avancer pour la répartition, et ensuite le festin commencera. »

Draco trouvait le comportement du nouveau directeur très étrange. En premier lieu, McGonagall n'avait à aucun moment prononcé son nom et en second lieu, il n'avait jamais enlevé son capuchon pour se présenter aux élèves. Draco l'inspecta tout au long de son discours, le visage fermé et quitta la grande salle à la fin pour regagner le dortoir des Serpentards. Il était fatigué, il ne s'était pas attendu à une telle fatigue pour une simple reprise des cours. Il y avait tellement de souvenir qui le hantaient. Chaque coin de couloir ravivait des moments de baisers volés ou de tendresse avec Harry. Il entra dans son ancienne chambre de préfet qu'on lui avait gardée en remerciement de son aide pour la reconstruction. Il se déshabilla, enfila un caleçon noir et se glissa dans les couvertures.