Raphael avait été convoqué au travail où il avait fait un rapport assez peu fourni. Le commissaire Hamato était sur les dents. Au port, on avait découvert une caisse contenant des produits chimiques hautement dangereux, selon les experts et tout semblait indiqué qu'ils étaient livrés pour Oroku. Personne au bureau n'avait aucune idée de qui était cet homme, ni ses plans ni même s'il était bien propriétaire du bar. Bien entendu, personne ne s'était attendu à ce que Raph apporte des réponses aussi rapidement à ses questions, mais Raphael n'avait pu ne pas remarquer les froncements de sourcils.
« C'est tout? Vous êtes demeuré là combien de temps, Jones? »
Raphael soupira. Il ne pouvait admettre s'être senti mal à l'aise, sans s'attirer des réprimandes. Il expliqua donc que, l'endroit était un commerce achalandé où seuls les consommateurs actifs étaient les bienvenues.
La figure du commissaire s'allongea à ce commentaire du sergent, mais plusieurs admirent le bon sens de la requête de Raphael.
Le chef de police avait donc fait un téléphone ou deux et avait mis au clair ses attentes à Raphael. Il devait fréquenter le bar 4 fois semaines et y demeurer au moins 6 heures. Son budget de dépense était monté à 325$ par soir. Mais, en échange, le commissaire s'attendait à des résultats probants avant le printemps. Nous étions mi-novembre. Cela laissait donc 4 mois à Raphael environ. Amplement suffisant pour avoir du matériel afin de coincer Oroku, selon eux. Raph ne pouvait que l'espérer. Après tout, s'il briguait le poste de lieutenant et l'augmentation de salaire qui venait avec, il n'avait pas le choix de mousser son dossier de candidature.
On lui avait promis de lui fournir des lunettes avec caméra, dès la semaine prochaine, afin d'avoir, si possible, un visage à mettre sous le nom d'Oroku Saki. Raphael n'avait rien vu qui pouvait s'apparenter au patron, mais il était improbable qu'un homme si puissant passe ses soirées dans son propre club de strip-tease.
Il était donc près de 21h et Raphael se dirigeait vers l'Idatame. Il refusa de penser au danseur de la veille, avec une pointe d'excitation. Il n'était qu'un travailleur du sexe comme un autre et peut-être même, il en avaient-ils de plus beaux, plus doués ou plus intéressants. Après tout, il était demeuré trop peu de temps pour avoir un aperçu complet des employés du club. De plus, la veille était un jeudi, sans doute pas le soir le plus achalandé de l'Idatame, ouvert du mercredi au dimanche, de 16h à 4ham, selon ce qu'il avait cru comprendre. Il n'avait pas voulu arriver si tôt. Après tout, il n'était pas un homme qui cachait ses passe-temps discutables à sa femme, sous prétexte d'une réunion au travail. Puisqu'il s'était engagé à demeurer 6 heures, il considérait que de 20h40 à 2h 40 étaient des heures où il était le plus susceptible de remarquer quelque chose d'intéressant.
On lui avait demandé de s'intégrer davantage et donc, de se faire expliquer les us et les coutumes de l'endroit et de s'y conformer. Raphael demanda donc, après être rentré plus rapidement que la veille, grâce à son bracelet d'identification, une table. Il questionna l'hôtesse sur le fonctionnement du IPAD. C'était très ingénieux. Il n'avait qu'à entrer le code de 5 chiffres inscrit sur son bracelet. Son dossier alors s'affichait, où il pouvait entrer ses préférences, expliqua-t-elle, sans s'avancer sur la nature des préférences en question.
Puis, selon ce qu'il voulait, il pouvait appuyer sur l'onglet divertissement ou bien menu et ensuite, commander ce qu'il voulait. Il n'aurait qu'a acquitter sa facture, à son départ. D'apparence débordée ou elle était simplement embarrassée, la femme s'inclina pour prendre congé, répondant que Raphael comprendrait rapidement le fonctionnement, mais qu'elle lui conseillait de remplir sa fiche personnelle le plus rapidement possible afin d'être servi comme il le souhaitait.
Dès qu'il fut seul, il décida de tout d'abord se commander un verre, afin d'avoir un maintien plus cool. Un menu pour les breuvages et un pour des grignotines, s'afficha. Il commanda le même cocktail que la veille.
Une délicieuse serveuse s'approcha, à peine quelques minutes plus tard, afin de déposer sa commande. Durant le bref délai, Raphael avait eu le temps de regarder de plus près ce que proposait l'onglet divertissement.
Chaque danseur et danseuse étaient inscrits comme dans un catalogue avec une courte description. Il remarqua vite la photo du jeune homme à qui il avait payé un verre.
Leonardo, *****
21 ans.
Bisexuel
Polyglotte : Anglais, français, espagnol, italien, allemand, mandarin et japonais.
Forces : Souplesse, agilité, excellente forme physique.
Il y avait ensuite un choix entre débutant, intermédiaire et connaisseur et le danseur y était indiqué comme un choix approprié pour les clients connaisseurs. Ce qui froncer les sourcils au policier. Qu'est-ce que cela impliquait?
Limite : Pas de personne ivre. N'embrasse pas.
Il avoua malgré lui être impressionné qu'un danseur, qui avait sans doute décroché de l'école à 17 ans, sache parler autant de langues. Mais effectivement, dans une ville cosmopolite comme New York, cela devait lui assurer une plus vaste clientèle. Quoique sans doute, ceux-ci devaient payer la langue du jeune homme pour faire autre chose que de parler. La mention du refus de client ivre faisait du sens. Le danseur, la veille, avait à peine touché son verre, semblant trop mercantile pour perdre son temps à lever le coude.
Le nombre de cinq étoiles l'intrigua. Était-ce une appréciation de la clientèle? Puis, en regardant d'autres profils, ainsi que la page des prix, il comprit. Les danseurs étaient divisés en trois catégories. Leo était dans celle qualifiée de premium, avec donc un tarif double à celui de Tony, qui était la fiche suivante, par exemple.
Un premium coûtait 35$ pour une danse au table et 60$ pour dans la cabine (pour un temps d'environ 5 minutes!) Il y avait bien le forfait « expérience » qui pour 5 chansons, donc environ à peine plus de 20 minutes, qui « ne coutait que » 250$. Tony, beau brun basané, ou Allison, jolie rouquine, pour le même forfait, ne coûtait que 100$.
Leonardo avait beau être digne d'une statue grecque, Raph ne pouvait se permettre de flamber son budget pour rester avec lui 20 minutes dans les cabines. Pas s'il devait demeurer au club, actif durant 6 heures. Donc, s'il devait se payer des danses, pour accréditer sa couverture, le beau mâle aux cheveux de jais ne serait pas son choix.
Deux autres options de réservation étaient indiquées, demeurant volontairement assez vague dans leur libellé.
La "compagnie" d'un danseur se chiffrait à de 100 à 150$ de l'heure, sans spécifier tout l'étendu du terme « compagnie » et la location d'une chambre était de 500$ pour 4 heures.
Raphael se douta que, le véritable forfait était donc un combo des deux, mais, séparé, cela sonnait moins comme de la prostitution.
De toute façon, il n'irait jamais dans aucune chambre qui, il le supposait, occupaient l'étage. Il ne baiserait jamais avec un travailleur du sexe et il était là pour des informations, pas pour son plaisir. Il pouvait se payer des danses, pour avoir l'air normal, mais pas plus. C'était immoral et dégoûtant.
Les lumières se tamisa alors qu'il regarda l'horaire des danses. Elles étaient planifiées à tous les quarts d'heures et d'après ce qu'il voyait, chacun dansait avec un partenaire une fois et, ensuite, en solo, une fois aussi. Le reste du temps, ils étaient tous « disponible à la location ».
Justement, il regarda autour de lui, voyant des créatures, à demie-vêtues, déambuler parmi les clients, les frôlant, distribuant sourires et œillades suggestifs. Chacun dans l'espoir de repartir avec quelques billets verts de plus.
Raphael était loin d'être un saint, mais ce type de commerce l'avait toujours profondément dégouté, même de loin. Y être en plein milieu, faire semblant d'y participer, le révoltait.
Justement, Leo et Karai étaient les danseurs de 21h15. Ensuite, Leo, seul, était prévu revenir sur scène à 1h15. Cela devait faire de longues journées au beau strip-teaser. Raph se gourma lui-même : qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire. Ce type n'avait qu'à se trouver un boulot normal.
La même fumée violette sorti de la scène de même que les danseurs surgissant du sol. Les deux étaient plus habillés que la veille. Leonardo portait des pantalons, assez lâches, bien que, du peu qu'il en voyait, ils devaient mouler divinement ses fesses et des courrois sur son torse maintenait des épées derrière lui. Il n'eut pas le temps de s'étonner de ce choix d'accessoires, inusité dans un presque bordel, que, d'un geste preste, il tira les deux katanas de leur fourreau. Raphael, au brillant de la lame et à la tension des muscles du beau mâle, conclut que c'était des sabres absolument authentiques et, fait encore plus étonnant, le jeune homme les maniait avec l'aisance d'un ninja aguerri.
La scène que lui et Karai mimaient avec beaucoup de talent, représentait le jeune homme tentant de défendre son amie contre d'invisibles agresseurs. Leo brandissait toujours ses katanas avec la maitrise de quelqu'un avec beaucoup d'année de pratique, mais pas pour danser. Pour se battre. Les coups, en combat réel, auraient porté efficacement. Cela ne pouvait n'être qu'un don naturel. Le garçon devait suivre des cours d'arts martiaux depuis une quinzaine d'années pour arriver à ce point de perfection, jugea-t-il. Lui-même avait commencé à 8 ans, il y avait déjà 20 ans. Et il devait admettre qu'il n'aurait pas livré une prestation aussi remarquable. Le jeune danseur était à couper le souffle, glorieux même, les muscles tendus sous l'effort, la lumière reflétant sur son corps bien découpé, à demi-dénudé. Raph, d'où il était, pouvait voir la sueur couler comme des perles irisées le long du visage et du cou du jeune homme, continuant à ruisseler, sous les feux des projecteurs, jusqu'à la chute de ses reins cambrés. Il se voyait les suivre de sa langue, y récoltant leur saveur salée. Il se demanda le goût que pouvait avoir cette chaire, si tentante, offerte aux regards. Il devait admettre que jamais un spectacle ne l'avait autant allumé.
Le danseur avait un tatouage que Raphael, avec le reflet occasionné par les fausses lunettes, ne pouvait dire ce qu'il devait représenter, tout en rose et en vert. Couleurs étranges pour un tatouage d'homme, surtout maniant avec autant de dextérité des épées redoutables.
Leo tailla en pièces encore une minute ses opposants imaginaires, alors que sa partenaire se contorsionnait sensuellement pour leur échapper. Puis, lorsque ceux-ci furent tous vaincu, Leo passa sa langue le long du tranchant de la lame du katana, comme pour en lécher le sang, de la façon la plus puissamment érotique qu'il n'avait jamais vue. La jeune femme le récompensa de sa victoire, avec des caresses lascives qui firent tortiller le policier en civil sur sa chaise. Mais l'Asiatique n'était nullement en cause de la montée fulgurante de son excitation. En fait, pas entièrement. Il aurait voulu passer sa langue sur ses abdos finement ciselés, à sa place et caresser ce cul si ferme. Il remarqua la bosse avant dans les pantalons noirs du danseur et put se représenter dans son esprit un sexe d'une taille appréciable. Sa bouche devient sèche à cette idée et il prend une grande rasade d'eau. Il avait bien eu deux aventures avec des collègues, à l'Académie, mais il ne se rappela pas en avoir désiré un, autant.
La danse se termina et Raph se commanda un second verre. Il devait tourner ses pensées sur autre chose. Ce danseur était trop dispendieux, malgré tout de même la générosité du budget qui lui était alloué. Comme certains policiers lui avaient fait remarquer, avec une pointe de jalousie, bien que nouveau, il était tout de même payé son taux horaire habituel, pour s'envoyer de l'alcool et reluquer des filles. Malgré le danger de la mission, si cela tournait mal, à première vue, cela demeurait très attrayant.
Oui, le commissaire Hamato, lui avait donné la permission implicite de se payer des danses, pour avoir l'air d'un consommateur comme les autres, mais il ne pourrait pas justifier avoir besoin de plus d'argent pour se payer un danseur en particulier. Il serait bien plus profitable de prendre la jolie rousse une fois et Tony, deux ou trois heures plus tard, pour justifier sa présence de six heures.
A moins qu'il utilise son argent personnel. Il ne pouvait utiliser sa véritable carte de crédit, à son nom, mais, dans un Atm, sans qu'il s'explique pourquoi, il avait retiré 160$. Peut-être que…
Non, il avait refusé les caprices de Lisa, qui allaient les mettre sur la paille, pas pour commettre ces mêmes folies avec des prostitués.
Il se traita de con d'avoir même brièvement considéré cette possibilité, tout en passant en revue ses choix de "divertissements" sur le IPad, afin d'organiser sa soirée pour avoir toujours l'air assez occupé. Peut-être s'asseoir au bar et tenter d'entamer la conversation avec le barman ou, d'autres clients, pourrait être plus fructueux.
Et chasser à nouveau la pensée de son ex qui venait de jeter une ombre sur son humeur.
Il allait se lever quand souriant, Leo se glissa sur la banquette à côté de lui.
« Je t'ai remarqué. Tu sembles avoir apprécié beaucoup ma prestation. » susurra-t-il, d'un air entendu, son regard bleu glissant le long de son corps pour s'arrêter en bas de sa ceinture.
Raphael rougit, puis se fâcha. Il ne se laisserait pas mettre en boîte par ce danseur de près de huit ans son cadet.
« Ta partenaire est très bonne. Tu manies bien tes épées. Tu fais des arts martiaux? » questionna-t-il, d'une voix sonnant indifférente.
Leo haussa les épaules, semblant peu impressionné par le détachement montré de Raphael.
« C'est ce que je fais pour me tenir en forme…Cela et d'autres choses… » suggéra-t-il. « Le barman m'a expliqué que ta venue ici était suite à une rupture? C'est ce qui te rend réticent à l'idée de toucher d'autres corps? C'est idiot, si tu veux mon avis! » conclut le danseur, en penchant la tête sur le côté, comme s'il réfléchissait à l'énigme qu'était Raphael, comme si ne pas se précipiter sur lui, était anormal.
« Ouais, ben on repassera pour la discrétion dans votre établissement » maugréa le faux comptable.
« Je peux te faire oublier jusqu'au souvenir de son nom, en une nuit… » se vanta le jeune homme aux cheveux noir.
Pour se donner une contenance et se donner le temps de réfléchir, le policier porta son verre à ses lèvres. Pourquoi était-il aussi déstabilisé par ce garçon? Il avait eu une dizaine de petites amies. Il avait perdu sa virginité à 13 ans avec une meneuse de claque de 17. Il n'était pas un puceau crédule, aisé à manipuler. Ce type voulait son portefeuille et vendant sa salade de façon très peu subtile pour y parvenir. Il voyait clair dans son jeu, alors pourquoi n'était-il pas capable de lui répondre, merde! Était-ce à cause qu'il n'avait pas eu de sexe depuis plus de deux mois, Lisa ayant boudé les dernières semaines de leur relation?
Le danseur, voyant son silence, dut décider de passer en mode pro-actif.
« Tu te demandes comment cela fonctionne pour les réservations? Les employés ici ne consacre pas assez de temps aux clients. Laisse-moi te montrer… » proposa le jeune homme, s'approchant de lui de façon aliénante, tendant le bras pour atteindre le IPAD. « Tout d'abord, tu dois remplir ta fiche. C'est important pour que moi ou pour n'importe quel employé », spécifia-t-il, « connaisse tes préférences. De notre IPhone, nous pouvons consulter les fiches des clients, lorsque nous sommes avisés de nos engagements. »
Leo, sans attendre de permission, appuya sur la touche « client » de l'écran encastré du IPAD, et aussitôt, il tourna la tête vivement, ses yeux fixes.
« Tu t'appelles O'Neil? Connais-tu une April O'Neil? » questionna d'une voix blanche.
La vérité était que oui, Raphael connaissait April. Il avait suggéré ce nom de famille pour cette raison. April était la petite amie de son frère Casey depuis plus de quatre ans. Il avait l'intention de la demander en mariage à Noel. Mais, bien sûr, il ne pouvait l'avouer, sans révéler que O Neil n'était qu'un prête-nom. Et il avoua, malgré qu'il respectât la jeune femme, être un peu inquiet que ce magnifique danseur semblait connaitre sa future belle-sœur.
« C'est ma demi-sœur, » mentit-il. « D'où tu la connais? » demanda-t-il avec une suspicion qui pouvait paraitre légitime.
« Le lycée…Je crois qu'elle était dans mon cours de géo. » répondit le jeune homme et Raph vu clairement l'impossibilité de cette réponse. April avait 25 ans. Quand ce danseur avait terminé le lycée, en admettant qui l'eut terminé, sa belle-sœur était déjà à l'Université.
« J'ai l'air plus jeune que mon âge, à cause de l'éclairage » expliqua Leo, comme s'il lisait ses pensées. « J'ai 25 ans. »
Cela pouvait être possible, mais Raph n'eut pas le temps de quoique ce soit. Le danseur pianota avec célérité sur les touches du IPAD, allant à sa fiche et cliquant sur « Cabine » « Forfait 5 danses » et « réservation. »
« Hé!.. » commença à protester Raphael, outragé que le danseur ait l'outrecuidance de prendre cette décision ».
« S'il tu n'es pas satisfait, je te rembourserai, okay? Je te garantis un très bon temps. » le pressa le danseur et le policier, choqué, se laissa faire. Il ne savait si c'était une méthode de vente, de le mettre devant le fait accomplis, tout en proposant un remboursement, mais il devait l'admettre :
Il en mourrait d'envie.
Le jeune homme le conduit à une cabine et tira prestement les rideaux.
« Ouvre ta fermeture éclair, mais sois silencieux. Si on voit ce que je te fais, ici, j'aurai de gros ennuis. » expliqua d'une voix urgente le danseur, tout en enlevant ses pantalons et ceci fait, se retournant pour mettre une chanson au hasard.
Raphael, malgré que sa queue durcisse à l'idée de ce qui pourrait lui arriver, résista. Il avait toujours eu un problème avec l'autorité et obéir à cet inconnu, qui lui tendait peut-être un traquenard, lui répugnait.
Faisant fi de ses protestations, le danseur, complètement nu, s'assit à califourchon sur lui, passant ses bras autour de son cou. Raph, en un frisson, les détacha. Une telle proximité, aussi rapidement, lui déplaisait. Il détestait, également, ne pas avoir le contrôle. Cet homme, dans l'expectative de recevoir de l'argent, était trop rapace et lui rappelait qu'il payait un service.
« Laisse-toi faire, idiot! » l'enjoignit le garçon, tout en l'embrassant férocement, lui faisant goûter le goût métallique de la tige perçant sa langue et soudain, l'esprit de Raph, ulcéré la minute d'avant d'être traité ainsi contre son gré, devient…
Vide.
Sauf pour un fait qui refusa d'être mis de côté.
Leo n'embrassait pas ses clients. Il l'avait lu.
Et pourtant ses lèvres se pressaient contre les siennes avec une ardeur de baiser de retrouvailles de retour de la guerre, lui communiquant leur fièvre.
Sonné, étourdi de l'enchainement trop rapide des évènements, des gestes trop ensorcelants, de la voix grave, du souffle chaud de son partenaire forcé, il laissa le danseur extirper son sexe de ses jeans et se mettre à le caresser avec beaucoup de vigueur.
« Tu peux me toucher aussi, si tu le veux. Mais tu ne dois en parler à personne. C'est interdit dans les cabines. » souffla Leo, tout en retirant le chemise de son client et le complimentant sur ses muscles.
Raph avait l'habitude d'être admiré, lorsqu'il était dénudé, mais les compliments de Leonardo le chatouillèrent différemment sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi.
Maladroitement, en entendant les encouragements de son partenaire, le policier empoigna le membre dur du mâle par-dessus lui et tenta quelques coups de poignet. Le danseur rejeta sa tête en arrière, en poussant un gémissement étouffé, mordant ses lèvres et Raph se demanda si c'était une autre tactique de Leonardo. Faire semblant de le privilégier pour qu'il se sente reconnaissant?
Mais son esprit soupçonneux s'engourdit quand la langue lapa son cou, sa mâchoire, le mordillant à quelques endroits comme un chaton joueur. Leo passa son pouce sur son urètre, étalant le liquide pre-ejaculatoire, tout en lui chuchotant des choses à l'oreille si lascives, comme comment son sexe était gros et dur et qu'il avait hâte de le sentir en lui, que le sang du policier, aisément inflammable, s'embrasa. Tant pis pour ce que cela allait lui coûter, il allait profiter de l'occasion. Il accéléra le rythme de son poignet et répondit pareillement à l'autre mâle, lui promettant de le ravager à la première opportunité. Il n'avait pas le choix, aussi impuissant que s'il avait été ligoté et menacé d'un revolver. Il devait jouir, là, ou il allait imploser. Sentir le sexe palpitant du danseur dans sa main, le rendait fou.
Finalement, n'y tenant plus, autant pour éviter de crier son contentement, se sentant au bord de la jouissance, il mordit profondément la chair du cou de son partenaire qu'il poussa un cri étouffé en renversant la tête, jouissant sur leurs deux abdomens.
Jamais il n'avait vu quelque chose d'aussi hot que ce visage transfiguré par le plaisir. Leo avait ralenti les mouvements de son poignet, surfant encore sur la vague de son orgasme et Raph, frénétiquement le tira vers le bas. Le danseur comprit le message et prit le membre gonflé dans sa bouche, tapotant de sa langue le dessous de la tête de son sexe, le titillant avec la surface dur et froide de la barre métallique transperçant sa langue et Raph jouit à grands jets dans la bouche accueillante, en poussant un soupir de délivrance, tout en pressant la tête du danseur contre son bas-ventre. Prolongeant son plaisir, celui-ci le lapa entièrement de la moindre goutte ayant pu demeurer sur son membre. Son orgasme lui parut sans fin et c'est avec peine qu'il ouvrit les yeux pour regarder l'autre mâle. Jamais il n'avait ressenti quelque chose d'approchant en intensité.
« La cinquième chanson se termine dans moins d'une minute. Tu dois te rhabiller », le pressa-t-il en lui lançant sa chemise. La bouche engourdie, le policier eut peine à articuler une réponse inintelligible que Leo, de toute façon, ne sembla pas écouter.
« Je peux te donner du plaisir ainsi chaque soir et même, beaucoup plus… » insista le danseur, maintenant rhabillé. « Je peux être ton amant et faire toutes tes fantaisies. Tu n'as qu'à demander. »
Raphael n'avait pas encore remis les pieds sur terre, mais réussit à marmonner.
« Pourquoi moi? Il y en a des plus riches… »
Leo ne répondit pas immédiatement, l'aidant à s'habiller, le policier ne ressentant même plus l'extrémité de ses doigts assez pour se boutonner.
« J'ai le droit d'avoir mes préférences aussi » finit-il, sans s'expliquer davantage et, satisfait de l'apparence irréprochable de son client, il ouvrit les rideaux.
Raphael, tenta d'adopter une démarche ferme, alors que ses rotules lui semblaient être en jello, pour suivre le danseur. Cela venait de lui coûter 250$, en fait, 160$ à lui et 90$ au NYPD et il devait admettre qu'il ne regrettait rien, malgré que cela n'eut duré que 25 minutes. Il ne pouvait prétendre au danseur de ne pas être satisfait et de vouloir un remboursement. L'autre se saurait moqué de lui. Il arriva enfin à sa table et il fit un geste à la vendeuse de cigarettes. Il n'était pas un gros fumeur, fumant de façon occasionnelle, un paquet pouvant lui durer des semaines, mais il lui semblait que c'était la seule chose qu'il pouvait faire pour ne pas s'endormir sur la banquette.
« Tu veux un verre? » questionna-t-il, la bouche pâteuse, tout en lui tendant aussi le paquet de cigarettes.
Leo secoua la tête :
« Je ne fume pas. Je ne bois pas vraiment non plus, à dire la vérité. A part de l'eau, je bois surtout du thé vert, mais je ne peux le faire ici. Cela me donne une image trop sérieuse. Offre-moi un Shirley Temple, cela fera l'affaire. »
Raphael fut aussi étonné de la nature de la confidence que du fait de la recevoir. Leonardo semblait vraiment lui trouver quelque chose de distinctif pour lui avouer ainsi ses véritables préférences.
Il commanda le verre, puis se retourna vers le danseur. C'est là qu'il découvrit ce que représentait le tatouage, ses sens enfin apaisés.
Il s'agissait d'une Dionée, une plante carnivore et Raphael le prit comme un mauvais présage, lui rappelant ce qu'était le jeune homme. Leo était un chercheur d'or, n'hésitant pas à sucer jusqu'à la moelle ses victimes, au propre comme au figuré.
Il ne savait s'il devait mettre cartes sur table et avouer ne pas avoir les moyens de le prendre en cabine, tous les soirs ou bien, profiter de l'appréciation particulière du danseur pour en tirer des informations. Mais soudain, le danseur changea d'expression, devenant très pâle. Surpris, puisque Leonardo semblait confortable quelques instants auparavant, il suivit son regard.
Un homme, d'environ son âge, venait de faire son entrée. Grande, mince, des cheveux bruns coiffés en queue de cheval, habillé élégamment et portant des lunettes sans doute de couturier, il alla s'asseoir avec l'aisance d'un habitué dans une banquette qui était plus près que les autres de la scène. Face à eux, Raphael remarqua son visage doux, à l'aspect rêveur. Sans ses vêtements trop stylisé, Raph aurait pu le prendre pour un poète. Rien qui justifiait l'expression égarée de Léo.
« C'est ton petit ami? Il est jaloux? » questionna le faux comptable, en fronçant les sourcils. L'idée qu'un travailleur du sexe puisse avoir un amoureux lui semblait ridicule, mais il savait que cela existait. Jamais lui ne pourrait le supporter, cela le dépassait que certains le puissent. Il était de nature trop possessive.
Leo secoua la tête.
« Non. Je n'ai pas de petit ami… » murmura-t-il, la voix pleine d'appréhension. Puis, se retournant, suppliant : « Prends-moi pour la nuit, avant qu'il ne me voie! »
Le policier fut saisi de la véhémence du jeune homme. Celui-ci jouait-il avec sa tête voulant l'obliger à le prendre pour plusieurs heures? Raph n'allait pas payer 1000$ supplémentaire. Un, il ne l'avait pas sur lui et ensuite, il trouvait que Leo, lui ayant exhorté déjà 250$, en avait eu assez. Qu'il plume un autre client.
Il secoua la tête et commença à expliquer qu'il n'était pas millionnaire, malgré la détresse apparente dans les prunelles de lapis-lazuli du jeune homme. Mais, il n'eut pas le temps que Leo tira son cellulaire de sa ceinture, consultant l'écran affichant son horaire.
« Trop tard. Il m'a réservé. Jusqu'à 4h » articula-t-il d'une voix spectrale, en laissant retomber l'appareil.
Raphael ne comprenait pas. S'il parlait bien de l'homme d'en face, il ne comprenait pas les réticences du danseur. Il était d'assez belle apparence, pour amateur d'intello et semblait inoffensif. Et riche. Le genre de client que, si Raph était une pute, ne répugnerait pas à faire.
Leo se leva et avec un dernier regard pour lui, où luisait un air de reproche pour son abandon, il se dirigea, avec l'entrain d'un condamné, vers le client à la queue de cheval qui venait de recevoir du champagne, dans un seau de glace.
L'homme inconnu sourit tristement au danseur, en lui faisant signe de s'asseoir près de lui. Il lui tendit une flute de champagne que Leo accepta à contre cœur. Le client porta un toast, mais le danseur ne but pas, ce qui n'étonnait pas Raphael, qui justement, venait de recevoir, avec cinq minutes de retard, la boisson désalcoolisée du beau danseur.
L'homme se pencha vers Leo et le policier le vit distinctement froncer ses sourcils derrière la monture de ses lunettes de prix. Il pointa le cou du jeune homme et Raph comprit qu'il devait le questionner sur la présence d'empreintes de dents, ses dents à lui, Raph, sur la clavicule de Leo. Il vit le danseur remuer la bouche, sans doute racontant n'importe quoi et le visage tordu de déplaisir, le client trempa la serviette de table dans l'eau glacée du seau, pour la passer dans le cou du danseur, comme pour en effacer sa marque. Raphael haussa un sourcil incrédule devant le manège. Si cet homme était possessif, ce n'est pas dans ce genre d'établissement, où les employés se livraient au plus offrant, qu'il devait chercher des conquêtes. S il voulait garder son danseur pour lui, qu' il le garde chez lui.
L'homme appuya sur l'iPad de sa table et tira le jeune homme à sa suite et Raph, curieux consulta l'horaire du danseur.
Leo était pris effectivement jusqu'à 4h et même sa représentation solo était annulée, ce qui le déçut. Était-ce habituel? Il vit alors le client monter à l'étage, Leo le suivant et une pointe de jalousie fulgurante le pris. Cet homme allait caresser, prendre et marquer le corps qu'il caressait il y a un quart d'heure à peine. Cette pensée le rendit malade et il s'en voulut.
Ce Leonardo n'était qu'une putain, une escorte, quelqu'un qui vendait son corps, sans moralité, pour de l'argent. Il n'allait pas être jaloux pour lui! Il avait déjà assez fait l'idiot pour ce soir!
Curieux malgré tout, voulant changer le cours de sa pensée, il alla au bar et décontracté, raconta au barman comment il était déçu de l'annulation de la prestation de Leo et demanda si c'était habituel.
Le barman le questionna sur l'apparence du client en question et il hocha la tête.
« C'est M. Donnie. C'est le bras droit du propriétaire et le protecteur attitré de Leonardo. Il a tout pouvoir ici. S'il veut être seul avec son protégé, il le sera. Désolé pour toi, mais il ne descendra pas de sitôt. Choisis en un autre, »conclut il avec philosophie.
Raphael hocha la tête et retourna s'asseoir, éloignant ses pensées de ce qui se passait à l'étage au-dessus. Mais, désormais, il se sentirait moins coupable de poursuivre le danseur aux cheveux noirs. Il avait une bonne raison maintenant de le faire.
Leo baisant avec le numéro deux de l'organisation d'Oroku, devait avoir beaucoup d'informations. Le commissaire allait être satisfait.
Lolita : Evidemment (pour le nom). Leo ici, change d'attitude aussitot quand il le sait. J'ai eu cet idée car dans la série 2018, ils vont changer la personnalité de Raph et Leo. Raph sera le leader et l'ainé. Je ne crois pas aimer le concept, mais j'ai voulu essayer, en changeant un peu leur personnalité habituelle que je leur fais! Merci de ton commentaire, ça me fait plaisir qu'au moins quelqu'un aime cela
