Titre: A travers ton regard
Auteur: Cannelle-chan
Oeuvre:Harry Potter
Genre: Angst/ Romance
Disclaimer: Aucun personnage présenté dans cette fiction ne m'appartient. Ils sont tous de J.K. Rollings
Note de l'auteur: Voici la suite, nous allons voir maintenant les réactions de notre professeur de potions favori.
Remerciements:
zakarinel, Yukimai-chan, Sev91,yuna,Soulliah: Je vous remercie pour vos reviews. Elles m'ont fait vraiment plaisir! J'espère que la suite vous plaira tout autant.
Mephistis, Hans : Harry Chien d'aveugle, mouhahaha je le vois bien en chien rouge et or avec une gentille laisse tenue par Severus... J'ai des doutes sur la docilité du chien là ^^. Mais l'idée est pas mal.
zelnazoo, AdelheiRei: Je change les contextes, je ne me fixe pas que dans un seul genre car pour moi la vie ne se limite pas qu'à un genre dramatique ou comique donc je vais alterner les deux régulièrement. J'ai quelques scènes déjà en tête qui vont devenir mémorables dans les deux genres ^^.
stormtrooper2 : Oui Ginny et Harry sont bien sortis ensemble, j'en fais déjà une référence dans ce chapitre qui sera approfondi plus tard. J'essaye de modifier le moins possible l'œuvre de l'auteur.(même si je l'ai déjà pas mal fait T_T)
Vampiriste: Voici la suite une semaine après. Je vais essayer d'en poster un par semaine mais je ne promets rien car je suis en pleine période de partiels mais en même temps je suis dans une des facs françaises bloquées pour l'instant.. Donc à tout moment je peux être appelé en catastrophe pour plancher sur mes examens. Mais en gros la moyenne va rester d'environ un chapitre par semaine
N'oubliez pas de laisser votre avis, je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre n°2
La situation pouvait paraître grotesque. Le redouté maître des potions de Poudlard était allongé dans son lit d'hôpital invectivant Harry. Ses mains étaient devenues blanches à force de se contracter sur les rebords du lit. Toute sa tension était palpable. Son corps tendu à l'extrême ne présageait rien de bon. Malgré tout ce qu'il lui était arrivé, les seuls mots que Severus su décrypter furent que le célèbre Harry Potter, sauveur du monde et rejeton haï de son non moins détesté père James Potter, lui avait sauvé la vie. Une fois de plus. Trop de questions tourbillonnaient dans sa tête. La première étant pourquoi ?
Sa cécité l'empêchait de quitter ce monde de noir pour attraper ce gosse insolent et lui faire regretter de s'être une fois de plus immiscé dans sa vie et de le lier un peu plus à lui avec une nouvelle dette de vie. Jamais il ne le laisserait en paix. Si il avait pu, il aurait hurlé tout ce qu'il retenait depuis des années maintenant. Malheureusement sa gorge lui fit très mal et tout son était un vrai supplice.
- Vous avez forcé sur votre voix monsieur Snape. Vous ne devez pas prendre vos blessures à la légère. C'est déjà un miracle que vos cordes vocales n'aient rien subi d'irréparable.
Le malade sentit des mains chaudes palper sa gorge et remettre en place un tissu légèrement rêche, un bandage lui semblait-il.
-Professeur, hésita Harry, je sais que cela vous paraît improbable que je sois là.
« Non pas vraiment, pensa le brun. Vous n'êtes qu'un orgueilleux petit arrogant, un stupide gryffondor qui se mêle de tout ce qui ne le regarde pas. » Avait-il envie de dire sarcastiquement mais le silence était la seule chose qui lui était permise. Cela incita Harry à continuer dans sa lancée.
-Vous avez sans doute beaucoup de questions à me poser sur ce qu'il s'est passé depuis que vous êtes ici. Je ne prétends pas avoir réponse à tout mais si je peux vous éclairer sur certains faits, je le ferais. Déclara Harry sur un ton plus assuré.
« Ce qui s'était passé... c'est vrai, je ne sais même pas depuis quand je suis ici ainsi que les raisons de Potter pour être là. »
-La guerre est finie, Voldemort... a été défait.
Un long frisson d'horreur secoua le dos de Severus. Harry l'avait remarqué et avait donc hésité sur le nom de celui qui était désormais vaincu. Il se souvenait très bien avec quelle cruauté, le lord noir avait lancé son serpent contre son professeur pour obtenir plus de puissance. Il n'avait pas hésité une seconde à sacrifier la vie de cet homme.
Si cet épisode n'avait pas eu lieu, Harry aurait haï encore entièrement le professeur Snape. Ce sentiment restait tout de même encore un peu. Harry avait détesté, exécré le « bâtard graisseux » depuis ses onze ans. Il était difficile de passer aussi vite à une entière rédemption. Surtout lorsque les souvenirs de Sirius ou de Dumbledore lui revenaient en mémoire. Il se retenait tout du moins alors qu'il imaginait les années de souffrance de cet homme. Il ne ferait pas l'erreur de croire qu'il le comprenait mais avec ce qui s'était passé, il avait le droit comme tout le monde à une seconde chance.
-Vous avez été retrouvé à moitié mort. Heureusement, le professeur Slughorn vous a examiné et a su voir que vous luttiez pour rester en vie. Cela fait maintenant une semaine que vous êtes ici à Sainte Mangouste. Harry décrivait dans les grandes lignes ce qui s'était passé.
Les derniers souvenirs de Snape étaient encore confus, il avait envie de se souvenir mais d'un autre côté son esprit avait besoin d'oublier, au moins le temps qu'il se remette de ce traumatisme.
Le médecin se rapprocha de l'homme allongé et vérifia son état. Il se tourna vers Harry pour lui faire comprendre que le patient avait besoin de repos. Le jeune sorcier acquiesça.
-Professeur, je repasserai demain. Il y a encore beaucoup de choses dont nous avons besoin de parler. Pour l'instant je vais vous laisser entre de bonnes mains.
Un grognement mécontent fit quand même écho à cette phrase. Quelques secondes plus tard, le médecin et Harry sortirent de la chambre.
Dans le calme, Severus essaya de remettre de l'ordre aussi bien au niveau de ses sens que de ses pensées. Le stress monta tout de même lorsqu'il battit plusieurs fois des paupières. Son coeur s'accéléra. La présence d' Harry avait au moins eut l'intérêt de détourner ce problème de cécité sur sa colère envers le jeune homme. Maintenant qu'il était seul, l'ancien directeur se retrouvait perdu dans un monde rempli de noir, sans repères, sans distinctions d'aucunes sortes, sans couleurs, ni présences. Une crise d'angoisse l'envahit.
La respiration de Severus s'emballa rapidement.
« Calmes-toi, ne t 'énerves pas, reprends ton souffle » Se dit-il comme un leitmotiv. Ses doigts anguleux n'avaient pas desserré leur prise des montants du lit. Il n'arrivait pas à se faire à l'idée de cette obscurité.
Le plus angoissant était tous ces bruits, signes que la vie se poursuivait autour de lui . Des bruits de pas des infirmages plus ou moins rapides, les conversations médicales, le bip plus ou moins réguliers des instruments médicaux. Ces bruits montraient qu'il y avait une vie en dehors du noir, une vie dont il serait définitivement exclu dorénavant. Il n'était pas d'un naturel sociable mais sa solitude serait maintenant décuplée.
Un rire nerveux le secoua. Sa vie n'était qu'une immense farce. Plus il voulait sauver ses proches ou ses alliés, plus ils mouraient par ses actes répréhensibles. Comme une contrainte qui faisait de Severus, un paria. Il repensait à Lily Ewans, sa seule et véritable amie, même si leurs débuts furent difficiles. Elle était morte. Pour Sirius, il déclinait toute responsabilité, il n'avait jamais demandé au clébard de se ruer là où il était exposé à tous les dangers. Mort en duel. Dumbledore, son mentor qui l'avait protégé alors qu'il savait toutes ses erreurs de jeunesse. Mort, par sa main. Potter fils, parasite notoire mais seul espoir du monde sorcier. Vivant mais même les prophéties n'arrivaient pas à se débarrasser de lui.
Était-ce vrai que le lord... était mort? Il se souvenait parfaitement de sa conversation avec Albus annonçant que la mort d' Harry était inéluctable pour venir à bout du sorcier le plus puissant qui soit. Se pourrait-il que le morveux ait trouvé une solution miracle ou était-ce encore une ruse de son ancien maître pour s'enfuir ? Il ne pouvait le vérifier sur son bras gauche. Il ne pouvait voir si la marque était toujours présente. Il ne la ressentait plus mais à la première disparition, plus aucun fidèles n'avaient reçu ce léger choc électrique, preuve qu'ils étaient liés au lord et qu'il les contrôlait.
Beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête. Harry Potter avait promis qu'il reviendrait le lendemain tout lui expliquer. Pour une fois, Severus aurait aimer que son insupportable élève suive sa personnalité et déroge une fois de plus à un serment en le laissant tranquille.
Il avait laissé ses souvenirs au gamin. Il avait fait cela pour le prévenir de ce qui l'attendait. Il espérait juste que ce dernier ne se mette pas en tête d'un quelconque attachement à sa personne. Severus l'avait certes protégé durant toutes ces années, l'avait guidé secrètement pour trouver un horcruxe, l'avait mis en garde contre son combat avec celui qui n'existait plus maintenant d'après ses dires...Mais tout ceci ne voulait rien dire du tout. Il avait une dette à payer il avait fait sa part... Alors pourquoi, par Merlin, cet imbécile en rajoutait une couche en lui sauvant la vie? Était-ce une farce du destin de ne jamais effacer ses dettes envers les Potter? Devrait-il être lié à un Potter à vie?
Un soupir de découragement franchit ses lèvres. Il était en vie, quelle joie!... Mais maintenant qu'est-ce qui l'attendait?
Sur ces trop nombreuses questions, le brun retomba dans le sommeil.
Harry repartit chez lui avec une liste de recommandations administratives à envoyer d'urgence au ministère pour la tutelle du professeur Snape. Il ne s'était pas attendu à cela en arrivant une heure avant à l'hôpital. Il avait tellement de choses à raconter à ses amis!
Il hésitait à en parler à Monsieur et Madame Weasley. Leur antipathie pour l'homme était justifiable. Aucun ancien membre de l'ordre de phénix ne pardonnerait à Snape d'avoir tuer Dumbledore. Le professeur Mac Gonagall lui avait fait clairement comprendre ses sentiments, la semaine avant.
En arrivant dans la cuisine du Terrier, une délicieuse odeur de tourte au potiron embaumait l'air. Un sourire éclaira le visage du jeune homme. Il monta en vitesse dans la chambre qu'il partageait avec Ron pour déposer ses documents officiels dans son tiroir sous ses vêtements.
-Harry? Harry tu es rentré?
Une voix cristalline l'appelait. Ginny, la jeune sœur de Ron passa sur le pas de la chambre. La jeune fille dont il avait eu le béguin durant sa sixième année à Poudlard, tenait un balai dans la main.
-Les garçons veulent faire une partie de quidditch dans le jardin, cela te tente? Demanda-t-elle.
Il acquiesça vivement. Il prit son balai et la suivit dans les escaliers. Un léger pincement au coeur le prit en voyant ses cheveux flamboyants flotter devant lui. Il avait quitté Ginny car le danger autour de lui était trop présent. Harry avait eu peur pour la jeune fille. Elle l'avait accepté même si il avait passé du temps pour la consoler. Cette année, la mort de plusieurs de ses proches l'avait pas mal remué. Il avait réfléchit à une possible réconciliation mais quand on s'appelait Harry Potter, Voldemort ou non, le danger n'était pas loin. Il espérait juste qu'elle comprendrait ses raisons qui le poussait à se refuser à elle maintenant.
Dans le jardin derrière la maison bancale des Weasley, Charlie, Ron les attendaient. Un sourire éclaira les frères en voyant arriver leur ami.
-Super te voilà enfin, on va pouvoir faire un vrai duel maintenant!
-Non mais vraiment, vous n'avez pas encore passé l'âge pour ces enfantillages? Soupira Hermione. Elle reçut quatre regards choqués et indignés.
-Ce ne sont que des enfantillages pour ceux qui ne savent pas y jouer Hermione. Lança la jeune rouquine. Harry approuvait entièrement ses dires.
Hermione haussa les épaules avant de s'installer au pied d'un arbre pour attaquer son livre sur les potions de niveau avancé.
La partie opposa Charlie et Ron d'un côté et de l'autre Ginny et Harry. Le jeu dura jusqu'à l'appel de madame Weasley pour le repas du soir. La soirée se passa calmement. Depuis la fin de la guerre, Molly Weasley avait besoin de sortir le soir et de se retrouver seule. Personne ne pensait à la déranger dans ses moments là. Même son mari la laissait tranquille.
Harry accompagné de Ron et d'Hermione montèrent dans la chambre des garçons.
-Qu'est ce que tu as fait cet après midi? Depuis tout à l'heure tu tiens le secret. Demanda directement le rouquin.
Tandis que le jeune couple était assis sur l'un des lits, Harry sortit les papiers qu'il avait tenu caché jusqu'à présent. Ses deux amis regardèrent étonnés ces documents.
-Une demande de tutelle? Qu'est ce que c'est Harry?
Le brun expliqua la situation depuis le début. Le visage de Ron passa ar toutes les nuances possibles de couleurs.
-Ce n'est pas possible!! Ne me dis pas que tu as osé te porter garant pour ce... Ce...
-Ron! S'il te plaît, pas de grossièretés, réprimanda la jeune femme. Mais Ron n'a pas tort. Pourquoi toi, Harry? Il sera surement condamné au baiser du détraqueur quand les procès contre les mangemorts commenceront.
Harry se sentit agacé de ne pas être soutenu. Ils n'avaient pas vu ce que lui avait vu. Ils ne savaient pas tous les sacrifices que Snape avait fait pour leur sauver la vie. Lui si.
-Il n'a personne pour le soutenir, il n'a plus que moi maintenant. Ce ne sont pas ceux de l'ordre qui témoigneraient en sa faveur. Vous avez bien vu comment ils réagissent rien qu'à son nom!
Ron et Hermione se regardèrent pensant tous les deux la même chose. Ce genre de connivence entre eux, frustrait et irritait Harry.
-Nous comprenons ton point de vue Harry mais tu ne crois pas que malgré tout, il faut qu'il soit jugé par un tribunal? Harry tu ne peux pas sauver tout le monde! Certains doivent payer leurs crimes. Le professeur Dumbledore est mort sous sa baguette. Ce n'est pas rien.
Harry serra les dents. Non il ne convainquerait pas ses amis de sa bonne foi.
-Peu importe, maintenant que je me suis engagé, je compte le faire jusqu'au bout. Avec ou sans votre accord!
-Tu vas à l'encontre des principes de l'ordre du phénix. Tu aides, toi celui qui a lutté contre Vol...Voldemort, un mangemort. Non désolé Harry mais sur ce coup là je ne te comprends pas.
-Les papiers sont envoyés, si tout va bien demain j'ai la réponse du ministère de la magie et les papiers seront effectifs.
Ron grogna de mécontentement.
-C'est vraiment ce que tu veux faire? Te traîner un boulet au pied pendant tout le temps du procès? Pense que ce sont des gens comme lui qui sont responsables de la mort de Fred!
-Ron! S'exclama Hermione, mais aucun des deux ne tint compte de la jeune femme.
Le ton était monté entre les deux garçons. Mais Harry ne cèderait pas.
-Je n'ai pas oublié ce qu'on fait les mangemorts. J'étais là aussi si tu te rappelles bien mais j'ai une dette envers lui alors oui, je l'aiderai du mieux que je peux. Je lui dois au moins cela.
La tension ne diminua pas. Ron n'adressa plus la parole à son meilleur ami de la nuit. Le brun avait la tête remplie de doutes et de craintes. D'accord, il avait promis d'aider son angoissant professeur, mais pour combien de temps? De plus il devait penser à son avenir. Jusque là ses principales préoccupations se tournaient vers la façon de vaincre Voldemort. Mais maintenant? Qu'avait-il comme but? Un ancien mangemort à sauver... Cela n'était pas très réjouissant.
De plus, cela faisait une semaine qu'il vivait aux crochets de la famille Weasley, peut être avait-il besoin de s'éloigner. De se créer son propre chez soi. Sa propre vie, avec ses propres décisions et son propre choix pour sa carrière professionnelle. Il aimait ses amis mais après sept ans à vivre en communauté, un peu d'indépendance lui ferait du bien. Oui il devait avancer. Une partie de sa vie était finie. Il fallait tourner la page et avancer, se créer une nouvelle vie.
Le lendemain, au petit déjeuner, l'ambiance était morose. Harry ne pouvait réellement en vouloir à son meilleur ami mais ses résolutions étaient prises. Il espérait juste qu'avec un peu de temps, il comprendrait sa situation et ses choix.
En début de matinée, un hibou toqua à la fenêtre du Terrier.
« A l'adresse de Monsieur Harry Potter »
A la résidence du Terrier
Les documents tant attendus étaient arrivés et la lettre était en sa faveur.
Après s'être préparé, il se dirigea vers la cheminée.
-Harry attends!
Hermione s'approcha de lui.
-Si c'est pour m'arrêter alors...
La jeune femme secoua la tête négativement.
-Je sais que tu es décidé. Juste... Fais attention à toi. Ron n'est pas vraiment en colère contre toi mais... Certains évènements sont encore trop récents et trop douloureux, n'oublie pas cela.
Harry lui sourit en reconnaissance. Heureusement qu'elle était là à ses côtés car son tempérament emporté ainsi que celui du rouquin pouvait entraîner des conflits de plusieurs jours voir semaines.
-Merci Hermione.
Il s'installa dans la cheminée et déclara fortement son lieu de destination. Le visage de la brune disparut dans des volutes de fumées vertes pour laisser place au hall d'entrée de l'hôpital de Sainte Mangouste. Il se dirigea vers la chambre de son professeur. En arrivant, il remarqua deux nouveaux aurors plantés devant la chambre. Harry présenta ses papiers montrant qu'il avait le droit de venir voir le malade. Après ces inspections d'usages, L'Elu souffla un coup pour se donner du courage avant d'entrer dans la chambre.
En entrant dans la chambre, il referma doucement la porte pour qu'ils puissent rester seuls. Un Snape attaché à des appareils médicaux, sans baguette et malade ne pouvait pas être dangereux. Enfin pas physiquement...
L'homme était allongé, les yeux fermés . Les cheveux noirs paraissaient plus longs que dans son souvenir. Son air renfrogné ne le quittait jamais même lorsqu'il dormait. Avait-il le visage figé à force de ne jamais dormir?
-Vous pourriez au moins vous présenter lorsque vous entrer dans la chambre d'un aveugle.
Le son cynique de la voix fit sursauter le survivant.
-Ce n'est que moi, monsieur, Oh euh, Harry Potter. Se présenta le brun.
Le visage du maître des potions montra une expression ennuyé. Le jeune homme ne se rappelait pas qu'il pouvait être aussi expressif du visage.
-Pour une fois que vous respectez votre parole... J'aurai préféré que vous vous contredisiez en m'ayant oublié.
Harry se rappelait maintenant toutes les remarques acerbes que le plus âgé lui avait servi depuis sa jeunesse.
-Désolé, devrais-je prendre un ticket et attendre mon tour derrière cette file incroyable de personnes venues vous voir? Oh mais attendez. Je suis le seul! S'énerva Harry.
-Si vous êtes venu me faire part de vos sarcasmes, la porte est derrière vous.
-Râté derrière moi, il n'y a que le mur. La porte est devant votre lit. S'amusa Harry.
-Sortez d'ici Potter!
Le jeune sorcier ne prit pas garde à ces ordres et attrapa une chaise pour s'assoir. S'était-il vraiment disputé avec Ron pour lui? Il chercha à retrouver son calme. Snape se redressa dans son lit pour se retrouver en position assise.
-Nous devons d'abord parler. Il y a pas mal de points à discuter. Tout d'abord vous devez savoir que la plupart des mangemorts et ceux jugés comme tels vont passer devant le tribunal du magenmagot dans un mois. Ils recherchent encore certains disparus et rassemblent les preuves les accusant. Je ne vous surprendrais pas si je vous dis qu'un chef d'inculpation est à votre nom.
Un rire cynique lui fit écho.
-Cela doit réjouir un maximum de personnes. Vous le premier! C'est pourquoi vous vous faites une joie de me l'annoncer.
Une grimace apparut sur le visage d'Harry.
-Pas vraiment, je... En fait la seule chose qui vous permet de ne pas être placé à la prison d'Azkaban en attendant votre jugement, c'est moi.
Avait-il mal entendu? Snape n'apprécia pas la réponse.
-Et en quel honneur je vous prie? Qu'est ce que notre célébrité locale a inventé cette fois-ci? Cette histoire saugrenue de tuteur et garant de justice? Ironisa l'ancien directeur.
-Oui, vous êtes sous ma responsabilité jusqu'au procès. Annonça le jeune homme.
-Pourquoi m'aurait-on placé sous la garde d'un gamin? Car c'est ce que vous êtes. Un gamin immature qui a eu beaucoup de chance.
-Car j'en ai fait la demande et au vu de vos bonnes relations en ce moment avec le monde de la magie, il n'y avait que moi pour accepter ce genre de choses. Je suis garant de votre venue au tribunal en échange vous recevez les soins nécessaires pour votre rémission.
Le maître des potions ouvrit grand les yeux. Le vide qui emplissait son regard choqua Harry.
- Potter , regardez moi bien, je ne suis plus qu'un aveugle qui va être condamné car c'est ce qu'ils attendent tous! J'aurai déjà dû mourir!
Les mots et le ton étaient durs et résignés. Le jeune homme ne voulait pas croire en cette fatalité.
-Je témoignerai en votre faveur! Et vous pourrez vous remettre de votre cécité, les meilleurs médecins se penchent déjà sur votre cas!
- Les réputations ne se lavent pas aussi facilement que ce que vous pouvez penser et je ne tiens pas particulièrement à me justifier auprès de sorciers imbéciles et biens pensants qui veulent faire un exemple de punition avec moi, attendant le moindre faux pas de ma part.
Tous les arguments du malade ne touchèrent pas l'Elu.
- Ce n'est pas parce que vous ne croyez pas en vous que d'autres ont perdu tout intérêt pour votre personne. Je me suis porté garant pour vous sauver et croyez bien que jusqu'à ce que le procès soit prononcé, je viendrai tous les jours pour voir l'évolution de vos soins. Vous m'avez sauvé la vie plusieurs fois, il faut bien quelqu'un pour sauver celui qui l'a fait si souvent pour moi!
Par merlin! Un Potter resterait toujours un Potter quelque soit la génération. Un imbécile fini mêle tout et qui ne tenait pas compte des avis des autres pour agir. Cela risquait des heures sombres et conflictuelles jusqu'au procès.
A suivre.
