Bonjour tout le monde ! Voilà la suite !

Bon. A la fin de ce chapitre se situe un lemon. Ainsi, on rentre dans le vif du sujet : c'est un SLASH, MxM, yaoi ou peu importe le nom que vous lui donnez. Donc, ceux qui ne le supportent pas sont gentiment à cliquer sur la petit croix rouge en haut à droite ! Si c'est fait... J'aime beaucoup ce chapitre. Le calme avant la tempête.

Je connais actuellement un petit blocage au chapitre 4 par rapport à la façon d'écrire les choses, mais ne vous en faites pas, ça va sortir ! Il est jsute particulièrement difficile à écrire pour moi, par rapport au thème abordé et à la manière de le faire.

Merci aux anonymes Odchan et EtherLynn, j'espère que ça va continuer à vous plaire ! Et merci à chacun pour les reviews/mise en fav/suivi !

Pour ce chapitre, on varie entre Innocence d'Avril Lavigne et Just the Way You Are de Bruno Mars...

«Le verbe aimer est difficile à conjuguer: son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel» – Jean Cocteau


- Papa !

Draco serra son fils dans ses bras.

- Regarde, j'ai fait un dessin !

Scorpius agitait devant lui une feuille, où étaient représentés plusieurs bonhommes, des fleurs et un soleil qui souriait.

- Tu vois, ça c'est toi, et moi, et Albus, et Rose, et Ombe, et Harry, et James, et Lily, et...

Draco félicita son fils, souriant devant les personnages plus ou moins reconnaissables. Il fit un signe de main à Harry, qui s'avançait vers lui. Normal, c'était jeudi. Le brun lui serra amicalement la main et applaudit le dessin de Scorpius, alors qu'Albus montrait le sien à son tour.

- Draco ! Tu vois, ça c'est Papa, et James et Lily, et moi, et Scorpius, et toi, et Tante Hermione et Oncle Ron, Rose, et Hugo, et grand-papa et grand-maman, et papi, et grand-père...

Draco s'extasia comme il le fallait devant l'œuvre d'art du petit garçon, et se redressa pour sourire à Harry. Ce dernier les contemplait avec un éclat dans les yeux que l'avocat ne parvint pas à identifier, et il s'approcha de lui pour lui glisser à l'oreille :

- Albus m'a dit qu'ils devaient dessiner leur famille...

Le blond sursauta, et se tourna vivement vers l'autre père, se trouvant à seulement quelques centimètres de son visage. Gêné, il recula légèrement, provoquant un sourire charmeur chez Potter. Il plissa les yeux. Que voulait ce bougre d'imbécile ? Puis son regard se reposa sur les trois enfants qui riaient, James couvant du regard les plus jeunes. Une famille... Il ne s'était pas rendu compte que les enfants s'étaient autant attachés. Il fronça un instant les sourcils. Et si jamais ils devaient déménager, ou qu'ils se disputaient ou... La main d'Harry apparu devant son visage.

- Ouuh ouh ! Tu rêves ?

Draco sursauta, et lui jeta un regard agacé.

- Potter, je réfléchis. Ça m'arrive des fois, contrairement à certains !

Harry leva un sourcil, amusé.

- Oula, mais c'est qu'il mordrait...

Il se prit un nouveau regard noir qui le fit rire, puis Draco questionna, songeur :

- Albus m'a dit papi et grand père...

L'oncologue blêmit soudain. Il se tourna vers l'extérieur, et dit nerveusement :

- Ah ? Je... eh bien...

Il se mordilla la lèvre, l'air de ne pas savoir quoi faire. Draco, intérieurement amusé, décida de l'aider un peu :

- Harry, au lycée, tout le monde savait que ton parrain vivait avec un homme – même si nous ne savions pas qui. Malgré tout ce que j'ai pu te dire à ce moment-là, aujourd'hui, je serais bien hypocrite si cela me dérangeait..

Harry lui jeta un regard, semblant le jauger et réfléchir intérieurement, puis il dit lentement :

- Ah... Draco... voudrais-tu venir manger avec nous dimanche midi ?

- Chez les Weasley ?

- Eh bien... non, chez moi. En fait, je fais un dimanche sur deux chez les Weasley, pour que les enfants voient leurs cousins, et l'autre je le fais chez mon parrain. Mais bon, cette fois, je peux bien les laisser... Albus sera tellement content d'avoir Scorpius à la maison !

Draco hésita un peu, puis regarda le sourire de son fils qui parlait avec le petit brun. Il accepta d'un hochement de tête sec, remercié par le sourire resplendissant de Potter. Il détourna légèrement le regard, rougissant devant les prunelles brillantes de l'autre homme. Décidément, Harry Potter avait le don de lui faire perdre la tête, songea-t-il. Déjà, plus jeunes, la moindre parole du brun le faisait bondir. Il était envieux de ce garçon fier, fidèle, qui avait de bonnes notes sans plus, mais qui était très apprécié de ses professeurs. À l'époque, l'oncologue avait des opinions très affirmées sur les sujets sensibles : racisme, tatouages, homosexualité... Et Draco, élevé par des parents d'un autre temps, ne pouvait pas s'empêcher de le provoquer en affichant une homophobie et une fermeture d'esprit extrêmes. Il avait bien évolué depuis...

Le dimanche arriva rapidement, et Draco se retrouva, un peu nerveux, planté devant la porte d'entrée, avec un Scorpius tout joyeux qui sautillait à côté de lui. Il sonna, et le battant s'ouvrit sur le visage réjoui d'Harry. Il salua Draco puis lui dit rapidement :

- Je ne t'ai pas tout dit, pardonne-moi, je voulais te faire la surprise...

Draco n'eut pas le temps de lui demander ce qui se passait, il entendit une voix masculine demander :

- Harry ? Nous attendions quelqu'un ?

Harry s'effaça devant lui, et il resta figé, en arrêt devant l'homme qui venait de descendre les escaliers. Severus Snape, professeur de mathématiques, la cinquantaine, disparu depuis dix-huit ans et parrain de Draco Malfoy, venait de soudain réapparaître devant ses yeux. Et là, le temps s'arrêta. Il fixait son parrain sans trop y croire, ébahi, incrédule, inconscient de la présence des enfants qu'Harry était en train d'envoyer gentiment jouer à l'étage, et de celle d'un autre homme qui se tenait à côté de Severus. Severus qui était là, bien vivant, avec un air aussi choqué que lui.

Il ne pouvait pas bouger, terrifié à l'idée que l'illusion se brise et que Severus disparaisse. Des foules de souvenirs lui remontaient soudain à l'esprit. Les réunions avec des hommes étranges dans le Manoir, Tom Jedusor qui le terrifiait, Severus. Severus, qui, malgré son masque glacial, venait le prendre dans ses bras après un cauchemar, Severus qui éloignait Tom, Severus qui jouait avec lui, qui lui apprenait les échecs, qui le réconfortait après une dispute avec son père. Severus... qui pleurait dans la salle de bain, le visage en sang... Des hématomes sur les côtes... Que Tom giflait... Qui se tenait droit, fier devant lui, qui refusait de plier. Severus, qui à présent se tenait en face de lui, et qui n'osait pas bouger.

Draco ne sut pas trop comment il s'était retrouvé en train de le serrer dans ses bras, le nez enfoui dans son cou, avec l'impression d'être encore un petit garçon de onze ans terrifié. Les bras forts de Severus se refermèrent sur lui, et l'homme en noir le serra à l'étouffer.

- Draco... Draco...

Il pleurait. Pour la première fois depuis bien des années, il pleurait. Il n'avait pas pleuré depuis la naissance de Scorpius... Ni quand il avait su qu'Astoria le trompait, ni quand elle était partie en les laissant derrière lui. Ni aucune de ces fois où il s'était senti seul et terrifié, son fils pleurant, malade dans ses bras. Mais là, protégé par le corps de son parrain, avec la sensation que plus rien, jamais, ne le blesserait, il pouvait.

- Severus... Mais t'étais où ? Pourquoi... tu m'as laissé...

- Pardon Dray, je suis désolé... Je n'avais pas le choix... J'ai trahi Tom. Ma vie était en danger.. et je ne voulais plus vivre cette vie, parler avec ces gens... Pardon...

Draco hocha doucement la tête, la gorge serrée. Il ne s'était jamais vraiment rendu compte de tout. Les adultes l'avaient gardé en dehors de tout ça. Severus le protégeait toujours... Il s'écarta, les yeux rouges mais le menton droit et fier, dans une posture altière tout à fait Malfoy.

- Tu n'as pas à me demander pardon, Parrain. Tu n'as rien à te faire pardonner...

Et il le serra à nouveau contre lui, cette fois légèrement, avant de se reculer. Puis il se tourna vers Harry, plissa les yeux et siffla :

- Toi, par contre, Potter...

Le brun blêmit légèrement, recula prudemment et tenta :

- Oui ?

- Tu as osé me cacher cela ?

- Eh bien...

Draco avança vers lui d'un air menaçant, et Harry leva les mains vers lui en protestant :

- Attends, c'est plus compliqué que ça !

- Harry a raison, Draco, le coupa calmement Severus. Quand je suis venu habiter chez eux, il n'était pas autorisé à en parler. Et puis, avec le temps, vous ne vous êtes plus vus, j'ai cessé d'avoir des nouvelles de toi... jusqu'à la rentrée. Mais comment savoir si tu voulais me revoir ?

Il se tourna vers Harry, et prit un air sévère.

- Toi... Sale gosse, va. Tu ne m'as même pas demandé mon avis !

- Sev' ça se lisait sur ton visage que tu voulais revoir Draco, lui dit tendrement l'autre brun, que Draco avait à peine remarqué.

- Sirius Black, parrain de Harry, se présenta-t-il en lui tendant la main. Et accessoirement, compagnon de l'irascible et très rancunier Severus Snape.

Draco lui serra la main, encore un peu sous le choc. Sirius vint câliner son petit ami, qui, pour une fois, ne lui jeta pas de regard noir, preuve de son bouleversement intérieur. Il se colla contre lui, l'attirant d'un geste tendre contre son torse, et lui frotta doucement le dos en lui murmurant quelques paroles inaudibles pour les deux autres. Harry les observait avec amour, et Draco, un instant, se sentit de trop... puis le brun se tourna vers lui, et il se noya dans les émeraudes qui lui faisaient face, oubliant tout ce qui n'était pas lui.

La voix de Sirius le ramena à la réalité.

- Il serait temps de passer à table, ne croyez-vous pas ? Nous aurons tout le temps de parler après.

Le brun avait un air joyeux, le même qu'Harry, et l'avocat sourit intérieurement : on ne pouvait pas nier qu'il avait élevé son filleul. Il les emmena vers la table, tenant toujours la main de Severus qui ne protestait pas. Harry prétexta d'aller prévenir les enfants, et entraîna Draco à l'étage. Arrivé en haut, il lui chuchota :

- Ils ont besoin d'être seuls.

Puis, après un silence, toujours plantés au palier du premier étage.

- Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Severus craquer ainsi...

Draco sentit toute l'émotion dans la voix d'Harry, et n'osa pas l'interrompre.

- Tu sais Draco... Cette nuit-là, quand il est arrivé... il pleurait... il était plein de bleus...

Silence. Draco observait le visage triste d'Harry, dont les yeux s'étaient perdus dans des souvenirs douloureux.

- Et après... ma chambre était de l'autre côté du couloir. Il faisait des cauchemars... il en fait toujours. Il hurlait... « Tom ! Non ! »... et des fois...

Il se tourna vers Draco, l'air désolé et perdu.

- Il hurlait ton nom de famille. Ton prénom aussi « ne le touche pas »...

Sous le choc, le blond resta silencieux. Il savait que Tom Jedusor était mauvais, et que Severus refusait qu'il reste dans la même pièce que lui, mais de là à penser que l'homme voulait... Il frissonna. Severus avait tellement enduré pour lui...

- Merci Harry... Je n'aurais jamais cru que Severus aie vécu tout ça...

Draco se tut un instant, et apprécia que Harry attende la suite comme lui l'avait fait.

- J'aimais beaucoup mon parrain. Je l'aime toujours autant... Et là, le peu que je l'ai vu avec Sirius et toi, je peux affirmer qu'il est plus heureux et choyé que je ne l'ai jamais vu l'être. Il aime vraiment ton parrain...

- Sirius est fou de lui. Si tu l'avais vu au début ! Il voulait tous les massacrer... Il l'aurait fait, si Severus n'avait pas craint pour lui, pour toi et pour moi. Et quand Severus s'est installé avec nous, il a pris tout le temps qu'il fallait pour le rassurer, pour qu'il ne panique plus quand une porte claquait. Ça a pris du temps, pour qu'il réponde à Sirius pendant une dispute... Maintenant, ils passent leur temps à se chamailler !

Il rit, avec ce regard tendre qu'il avait toujours en parlant de son parrain.

- Sirius me dit parfois que Severus est redevenu l'homme combatif et fier qu'il avait connu plus jeune... Bon, allez, trêve de bavardage !

Il attaqua la montée du deuxième étage en criant :

- Les enfants, à table !

Draco resta là, à le regarder, le souffle coupé par tout ça et le cœur battant. Il se sentait pris dans un tourbillon irrépressible, au centre duquel Harry l'attendait. Et cela le terrifiait. Il prit sur lui, alors que Scorpius attrapait sa main pour descendre les escaliers, pour se sortir ça de la tête. Severus et Sirius les attendaient déjà table. Albus se jeta dans les bras de Severus.

- Grand-père ! Scorpius a dit que tu connaissais son papa ! C'est vrai ?

- Oui Albus, lui répondit le plus âgé avec tendresse.

Il posa ses yeux sur le blond, qui lui sourit doucement.

- Draco est mon filleul.

Scorpius s'approcha à son tour et lui demanda timidement :

- Donc tu es son parrain ? Comme moi et Blaise ?

- On dit Blaise et moi, le corrigea Severus. Mais oui, je suis son parrain.

Scorpius hocha la tête avec sérieux et répéta :

- Blaise et moi. Du coup, comme tu es pour papa comme Sirius pour Harry, je peux te dire comme Albus appelle Sirius ?

Il y eut un silence. Le cœur de Draco manqua un battement. (Il faisait souvent cela en ce moment... Peut être devrait-il songer à consulter. L'abus de Potter était dangereux pour sa santé... mentale, tout du moins.) Les yeux de Scorpius étaient empli d'un espoir sans bornes. Il ne s'était jamais aperçu que cela manquait tant à Scorpius... une famille unie. Un grand-père... Il se fustigea mentalement. Il faisait vraiment un mauvais père...

- Ah non !

Draco écarquilla les yeux. Quoi ? Mais Severus souriait déjà pour rassurer l'enfant, un éclat amusé au fond des yeux.

- Je ne suis pas Sirius, tu ne peux pas m'appeler comme lui. Mais grand-père, ça me va très bien, par contre...

Le sourire du petit garçon sembla illuminer toute la pièce, alors que Severus le soulevait pour le serrer contre lui. Son père contempla la scène, à la fois incrédule et fou de joie. Harry le tira de ses pensées en posant sa main sur son bras, pour l'inviter à s'asseoir, en attendant que le repas commence. Ce ne fut qu'à la fin, les enfants remontés au second pour jouer, que Draco osa poser la question qui lui brûlait les lèvres :

- Severus, que s'est-il réellement passé, il y a dix-huit ans ?

Son parrain braqua ses yeux noir sur lui et soupira. Sirius se rapprocha de lui et lui prit la main. Severus lui jeta un regard noir, mais ne la reprit pas.

- Draco... je ne veux pas...

- Severus. Je ne suis plus un enfant. J'ai conscience que mon père a terriblement mal agi, et qu'il a commis de nombreuses fautes. Je lui parle déjà à peine : il ne veux pas voir Scorpius.

Severus eut l'air surpris, mais il hocha la tête, compréhensif.

- Lucius a toujours été très tranché dans ses décisions. Quand il en prenait une, qu'elle soit bonne ou mauvaise, il s'y tenait sans en démordre. Quelque part, je pense qu'il a vite compris que Tom nous menait à notre perte... Mais son orgueil lui interdisait de reculer.

Il se tut un instant, et Draco attendit patiemment qu'il reprenne. Harry était silencieux aussi, les yeux braqué sur le couple, semblant attendre autant que lui les explications. Severus but une gorgée d'eau, et continua.

- Quand j'ai rencontré Tom, je venais de quitter le lycée. J'avais dix-neuf ans, j'étais avide de reconnaissance et de pouvoir. Tom Jedusor était un homme très charmant. Il avait trente ans, et était un des chargés de TD à l'université, et surtout, un ami de Lucius. J'étais subjugué par son charisme, par ses paroles. Il était clair dans ses objectifs, qui me semblaient importants : travail, famille, patrie, n'est ce pas ? Je suis tombé dans ses filets. Il m'a séduit, je l'ai aimé... Enfin, plutôt, je l'admirais et il m'a emprisonné entre ses griffes. Il ne m'a fallu que quelques mois pour comprendre que je m'étais trompé... Mais c'était déjà trop tard.

Il y eut un silence. Draco et Harry étaient suspendus à ses lèvres.

- Lucius faisait déjà partie de son organisation... Une véritable mafia ! Drogue, êtres humains, armes... Tout le trafic de Londres transitait entre les mains de cet homme. Il avait rallié de nombreuses puissantes familles à sa cause... Dont la tienne, Draco.

Severus sourit.

- S'il y a bien une chose qui m'a permise de tenir, c'est toi. Tu étais si petit... Je me sentais tellement indigne d'être ton parrain. Je te regardais grandir avec impatience. Tu commençais à marcher, moi j'apprenais à encaisser les coups. Tu rentrais au CP, je subissais mes premiers viols.

Draco reçut chaque mot comme des coups. Severus restait impassible, mais il pouvait sentir la profonde douleur qui émanait de sa voix.

- Je n'aimais plus Tom depuis bien longtemps, mais que faire ? Il dirigeait des tueurs à gages, était un proxénète avéré. Ton père et sa sœur, Bellatrix – elle est en prison à présent – étaient ses proches collaborateurs. Et moi... J'avais toute sa confiance. J'ai compris que je pouvais en tirer parti. J'ai commencé à tester les limites de mes chaînes. Et, alors que j'étais déjà en contact avec la police, j'ai rencontré Sirius... Harry venait de s'inscrire à Poudlard, j'avais reconnu son nom, et celui de son tuteur... qui a été très persévérant pour me séduire.

Il échangea un regard aimant avec son compagnon, qui avait la larme à l'œil.

- Cette nuit-là, je venais de fournir mes dernières informations à l'inspecteur. Mais Tom avait fini par découvrir mes absences, et surtout, un mot de Sirius dans un de mes cahiers. Il avait commencé à me battre, plus fort qu'il ne l'avait jamais fait. Je serais mort... Si la police n'était pas arrivée, alors que l'organisation était réunie. Tous les présents se sont fait coffrer, et moi, je me suis fait déposer devant chez Sirius avec toutes mes affaires. Je n'en suis plus reparti...

Le silence s'installa entre les quatre hommes, alors que Severus terminait son verre d'eau, sa main crispée sur celle de Sirius. Draco baissa la tête. Que répondre à cela ? Que dire, à cet homme qui avait tant souffert, sous ses yeux ? Il serra les dents.

- Draco. Ne t'en veux pas, s'il te plaît. Tu n'y es pour rien. Tout ça, c'est du passé. Il nous faut maintenant nous construire... Ton fils n'a pas besoin que tu te sentes coupable, mais que tu lui montre ta force et ton amour.

Il leva la tête, pour tomber dans les yeux noirs chauds de Severus. Et il sut qu'il avait raison.

Draco regarda sa montre avec une impatience non dissimulée, ce qui tira un sourire à Romilda. Elle lui dit :

- Le dernier rendez-vous arrive bientôt...

Il lui adressa un rapide signe de tête et retourna s'enfermer dans son bureau. Il s'assit dans son confortable fauteuil, se relaxant un peu dans le cuir noir qu'il avait choisi lui même, et amena ses deux mains jointes à son menton. Il avait beaucoup réfléchi depuis la semaine précédente, et toutes les nouveautés qu'elle avait amenée. La réapparition de Severus, les révélations qu'il avait faites...

Bon sang, son prochain client ne pouvait-il pas être rapide ? Il regarda à nouveau sa montre. Il avait, exceptionnellement, reporté plusieurs rendez-vous au samedi cette semaine, car Scorpius avait été malade. Rien de grave, une petite grippe peu extraordinaire en ce début de mois de janvier particulièrement froid. Cependant, il n'avait pas voulu faire garder son fils, et avait donc reporté deux jours de rendez-vous.

Harry était gentiment venu examiner Scorpius, lui avait prescrit quelques médicaments, et en avait profité pour inviter Draco à sortir le samedi soir. Ce dernier avait volontiers accepté. Depuis leur première soirée ensembles au mois d'octobre, il avait trois ou quatre fois mangé avec le brun et ses amis. Harry l'avait invité plusieurs fois, étendant son invitation à Théo et Blaise. Le couple avait volontiers accepté, et Draco avait découvert l'univers du Griffon d'Or, un pub sympathique tenu par un Irlandais. Son compagnon, Dean, était un ami de Ron et du groupe. On y entendait de bons groupes en soirée, du vieux rock ou de la pop, et la nourriture était délicieuse.

Scorpius et Paul avaient donc été laissés aux parents Weasley avec les autres enfants. Draco s'en était au début un peu inquiété, mais Scorpius avait été ravi, et il adorait Molly et Arthur, qui le lui rendaient bien. Le blond se doutait que cet affection avait probablement une relation avec le fait que ses propres parents n'avaient jamais été proches de leur petit-fils. Narcissa l'aimait, mais elle le considérait comme la cause de la rupture de son fils, et Lucius... Lucius ne voulait pas le voir. Alors, après toute réflexion, Draco était heureux que son fils trouve des grands-parents de substitution tels que ces deux là, et Severus et Sirius, sans parler de la tripotée de cousins roux qui avaient adopté le petit blond sans sourciller. Il était parfois impressionné de la capacité de cette famille à aimer et adopter tous ceux qui en avaient besoin...

Il était étrange pour lui de penser cela d'une famille qu'il avait tant méprisé. Lucius avait toujours haï les Weasley : Arthur était à la tête d'une entreprise concurrente, qui marchait moins bien, mais faisait de la meilleure qualité. Et surtout, Arthur avait toujours résisté à la corruption de Tom Jedusor. Ce que Lucius n'avait pas su faire, et l'avait mené à sa perte... à tout bien réfléchir, Ron devait, plus jeune, le mépriser pour la raison inverse. Il soupira. Ils avaient été bien stupides, plus jeunes... Les coups secs frappés à sa porte le firent sursauter, et il lança un « Entrez ! » un peu agacé pour son dernier client de la journée.

Draco se gara devant chez les Weasley avec soulagement. Il n'en pouvait décidément plus de cette journée. Lorsqu'il se prépara à toquer à la porte, il ne put retenir un sourire. Les rires des enfants s'élevaient même à travers la porte fermées. Il entendit la voix d'Harry menacer tendrement Albus et James de les jeter par la fenêtre, puis son rire rauque à la réponse de ses fils. Il ferma un instant les yeux, puis toussa. Et voilà, il avait attrapé le rhume de son fils ! Déjà que ces derniers temps, il se sentait un peu patraque. Il se promit de prendre des vitamines en rentrant.

A peine eut-il frappé, que la porte s'ouvrit...

HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP

Harry guettait l'arrivée de Draco depuis déjà un moment, mais ce fut Molly Weasley qui ouvrit grand la porte en lançant, souriante :

-Entre, entre, mon grand ! Tu vas attraper froid...

Il s'exécuta avec un sourire et se pencha pour poser une bise sur la joue de la rouquine. Harry attendit derrière elle qu'il se redresse et lui sourit à son tour. Ils échangèrent une poignée de main, les yeux dans les yeux. Et si elle dura trop longtemps, ce ne fut que parce que les doigts de Draco étaient gelés, et qu'il voulait les réchauffer, promis... Le blond déposa son manteau sur la rampe d'escalier, serra Scorpius dans ses bras, et s'avança pour dire bonjour aux présents. Harry ne le quittait pas des yeux. Il n'y parvenait tout simplement pas.

Il devait vraiment s'avouer vaincu. Non, il n'était pas amoureux du blond... mais fasciné, et pétri de désir et d'admiration pour lui. Ce qui, en soit, était déjà grave. Il soupira. Tout était si compliqué... pas comme avec Ginny. Avec elle, c'était simple : elle était la sœur de son meilleur ami, ils s'étaient toujours connus. Leur mise en couple et leur mariage avaient été une évidence pour leur famille. Ginny, malgré son sale caractère, était franche, elle savait ce qu'elle voulait, était tendre et fougueuse. Parfois, il reconnaissait certains de ces traits dans la personnalité de Malfoy...

Mais le blond était si différent. Froid, souvent austère, il ne se déridait qu'en présence de son fils, ou pendant les repas. Il était susceptible, rancunier, parfois hargneux. Et pourtant. Pourtant, il rougissait quand Harry le regardait dans les yeux en souriant. Il riait parfois à ses blagues pourries, ou à celle de Ron. Il était fidèle envers ses amis, parfois sensible jusqu'aux larmes. Il n'avait pas eu une vie facile, au fond, mais il gardait la tête haute. Il pouvait être très aimant et affectueux.

Et puis, Harry aimait sa présence, sa voix un peu traînante, mais moins qu'avant, son rire rauque. Il posa ses yeux sur le corps de l'autre homme, et en caressa les formes du regard. Il était un peu plus fin que lui, mais quand même musclé. Sa peau était blanche, délicate, au grain parfait, et Harry l'imaginait douce et fragile. Il avait de belles mains de pianiste, aux doigts fins et agiles. Sa bouche fine et rosée s'étirait souvent d'un sourire sarcastique ou charmeur. Certes, son nez était un peu pointu, et son visage peut-être trop fin... Mais qu'étaient ces menus défauts face aux perles océanes qui lui servaient d'yeux ? Et sans parler de l'or blanc de ses cheveux... Draco s'était vraiment embelli depuis le lycée. Harry soupira à nouveau.

Il était vraiment dans la merde.

…...

A quelques pas de là, Hermione Jean Granger-Weasley avait les yeux fixés sur son meilleur ami. Elle pouvait voir l'intense réflexion dans lequel il était abîmé, déshabillant inconsciemment Malfoy du regard. Elle haussa un sourcil. Bon sang, Harry. Parmi tous, il fallait qu'il eut choisi Malfoy. Elle secoua la tête, désespérée, tout en continuant à décrypter ses moindres frémissements. Ah oui, quand même. À ce point. Harry était très clairement attiré par l'avocat, même s'il ne l'avouerait sans doute jamais.

Bon, il fallait dire que Draco était beau, intelligent, sensible... Elle pouvait le comprendre. Même si pour elle, l'homme idéal était roux, mangeait beaucoup, avait le quotient émotionnel d'une petite cuillère et des bras forts pour la protéger. Hermione sourit tendrement. Elle l'aimait toujours autant, son imbécile de roux. Ses pensées revinrent sur son ami, et elle soupira intérieurement. Certes, elle appréciait Malfoy. Les sorties qu'ils avaient fait ces derniers temps au restaurant avaient été d'une grande aide... Il n'était pas si méchant que ça. Et puis, lui aussi dévorait parfois Harry du regard.

La brune réfléchit un instant. Cela faisait... quoi, un peu plus de quatre mois qu'ils s'étaient revus, et bien deux mois qu'ils se côtoyaient régulièrement en dehors des entrées et sorties de classe des enfants. Elle avait bien remarqué la tendance d'Harry à parler de plus en plus de Malfoy, à l'impliquer dans leurs conversations, à l'inviter. Elle en avait un peu parlé avec Ron, et ce dernier, sans être vraiment proche, commençait à bien apprécier le blond. Mais tout de même. Elle regarda l'oncologue s'approcher finalement de Draco, sourire aux lèvres, pour s'asseoir sur l'accoudoir de son fauteuil. Le sourire du blond sembla illuminer la pièce.

Harry avait quand même l'art de se mettre dans des situations...

…...

Ronald Bilius Weasley avait toujours eu des idées très tranchées. Plus jeune, il était persuadé que le monde était soit noir, soit blanc. Quelques années dans les forces de police l'avaient débarrassé de ce manichéisme inutile. Il avait bien sûr étudié l'affaire Voldemort – tel était le nom que se donnait Tom Jedusor dans le milieu. Alors, il savait qui avait été inculpé, et qui avait été blanchi, et pourquoi. Le nom Malfoy ne l'avait pas surpris. Toutefois, il savait aussi pourquoi Lucius avait réussi à s'en sortir : il avait prétexté avoir voulu préserver son fils. Il connaissait aussi le rôle que Severus, professeur honni, avait joué dans cette affaire. Du coup sa vision du monde avait bien changé.

Tout n'était pas tout blanc ou tout noir. Draco Malfoy pouvait être intéressant, sympathique – quoique très agaçant. Surtout, cet homme aimait son fils. Et ça, quand on était un Weasley pour qui la famille était le centre du monde, c'était d'une importance sans pareille. Bien sûr, Malfoy était encore souvent énervant. Mais un rire venait parfois effacer ses mots durs, et ses insultes étaient teintées d'un amusement et d'une amicale moquerie qu'il n'avait pas auparavant. Sans parler de son comportement avec Harry, qu'il moquait parfois, mais regardait avec un respect et une tendresse incroyable. Et puis, Ron avait beau être un peu aveugle et borné, comme lui reprochait son épouse adorée, il savait reconnaître le désir dans les gestes du brun. Vingt-cinq ans d'amitié permettaient ce genre de chose.

Ce soir de janvier, alors qu'il regardait son meilleur ami ébouriffer gentiment les cheveux blond platine, perché sur l'accoudoir du fauteuil, il était content d'avoir abandonné ses préjugés.

…...

Harry retira sa main des cheveux de Draco lorsque ce dernier lui jeta un regard noir, quoi qu'amusé. Il leva les mains en signe d'apaisement, sans se départir de son sourire. Il adorait embêter le blond, qui le lui rendait bien.

-Potter, tu sembles éprouver une véritable fascination pour mes cheveux... Est-ce que cela est dû au fait que moi, j'arrive à les coiffer ? C'est un miracle qui semble difficile à accomplir sur les tiens...

Draco avait levé un sourcil, et une lueur d'amusement flottait dans ses yeux, malgré son ton sarcastique. Harry se demanda un instant s'il devait être un peu plus charmeur ou pas, et son impulsivité l'emporta finalement. Il se pencha et susurra à l'oreille de l'avocat :

- Ce n'est pas que pour tes cheveux que j'éprouve une « véritable fascination »...

Il se releva, avec un sourire à la fois séducteur et un peu moqueur, et partit vers la cuisine, laissant un Draco rougissant derrière lui. Il apparaissait parfois facile de perturber son ami... Il se mordilla la lèvre, pensif. D'habitude, les couples rentraient un peu avant minuit du pub, pour que Blaise, Théo et Draco récupèrent leurs fils pour rentrer chez eux. Et si, ce soir, ils leur faisaient découvrir une autre partie du pub ? Il retourna au salon avec un verre d'eau et lança :

- Molly, Arthur, cela ne vous dérange pas si Paul et Scorpius dorment ici ?

- Bien sûr que non mon chéri. Vous ne rentrez pas ce soir ?

- Eh bien, si personne n'y voit d'inconvénient, je pensais qu'on pouvait descendre aujourd'hui...

Hermione, Ron, Neville et Luna approuvèrent avec joie, et la brune précisa :

- En fait, Seamus a aussi une boîte au sous-sol. Nous y allons de temps en temps... C'est extrêmement bien insonorisé, et Seamus ne fait pas de publicité, alors il faut le savoir pour y aller, mais c'est vraiment très sympa ! Il y a généralement pas mal de monde – il y a une entrée située derrière le restaurant pour ne pas déranger les clients. C'est bien évidemment ouvert aux LGBT, donc il n'y a pas de souci, rajouta-t-elle en voyant l'hésitation de Blaise et Théo.

Le noir échangea un coup d'œil avec son compagnon, puis répliqua :

- Non, ce n'était pas ça que j'allais demander, mais plutôt : si on y va en voiture, il faut que certains d'entre nous ne boivent pas.

Hermione eut un sourire mutin, et échangea un regard amusé avec son mari.

- En fait, pas pour nous... Pour un très petit cercle d'habitués et d'amis proche, ou en cas de personne vraiment bourrée qu'il refuse de laisser rentrer, ou de couple ayant une... envie pressante... Seamus propose une autre fonction de l'établissement. À l'étage, il a aménagé une dizaine de petites chambres, juste assez grandes pour un lit double et un lavabo. Il les loue pour dix euros la nuit, ce qui nous permet de rester dormir là-bas. Et elles ont la particularité d'être remarquablement bien insonorisées...

Harry cacha un sourire amusé devant la surprise teinté de joie de leurs amis. Après un regard échangé, les trois hommes acceptèrent avec plaisir, semblant ravis de pouvoir passer un peu de temps sans leurs enfants. Le petit groupe se leva donc, embrassèrent rapidement leurs enfants en leur souhaitant une bonne nuit, puis leur firent promettre d'être sages, et ils partirent.

Le repas au pub fut pris dans la joie et la bonne humeur, entre rires et commentaires sarcastiques de Blaise et Draco. Les deux amis semblaient avoir trouvé leur voie dans l'humour noir, ce qui faisait bien rire leurs comparses. Harry, assis à l'autre bout de la table entre Ron et Neville, ne pouvait pas s'empêcher de les contempler. Le sourcil blond aristocratiquement levé, le pli charmeur de ses lèvres, le grand rire du noir à ses côtés et sa main qui venait claquer l'épaule fine. Le chino bleu foncé et la chemise gris argenté de Draco lui seyaient à merveille. Il avait négligemment défait les deux premiers boutons, et enlevé sa cravate, ce qui lui donnait un air chic/décontracté.

Lui n'était pas mal non plus, avec son jean noir cintré et son tshirt vert sombre à col ouvert, mais il se sentait moins classe que Draco. Il était en train d'observer son assiette, perdu dans ses pensées, et quand il releva les yeux, ce fut pour rencontrer ceux de l'objet de ses pensées. Il hésita un instant, puis lui fit un sourire séducteur... auquel Draco répondit par un sourire façon « hello sexy ! », avec le clin d'œil assorti. Harry en resta ébahi, la bouche entrouverte, alors que le blond levait un sourcil moqueur avant de se détourner pour reprendre sa conversation.

Fichu. Il était complètement fichu.

Le petit groupe finit par descendre au sous-sol, où Seamus faisait le barman. Il leur fit un signe joyeux de la main, et leur servit leurs premier verres. Il s'installèrent dans une alcôve, sur le canapé autour d'une table ronde. Hermione prit place sur les genoux de son mari, détendue et souriante, comme Théo, alors que Luna préférait se coller contre Neville. Draco et Harry se retrouvèrent côte à côte sans trop savoir comment, inconscients des regards amusés de leurs amis sur eux. Le premier cocktail terminé, Seamus vint discuter un peu avec eux, et leur offrit une tournée de shots. Draco fut surpris de l'acceptation rapide de chacun. Hermione lui fit un sourire amusé :

- Nous avons certes eu des enfants jeunes, mais nous n'avons pas oublié cette jeunesse pour autant ! Nous allons au restaurant tous les samedis soir, ensembles ou juste en couple, des fois avec Fred, Georges et leurs épouses, et une fois par mois, nous descendons ici...

Neville approuva d'un signe de tête, souriant.

-Nous faisons tous des métiers éprouvants... ça nous permet de décompresser. Et puis, nous restons dormir ici, les enfants sont chez leurs grands-parents, nous ne prenons aucun risque.

Théo sourit, et se tourna vers son compagnon :

- Ils ont raison... ça va faire du bien, entre le boulot et Paul, nous trouvons difficilement du temps pour nous. Surtout que mes parents habitent loin et...

- ... et ma mère ne veut pas entendre parler de Théo ou de notre fils, le coupa Blaise.

Harry serra l'épaule de l'autre homme avec compassion. Il semblerait que ses deux anciens ennemis aient une vie beaucoup plus complexe qu'il n'y soirée continua, le petit groupe nettement plus alcoolisé. Lee Jordan, le DJ, le meilleur ami des jumeaux d'après Ron, n'était pas mauvais, et bientôt Hermione tira un Ron rieur sur la piste où de nombreux couples ou groupes dansaient déjà. Luna les suivit avec un Neville un peu effrayé, et Blaise porta littéralement un Théo mort de rire sous les boules lumineuses. Harry hésita un peu, seul avec Draco. Ce dernier finit par dire :

- Je ne savais pas qu'il y avait une boîte gay-friendly si proche...

En effet, on pouvait voir des couples gays, hétéros ou lesbiens s'enlacer ou simplement danser. Harry haussa les épaules.

- Quand Seamus a ouvert, il était déjà avec Dean. Forcément, au début, c'est surtout leurs amis – dont nous – qui ont remplis le pub et la boîte. Du coup, Seamus traînait en majorité avec dans des milieux LGBT, contrairement à Dean, qui sortait à l'époque avec nous dans des boîtes hétéros. Donc les gens qui sont venus étaient de tous bords, et avec le temps, la rumeur s'est répandu que c'était gay-friendly, et c'est resté comme ça. Ce qui est très bien...

Draco hocha doucement la tête. Harry regarda avec envie la piste de danse, et finit par dire :

- Je vais aller danser...

L'avocat resta silencieux, et il n'insista pas. Il termina son verre, et en se levant, il vit Draco en commander un autre. Rapidement, une fois sur la piste, il trouva une partenaire, une jolie brune au sourire aguicheur. Il la faisait tourner, la faisant rire, quand une voix rauque l'interrompit.

- Excuse-moi, jolie demoiselle, mais ça ne te dérange pas si je te pique ton partenaire ?

Il se retourna et se trouva face à un apollon aux cheveux noirs et aux yeux sombres. La jeune femme haussa les épaules, et l'abandonna de bonne grâce, étant aussitôt rattrapée par un fin blond à lunettes. Harry fit un sourire charmeur à l'autre homme, qui l'attrapa pour le faire danser contre lui, sans remarquer les deux iris gris bouillants de colère fixés sur eux depuis l'autre bout de la salle. L'inconnu, enfin, Marc, était plus grand et assez musclé et très bon danseur. Harry se laissa doucement séduire par ses mains chaudes et douces, et sa voix de basse.

La musique avait changé, pour devenir beaucoup plus rapide, et il se retrouva rapidement collé contre son partenaire, qui avait glissé une cuisse entre les siennes, et qui encadrait ses épaules de ses bras levés. Il aurait menti s'il avait dit ne pas ressentir du désir. Il rit doucement à une remarque de l'autre, quand soudain, un corps se colla contre son dos et une voix traînante qu'il aurait reconnue entre mille se glissa entre eux.

- Désolé de vous interrompre, mais je te reprend Harry.

Marc sembla hésiter, mais Harry lui fit un sourire désolé et se tourna vers le blond, qui descendit ses mains jusqu'au bas de son dos tout en lançant un regard noir à l'autre eut un sourire mutin, tout en faisant glisser ses mains sur le torse de Draco. Ce dernier se mordilla légèrement la lèvre, et se détacha soudain le lui, le fit tourner, et se colla contre son dos. Là, il colla leur bassins, posant ses mains sur les hanches, puis sur le ventre de l'oncologue, qui soupira d'aise à ce contact.

- J'ai détesté te voir danser avec lui.

La voix de Draco avait claqué, tranchante, froide. Harry eut un petit rire.

- Ah bon ? J'aurais cru que tu apprécierais de me voir danser sous les projecteurs...

Les mains blanches passèrent sous son tshirt, lui tirant un couinement de surprise, aussitôt suivi d'un soupir, et la bouche de Draco vint se poser sur son cou. Il aspira sa peau, le mordillant, et Harry gémit soudain, à la fois surpris et heureux. Il n'aurais jamais cru que le blond réagisse ainsi... Finalement, il le relâcha, posant un baiser sur la peau meurtrie.

- Je n'ai jamais dit que cette partie là m'avait déplu... Mais c'est encore mieux maintenant que tu es dans mes bras.

Harry avait levé les bras pour glisser ses mains contre le visage du brun, et il se déhanchait contre lui, perdu dans les méandres de l'alcool et du désir. Il s'était à peine aperçu que Draco les faisait bouger, jusqu'à les amener dans un recoin sombre de la salle, près de l'escalier qui menait aux chambres. Avant qu'il aie pu comprendre ce qu'il lui arrivait, il se retrouva plaqué contre le mur par un Draco haletant au regard brillant de désir.

- Putain Draco... qu'est qu'on fait exactement là...

Quelque part, dans un coin de son esprit, une petite voix lui hurlait dessus. Mais à quoi pensait-il ? Le père du meilleur ami de son fils ? En boîte ? À moitié bourrés ? Tout ça était complètement irresponsable.

- Je vais regretter demain matin, murmura Draco.

Il avait les yeux fixés sur la bouche d'Harry, qui se figea.

- Harry... Je vais regretter. J'ai bu, je... j'ai terriblement envie de toi.

Harry sentit une pointe glacée le transpercer, et ses mains vinrent capturer le visage de Draco, alors qu'il sentait son cœur battre à tout rompre. Il allait regretter. Mais qu'est ce qu'il s'en fichait. Mais s'il ne voulait plus le voir après ? Il avait tellement besoin... de Draco. Son corps le réclamait, sa peau frémissait au moindre contact. Il aurait voulu oublier. Oublier la mort, les yeux noisettes à jamais éteints, la douleur. Et quand Draco était là, il oubliait. Alors, dans un geste désespéré, il embrassa le blond.

Et soudain, deux bras vinrent l'entourer.

Et il fut contre Draco.

Tellement serré contre lui qu'il crut étouffer, mais non, il respirait, et Draco l'embrassait, avec le désespoir de celui qui sait que tout n'est qu'éphémère, avec une passion dévastatrice. Puis Harry se sentit, soulevé, emporté, rendu à moitié aveugle par le désir et l'alcool. Tout ce qui n'était pas Draco, pas leurs deux corps entremêlés, tout ça disparaissait. Il ne sut trop comment le blond réussit à ouvrir la porte de la chambre sans le lâcher, tout en l'embrassant, le visage perdu dans son cou, marquant sa peau brunie de ses dents.

Draco le posa presque délicatement sur le lit... Puis Harry oublia tout. Draco était partout. Ses mains, son corps brûlant, sa langue... Fiévreusement, il aida le brun à enlever sa chemise, puis ils réussirent par miracle à se déchausser – quel était le con qui avait inventé les lacets, bon sang – le tshirt d'Harry vola dans la pièce... Le contact de leur torses nus les fit gémir de concert, et Harry ouvrit ses yeux embrumés de plaisir. Le blond vint l'embrasser, sa langue exigeante prenant le contrôle du baiser, fouillant sa bouche sans répit. ÀÀ bout de souffle, le brun le repoussa légèrement, et son amant en profita pour poser ses lèvres sur son torse, goûtant du bout de la langue sa peau en sueur.

Puis Harry se cambra en gémissant, alors que Draco venait mordiller le petit bout de chair rose qui lui faisait envie, son autre main glissant lentement le long de son flanc jusqu'à atteindre son jean. Il haleta sous l'expectative, avant de gémir à nouveau en sentant la main de Draco presser son membre à travers son jean. Il vint caresser le corps du blond, découvrant chaque courbe, chaque muscle, tirant des soupirs et gémissements à son amant, qui revint l'embrasser, mordant doucement sa lèvre inférieure. Harry arriva enfin au jean de Draco, qui se figea, les yeux à demi fermés, attendant... Il défit le bouton, baissa la fermeture éclair, et commença à lui enlever son pantalon, que Draco envoya valser à l'autre bout de la pièce, avant de faire la même chose.

- Draco...

Ils étaient tout deux en boxer, leurs sexes durs séparés par une unique barrière de tissu. Et cela rendait Harry fou. Il donna un coup de bassin, les faisant basculer, et se retrouva au dessus de Draco. Là, il descendit lentement vers l'objet de sa convoitise, ses yeux ancrés dans ceux embrumés de son amant. Arrivé au dessus du boxer blanc, il posa juste sa bouche sur le tissu, et souffla. La réaction de Draco ne se fit pas attendre. Il se crispa, gémit doucement :

- Harry... s'il te plaît...

Harry sourit, charmeur, et recommença, faisant à nouveau soupirer Draco. Puis il décida de ne pas continuer plus longtemps cette torture – il ne voulait pas, il n'en était pas capable – et lui retira son boxer, avant de revenir se positionner au même endroit. Les mains de Draco avaient agrippé le drap, et il se cambra, la bouche ouverte, quand Harry le prit en bouche. Il prit son temps, découvrant le goût salé de Draco, sa langue passant sur la veine palpitante, puis remonta, redescendit... Draco gémissait légèrement, murmurant son prénom.

- Harry... je vais...

Harry se stoppa et remonta vers lui. Draco le fit basculer sous lui et l'embrassa violemment. Il avait l'impression de brûler de désir, tout son corps se consumait sous les main de l'avocat, qui lui enleva son boxer et se positionna entre ses jambes. Et il le prit en bouche. Harry gémit, se tortilla, ses mains s'envolant d'elles mêmes dans les cheveux blonds qu'il caressa. Il était perdu dans le plaisir, la langue de Draco qui le caressait, l'antre chaude de sa bouche... Il sentit soudain un doigt effleurer son entrée, et il frémit. Quand il rouvrit les yeux, Draco s'était stoppé, les yeux braqués sur lui, rendus brillants par le désir et l'alcool.

- Putain, Draco... oui...

Et Draco recommença. La première intrusion fut dérangeante, la seconde un peu douloureuse, mais son amant savait visiblement ce qu'il faisait, et bientôt Harry cria quand il tapa sa prostate. Quand il introduisit un troisième doigt, Harry, pantelant, éperdu de plaisir malgré la douleur, protesta :

- Non, viens !

Draco haussa un sourcil, et remonta vers sa bouche. Son amant tendit la main vers la table de nuit - où il savait que Seamus glissait toujours quelques préservatif en prévention – et en tendit un à Draco, qui l'enfila rapidement. Harry captura ses lèvres dans un baiser exigeant, puis Draco se positionna entre ses cuisses, les relevant, et le pénétra doucement, attendant quelques instant qu'il s'habitue. Harry soupira d'aise. Certes, c'était un peu douloureux, cela faisait si longtemps que... Mais à cet instant, avec Draco en lui, il se sentait tellement bien. Il lui sourit, et Draco commença à bouger. Doucement d'abord, leur arrachant à tout deux soupirs de plaisir, puis il accéléra, allant plus profond et plus fort, gémissant.

- Bordel Harry... T'es tellement serré...

Il accéléra encore, jusqu'à venir taper ce point si sensible, et Harry, la vision soudain perturbée par le plaisir, le supplia de continuer, plus vite, plus fort... Draco s'exécuta, haletant et gémissant. Harry n'était plus que chair, plaisir. Son monde s'arrêtait aux limites du corps nu de Draco. Finalement, ce dernier posa sa main sur le sexe palpitant du brun. Il n'eut que quelques mouvements à faire, et, alors qu'il tapait une fois de plus ce point, Harry se sentit partir. Il était presque hors de son corps, et il jouit en longs jets, se resserrant par à coups autour du sexe de Draco qui jouit à son tour, vibrant sous la puissance de l'orgasme.

Haletant, l'avocat se laissa tomber sur lui, et il l'entoura de ses bras, appréciant le poids de son corps sur le sien. Ils restèrent un peu sans bouger, effleurant juste doucement le corps de l'autre, baignant dans un bien-être post-orgasmique. Puis Draco rassembla ses forces, se retira doucement. Harry grogna faiblement, protestant face à ce vide qui s'installait en lui. L'autre homme se leva, jeta le préservatif dans la poubelle, attrapa le gant posé sur le lavabo qu'il mouilla pour venir tendrement nettoyer le corps alangui d'Harry.

Ce dernier, épuisé, parvenait à peine à garder les yeux ouverts. Il sentit Draco revenir se coucher, et se pelotonna contre lui. Les bras de son amant se refermèrent sur lui, et des lèvres douces vinrent effleurer son front, puis il glissa dans un sommeil réparateur.


Oula, c'est fini ! Bon, je vous retrouve dans le courant de la semaine prochaine (en espérant me débloquer pour le chapitre 4, je n'ai pas envie de vous pondre un truc sans aucun sens juste pour dire que j'ai posté)...

N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé, ou pas aimé et pourquoi !

A bientôt, Erwaël.