Disclaimers Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.

Rating : T pour l'instant.

Genre : Suite de oneshots courts (total : 5) à propos de 5 jeunes hommes tatoués qui ont chacun un secret. Ces 5 hommes sont amenés à se rencontrer. Parfois on peut tracer son destin sur sa peau.

Pour qui ? Cette fic est pour Akai Ringo, il y a bien longtemps. Je n'avais pas eu le temps de la terminer et là c'est fait. Bisous petite dame ! j'espère qu'elle te plaira.

Micis : à ceux qui m'ont reviewée dernièrement, merci beaucoup, je vous répondrai bientôt.

Petit mot : ceux qui ne sont pas au courant et qui suivent Amour, Stage et Pizza : j'ai posté la suite (c'est la 3e partie)

PS : il y a plusieurs pov dans cette partie. Vous saurez automatiquement qui parle, c'est indiqué en gras.

PPS : ffnet me fait chier avec leurs probs de typo. C'est la lutte !


Cold Hearted Snake

Oneshot II : Le Scorpion

Université Mahatma Gandhi, Section Economie, Paris, 17 avril 2010.

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Le Scorpion

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Pietro Walt « Trowa » Barton.
23 ou 24 ans.
Assis derrière moi deux jours par semaine, depuis un an, en économie et en traductologie.
En amphi les places sont hors de prix.
Un an que je le sais dans mon cours magistral.

Un semestre que le tapotement type morse de son bic sur le bureau plus ancien que la fac elle-même m'agace.

Un trimestre que je sais comment il s'appelle pour mieux l'insulter dans ma tête.

Un mois que je sais qu'il m'observe.
Un jour que ses yeux verts me brûlent.
Une minute qu'il me veut.
Une seconde que je sais pourquoi.

C'est toujours comme ça de toute façon.

J'ai tendance à oublier l'effet que certaines choses peut avoir sur les gens.

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Le phénix

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Kamel « Quatre » Raberba, récemment Winner, malgré lui.
22 ans.
Assis en face de moi deux jours par semaine, depuis un an, en économie et en traductologie.
En amphi les places sont chères.
Un an que je le vois sans le connaître, un an que l´on ne se calcule pas, enfin qu´il ne me calcule pas.
Pas de bonjour, pas de signe de reconnaissance, il ne me regarde pas.
Un mois que je m' aperçois que je le remarque.
Un jour que je suis curieux.
Une minute que je le veux.
Une seconde que je sais pourquoi.

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Toujours habillé dans le même style, seules les couleurs variaient un peu.
Eternel 501. Rien de plus à dire. Ceux qui connaissent les 501 savent pourquoi c'est une légende.
Fâché à vie avec les pulls, ne porte que des chemises, t-shirts ou polos près du corps, griffés et classes dans leur coupe, dans leur simplicité.
Dans leur hors de prix, enfin, pour moi.
Jamais tape-à-l´oeil quoique si, lui.
Je ne sais pas ce qu´il porte aux pieds, je m´en fous un peu.
C´est ce qu´il y a au-dessus qui m´intéresse.
Bien au-dessus.

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Aujourd´hui c'est un 501 noir.
Un t-shirt blanc à manches longues et col V Calvin Klein, comme son eau de toilette.
CKone.

Marque sur marque. Il me marque
Ses cheveux blonds à la Julien Doré, balayés par un soleil de plomb - ou peut-être par un pro, je sais pas, ça fait trop naturel –

Si tant est que l'on puisse l'être trop. Ce mec n'avait rien d'une lolita, malgré ses cinq piercings sur l'oreille droite.
Ce mec est magnétique même de dos.

Surtout de dos.

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Etant systématiquement derrière lui, j'ai les yeux sur sa nuque.

Je fixais sans comprendre, il n'y avait rien de particulier à part ses chemises au col amidonné

Et quelques mèches folles glissant dessus.

Ou ses t-shirts à col mao.

Parfois j'apercevais un bout de peau et restait dessus dans l'attente d'en voir un peu plus.

Sa peau avait l'air douce, sans marque et semblait pâle alors qu'il avait toujours vécu en Afrique toute sa vie.

Je ne savais pas pourquoi j'étais obsédé par sa nuque. Comme un loup avide de planter ses crocs.

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Certains diront que j´ai des raisons.
Moi je dirais rien, c'est certain. Mais je n´en penserais pas moins.
Je ne suis pas bavard.

J'ai juste vu quelque chose très nettement pour la première fois.

Alors que je fixais sa nuque si fort que j'avais l'impression qu'il sentait les picotements sur cette parcelle de peau par ma faute.

Il a posé son stylo, levé une main fine mais forte pour se gratter et a soulevé par la même occasion ses cheveux

Et je n'ai vu que du noir.

Une œuvre d'art vénéneuse.

Pas étonnant que je sois paralysé.

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Le Scorpion

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J'ai un tatouage noir sur ma peau blanche.

En règle générale on ne le voit pas vraiment, ou plutôt on croit apercevoir quelque chose avant de se raviser.

Je comprends que cette petite chose intrigue.

Je porte sur moi la marque du scorpion. Les pinces glissent sur le bas de ma nuque alors que le dard caresse la base de mes cheveux blonds.

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Je suis né à Troa, une toute petite ville du Tchad.

J'ai vécu très près, trop près du Sahara à m'en brûler les pieds et la peau.

Trop blanc, trop pur, trop fragile.

Blond comme les blés que l'on voyait sur les rares postes de télé de l'époque.

Yeux trop clairs pour me fondre dans l'ombre.

Petit bouc émissaire qui avait la chance d'aller un peu à l'école, ce qui n'était pas donné à tous les petits Tchadiens.

Mais le bouc pouvait aussi être le signe du diable.

Encore fallait-il y croire. Mais les hommes en ce coin reculé, pouvaient se révéler superstitieux.

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Un jour, je devais avoir cinq ou six ans, un scorpion avait remonté mon petit boubou blanc.

Il aurait pu me piquer directement à la nuque s'il n'avait pas glissé sur elle, justement, pour finir sa course lamentablement à terre à une vitesse folle.

J'aurais pu l'écraser sous mes sandales sales mais je ne l'avais pas fait.

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Les petits enfants témoins de la scène m'ont appelé « le miraculé » ou le « fils du scorpion » et quelque part cela sonnait mieux que « l'étranger », « le bâtard Winner », fils d'une gamine de quinze ans abusée par un « honnête homme d'affaires ».

Un milliardaire à la tête de plusieurs sociétés, à la réussite douteuse qui se rachète une réputation en blanchissant l'argent récolté en les injectant dans une prétendue « association caritative ».

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Maman y croyait quand il lui a dit qu'il lui ferait quitter le pays.

Elle n'est jamais partie et a fait tous les métiers qui soient pour que j'aille à l'école.

Tous les métiers que l'on peut faire tant que l'on est très belle et en bonne santé, quand on ne sait ni lire, ni écrire, soit dit en passant.

Normal.

Ma mère était trop fière pour réclamer la moindre aide et avait bien trop honte pour crier sur les toits sa disgrâce, moi, qu'elle aimait quand même.

Anormal que je n'ai pas plus de frère et sœur de la part de ma mère, cependant.

Un soulagement. Qu'aurait-elle fait de plus s'il y avait encore une bouche à nourrir ?

Elle est morte peu de temps avant que je ne sois reconnu par Winner. Elle avait 33 ans. Si elle n'était pas morte la nouvelle l'aurait tuée.

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Reconnu sur le tard parce qu'en grandissant, bébé bien que blond ressemblait tellement à son papa que le papa lui-même s'était déplacé pour le voir.

Il avait des espions partout, c'était un homme important.

Un test de paternité aurait été risible.

Et pourtant il l'avait fait ce test, « papa ».

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Et moi, à 18 ans, j'ai pris l'argent de ce nabab. Salim Winner essayant de se faire aussi discret que sa fortune était indécente, ne pouvait pas ignorer son seul fils plus longtemps.

Les journalistes, l'opinion publique n'allaient pas le laisser ignorer son fis plus longtemps.

L'ère de l'image, bénéfique pour les illégitimes.

J'ai reçu l'équivalent d'un peu d'argent de poche, quand on sait à combien s'élève sa fortune personnelle.

De l'argent pour que je ferme ma belle petite gueule. Je l'avais toujours fermée, pourquoi ne pas continuer ?

Cette somme je l'ai faite fructifier. Et bien comme il faut. Merci maman de m'avoir permis d'aller à l'école.

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J'ai intégralement remboursé la « mise de départ » de mon géniteur en l'envoyant passablement se faire foutre et j'ai décidé d'effectuer des études pour apprendre à gagner de l'argent autrement.

Et pour retourner dans le pays qui m'a vu naître et l'aider à se développer encore.

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Le Phénix

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On le dit intuitif, cynique, déterminé et ses yeux entre le bleu et le vert se posent toujours sans vous voir, il ne voit que son chemin.

J'étais invisible jusqu'à aujourd'hui et là il se retourne pour me regarder pour la première fois.

Pour me fixer.

Et je ne peux m'empêcher de penser que son animal totem lui va comme un gant.

Comme une seconde peau.

La seule lueur dans ses yeux réduit les bruits alentours au silence.

Il hypnotise, vampirise dès lors qu'il s'intéresse à une chose.

Je suis rarement intéressé quand on est intéressé par moi. Et là je ne peux que rester scotché.

Impassible, silencieux, mais scotché.

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Je découvre malgré moi que quand Quatre Winner s'intéresse à quelque chose il le capture rapidement, par son regard, son sourire.

Les mouvements de son corps tout en marque où j'ai envie d'en laisser une, bien visible, bien moi.

Dès qu'il capte votre attention, il injecte son venin. Et le temps s'arrête.

Cet homme est dangereux, je m'en doutais.

Maintenant je le sais.

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Le Scorpion

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Quand j'ai eu l'âge de le faire, je me suis fait tatouer cet animal qui me ressemble plus que je ne l'aurais jamais cru.

Qui m'a accompagné depuis ma plus dure enfance.

A même la nuque.

Adulte je ne suis plus le fils du scorpion, mais le scorpion lui-même.

Tout dévoué à l'humanitaire, prêt à marcher sur les traces de mon père.

Pour le détruire.

Travailler plus pour gagner plus de temps, plus d'argent pour mettre mon projet à exécution.

Aux journalistes, la face lisse qui ne paie pas de mine, innocent. Blond comme le Sahara.

Au reste du monde le venin.

Je hausse un sourcil scarifié avant de le saluer.

J'ai un minimum d'éducation, c'est lui l'impoli qui me fixe.

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- Hello.

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Hey ! C'était ma réplique.

Malin.

Séduisant.

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Le Phénix

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Il est tourné vers moi.

Il a vraiment des yeux-précipices.

Je serais tombé si je n'étais pas funambule.

Fascinant.

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- Salut.

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Je l'ai eu.


Le moineau

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Je suis timide.

Si je pouvais me cacher dans un trou de souris, je le ferais.

Parfois je me dis que si je n'avais pas les cheveux si moches, je les aurais pas aussi courts.

Je porte un ensemble tunique blanche fluide-seroual et dessous un top noir assorti à mes sandales.

Pas sexy, juste tranquille, enfin presque. J'ai très chaud et j'ose pas retirer la tunique parce qu'on verrait mes bras et j'ai pas d'amis à côté de moi pour me couvrir.

En général je me sens à l'aise dans cet amphi où tout le monde est censé être anonyme…

Sauf les canons.

Les canons, on sait toujours qui c'est.

J'ai pas pu me placer à côté de Duo, je regardais le beau métis aux yeux bleu.

Qui ne m'a pas calculé, d'ailleurs. Peut-être que si j'étais blonde ?...

Il est complètement à l'opposé de Duo, sur la droite, trois rangs plus bas que moi.

Je suis peut-être deux rangs plus hauts que le milieu de l'amphi.

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J'ai une bonne vue. Et yeux bleus a les yeux sur Duo, sur le profil de sa natte parce que vu comme il est placé il peut pas voir grand-chose.

Ce qui ne l'empêche pas de regarder quand même.

Pas tout le temps – enfin, je suppose parce que je regarde pas tout le temps.

Mais quand même, 7/10 quand je regarde yeux bleus il fixe Duo.

Et Duo note le cours avec son ipod.

Je sais qu'il fait semblant mais je pourrais jurer qu'il lit sur les lèvres du prof.

Mais ça marche pas quand il écrit au tableau.

Hilde ma fille, passe à autre chose.

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C'est déprimant de penser à Duo, là.

C'est vraiment un serpent… j'aurais voulu qu'il me voit plutôt qu'il me tolère.

Il me dit bonjour et il est gentil. J'ai déjà plus de chance que les autres.

Mais ça avait tendance à me donner de l'espoir avant. A croire que j'étais spéciale.

Peut-être que je suis. Mais pas comme j'aurais préféré l'être avant.

Et comme parfois je préfère encore quand je déprime ou que je pms.

J'aurais bien mangé un peu de chocolat, là…

Et puis, qu'est-ce qu'il fait chaud !

De l'air, faut que je retire la tunique.

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Regard à gauche, à droite.

Je sais que personne ne s'intéresse à moi mais quand on fait du bruit, on attire l'attention qu'on le veuille ou non.

Ça rend parano.

Et quand on est un peu complexé on a un peu peur. Le petit cœur qui palpite.

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Allez, ils ont l'air d'écouter le cours ou de dormir… ah merde, coincée sous ces grosses fesses, je suis obligée de me surélever pour retirer mon haut.

Et merde la chaise racle et je reste coincée dans une position impossible, les fesses tendues vers mon voisin de derrière qui a une vue imprenable sur mon string.

Je hais les amphis et leur rang surélevés.

Je me sens rougir et suis tentée de rester cachée quand j'entends un quart de souffle entrecoupé.

Infinitésimal mais reconnaissable entre tous. C'était l'ombre du fantôme d'un rire.

La colère rend parfois courageux. Stupide mais courageux alors dans un geste désespéré j'arrive enfin à me décoincer, ôter la tunique et me retourner pour foudroyer du regard mon si gentil voisin de derrière.

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Des yeux… des billes.

Je me retourne et me rassois plus rouge que jamais.

J'aimerais avoir les ailes du petit moineau qui est tatoué sur mon épaule gauche.

Et m'envoler loin, très loin.

Pourquoi faut-il avoir la honte devant des mecs canons ?

Et qui c'est celui-là ?

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Dans ces cas-là deux mantras :

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- ne pas penser

- trouver une diversion

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Ne pas penser c'est facile, si j'avais réfléchi j'aurais enduré la chaleur encore 2h00 du cours qui nous reste.

Trouver une diversion ? L'économie me fait chier, mais je peux pas m'en débarrasser, le coeff est trop violent.

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Diversion, diversion… (ouais je sais mes cours... mais bon...)

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Je jette un coup d'œil sur ma gauche : Duo fredonne et bat la mesure avec sa basket.

Je décale un peu plus mon regard et…

Tiens, Winner est tourné.

Vers Barton ?

Pour une fois que ces deux-là s'adressent la parole.

Euh rembobinage.

Trowa Barton va parler ?

La blague du jour.

Le mec le plus bizarre – et sans doute l'un des plus beaux – de l'univers – enfin de mon univers – va ouvrir la bouche autrement que pour soupirer parce qu'il s'emmerde.

Vu qu'ils sont pratiquement à côté de moi, je pourrais ptet entendre ce qu'ils se disent ?

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- Pourquoi tu as un scorpion sur la nuque ?

- Pour faire parler les bavards.

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Et là Barton rit aux éclats et si le prof l'entend, il ne fait aucun commentaire.

Il a un rire dément, doux. Sensuel. Il rit de bon cœur, limite il a les larmes et franchement je comprends.

Ce mec ne rit jamais, ne parle jamais et pour une fois qu'il pose une question on lui dit qu'il parle trop.

Il ne pouvait que rire.

Et Quatre, qui ne le connaissait pas, qui ne s'était jamais intéressé à lui avant aujourd'hui écoute ce rire.

Quatre-qui-se-fout-de-tout l'écoute. Il penche la tête, il cligne des paupières.

Il écoute.

Et au fur à mesure que le rire s'écoule, Quatre le mange des yeux.

Mais quand Barton se reprend, Winner se met à le dévorer.

Trowa lui parle encore.

Je suis près d'halluciner. Je vais peut-être brûler un cierge.

Oh j'avais presque pas réalisé : Quatre Winner a un tatouage ? Je veux le voir !

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- Tu me donnes envie de savoir.

- Savoir quoi ? Pour le scorpion ?

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Oui, dis pourquoi !

D'où tu viens, qui t'es, t'as des frères ?

A part que t'es too much on sait pas d'où tu viens !

Trop canon se penche sur sa table.

Merde on dirait du flirt.

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- Non, je m'en fous finalement. Tu as une belle peau.

- Ah. Dans ce cas, que veux-tu savoir ?

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Ouais qu'est-ce que tu veux savoir !

Je veux le savoir aussi même si je sais pas ce que tu veux !

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- Si le goût de l'encre reste sur la langue quand on lape la queue du scorpion.

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Fait chaud ! Mais on est en cours, là !

Ils s'en foutent qu'il y ait du peuple ?

Ils se toisent.

Ils se bouffent des yeux, c'est impressionnant.

Même si je ne vois pas bien leur regard, je sens leur intensité comme je suis placée.

Pas juste…

Quatre cligne des yeux, recule sur son siège et a un rictus.

J'ai désespérément besoin d'une clope. En chocolat c'est encore mieux.

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- Je n'en sais rien, je n'ai jamais essayé. Et j'ai la langue agile.

- Oui, mais tu ne peux pas laper ta propre nuque.

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Faut que j'arrête de les regarder ça va être classé X.

Je vois des sous-entendus partout

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- Certes.

- Mais la mienne peut faire l'affaire…

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Oh lala…

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- Tu ne manques pas d'air.

- Je joue de la flûte. Il faut du souffle.

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Cheveux bruns-roux.

T-shirt vert sombre.

Jeans bleu.

Basket noires… peau hâlée…

Moi le souffle je l'ai déjà perdu… en plus avec sa voix chocolat…

Je l'avais jamais entendue avant. Les meilleures choses se savourent.

Voix chocolat, yeux menthe…

Ce mec est un after-eight à déguster comme tout after-eight : quand on en a.

Quatre semble plus intrigué que troublé.

Trowa a l'air d'aimer ça, je suis en mode chamallow.

Mais les deux sont des rocs. Des volcans en sommeil.

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- Nous sommes en cours.

- Et quand bien-même…

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Et Trowa se penche…

Et quand bien même…

Et Quatre il est trop beau, je sais plus où poser les yeux c'est dingue !

Testostérones + phéromones égalent au feu les pompiers…

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- Il faudrait te pencher très bas pour faire ce que tu dis.

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Non mais il le cherche ?

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- Je suis très souple, « Quatre ».

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Non mais il l'a trouvé !

Oui je suis pathétique.

Oui je vis ma vie par procuration, là.

Mais c'est hot !

Je préfère ça que mon cours, même si après ça va me déprimer.

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- Tu te ferais virer.

- Ce serait pas la première fois.

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C'est vrai en plus. La semaine dernière il avait ronflé en cours et le prof l'avait sorti.

Il avait failli hésiter en le voyer déplier son bon mètre 88.

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- Mon dard est empoisonné.

- La mort a peur de moi.

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Il se rapproche encore…

C'est indécent !

Ils sont presque lèvres contre lèvres…

Et à la dernière seconde Quatre se détourne, présentant son dos, creusant la fossette à sa joue droite par son sourire en coin.

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- Qui es-tu, « Trowa » ?

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Oui qui t'es ?

J'ai pas l'impression que t'es le même type que d'hab et en même temps c'est tellement toi…

A côté de ça je te connais pas.

Tu caches bien ton jeu.

Je vois ses doigts dégager les cheveux de Quatre.

Et la pointe de sa langue caresser lentement, remonter chaque tracé du tatouage jusqu'à l'oreille.

Je vois Quatre avoir la chair de poule et je la sens sur mon propre corps.

Oh bordel…

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- Je suis un Phénix.

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Et à en voir son t-shirt relevé et l'esquisse de plumes orangées sur ses reins, je n'ai pas de mal à le croire.


Le Paon

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« Beau et noble », disait-on de moi.

« Belle âme », « miraculé », je l'ai un temps été.

Cheveux courts, noir, comme ma casquette, mon uniforme, un brassard rouge sang.

Deux revolvers.

Fier de mon parcours chaotique, élevé dans la rue, déterminé à la rendre propre. Inflexible.

Incorruptible.

Un presque self-made man si j'avais été Américain : la pègre locale avait fait de moi ce que j'étais jadis, un agent de police, droit, servant une justice imparfaite en laquelle je croyais.

L'homme autant que les choses étant perfectibles.

Pendant cinq ans j'ai été admiré pour mon courage, loué pour mon altruisme, salué par mon pays.

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J'ai été félicité par les hommes politiques pour mon action, encensé par les journalistes pour avoir permis l'arrestation et la condamnation de ce qu'ils appelaient la « la lie de l'humanité ».

J'ai été vendu par des flics corrompus, piétiné par des politiques qui ont pris le parti de me voir mort, enterré vivant par des reporters achetés.

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J'ai été humilié parce que j'avais osé m'attaquer au numéro 3 de l'alliance SCC : les mafias Siciliennes et Chinoises avaient conclu une trêve avec le cartel Colombien.

Ils avaient besoin les uns des autres pour écouler leur stock de coke, d'armes et de prostituées en Europe et en Asie, le marché Américain étant complètement saturé.

Donnant-donnant. Ce n'était pas en empiétant sur leurs plates-bandes respectives qu'ils allaient faire des affaire.

Simple sur le papier. Mais les mafias n'avaient de déontologie qu'envers leurs propres membres.

Il n'était pas rare qu'un homme de paille appartenant à l'alliance disparaisse accidentellement sous les coups d'un « ami » de la même alliance, issu d'une organisation différente.

Tant qu'il n'y avait pas un nombre trop important de pertes collatérales, l'équilibre était conservé.

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Les yakuzas avaient refusé catégoriquement de s'allier avec les Triades, préférant ne pas pactiser avec l'ennemi héréditaire, fort de leur accord avec l'Organizatsiya Russe et la si insaisissable mafia albanaise.

Les yakuzas se félicitaient de leur rapprochement avec l'un des plus fidèles alliés de la Chine sur le plan économique.

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Alliance contre alliance…

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Après une enquête minutieuse qui a duré près de quatre ans et qui m'a volé une partie de ma jeunesse, j'ai pu démanteler l'un des plus gros réseaux de trafic d'armes, de stupéfiant et d'organes du siècle. Et ce, sans me salir, sans me compromettre. Sans m'infiltrer. Chaque système avait sa faille et j'ai su m'y engouffrer.

J'avais 25 ans, j'avais mis en prison Chang Wu Fei et j'étais au sommet. Parfait.

Interminable a été la chute.

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J'ai été battu, emprisonné parce que j'avais refusé de me laisser acheter, refusé de céder au chantage. Je n'avais plus de famille, aucun ami, aucune raison de craindre qui que ce soit.

J'étais inébranlable. Intouchable. J'étais fort.

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J'avais oublié que la police était une famille en soi. Et que dans toute famille il y avait des secrets, des rivalités, des inimitiés. Des trahisons.

Ils ont fait de moi un esclave pour quelques millions d'un dollar encore fort, car d'autres avaient des familles qu'ils souhaitaient nourrir avec de l'argent blanchi plutôt que de les affamer en ayant les mains propres et la conscience tranquille.

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Le choix a été très vite fait pour eux. Et j'ai pu savourer ma victoire deux semaines.

Un juge assassiné, une décision de justice annulée, des excuses publiques de mon supérieur hiérarchique – devenu homme politique à défaut d'homme de paille -, une accusation de subornation de témoin et du jour au lendemain, de héros local, sorte d'Eliott Ness Chinois, j'étais devenu moins que la lie de l'humanité, pire que celle que j'étais censé avoir contribué à mettre derrière les barreaux.

J'aurais préféré être condamné à mort, ils auraient envoyé la facture de la balle utilisée à la police, ils en auraient eu pour leur frais.

C'est peut-être aussi pour cela que j'existe encore.

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J'étais conscient de tout même si à chaque torture j'avoue que j'aurais préféré me réfugier dans l'oubli réparateur, mais je ne m'évanouissais pas, jamais.

Un mal pour un bien je me rappelle de tout.

A en devenir fou sauf que j'ai toute ma tête et en soit c'est une folie après ce qu'ils m'ont fait.

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J'aurais préféré mourir mais à ma grande honte j'ai découvert que je voulais vivre.

Et je me dégoute. Entre exister sans honneur et mourir sans gloire j'avais choisi.

Tout comme je m'étais juré que serait-ce la dernière chose que je ferais sur cette planète, je les ferais payer tous. Je leur ferai payer ce que je suis devenu.

Un assassin. 28 ans aujourd'hui, presque le triple de crimes commis.

Ils m'ont appelé le Paon, le vaniteux. Ils ne pouvaient pas m'appeler le dragon, c'eut été me donner trop d'honneur.

Il fallait m'en donner pour mon argent, me faire payer l'affront jusqu'au sang que je ferais couler.

Il fallait me dépouiller de ce qu'il pouvait me rester.

Ils m'avaient volé ma vie, ils avaient volé ma fierté, ils avaient volé mon corps.

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Pour les avoir défié ils m'ont tout pris.

Ils ont gravé à même la peau mon épitaphe.

Je m'entends encore hurler à me rendre sourd alors qu'ils crucifient ma peau méthodiquement.

Alors qu'ils mettent ma chair à vif avec un tatouage de femme sur mon dos lisse.

Un tatouage représentant un animal qui fait le beau comme un chien.

Mais qui n'a ni ses crocs, ni sa force, ni sa férocité.

Un animal qui vient chercher sa dose de drogue pour survivre.

La justice m'a trahi alors je lui montre mon dos disgracieux, mon paon aux plumes bleues.

La justice n'existe pas alors je la crée.

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Ils m'ont tout pris mais ils ont oublié la vengeance. Celle que l'asservissement peut nourrir.

Je suis condamné. Mais je les condamne tous.

Mon compte-à-rebours s'arrêtera quand je les conduirais à la tombe.

En attendant je suis leur homme de main.

La baby-sitter du psychopathe, au cas où il oublierait de tuer.

Mais de nous deux, ce n'est peut-être pas lui le plus fou.

Le spectacle commence bientôt.

Ce que j'étais est mort. Mes yeux restent bridés et sombres comme ma destinée cachés derrière des lunettes fumées.

Mes cheveux ne sont plus courts, mais longs jusqu'à mi-dos, recouvrant une partie de l'encre sur ma peau.

Je suis nu-tête, pantalon de toile noire, tunique à manches courtes bleues, sandales noires.

Deux daos à la place des revolvers. Le policier n'est plus depuis trois ans.

Et là je suis dans un amphithéâtre, infiltré. Méthodiquement scruté du regard par une brune visiblement fascinée par mes yeux.

Etre un « nouvel élève », même fondu dans la masse, avait quelque chose d'excitant pour quelqu'un qui s'ennuyait en cours.

Méthodiquement ignoré au bout de quelques secondes, puis oublié.

Puis à nouveau regardé du coin de l'œil quand elle fait semblant de chercher dans son sac quelque chose sûrement déjà sur la table.

Ah, gagné. Le sang lui monte aux joues. Elle ne sait pas mentir.

Joli moineau. Si elle s'approche de trop près je vais devoir lui arracher les ailes.

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Celui que j'ai fait arrêter a été liquidé et remplacé par quelqu'un de « plus sûr », qui ne les « déshonorerait pas » en mettant « stupidement leur affaire en danger », officiellement.

Qui « n'aurait pas les yeux plus gros que le ventre » et qui ne se laisserait « pas acheter par les yakuzas pour avoir un peu plus de pouvoir »

Il n'était pas bon d'être calife à la place du calife.

La roue tourne, la roulette russe s'arrête et à défaut d'une balle, j'abats.

Quelle ironie, mon bourreau, mon premier contrat. Ma nouvelle identité.

Le flic est mort. Vive « Chang Wu Fei ».

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OWARI OS 2


Suuuuurpriiiise !

J'espère que ça vous aura plu !

OS III: Le Phénix

Quand ? Bonne question, on n'a pas 36 jours fériés et dans un peu plus de 10 jours je pars 3 semaines au Japon... si vous voulez la suite rapidement faudra croiser les doigts !

Moi je croise les miens pour avoir un peu plus de temps. J'ai trouvé un peu de temps donc j'ai fait et voili.

Merci et à bientôt,

Mithy ¤ ko ¤