Chapitre 2 :
Je tirai péniblement ma valise hors du coffre de la voiture parentale, le regard pourtant fixé sur mon père et la directrice qui parlaient ensemble. Sûrement de moi. La directrice était une femme, à première vue, magnifique. Ses cheveux blonds légèrement ondulés encadraient doucement son visage, épousant parfaitement ses formes. Sa poitrine, plutôt généreuse, attirait bien évidemment les regards – dont celui de mon père – et ses yeux devaient en subjugués plus d'un. Un mélange explosif de vie et de malice se reflétait au fond de son regard noisette. Même si le mot « sublime » devait être celui qui la définissait le mieux selon, un quelque chose évoquant la sérénité émanait d'elle. Depuis plusieurs minutes, ils papotaient ensemble, et moi, je galérais avec toutes mes affaires sur le dos.
Je refermais le coffre, et commençai à faire rouler mes valises sur le bitume. Mon père aussi était d'une beauté époustouflante. Bien que l'âge de quarante-trois ans le tienne à la gorge, sa beauté naturelle n'en n'était pas diminuée. Son regard vert qu'il ma légué m'a toujours apaisé. Un vert si vif n'était pas naturel selon moi, et je le soupçonnai d'avoir quelques ancêtres pas très normaux. Il possédait de courts cheveux chocolat toujours ébouriffés, ce qui lui donnait un air de jeune, et de la popularité parmi la gente féminine.
Malgré le fait que beaucoup de choses ait bouleversé sa vie, il ne s'était jamais laissé aller, alors que moi, on m'aurait retrouvé dans une couverture devant un film l'eau de rose avec une glace Ben & Jerry aux cookies. Il avait continué le sport, et ça le réussissait spectaculairement : il conservait des pectoraux en acier, les tablettes en béton armé et un cul en titane. Que du bonheur. Malgré cela, le besoin viscéral de les interrompre me prit, et surtout d'interrompre leur séance de relookage mutuel.
Je m'approchais de la directrice, désireuse d'engager une quelconque conversation. Immédiatement, la directrice délaissa mon mannequin de père, et braqua son regard d'ambre sur moi, et prit la parole :
_ Enchanté ! S'exclama-t-elle en se rapprochant de moi vivement, et en me tendant la main, délaissant mon père.
_ De même, lui répondit-je en lui serrant la main vigoureusement, tandis que mon père me regardait avec son regard habituel. Plein de tendresse, de miel, et de fierté. Vous êtes bien la directrice, c'est ça ?
_ C'est ça, je me nomme Tsunade-Senju, dit-elle, tout sourire. J'ai déjà rempli toutes les formalités avec ton père, alors il serait temps de lui dire au revoir, tu ne crois pas ?
Je tombais dénue. Elle me balançait ça comme ça ? D'un coup ? Alors non, je ne crois pas. N'était-il pas censé m'accompagner dans ma chambre, et patati et patata? Et ce qui m'étonna le plus, c'était le fait que mon père ne fasse pas une crise de surprotection, comme il en avait l'habitude. Non, cette fois, il s'approcha de moi, larmoyant, et m'enlaça. Je répondis à son étreinte, et la tristesse menaça de me submerger.
_ Chérie ? Bats-toi. Survis. Fais-toi des amis en qui tu pourras avoir une totale confiance. Démarre une nouvelle vie. Apprends à connaitre ce nouveau monde qui est le tien, parce que la, je ne pourrais pas t'aider. Et surtout, reste fidèle à toi-même, me chuchota-t-il, alors que les larmes perlaient sous nos deux regards émeraudes.
Je le serai encore plus fort dans un geste instinctif. Il était d'une carrure plus impressionnante que la mienne, et m'entourait de ses bras. Puis je rompis le moment, jugeant que nous n'étions pas seuls. Mon père adressa quelques mots à la directrice, et repartit en direction de la voiture. Il s'engouffra dans la voiture, baissa la vitre, et me regarda :
_ Au revoir, chérie, acheva-t-il, en démarrant la voiture. Je viendrais te voir !
_ Au revoir, papa ! Criai-je, bien déterminé à le revoir quand je serais sorti de cet internat.
Puis je me retournai, observai quelques secondes l'extérieur du manoir, et suivit la directrice. Étrange. C'est le mot qui devais qualifier le mieux notre séparation. Mais peu importe, j'empoignai mes différentes affaires et m'engouffrai dans le manoir.
[…]
Elle poussa facilement la lourde porte qui devait faire bien une tonne, à mon grand étonnement, cette femme n'était pas directrice pour rien. Elle la poussa lentement, et me laissa passer, tandis que je m'émerveillais devant ce qui se trouvait devant moi.
_ Tu es dans la salle de séjour. En général, la plupart des élèves passent leur temps soit ici, soit dans leurs propres coins, expliqua-t-elle, amusée de ma réaction.
Nous avancions à mon rythme, qui devint très lent, prenant mon temps pour m'émerveiller de l'endroit. Malgré l'apparence de manoir hanté, l'intérieur était très élégant. Plusieurs canapés étaient disposés de part et d'autre de l'escalier principal en bois, recréant une atmosphère de noblesse. Les canapés étaient recouverts de tissus bordeaux, et sur l'un d'eux se trouvait un jeune homme aux cheveux noirs. J'accélérais le rythme, entrevoyant déjà que c'était le genre de mec à traiter les autres comme de la merde. Puis Tsunade me demanda gentiment de la suivre à travers un chemin sur notre droite, qui devait être son bureau. Elle ouvrit la porte - qui était des plus simples – et me laissa entrer, en me disant de laisser mes diverses affaires devant la porte. La pièce était simple, se composant d'un bureau de bois sombre, deux chaises hautes en face d'un grand fauteuil en cuir qui devait être celui de la directrice, des armoires et quelques tableaux. Elle m'invita à m'assoir dans une des chaises, tandis qu'elle s'installait dans son fauteuil.
_ Bien Sakura. On va tout reprendre depuis le début, d'accord ?
_ D'accord, acquiesçais-je.
_ Je suis Tsunade Senju, la directrice de cet établissement. Bon, comme tu as pu le voir sur la brochure – qui se trouvait dans ma poche arrière de mon slim – nous ne sommes pas un établissement comme les autres, et la quasi-totalité des élèves inscrit ici ne sont pas des humains. Moi-même, je ne le suis aucunement.
_ Je suis déjà arrivée à cette conclusion par mes propres moyens, la coupais-je, sèchement.
_ Excuse-moi. Mais je suis quasiment sur que tu ne connais rien de la nature de ton pourvoir. Et devant mon silence positif, elle continua : d'après ce que m'a dit ton père tout à l'heure, tu étais en train de manipuler du matériel de dissection. Et c'est quand tu t'es coupée que tout a dérapé, c'est bien ça ?
_ C'est exact. Je me suis coupée le doigt, et puis plus rien, le chaos. Donc oui, c'est bien ça.
_ C'est aussi ce que nous a rapporté Orochimaru. Et devant ma surprise, elle enchaina : Mais je t'en parlerais une prochaine fois. Ma première impression, c'est que ton pouvoir est en rapport avec la douleur, mais ce n'est qu'une supposition, alors ne t'enflamme pas.
_ J'en doute, ce n'est pas la première fois que je fais mal, ni que je saigne, achevais-je, nerveuse, par rapport au professeur sadique que j'ai eu durant la majorité de ma scolarité.
_ Bon, nous aurons tout le temps d'en parler plus tard. Je vais te présenter ta chambre, d'accord ? Dit-elle, tout sourire, en se levant silencieusement.
Je quittai mon siège, acquiesçant du regard. Elle ouvrit la porte de sa main gracile, et m'invitant à passer devant. Je ressortis du bureau, attendit Tsunade. Et quelque chose attira mon regard, tandis qu'elle referma la porte à clé : mes valises avaient disparues, sans laisser aucune trace. Machinalement, je fronçais les sourcils, et la lumineuse idée qu'ils devaient sans doute y avoir des domestiques m'effleura. Elles devaient déjà être dans ma chambre.
_ Déjà dans ton nouveau chez toi, confirma-t-elle, tandis qu'elle commença à marcher en direction de l'escalier.
Je la suivis tranquillement, tandis qu'elle gravissait les marches en marbre de l'escalier. Il était encore là. Passons. L'escalier était plutôt imposant, mis en valeur par de longues rambardes en bois cirés. Il donnait sur plusieurs couloirs, éclairés par de simples lampes. Tsunade s'engouffra dans le couloir de droite, et prit la parole, posément :
_ Bien, avant que tu ne voie ta chambre, j'ai plusieurs choses à te dire. Tout, d'abord, surement la plus importante, il y a deux mondes. Celui que tu as toujours connu, et le monde inversé. Ta mère est une personne très influente dans le monde inversé, et autant te dire que ton existence a été extrêmement étouffée. Une originelle donnant naissance à un enfant avec un humain, c'est contraire à la société. Et ce qui est contraire à la société, on le supprime. Annonça-t-elle, durement, tandis que des tableaux apparaissaient peu à peu sur les murs. Mais seulement là-bas. C'est pourquoi, quand tu iras dans le monde inversé, car tu seras bien amené à y aller, je te demande de te faire la plus discrète possible. Ta mère ayant rejeté toute responsabilité sur toi pour cette raison, je suis ton tuteur légal dans le monde inversé. Et ton existence est plus une rumeur étouffée qu'autre chose, mis à part certaines personnes qui te connaissent, l'inverse n'étant pas vrai. Plusieurs fois, tu auras quelques cours avec moi, pour rattraper ton manque de connaissance sur le monde inversé.
_ Bien. C'est vrai que j'aurais plusieurs questions, à propos de plusieurs choses.
_ J'y répondrais avec plaisir ! Maintenant, je vais t'expliquer les cours. Premièrement, ils se passent dans l'aile centrale. Mais ! Comme je te l'ai dit, les mondes sont connectés de plusieurs façons, diverses, bien sûr. Nous possédons une « porte » que le gardien surveille, qui nous permet de communiquer avec le reste de l'école. Tu peux voir ça comme un reflet, en quelque sorte. il y a donc deux écoles ! Tu peux t'amuser à chercher la porte, mais elle est bien caché, me confia-t-elle d'un clin d'œil, tandis que nous montions un deuxième escalier, en acajou pour sa part. La partie « inversée » est consacrée aux sangs purs, tandis que celle où nous sommes est réservé aux gens comme toi, ceux qui sont un peu spécial. Bien sûr, c'est un privilège d'être dans cette partie de l'établissement, et certaines personnes extrêmement influentes peuvent, par exemple, inscrire leurs enfants dans cette partie. Je te rassure, le nombre de personnes ici ne doit pas dépasser la quarantaine. Tu es plutôt spécial dans ton genre, à vrai dire.
_ Qu'entendez-vous par sangs pur ? Demanda Sakura, le regard défilant sur les rares portes qui se trouvaient dans l'étau des murs.
_ Des non-humains à cent pour cent ! Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un rang spécial, c'est extrêmement courant. C'est aussi à cause du fait que les relations humains-surnaturels sont extrêmement mal vues dans mon monde. Ah et, je vais te dire autre chose. Je sais que ça fait déjà énormément d'informations, mais c'est un conseil que tu devrais appliquer. Tu te souviens du jeune homme dans le salon, avec le journal ?
_ Oui. Je n'allais de toute façon pas l'approcher, il me fait penser à ces gens qui se croient supérieurs.
_ Tu as raison. A un détail prêt. Il ne croit pas être supérieur. Il faut bien que tu comprennes qu'il l'est. Il est tout en haut de l'échelle. C'est un originel. Et sa famille est elle-même plutôt bien placé parmi les originels. Sasuke Uchiwa. C'est lui, et c'est aussi lui que je t'implore de ne pas l'approcher. C'est un de ces gens, si tu préfères, qui te fusille et te tue du regard, sauf que lui le fait vraiment.
_ Et ma mère ? C'en est une, nan ? Je n'ai aucun privilège, tentais-je vainement.
_ Effectivement. Mais, juridiquement, tu n'as aucun lien de parenté avec elle. Donc aucune protection. C'est ta famille en soi meme qui en a une. Tu as juste des pouvoirs d'originel. Plus que puissant, vu que tu les tiens de ta mère. Rin Kuzai. C'est son nom.
_ D'accord. J'essaierais de pas me faire remarquer.
_ Super ! Je te fais confiance Sakura, enchaina Tsunade, tout sourire.
Puis, elle s'arrêta brusquement, marquant la fin de la balade dans le château. Une porte en bois, tout ce qu'il y a de plus simple, une poignée ronde, et mes valises posées dessus.
_ Voilà, on y est ! Je vais te laisser maintenant ! Et si tu as des questions, viens me voir ! Ah, et je peux être dans l'autre monde, donc, si c'est le cas, retourne dans le salon, et fais sonner la cloche devant ma porte. Tu ne pourras pas la rater ! Je te laisse découvrir ta chambre, souffla-t-elle, en virevoltant, et en empruntant le chemin inverse.
Je posai ma main sur la poignée de ma porte, tournai lentement celle-ci, et poussa délicatement la porte, pour découvrir la chambre dans laquelle j'allais surement rester pendant la dernière partie de ma scolarité. Simple, et sobre, c'était surement les deux adjectifs qui la qualifiaient le mieux. Une pièce, à première vue, qui devait faire approximativement dix mètres carré. Une vitre coulissante se trouvait encastré dans le mur en face de moi, et donnait sur un petit balcon. Les murs, d'une couleur simplement blanche, mettait en valeur le lit à double place en bois noir. Des cases et des étagères, surement destiné au rangement, formait un arc autour du lit. En face du lit, une autre porte, et des rideaux mauves. Je marchais dans leur direction, persuadé que derrière se cachait un dressing, mon excitation prenant la place de mon humeur maussade. Je priais intensivement pour que ce soit un dressing, car mes valises sont pleines à craquer. Forcément, à dix-huit ans, j'ai plein de vêtements ! Oui, il est vrai que j'ai un côté « shopping ». C'est donc sur ses pensées nouvellement joyeuses que j'arrachai, si j'ose dire, le rideau mauve. En velours. Comme je l'avais imaginé, un dressing pour ranger ses divers vêtements, et bien qu'il ne soit pas très grand, ça m'allais parfaitement. Je me dirigeais vers la porte, qui m'avait intriguée plus tôt, et découvris, avec amusement, une petite salle de bain. Je ressortis de cette pièce aux teintes bleutées, et m'avançais vers mes valise, faisant glisser habilement mes ballerines sur la moquette, et commençais à m'approprier ma nouvelle chambre, vers, environ dix-huit heures.
[…]
_ Allo ? Souffla Tsunade au combiné, les mains dans la paperasse, l'épaule remontée pour coincer le mobile.
_ Allo ? Baa-chan ! Qu'est-ce qu'il y a ? Répondis-t-il, couvrant le bruit de la fête régnant autour de lui.
_ Ça me fait plaisir de t'entendre, tu sais. Mais où tu es pour qu'il y soit tout ce bruit autour de toi ?! Demanda-t-elle, agacée de n'entendre que des brides de leur conversation. Tu n'étais pas censé rentrer avec Sasuke, dis-moi ?
_ Attends, Baa-chan, je m'isole ... Ouais, t'auras pas une terrasse ou un truc du genre ? Je suis au tel là, et c'est important… Ok, merci. Tu tombes un peu mal à vrai dire, je suis à une fête !
_ C'est après demain que tu commences ta dernière année dans mon établissement, et tu fais la fête ! Patience me bénisse ! S'exclama-t-elle, excédé par l'attitude de son protégé.
_ Oh, Je suis encore en vacance je te signale !
_ Enfin bref ! Ne devais-tu pas rentrer avec Sasuke ? Répéta-t-elle, plus agacé par le bruit étouffé venant du combiné que par la paperasse qui ne cessait d'affluer.
_ Eh ! Il a décidé de rentrer aujourd'hui et de ne pas profiter demain, moi je compte bien en profiter, de mon dernier jour ! Expliqua-t-il, une main sur le barreau du balcon sur lequel il se trouvait.
_ Justement Nauto, je ….
_ Ah nan ! C'est nan Baa-chan, je le sens venir ton coup foireux pour me ramener fissa, la coupa-t-il, plein d'appréhension fondée. Je ne …
_ Naruto ! Le coupa-t-elle à son tour. J'ai besoin de toi - une fois n'est pas coutume - ! J'ai besoin de toi en tant que professeur de M.P.
_ Et si je refuse, hein ? Et d'abord, j'y gagne quoi moi ?
_ Si tu refuses, je te colle tous les samedis du premier trimestre. Si tu acceptes, je te transformerais toutes tes heures de colle en heures de cours avec elle, et tu arrêtes le cours quand tu veux. Minimum deux heures, que ce soit clair.
_ Pour combien de temps ?
_ Le temps qu'il faudra. Et si tu as ton bac entretemps, je te payerais même pour lui donner des cours, si ça marche entre vous.
_ Très bien Baa-chan, conclu-t-il en se passant sa main dans ses cheveux blonds et en laissant son regard turquoise dériver dans les ténèbres de la nuit. Mais t'es manipulatrice, c'est un truc de fou ! Tu me le paieras ! Cria-t-il à l'encontre du combiné, tandis que le bip signifiant la fin de l'appel retentissait.
[…]
Doucement, je poussais la porte, et redécouvris le couloir et ses tableaux. Plutôt grand, éclairé par des lampes que j'assimilais plus à des lustres, mais sombre. Je refermais la porte doucement, et la verrouillais avec la clé que j'avais trouvée plutôt. Et un tableau attira mon attention. Il représentait un homme-buffet, qui, malgré son caractère étrange, réveilla mon appétit. Et comme aurais dit un de mes anciens amis : J'ai la dalle. Oui j'avais faim, et le premier mot qui vient à l'esprit d'une lycéenne de dix-sept ans, c'est Mac. Le deuxième, c'est Do. Le tout formant Mac'Do. Malheureusement, je doutais fortement qu'un de ces délicieux restaurants – si l'on peut dire ça – se trouve dans les parages. Et avec l'expérience de tout jeune adolescent, je savais que le mot de secours, qui m'arrachait la bouche, était peut être une solution, dans cette école. Cantine. Oui, l'endroit où l'on vous sert une bouillie infâme. Et après, on s'étonne que aucun lycéen ayant la possibilité de ne pas y manger n'y aille. Dans ma connerie interstellaire, j'avais oublié de demander là où elle se trouvait. Merde. Je me mit à marcher, voulant plus que tout voir le bout de cet infernal couloir, et priait pour que quelques panneaux m'indiquent la direction. Et Boum. Les fesses collées amoureusement au sol, les mains irritées, et un agacement familier. Bousculé, voilà ce qui s'était passé. Mais ça impliquait une autre personne. Qui allait surement pouvoir me renseigner ! Immédiatement, je remplaçais toutes traces d'agacement de mon visage par des traits focus, qui ne pensaient qu'à rassasier leur propriétaire. D'une taille respectable, – qui me semblait à peu près la mienne – de longs cheveux corbeaux, et des prunelles gris-bleu. Fine et svelte, elle s'excusa confusément, et me tendis sa main, que j'acceptais avec plaisir.
_ Perdue ? Me demanda-t-elle, faisant retentir sa voix cristalline dans le couloir, bisant le silence maussade du château.
_ Nouvelle surtout. Je viens d'arriver. Je m'appelle Sakura. Haruno Sakura, me présentais-je, lui accordant mon premier sourire non forcé depuis « l'incident ».
_ Enchanté ! Moi, c'est Hinata. Tu vas manger ? Dit-elle, une montre à son poignet lui faisant prendre conscience de l'heure : dix-neuf heures.
_ J'aimerais bien ! Mais je sais ne pas du tout où on peut manger ici. Et j'ai oublié de demander à la directrice…
_ Bas, on y va ensemble ? Moi aussi, je commence à avoir faim !
_ Avec plaisir, répondit Sakura, enthousiaste à l'idée de sortir de son indifférence morbide depuis « l'accident ».
Pour réponse, Hinata lui fit un sourire étincelant, et franc. Pas comme celui de Sakura. Elle fit volte-face, et invita Sakura à la suivre, et tenta d'en connaitre un peu plus sur sa nouvelle amie. Étrangement, Sakura eu l'impression qu'elles revenaient sur ses pas. Fichu sens de l'orientation.
_ Tu es arrivé quand ?
_ Ce matin. Et donc on va où ? Y'a une cantine ici ?
_ Non, bien sûr que non ! C'est bourré de surnaturels ici, tous ne se nourrisse pas d'aliments « normaux », pour eux, la cantine, c'est toi ! D'ailleurs, si ce n'est pas indiscret, tu es mi humaine, mi quoi ? C'est rare de rencontrer des impurs, normalement. Enfin, je dis ça, mais moi-même, j'en suis une … Se confia-t-elle, sans pour autant se retourner.
_ Vampire, je crois. Mais, euh, ce n'est pas grave si tu ne veux pas me répondre, mais et toi, tu es … ?
_ Mi-Gorgone. Méduse, si tu préfères.
Toujours pas étonnée. Pas effrayée. Je sentais bien que j'allais en apprendre des biens plus grosses que ça durant le reste de temps que j'allais devoir vivre ici. Et sans que je m'en rende compte, je me sentais déjà mieux. Je trouvais un certain réconfort, à me lier d'amitié à quelqu'un d'autre, qui m'était un peu semblable.
_ Dit. C'est ton père ou ta mère, le surnaturel ? Moi c'est ma mère. Et je m'arrêtais là, prenant bien conscience que dire le nom de ma mère provoquerait chez elle des réactions, quelques peu … Disproportionné.
_ Mon père, dit-elle, sans aucun sentiment apparent. Appart, peut-être, une haine contenue.
Je reconnus la porte de ma chambre sans effort, et ne comprenant rien à ce qui se passait, je demandais à Hinata :
_ Je ne comprends rien. On fait quoi devant ma chambre ?
Elle se retourna vers moi, et entreprit de me répondre.
_ Ok, cool, j'avais peur de m'être tromper, se rassura-t-elle en se grattant la tête, geste nerveux. Tu as ta clé ? J'espère que pour ça non plus, je ne vais pas me tromper !
Je fouillais dans la poche de mon slim, et la lui montra. Une clé doré, légère, et pourtant, d'un dimension respectable.
_ Bon, rentre ta clé dans cette serrure-là. A droite.
Je m'exécutai. Et ce qui m'étonna le plus, ce n'est pas ce qui s'étendait derrière la porte, c'est le fait que je ne me sois pas rendu compte qu'il y avait deux serrures. Quelle idiote ! J'entrais en première, le regard surpris, et joyeux. Une cuisine et une salle à manger. La cuisine était noire, et à la façon américaine, qui me changeait de la traditionnelle européenne de mon père. Une table en béton ciré, sur laquelle se trouvait une nappe blanche. Un ensemble que je jugeais moderne, et qui me convenait parfaitement.
_ Bon, je t'expliquerais ça une autre fois, mais dans la mienne, j'ai déjà un repas de prêt. Bon, c'est les reste de mes pâtes, mais j'espère que ça t'ira !
J'acquiesçais, et la suivis à trouver le couloir, pour aller satisfaire mon appétit, et insciemment, la connaitre un peu mieux. J'espérais de tout cœur me lier un peu plus d'amitié avec cette fille que je ne connaissais que peu, chose dont j'avais cruellement besoin en ce moment. Parce que ça me fait faisait me sentir vivante, me dis-je en refermant la porte de sa cuisine derrière moi, impatiente d'oublier mes problèmes. Tel un originel que je ne connaissais pas encore à ce moment-là.
[...]
Un chapitre lourd en révélations, surtout implicites je trouve ! Bon voilà le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous as plu, et n'hésitez pas à me laisser des commentaires, ca fait toujours plaisir, et je publie plus vite. Ah, et n'hésitez pas à me dire des fautes ou quelques critiques, je corrigerais ça !
