Bonjour ou bonsoir =).

Tout d'abord, je tiens à remercier de tout cœur Larysa-Roswell et Dark Holy Phoenix pour leurs reviews qui m'ont donnée énormément de courage... Vraiment, merci les filles =).
Et une mention spéciale pour Axire, ma merveilleuse beta, qui m'a soutenue, corrigée et motivée... Mille million de merci à toi 3!

Sinon oui le texte est court, mais j'ai trouvé mieux de couper ce chapitre en deux parce que la suite n'est pas encore écrite et je préfère me donner du temps ^^. Voilà voilà j'arrête mes blablas, bonne lecture et encore merci pour vos reviews qui m'ont fait chaud au cœur! N'hésitez surtout pas à en écrire d'autres!

A la semaine prochaine =D!


Update: avant toutes choses voici un petit rappel des dates au Troisième Âge en Terre du Milieu (si certaines sont fausses veuillez m'excuser je suis pas Tolkien non plus XD)

2542: Naissance de Thror.

2590: Thror devient Roi sous la Montagne (Erebor).

2746: Naissance de Thorïn.

2770: Attaque d'Erebor par Smaug.

2941: Bataille des cinq armées.


Douleur. Tout n'était que douleur. Elle voulait crier, mais ne s'en sentait même plus capable... Durant ce qui lui semblait une éternité, elle ne pût que penser à cette souffrance qu'elle supportait sans rien pouvoir y faire. Puis, tout doucement, la douleur laissa place à la fatigue, à ce moment où votre corps semble peser tellement lourd que l'idée même d'ouvrir les paupières vous semble intolérable. C'est alors qu'elle sentit le sol sous sa peau, l'air dans ses cheveux, l'odeur de la terre battue, le bruit du vent dans les feuilles... Après tout ce temps passé dans la Déviance, ressentir de nouveau pleinement ses cinq sens lui semblaient être la chose la plus magnifique qu'il soit. Cela lui donna la force d'ouvrir les yeux.

La lumière du soleil lui brûla d'abord si fort la rétine qu'elle ne put empêcher une larme de couler. Mais pour rien au monde elle ne voulait quitter cette vision enchanteresse : le soleil, éclat jaune et brillant sur un fond bleu, si haut au dessus des arbres. Et quels arbres... Quelques souvenirs de son ancienne vie lui revinrent en tête, mais jamais elle n'en avait vu de si beaux : tellement grands qu'ils semblaient toucher le ciel, l'écorce luisante et respirant la vie, les branches couvertes de feuilles qui tentaient vainement de résister à l'assaut du vent...

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire, et elle pleura de plus belle. Jamais elle n'oublierai ce moment.

Moment qui fut gâché par une odeur nauséabonde et des bruits de pas...

Elle était si faible qu'elle ne pût que regarder deux hommes s'approcher d'elle, parlant dans une langue qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne reconnaissait pas. Après la joie, ce fût la peur qui l'envahit. Puis la panique, lorsque dans un sourire pervers l'un des hommes tendit la main vers elle. Mais cette main s'arrêta, et un troisième homme se mit à parler, d'une voix quelque peu menaçante... Il entra soudainement dans son champ de vision et lui sourit gentiment. Le soulagement et la fatigue eurent raison d'elle, et ce fût le trou noir.

Le deuxième réveil fut beaucoup moins agréable que le premier... Elle avait de nouveau un corps. Ça, c'était sûr. Elle le sentait bien, surtout au niveau musculaire. Saloperies de courbatures... Elle souffla, se donna un peu de courage mental et bougea ses orteils. Les articulations craquèrent. C'était la première fois qu'elle bougeait ses petits (tout est relatif) pieds aussi, ça se comprend. C'était vraiment étrange pour elle de se retrouver dans un corps qu'elle ne connaissait pas du tout. Pas qu'elle regrettait l'ancien, ah ça non. Elle n'avait vraiment pas été gâtée à ce niveau là. Espérons que le nouveau saura tenir la route... En parlant de tenir, maintenant qu'elle avait fait le tour de chaque membre, elle allait tenter de se lever. Oui, ten-ter. Parce que le résultat n'était pas du tout celui auquel elle s'attendait... Faut dire que bon, balancer ses jambes sur le côté du lit où elle se trouvait pour ensuite se lever d'un coup, c'était pas vraiment fûte fûte... Par contre, se ramasser comme une mouche sur un pare-brise en poussant un cri très très pas-du-tout viril, ça semblait faire beaucoup rire le monsieur dans la pièce...

Le-dit monsieur s'approcha d'elle rapidement et l'aida à s'asseoir sur le lit. Elle aurait dû y penser avant. S'asseoir avant de se lever c'était une bien meilleure idée que son plan initial.

Le monsieur (appelons le Sauveur n°1) tenta encore une fois de lui parler, mais rien à faire elle ne reconnaissait absolument aucun mot, cette langue ne pouvait être comparée à aucune autre qu'elle connaissait. Sauveur n°1 comprit rapidement qu'elle était une demeurée, et se la joua à la Tarzan et Jane. Il montra sa poitrine du doigt et dit d'une voix lente, en détachant chaque syllabe :

« -Lardahor. »

Ah. Sauveur n°1 portait un nom très bizarre. Il pointa ensuite son doigt sur elle.

« -Ellie, dit-elle d'une voix comme rouillée. »

Lardahor lui sourit, et elle s'évanouit encore une fois, épuisée par tous les efforts qu'elle avait fourni.

Elle passa 2 mois chez Lardahor à réapprendre à marcher, à bouger les mains, à parler, bref, à utiliser son corps comme un nouveau-né le ferait. 2 mois qui servirent également à apprendre cette langue sommairement. Ce n'était pas du tout compliqué finalement, étant donné qu'il n'y avait aucune conjugaison. Juste des mots pour chaque chose, pour chaque action... Lardahor était d'une incroyable gentillesse, doté d'un savoir et surtout d'une patience inépuisable. Au fil de leurs conversations (très très compliquées au début, il faut bien l'admettre), Ellie apprit que cet homme tenait une petite librairie, et allait de temps en temps livrer des commandes au village voisin. C'est là qu'il l'avait trouvé, allongée au bord d'une route et prête à se retrouver au milieu de gros problèmes. Il l'avait secourue et accueillie à bras ouvert, heureux de cette distraction après la mort de sa femme et de leur petite fille quelques mois auparavant.

Lorsque Ellie pût enfin se lever et marcher plus de deux pas sans se retrouver les dents dans le plancher (si si, DANS le plancher. Régime soupe pendant deux semaines après ça), elle courût (enfin façons de parler) devant le miroir accroché au mur. C'était un vieux miroir, tout ébréché et terne, mais qui hantait ses pensées et ses rêves. Deux mois qu'elle voulait se regarder dedans. Et lorsqu'elle arriva enfin devant... Elle vit le mur. Déjà, la première fois où elle s'était tenue debout elle avait trouvée que le sol il était quand même vachement plus proche que dans ses vagues souvenirs. Mais quand même. Le rire du libraire accentua son air renfrogné. Malgré son hilarité il parvint à décrocher le miroir sans le briser et à le mettre à sa hauteur (c'est-à-dire très bas).

La première chose qu'elle vit ce fût ses yeux : bleus. Les mêmes que dans son ancienne vie. Ni bleus océan, ni bleus azur ou encore bleus acier. Juste... Bleus. Ordinaires.

« -Pitié faites qu'il n'y ait que les yeux qui soient restés, s'il vous plaît », pensa-t-elle.

Des cheveux blonds mi-longs, un peu ternes, entouraient un visage au teint blanchâtre et aux joues creuses. Une bouche fine tordue dans une grimace anxieuse et un nez pas vraiment petit, sans être non plus une patate, complétaient le tableau de son nouveau visage. Il fallait bien l'avouer, même si cette description ne donnait pas très envie elle n'était pas vraiment moche, mais ce n'était pas une bombe non plus...

« -Bon allez, dis toi que c'est quand même vachement mieux qu'avant ! Ah mais tiens c'est bizarre c'est quoi ces petits poils sur ma mâchoire ? Aha on dirait une... Une... »

Un petit quelque chose craqua dans son cerveau alors que le mot "barbe" tournait en boucle.

Elle avait une barbe. Femme + barbe = naine. Elle était une naine. Et les naines n'existaient qu'en... Elle se trouvait dans la Terre du Milieu. Les nains, Erebor, Smaug et... Thorïn...

Tous ses souvenirs affluaient, se confondaient avec d'autres... La mort des Durin, l'anneau, Sauron, la montagne, les orques, les gobelins... La compagnie ! Mon dieu, si ça se trouve, ils étaient déjà parties alors qu'elle se tournait les pouces dans une petite libraire à des milliers de kilomètres de la Comté !

« - Lardahor ! Quel... AAAAAAAAH comment on dit ce mot déjà ? »

Énervée et en panique, Ellie ne réussit à se faire comprendre qu'au bout d'une dizaine de minutes à grands renforts de gestes et de cris hystériques. Au final, le pauvre libraire eu un éclair de génie et alla chercher un calendrier, l'objet de convoitise de la naine au bord de la crise de nerfs. Pendant qu'il allait chercher le bien précieux, Ellie se mit à penser à toute vitesse, le cerveau encore à vif des souvenirs débloqués.

« -Bon, Thorin il est né en quelle année déjà ? Réfléchis réfléchis... C'était en 2600... Non, y'avait un 4 et un 7 dans la date... 2740 ? 2743 ? 2746 ? Oui ! 2746 ! Bon, il a 195 ans lors de la reconquête d'Erebor. Donc, 2746 pluuuus 195 ça nous donne... 2941 ! Mais... A quel mois ? Je sais même pas le mois ! Et s'ils sont déjà partis ? Comment je vais les retrouver ? Ils ont mis presque un an à faire le voyage de la Comté à Erebor ! Comment je vais faire toute seule, tenant à peine sur mes pattes et... Je sais même pas me battre ! C'est une catastrophe c'est pas vrai ! »

Lardahor retrouva la pauvre naine les larmes aux bords des yeux, les ongles rongés et les jambes tremblantes assise au milieu de sa pièce à vivre. Comprenant que la situation était urgente, il lui tendit rapidement le parchemin retraçant les faits historique de son époque jusqu'à l'année en cours qu'il avait gentiment entouré. Ellie lui arracha pratiquement le parchemin des mains et parcourut rapidement le document des yeux avant de stopper tout mouvement au vu de la date entourée. Elle ouvrit la bouche, la referma, puis la rouvrit et demanda d'une voix tremblante :

« -C'est... L'année où nous sommes ? Celle que tu as entourée ?

-Oui, mais pourquoi est-ce tellement impo... »

Ellie lui coupa la parole d'un rire tonitruant, à la limite de la folie. Le libraire comprit vaguement quelques mots comme : Valars, abrutis (elle apprenait vachement vite les insultes la gamine!), humour de merde, raté, foutue... Puis elle s'évanouit. Encore. Une habitude chez elle.

Dans ses mains, le parchemin était légèrement froissé mais l'on parvenait tout de même à distinguer une date, entourée d'encre noire : 2554.