Disclaimer : rien ici n'est à moi. L'univers appartient à JKRowling et à Jane Austen. Je me suis même inspirée de l'adaptation cinématographique d' « Orgueil et Préjugés » par le réalisateur Joe Wright.

Spoilers : Les sept tomes.

Note : J'ai changé le nom de Mary Douglas en Mary MacDonald car c'est le nom qu'elle porte dans le livre de JKRowling (chapitre « Le récit du prince » tome 7) et je ne l'avais pas vu.

Chapitre 2 : Aube

Le soleil venait à peine de se lever et ses rayons encore endormis venaient percer le feuillage automnal du saule sous lequel l'héroïne était assise. Sa chevelure auburn se mariait parfaitement avec les couleurs de l'aube, et avec le tapis de feuilles mortes aux couleurs chaudes qui lui servait de siège. Quelques mèches s'échappaient de son chignon, mais elle n'en avait que faire, elle était captivée par le livre qu'elle lisait, par cette écriture magique, par cette histoire fascinante… qu'il était doux de s'évader un instant.

Elle pouvait entendre l'herbe bruisser sous la bise légère, le doux chant matinal des oiseaux, et rien ne pouvait percer ce calme qui semblait à tout point parfait. Pourtant, elle savait que bientôt ses sœurs se réveilleraient. Lydia et Mary se chamailleraient : Lydia car elle était trop vive et (il fallait le dire) un peu trop dévergondée et Mary trop sage voire trop rabat joie, d'un trop grand sérieux pour une fille de son âge. Kitty se mettrait à rire comme une folle en les regardant. Seule Jane, la douce et discrète sera la seule source de calme de la maison.

Elisabeth Bennet soupira et leva un moment les yeux de son livre. Elle devrait bientôt partir, rejoindre sa maison, mais elle aimait tellement être dans la nature, dans cet état sauvage qui la fascinait.

… mais la cloche du château allait bientôt sonner et elle devrait à nouveau se coltiner Potter. Lily se mit la tête entre les mains. Elle n'arrivait pas à se mettre dans la peau de son personnage et ça l'énervait.

« - Coupez ! » fit une voix au loin.

Minerva McGonagall se rapprocha d'elle et Lily se redressa, lissant la robe bleu pâle qui lui servait de costume. Elle aimait beaucoup ce vêtement, à la mode de la fin du 18ème siècle, cintré au niveau de la poitrine et s'évaporant ensuite jusqu'à ses pieds.

« - C'était très bien, mademoiselle Evans. » dit le professeur. « Mais tâchez de vous concentrer un peu plus la prochaine fois ! »

Lily acquiesça et partit en direction du château pour se changer et retourner en cours.

xxx

Dans le Grand Hall, une affiche avait remplacé celle de l'annonce du casting. A nouveau, les élèves de Poudlard étaient assemblés autour. Certains s'exclamaient, d'autres pleuraient, et d'autres encore riaient à perdre haleine.

« - Je ne vais pas jouer dans le fiiiiiiilm ! » geignait une Poufsouffle.

« - Je n'arrive pas à croire que Midgen a réussi à décrocher un rôle ! Elle est tellement laide ! » pouffait une serdaigle.

Mais celui que l'on entendait le plus était, sans aucun doute, Sirius Black.

« - Cornedrue a le rôle principal avec Evans ! Je n'y crois pas ! » hurlait-il avant de s'éclater de rire à nouveau.

James, mal à l'aise, ne savait plus s'il devait fuir, se cacher, ou tout simplement soupirer d'agacement.

« - J'ai vu que tu jouais aussi dans le film. » dit Remus pour essayer de calmer Sirius.

Mais celui-ci était pris d'un fou rire incontrôlable.

« - C'est qui d'ailleurs ce Charles Bingley ? » ajouta Remus en se tournant vers James.

« - D'après ce que j'ai lu dans le scimario… le scininaroi… enfin bref, dans le texte que le professeur McGonagall m'a donné, Charles Bingley est le meilleur ami de Darcy. »

« - Elle a bien choisi les rôles. » dit Remus avec un sourire. « Et le Monsieur Hurst que je vais jouer, c'est qui ? »

« - Le mari d'une des sœurs de Bingley… d'après ce que j'ai lu, il ne pense qu'à dormir et à chasser… »

Remus haussa un sourcil.

« - C'est sympa, merci. » grogna-t-il vexé.

« - Ne t'inquiète pas, on sait très bien que tu n'es pas comme ça dans la réalité. » lui dit James pour le rassurer.

Mais avant que Remus ne lui réponde, Sirius s'était un peu calmé et il prit la parole.

« - Et tu as des informations sur mon personnage ? »

« - Alors, d'après ce que j'ai lu, tu vas tomber sous le charme de Jane Bennet, la sœur aînée d'Elisabeth… »

Sirius reporta son regard sur l'affiche et il pâlit en voyant qui jouait la Jane en question.

« - Melissa Kent ? » fit-il d'une voix blanche.

« - Ca te dérange ? » demanda James.

« - Moi je dirais que c'est plutôt le contraire… » murmura Remus avec un sourire en coin.

Un profond soupir les interrompit.

« - Oh, allons Peter ! » s'exclama Sirius. « Ce n'est pas la fin du monde ! Tu auras même moins de travail que nous, alors réjouis-toi ! »

« - Oui, mais comme vous jouez tous dans le film, je me sens un peu seul… » gémit Peter.

Remus posa une main sur son épaule et entreprit de le rassurer.

Un peu plus loin, Severus fixait le rouleau de parchemin, figé sur place. Comment avait-il pu décrocher un rôle dans ce maudit film alors qu'il ne s'était même pas pointé au casting ? Et qui était ce Monsieur Collins à la fin ?

xxx

A peine fut-il sortit du bureau de son professeur de métamorphose, que Severus se jeta sur le scénario qu'elle venait de lui donner. Monsieur Collins était un pasteur… Severus grimaça.

« Je serai habillé en noir, c'est déjà ça. »

Il était assez ridicule.

« Heureusement je n'ai pas un grand rôle. »

Il va demander la main d'Elisabeth Bennet qui va refuser, et il épousera à la place sa meilleure amie, Charlotte Lucas. Severus vérifia distraitement qui jouait le rôle de ces deux dernières. Severina Davies jouait le rôle de Charlotte Lucas. Il haussa les épaules d'un air indifférent. Quand à Elisabeth Bennet… il pâlit.

« Oh non… »

Il allait demandait Lily Evans en mariage… et elle allait refuser !

xxx

Lily fixait d'un air absent le miroir de sa loge improvisée tandis que Melissa qui s'était improvisée maquilleuse lui faisait un chignon, laissant retomber des mèches de ses cheveux bouclés sur son front. Elle maudissait encore le professeur McGonagall pour lui avoir donné le rôle principal avec Potter… surtout lui ! Qu'est-ce qui lui avait pris de choisir Potter pour jouer Monsieur Darcy ? Ce personnage était un modèle d'élégance, de prestance… bien sûr, au niveau de la fierté et de l'arrogance, Potter lui ressemblait trait pour trait… mais ce n'était pas une raison ! Elle n'avait lu que la moitié du livre et avait seulement lu les pages du scénario qui concernaient ce qu'elle allait jouer aujourd'hui, mais elle craignait de plus en plus qu'Elisabeth Bennet finisse par tomber amoureuse de Monsieur Darcy. Bien sûr, avant, quand elle lisait le livre innocemment, elle rêvait qu'il y ait de la romance entre eux, mais à présent qu'elle jouait ce rôle, il n'était pas question que son personnage succombe aux charmes d'un personnage joué par Potter.

Un peu plus loin, elle entendit Alice pouffer de rire. Elle était sensée jouer Madame Bennet, la mère de l'héroïne : il fallait donc la vieillir d'au moins trente ans. Severina, qui s'était désignée pour la maquillée, lui avait mis déjà trois couches de fond de teint blanc et essayait de dessiner des rides au coin de ses yeux avec un fin crayon gris. Les cheveux poudrés de blanc, Alice, face à son reflet, ne pouvait plus cacher son hilarité une seconde de plus.

Lily, en l'entendant pouffer ainsi, se demanda s'il n'y avait pas une autre raison. Si Alice jouait Madame Bennet, Monsieur Bennet n'était autre que Franck Longdubat, le garçon que le blonde aimait depuis sa première année à Poudlard. Lily avait de bonnes raisons de croire que c'était réciproque mais les deux jeunes gens étaient tellement timides l'un envers l'autre que ce n'était pas demain la veille que l'un des deux se déciderait à faire le premier pas.

« - Tu veux que je t'aide à te préparer ? » demanda Lily une fois que Melissa lui eut posé la dernière touche de maquillage sur le visage.

Melissa acquiesça et Lily prit sa place.

xxx

« Monsieur Bennet, Netherfield Park est enfin loué ! » s'écria Alice, dans le rôle de Madame Bennet en poursuivant Frank, déguisé en Monsieur Bennet, les cheveux poudrés, coiffés en catogan, et le visage vieilli avec l'aide du maquillage. « Ne voulez-vous donc pas savoir qui s'y installe ? »

« A quoi bon vous le demander, puisque de toute façon vous allez me le dire. » soupira Monsieur Bennet en observant à la dérobée sa femme qui semblait friser l'hystérie.

« - Sachez, mon ami, que d'après ce que j'ai entendu dire, Netherfield a été retenu par un jeune homme fort riche du nord de l'Angleterre, un dénommé Bingley ! Il est célibataire et possède quatre ou cinq mille livres de rentes par an. Quelle aubaine pour nos filles ! »

« - Comment cela ? En quoi sont-elles concernées ? »

« - Monsieur Bennet, que vous êtes donc agaçant ! »

Lily, de l'autre côté de la caméra, ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant Alice et Frank agir ainsi. On aurait réellement eut l'impression que c'était un vieux couple tellement leur jeu paraissait naturel. Alice s'exclamait, s'irritait, gesticulait dans tous les sens, tandis que Frank, taquin, s'amusait à la faire tourner en bourrique.

« - Vous n'avez aucune pitié pour mes pauvres nerfs ! »

« - Vous vous trompez, ma chère. J'ai le plus grand respect pour vos nerfs. Ce sont mes vieux amis. Voici au moins vingt ans qu'avec considération, je vous entends m'en parler. »

« - Mais il faut lui rendre visite au plus vite ! »

« - C'est inutile. »

« - Comment ça, c'est inutile ? » s'époumona Madame Bennet.

« - Je lui ai déjà rendu visite. » répondit Monsieur Bennet d'un air impassible. Cependant, un léger sourire en coin le trahissait.

A ce moment-là, la porte qui cachait les cinq sœurs Bennet s'ouvrit à toute volée et cinq jeunes filles firent irruption dans la pièce.

« - Et ira-t-il au bal ? » s'exclama Lydia Bennet (jouée par Lalita Patil), la plus jeune des sœurs.

Jane, l'aînée, essaya de la calmer, mais la jeune fille semblait tellement excitée qu'il était impossible de la contenir.

« - Oui. » répondit Monsieur Bennet.

« - Et pourrons-nous y aller ? » cria Kitty à son tour (jouée par Indira Patil).

« - Assurément. » répondit Monsieur Bennet.

A ce moment-là, la pièce fut emplie de cris aigus que Jane et Elisabeth Bennet tentèrent en vain d'apaiser : Madame Bennet s'étant joint à l'excitation de ses filles cadettes, la partie était perdue d'avance. Lydia et Kitty s'étaient mises à valser tandis que Madame Bennet couvrait son mari d'éloges exagérés. Elisabeth croisa le regard de son père et tous deux échangèrent un sourire discret.

xxxx

Poudlard, depuis quelques jours, était en effervescence. La prochaine scène jouée serait un bal et les élèves étaient tous invités à jouer les figurants. Les filles se battaient déjà pour choisir un costume et McGonagall avait dû les calmer pour qu'elles ne choisissent pas les plus luxueux.

« - Ce bal est donné dans une demeure aisée mais non noble. Des bals plus luxueux seront donnés dans le film et vous pourrez choisir des costumes plus à vos goûts… sachant, bien évidemment que les personnages principaux devront être mis plus en valeur. »

Seules Mary Macdonald et Amélia Bones seraient vêtues d'habits plus élégants car elles jouaient le rôle de femmes extrêmement riches. Lily, elle, ne se souciait point des costumes. Elle avait d'autres problèmes. Un en particulier. Et il la rendait particulièrement nerveuse. Ca allait être la première scène qu'elle allait jouer avec James Potter et dès qu'elle y pensait, elle se sentait prise de nausée. Melissa, elle, hésitait entre l'excitation ou l'angoisse : elle aussi redoutait cette scène mais en même temps elle l'attendait avec impatience. Elle allait jouer avec Sirius Black, son amour de toujours.

De son côté, James ne tenait plus en place. Sirius et Remus, qui essayaient de lui faire réciter son texte se désespéraient. Lors de sa première rencontre avec Elisabeth Bennet, Monsieur Darcy devait rester quasiment indifférent à la jeune femme, la définissant même de « passable, mais pas assez jolie pour me charmer »… mais cela outrait James.

« - Comment voulez-vous que je dise que Lily, ma magnifique Lily n'est que passable ! Ce serait blasphémer ! Non, je vais lui faire un baisemain, et tout de suite l'inviter à danser ! »

« - James, ce ne sera pas Lily que tu auras devant toi mais Elisabeth Bennet ! » lui dit le plus calmement possible Remus. « Et toi tu ne seras d'ailleurs plus James mais Monsieur Darcy, un fier et riche gentleman ! »

James soupira, agacé.

« - Mais t'inquiète pas Jamesie ! » s'exclama Sirius en lui ébouriffant les cheveux. « Monsieur Darcy l'aura sa danse avec Elisabeth Bennet, mais pas tout de suite ! »

Peter acquiesça et James fut calmé pendant l'heure qui suivit.

On pouvait voir, dans les couloirs de Poudlard, les préfets s'affairer, faire des allers et retours et courant, les bras chargés de tissus, de costumes, d'éléments de décor. Le premier bal du film, étant plus intimiste, aurait lieu dans une salle de classe du château et non dans la Grande salle. Le professeur Flitwick dût donc déménager et partager la salle du professeur McGonagall… inutile de préciser que le nombre d'heure de cours en métamorphose et en enchantement diminua durant les semaines suivantes. Les élèves eurent par contre des heures de cours supplémentaires pour apprendre à danser correctement.

Lorsque le jour J arriva, la salle habituellement utilisée pour le cour d'enchantement était métamorphosée. Seule la lumière des bougies éclairaient la pièce, des tapisseries étaient accrochées aux murs, une table de banquet joliment ornée avait été placée au fond de la salle, et Dumbledore, on ne sait comment, avait fait venir un petit orchestre…

La fête battait son plein lorsque l'arrivée de cinq visiteurs installa le silence dans la salle. Lily et Melissa… ou plutôt Elisabeth et Jane Bennet se faufilèrent au milieu des danseurs pour se rapprocher de Severina Davies, ou plutôt de Charlotte Lucas, l'amie intime d'Elisabeth, tandis que les cinq personnes richement vêtues avançaient au milieu de l'allée d'honneur qu'avaient formée les personnes présentes.

« - Lequel de ces hommes est Monsieur Bingley ? » demanda Elisabeth à l'oreille de Charlotte.

« - Celui du milieu. » lui répondit son amie en lui montrant un homme distingué au visage avenant qui répondaient d'un sourire franc et agréable à ceux qui le saluaient. Melissa oublia un instant son rôle de Jane, et ne put s'empêcher de rougir lorsque le sourire de Sirius lui fut adressé.

« - Et quelles sont les femmes qui l'accompagnent ? » ajouta Elisabeth.

« - Ce sont ses sœurs. » fit Charlotte en désignant les deux belles femmes dont l'élégance en fascinait plus d'un. « Celle à sa droite est Caroline Bingley, et celle à sa gauche est Madame Hurst, son mari est à ses côtés. »

Mary MacDonald, qui jouait le rôle de Caroline Bingley, essayait tant bien que mal de garder son sérieux tandis qu'Amelia Bones, qui jouait Madame Hurst tentait d'afficher un petit air supérieur qui jurait avec la douceur de son caractère et de son visage. Remus Lupin, qui jouait Monsieur Hurst, semblait véritablement mal à l'aise et son visage semblait jongler entre l'expression bourrue de son personnage et une expression tendue.

« - Et l'autre homme ? »

« - Lui, c'est Monsieur Darcy. »

« - Quelle pauvre et misérable personne ! » s'exclama Lily d'un ton moqueur.

Il est vrai que Monsieur Darcy, bien que sa haute stature et son noble visage attira tout de suite les regards, regardait droit devant lui d'un air supérieur, sans desserrer les dents ni montrer l'ombre d'un sourire. Lily, qui s'attendait à ce que James soit incapable de garder son sérieux, fut surprise, voire même admirative devant son jeu. Elle avait même failli ne pas le reconnaître !

« - Misérable peut-être. » chuchota Charlotte, « mais pauvre sûrement pas ! On raconte qu'il possède dix mille livres de rentes annuelles ! »

Elisabeth fit une moue pensive en regardant les filles qui se bousculaient pour se faire remarquer par lui.

« - Je me demande s'il paraîtrait aussi séduisant s'il ne possédait pas dix mille livres de rentes… »

Jane leva les yeux au ciel et elle ne put s'empêcher de rire sous cape. Très vite, Mme Bennet attrapa ses deux aînées chacune par un bras pour les présenter aux deux riches hommes. Monsieur Bingley fut toute politesse et invita très vite Jane à danser (au plus grand bonheur de Madame Bennet). Monsieur Darcy, de son côté, se contenta d'un hochement de tête poli et s'isola dans un coin de la salle. Durant toute la soirée, il refusa de danser avec les jeunes personnes qu'on lui présentait, bien que les cavaliers soient en minorité. Il fut très vite considéré comme l'homme le plus orgueilleux et le plus détestable qu'il fût. Elisabeth, au bout d'un moment, se retrouva sans partenaire et dût se contenter de regarder ses sœurs danser. A ce moment-là, elle se trouvait près de Monsieur Darcy. Celui-ci n'avait pas dû la voir car il était en grande conversation avec Monsieur Bingley qui avait délaissé un instant Jane pour l'encourager à venir danser.

« - Je refuse de danser avec quelqu'un que je ne connais pas et tes sœurs sont déjà prises. »

« - Mais enfin, regarde Jam… regarde ! Tu es entouré de charmantes jeunes filles et plusieurs d'entres elles sont quand même bien jolies ! »

« - Tu danses avec la seule beauté de la pièce. » répondit Darcy en faisant allusion à Jane.

Monsieur Bingley prit à cet instant-là un air rêveur.

« - C'est la plus divine créature que j'aie jamais rencontrée ! Pourquoi ne danserais-tu pas avec sa sœur qui est juste derrière toi. »

Darcy jeta un bref regard à la jeune fille et répondit d'un ton froid :

« - Elle est passable, mais pas assez belle pour me tenter. »

Elisabeth faillit s'en étrangler, mais elle reprit très vite contenance et passa fièrement devant lui pour se confier à Charlotte.

Monsieur Bingley passa une grande partie de la soirée en compagnie de Jane, au plus grand bonheur de Madame Bennet qui, si cela avait été possible, les aurait marié sur le champs. Son manque de délicatesse manqua de briser ce moment magique, mais Elisabeth réussit à faire diversion… et à se venger de Monsieur Darcy par la même occasion. Ils étaient réunis, Monsieur Bingley, Jane, Madame Bennet, Darcy et elle dans un coin de la salle. Charles Bingley vantait l'humour de Charlotte Lucas, avec qui il venait de danser, auprès d'Elisabeth.

« - Oui, elle est tout à fait charmante. » lui répondit Elisabeth.

Madame Bennet prit un air pincé.

« - Oui… » dit-elle. « Mais dommage qu'elle ne soit pas plus jolie. »

« - Maman ! » s'offusqua Elisabeth, horriblement gênée.

« - Mais tu dois bien reconnaître qu'elle n'est que quelconque ! » s'exclama Madame Bennet. « Pas aussi jolie, en tout cas, que ma petite Jane ! »

Si elles avaient pu, Jane et Elisabeth se seraient cachées dans un trou de souris. Charles Bingley, de son côté souriait, embarrassé et Monsieur Darcy restait impassible.

« - Je me souviens qu'un homme du voisinage s'était entiché d'elle alors qu'elle n'avait à peine quinze ans ! » continuait Madame Bennet, imperturbable. « Il lui avait même écrit un ou deux sonnets. »

« - Et ainsi s'achève l'histoire ! » s'exclama Elisabeth pour faire taire sa mère. Puis, se forçant à rire, elle se tourna vers les autres. « C'est étonnant, n'est-ce pas, comme la poésie peut guérir de l'amour ! »

« - Pourtant je croyais que la poésie nourrissait l'amour ? » intervint Monsieur Darcy qui, jusque là, n'avait à peine desserré les dents.

D'abord surprise, Elisabeth retrouva très vite son aplomb.

« - Un amour profond et sincère peut-être mais s'il ne s'agit que d'un simple penchant, la poésie en a très vite raison. »

« - Et que conseillez-vous, dans ce cas, pour nourrir cet amour ? »

Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme.

« - La danse. » répondit-elle. « Même si votre partenaire ne vous paraît que passable. »

Elle soutint le regard surpris de Monsieur Darcy et fit demi-tour sur elle-même pour s'éloigner, fière de son petit effet. Puis, en allant qu'elle avançait, elle sentit la colère, l'humiliation et la honte la gagner et elle se dépêcha d'atteindre la sortie.

xxx

Lily était assise dans un fauteuil près de la cheminée. A cette heure avancée de la soirée, la salle commune était quasiment vide, mais elle n'arrivait pas à se décider à aller se coucher. Elle repensait à James Potter jouant le rôle de Monsieur Darcy. Il avait tellement bien incarné ce personnage qu'elle s'en sentait troublée. Elle avait l'impression d'avoir découvert un autre Potter, un Potter qu'elle ne connaissait pas jusqu'à maintenant. Elle était tellement plongée dans ses pensées, qu'elle n'entendit pas la personne s'approcher d'elle, et elle sursauta quand cette dernière prit la parole.

« - Si j'avais réellement était Monsieur Darcy et toi Elisabeth Bennet, je n'aurai pas attendu que mon ami me le dise pour t'inviter à danser. »

Etonnée, Lily se retourna pour faire face à James Potter qui se tenait debout, à côté de son fauteuil, le regard plongé dans le sien.

« -… et j'aurai considéré comme un blasphème de te juger comme 'juste passable'. »

Lily ne put s'empêcher de rougir et elle baissa les yeux.

« - Je suppose que je dois te remercier de ton compliment. » murmura-t-elle, encore plus troublée.

James lui sourit, déposa un baiser sur sa main, comme un parfait gentleman, et monta se coucher. Lily resta un long moment à fixer l'escalier par lequel il avait disparu puis essaya de se convaincre qu'elle n'était pas Elisabet Bennet, qu'il n'était pas Monsieur Darcy, qu'il fallait qu'elle redescende sur Terre et surtout, surtout qu'elle aille se coucher !