Hello!
Tout d'abord merci de suivre cette histoire dont voici la suite
Et merci pour toutes les reviews et celles anonymes sur cette histoire comme sur toutes les autres, je vous adore!
J'ai enfin fini ma journée, j'avance dans la rue principale, flânant un peu pour aller à mon café habituel avant de rentrer quand le panneau jaune fluo sur mon trottoir attire mon attention.
«Sex-Shop, location, lingerie, accessoires, diffusions...»
Je le fixe quelques secondes, les mains enfoncées dans les poches de mon imper noir avant de finalement céder, tournant dans la petite allée.
Je pousse la porte du magasin qui n'est pas glauque, bien décoré, une vendeuse avenante. Je parcours les rayons, ignorant royalement le rayon DVD. Ce qui m'intéresse c'est les lanières et autres choses. Elle vient me voir, me demande si je m'y connaît, si j'ai des préférences.
- Je cherche quelque chose de nouveau pour mon Soumis.
- Oh, vous pratiquez depuis longtemps?
- Quelques mois, trois environ.
- Et vous voudriez quoi?
- Quelque chose qui ne fasse pas trop mal, qui ne laisse pas de trace. Peut-être une chose qui provoque une douleur vive mais courte, autre chose qu'une badine ou autre. Vous voyez?
Elle réfléchit un moment, pas du tout choquée de ce que je raconte. C'est son job après tout, on se doit d'être pro.
- J'ai une idée qui pourrait vous plaire, par ici.
Je la suis alors qu'elle navigue aisément entre les rayons, elle ouvre un tiroir et me tend un petit article de ses ongles manucurés rouges. Je le prends et l'observe, perplexe. Des pinces à tétons?
- La pression est réglable. Celle de base n'est pas réellement douloureuse mais vous pouvez resserrer à mesure de vos expériences.
- Oh, je vois. Merci, ça m'a l'air intéressant.
- C'est pourtant un classique, vous ne connaissiez pas?
- Avant mon partenaire actuel je n'étais pas dans ce genre de registre... Et les recherches en ligne...
- Affichent souvent le plus hard. Je comprends. Je peux vous conseiller d'autres petites choses si vous voulez.
N'ayant rien à perdre, j'accepte. Une professionnelle pour m'expliquer ce que je ne connais pas et ça aide bien. Je refuse encore les films, je n'ai pas envie de voir ça même si ça pourrait être... instructif. Quand je sors du magasin, le petit sac noir est très pratique, on ne sait pas d'où je viens, je peux même aller boire mon café peinard avant de rentrer à la maison.
J'ai rajouté une chaise à notre salle de jeux. Je suis torse nu, juste mon vieux jean alors que j'attends Will. Sera-t-il d'humeur? Il n'a jamais dit non cela étant, jusqu'à présent. Quand il rentre et qu'il me voit adossé contre le mur du couloir de l'entrée, je vois son regard changer, une étincelle y apparaît. Parfait. Sans un mot, il pose manteau et chaussures, ferme la porte à clé et me suit docilement jusqu'à notre autre chambre. Dès qu'il y pénètre, il enlève t-shirt, pantalon et chaussettes, s'agenouillant à l'entrée, en caleçon, mains à plat sur ses cuisses et la tête basse. Il attends de savoir ce que je lui réserve.
- Que pense-tu de cette chaise Will?
- Elle me rend curieux Maître.
- Lève toi et vient à moi.
Évidemment, il obéit. Bon garçon. Je sors un bandeau noir de ma poche et le lui applique sur les yeux. Je le fais asseoir sur la chaise, attache ses mains dans son dos et sa respiration a un léger accroc. J'aime ça. Je prends le casque audio sans fil que l'on m'a offert et le lui pose sur les oreilles, mettant en route la chaîne hifi lui étant lié. La musique se repend dans ses oreilles et je reviens devant lui. Il ne m'entend pas, ne me voit pas, ne peut pas me toucher. Complètement à ma merci, sans défenses aucunes.
Il a un petit sursaut quand mes mains froides se posent sur lui, caressantes. Mes lèvres redessinent la ligne de sa mâchoire, descendent dans son cou, embrassent sa pomme d'Adam puis ma langue vient laper ce petit creux entre les clavicules, suivant ensuite le tracé de celles-ci. Sa peau frissonne sous mes caresses, mes mains cajolent ses hanches et ses cuisses, surtout l'intérieur là où il est le plus sensible... Il peine à garder un souffle égal. Dans ses oreilles coule une musique érotique, playlist conseillé par la demoiselle du magasin. J'ignorais qu'on pouvait trouver des CD aussi. Je m'assois sur ses genoux, mon torse frotte contre le sien alors que je l'embrasse passionnément, mon bassin provoquant une friction entre nous, le tissu rêche de mon jean se faisant sentir à travers la finesse de son sous-vêtement. Il gémit et halète entre mes lèvres, je bois ces sons à leur source. Par cette expérience j'essaye de concilier nos deux tendances sexuelles. Le SM soft pourrait être notre terrain d'entente. Je fini par m'éloigner et ne le touche plus. Il a la tête rejetée en arrière, la bouche entrouverte, la respiration saccadée. Le bout de son érection dépasse de son caleçon. Je lui enlève ce bout de tissu inutile tout en prenant bien garde à ne surtout pas toucher sa peau. Je prends notre ami l'œuf vibrant, le met en marche et l'applique contre son sexe, un cri lui échappe et il se tend, ma main sur la chaise permet à celle-ci de ne pas basculer en arrière. Sa voix m'appelle, me supplie, marmonne des choses incompréhensibles. Putain, je bande dur.
Puisque c'est un plug anal, je décide de mettre ce joli petit objet à sa place, c'est à dire bien au chaud en William qui geint, c'est vitesse minimal, ça le stimule, le taquine sans réellement lui donner ce qu'il veut. Je le laisse ainsi, pantelant, attendant alors que je sors mon principal nouvel achat. Elle m'a dit que la pression était réglée correctement pour une première fois. Parfait. Je me penche et pose une bise sur son front, il sait que je suis juste à coté dorénavant. Je regarde les petites pinces à tétons dorées, le cordon noir les reliant, plutôt joli à vrai dire comme accessoire. Je m'attendais à plus moche honnêtement. Je souris puis les lui applique.
- Ahhh!
Réaction immédiate, il est tendu comme un arc. Je m'agenouille entre ses jambes, posent les mains sur ses hanches pour le maintenir en place alors que la pointe de ma langue vient lécher et tourmenter la partie de son téton qui dépasse de la pince. Il gémit et se tortille, répète mon nom comme un mantra. Il supplie son Maître adoré de lui donner plus. Je sais qu'il est presque à bout. La sensation d'impuissance, le plug, les pinces, il en faut peu pour l'achever. Mes doigts prennent la place de ma langue sur sa poitrine sensible alors que ma bouche, elle, vient taquiner son sexe. J'ai à peine le temps de le suçoter qu'il craque, je le laisse donc jouir, continuant d'embrasser délicatement sa verge, son aine et l'intérieur de ses cuisses. Je m'essuie le visage d'un vague geste de la main puis lui enlève le plug et les pinces puis le casque et enfin le bandeau. Le regard qu'il m'offre n'est empli que de plaisir, d'admiration et de désir.
- Tu en veux encore?
- Oui Maître... un murmure diffus.
- Que veux-tu?
- Vous sentir en moi...
Comment refuser? Je laisse les mains de William attachées dans son dos mais je le mène doucement au lit où il s'allonge sur le ventre. J'enlève mon pantalon et mon sous-vêtement sous ses yeux gourmands. J'aime qu'il me veuille autant. Installé derrière lui je lui relève la croupe et en profite pour poser quelques baisers dessus ce qui le fait doucement soupirer. Il couine un peu quand ses tétons frottent contre les draps mais je fais exprès de l'aplatir contre le lit, l'obligeant à s'y frotter. Et finalement, je le possède. Son corps me résiste un peu mais finalement me laisse le passage et il a une sorte de son de contentement.
Je lui octroie de grands coups de reins et il crie pour moi, comme je le souhaite. Je m'habitue progressivement à ce genre de séances et bon dieu, j'adore son corps. J'aime m'y plonger et le pilonner avec force, j'aime le sentir s'ouvrir pour moi et ensuite essayer de me retenir en lui un peu plus longtemps. J'aime cette chaleur, cette étroitesse...
- J'adore ton cul William.
- M-Maître...
Et pas que ça. Je l'adore lui, tout court. Sa façon de parler, sa façon de marcher, sa façon de me regarder et de me sourire, ses petites manies au quotidien. Mes doigts s'enfoncent dans la peau fine de ses hanches, il aura sûrement un bleu ou deux mais je m'en fiche, tout comme lui. Ce qui compte c'est le plaisir qu'on prend ensemble. Je reconnais les signes que m'envoie son corps, il ne va pas tenir bien longtemps et moi non plus. Encore un peu, le temps de faire grossir cette boule chaude dans nos ventres juste avant qu'elle n'explose pour se répandre dans nos sexes, nos hanches, nos jambes et nous laisse pantelants, exténués, allongés l'un sur l'autre dans le lit aux draps froissés.
Je me reprends suffisamment pour me défaire de son corps si accueillant et détache ses bras, les ramenant devant lui. Je lui frotte doucement les poignets puis les épaules afin que le sang reprenne une circulation normale. Il me sourit. Un sourire un peu vague, ses yeux brumeux mais j'aime cet air de satisfaction béate. J'ai envie de l'embrasser tendrement alors je le fais. Il ne me le refuse pas.
- J'adore ce que vous me faites, mon Maître...
Je souris à mon tour, mes doigts dans ses cheveux de miel. Comment arrêter? Comment regretter alors qu'il a l'air ainsi, si serein, si apaisé? Ça vaut bien le coup je suppose.
- J'ai d'autres surprises pour toi, pour une autre fois.
- J'ai hâte alors...
Il se love contre moi et je le câline. Un coup d'œil au réveil discret, on a encore du temps et ensuite on ira se faire un bon petit dîner. On mangera juste un peu plus tard que d'habitude, rien de grave. Ces moments de tendresse, je ne veux surtout pas les écourter.
William sourit, semblant heureux de ce qu'il sort du grand sac plastique que Iris a déposé pour lui. Des pelotes de laine. De toutes tailles et couleurs, je me demande ce qu'il compte en faire.
- N'vers?
- Oui, répondis-je tout en m'affalant dans mon fauteuil favoris.
- Tu refais un yarn bombing cet été?
- Probablement, ça amuse les gens et ça occupe les petites mémés. Les plus jeunes aussi remarque.
- Je peux participer alors?
Il est là, les yeux brillants en serrant une pelote rose contre son cœur, adorable comme tout. L'envie de l'embrasser me revient, juste un tendre baiser mais... J'acquiesce avec un petit sourire.
- Tout le monde le peut Will, et je serais d'autant plus ravi de te compter, toi, parmi les participants.
- Merci!
Il s'est déjà amusé à me tricoter une écharpe cet hiver, rayée noir et blanc. A la base c'était juste une boutade de ma part, je lui avais dit de me tricoter une écharpe après sa découverte des restes du yarn bombing de l'année. L'événement, si on peut dire, consistant à tricoter des pièces en laine colorée et de les attacher aux arbres et poteaux du centre-ville et de la ville en général, redonnant un peu de vie, de jeunesse et de peps à ces lieux. Cela fait trois ou quatre ans que ça marche bien mais allez savoir, mon voisin n'y avait pas fait attention jusque récemment. Il semblerait que le tricot le détende, il est souvent pelotonné dans le canapé dorénavant, ses mains faisant habilement cliqueter les deux longues aiguilles en tissant la laine pour créer un motif sur la pièce finale. Il a ce petit sourire en coin qui le rend si mignon, surtout sur son visage aux traits sereins. Si j'avais su, je l'aurais mis à la thérapie laineuse bien plus tôt.
Une main douce passe sur ma joue, le pouce la frotte doucement. Une autre est dans mes cheveux, passant dans les mèches châtaines. C'est confortable... intime. Je me sens bien. Le pouce descend de ma pommette pour aller redessiner mes lèvres. Un léger soupir m'échappe.
- Nathan...
Je ne réponds pas, laissez moi profiter de mon bien être. J'ai dû m'endormir devant la télé. Un poids sur mes genoux, une odeur familière et aimée envahit subitement mes narines. La chaleur d'un corps contre le mien puis finalement un baiser sur mes lèvres. Doucement je papillonne des yeux, bien que seul mon œil droit puisse voir, le gauche ayant été trop endommagé pour ça. D'où mon utilisation de lunettes lorsque mon globe oculaire fatigue. Mais là n'est pas le sujet. J'ai un adorable vauzellien assit sur mes cuisses, les joyaux de ses yeux sont baissés et ses joues sont rouges.
- Recommence...
Je murmure de peur de faire éclater cette bulle de tendresse qu'il a pour une fois instaurée de lui-même. Il tressaille légèrement. A vrai dire, il me rappelle un peu un petit animal sauvage et qui a peur mais qui veut quand même vous approcher. Lentement, il remet ses mains sur mes joues qu'il caresse, je ferme les yeux pour mieux profiter. Peut-être que Willy se sent mieux sans mon regard puisque alors il accepte de se pencher et enfin, cette divine sensation reviens. Juste une pression au départ puis il s'enhardit, fait bouger ses lèvres sur les miennes jusqu'à ce que je réponde à son baiser mais c'est lui qui mène notre danse, je ne fais que suivre ses pas hésitants. Puis il abandonne mes lèvres pour se réfugier dans mon cou. Là seulement je m'autorise à bouger, caressant ses cheveux et son dos.
- Merci Will.
Il ne dit rien mais je sens son sourire contre ma peau. Il aime me faire plaisir mais j'aimerais qu'il aime simplement me chérir. Ou peut-être que j'aimerais...qu'il m'aime...
Après avoir fait le sex-shop, me voilà dans un Sephora. Je vous jure, qu'est-ce qu'il faut pas faire pour s'accorder à son partenaire... A vrai dire, il ignore ce que je lui réserve. La Saint Valentin approche et si je ne pourrais pas lui faire l'amour tendrement comme l'envie m'en tiraille depuis quelques temps déjà, je compte trouver un autre accord entre ses envies et les miennes. Pour cela, il me faut une bougie. Pas une bougie lambda sinon je ne serais pas dans cet antre féminin par excellence qui empeste le parfum. Un peu plus et ça me ficherais la migraine. Réellement.
- Je peux vous aider?
Une vendeuse guindée, fardée et parfumée. Je retiens un haut-le-cœur disgracieux. Elle n'y est pour rien sans doute, une sorte de déformation professionnelle.
- Je cherche une bougie d'huile de massage.
- Bien sûr, nous en avons beaucoup.
Elle tourne les talons, aiguilles, 8 cm à vue de nez, et je la suis jusqu'à un rayon coloré. Elle m'indique celles qui sont comestibles ou non, m'en fait sentir quelques unes... Toutes ces senteurs me tournent la tête. Finalement mon choix se porte sur bougie saveur chocolat noir et pointe d'orange, l'huile étant à étaler sur son partenaire puis à déguster selon les envies. Je passe en caisse et acquiesce vaguement au «C'est un cadeau?» me voilà donc avec un paquet arborant un cœur rose fluo fourré dans un sac de la marque. Pour moi et ma crédibilité si on me reconnaît dans la rue avec ça...
La lumière est tamisée dans la chambre rouge, notre salle de jeux, notre cocon érotique... William est allongé sur le ventre, détendu. Si on est là, c'est surtout pour ne pas salir nos draps pour qu'on puisse aller se coucher tranquilles après notre séance de sexe. Je porte mon vieux jean élimé, celui que Will aime tant à cause des déchirures sur mes cuisses et juste sous mes fesses, je suis d'ailleurs assit sur les siennes. J'ai fait brûler la bougie à l'orange et chocolat noir un peu plus tôt en prévision, l'odeur capiteuse et sucrée s'étant rependue à travers la pièce. Tout doucement, je laisse couler la cire sur sa peau, pas trop chaude pour ne pas le brûler, dessinant des formes abstraites avec la coulée. Il soupire, toujours relaxé. En effet pour ce jour dédié aux amoureux, nous procédons à une séance calme. William a seulement pour ordre de rester immobile.
De la main gauche je fais couler la cire devenue huile de massage et de la droite, je l'étale sur la peau blanche du vauzellien, la rendant luisante. Je ne m'arrête que lorsqu'il brille de la nuque jusqu'aux reins. Là seulement je pose la bougie de coté qui continue à brûler en rependant son odeur dans la pièce alors que de mes deux mains, je masse vigoureusement le dos de mon partenaire. Il soupire et geint doucement, appréciant le traitement. Petit à petit, le massage devient plus sensuel, plus langoureux. Il ne s'en plaint pas non plus, aimant ça aussi. J'ai envie de goûter.
Willy sursaute légèrement en sentant ma langue lécher sa nuque, c'est sucré. Mais je sens la pointe d'amertume de l'écorce d'orange en arrière sur la langue et ça fait du bien. Je ne suis pas trop sucre en général. Mes dents raclent sa peau et il frissonne, sa nuque, ses épaules, ses omoplates, tout le long de la colonne vertébrale, le creux des reins... Tout passe sous mes lèvres, sous ma langue, sous mes dents. Je suis gourmand de lui, avide de son goût sous la fine couche sucrée. Je le fais se redresser, du moins, plier les jambes pour relever son adorable fessier que je pétris à pleines mains sous ses gémissements de contentement. Il aime ça oui... J'étale une bonne dose de lubrifiant aux agrumes sur mes doigts, restant dans le thème, et joue un long moment entre ses cuisses mais surtout ses fesses. C'est si doux, si chaud sous mes doigts. Il geint et je me demande si toute cette douceur ne le frustre pas un peu. Personnellement j'aime ça. J'ai l'impression de lui faire l'amour pour la première fois...
- C'est bon Will?
- Oui, Maître...
Ce mot me ramène à la réalité amère. Le goût sucré de tantôt me manquerait presque. Mais l'intonation de sa voix ne le trahi pas, il aime vraiment. Son dos se creuse, il se cambre alors qu'il m'accueille, me fait la place nécessaire en son corps, afin que je m'enfouisse profondément en son être. Je le redresse et il crie, la progression se faisant alors plus brutale. Je caresse sa gorge avec douceur, mes doigts cajolent son menton puis je l'incite à tourner la tête et enfin, je goûte ses lèvres.
Deux semaines sont passés depuis notre séance «délicate» si je peux dire. William a été troublé je crois, il fuit mon regard. Mais pas mon toucher. C'est déjà pas mal. Je suis cependant perplexe de trouver la bougie d'huile de massage fracassée contre le sol en carrelage de ma cuisine. La jolie boîte en alu est tordue, le ruban arraché et la bougie elle-même est un mélange entre miettes et bouillie. Pourquoi?
- Je l'ai cassé.
Je lève les yeux vers Varennes-Vauzelles, planté dans le coin opposé de la cuisine. Il y a en effet des traces marronées et orangées sur ses doigts, comme les rayures de la bougie. J'avoue ne pas comprendre ce qu'il se passe dans sa tête à ce moment là. L'ai-je seulement compris un jour?
- Je l'ai cassé.
Son ton est monotone mais son regard s'enflamme quand il rencontre encore le mien. Je ne le quitte pas des yeux, la table en bois de chêne de la cuisine est notre seule séparation dorénavant.
- Que devrait-il se passer alors?
- Une punition.
Il la veut. Il la veut vraiment et il essaye de me provoquer pour que j'accède à son souhait. Ces derniers temps, je suis plus amant que Dominant. Essaye-t-il de me le faire payer en me remettant à ma place? Il est le Soumis, c'est à lui de décider à qui il donne les droits sur son corps. Je ne le touche que parce qu'il le souhaite. Évidemment, je ne l'aurais pas fait autrement de toute façon mais... C'est plus qu'un simple consentement, c'est un abandon de soi.
- Tu te rebelles Willy?
- Non. J'ai répondu à la question.
- Tu l'as cassé exprès?
- Non.
J'aimerais dire qu'il ment mais répondre par la négative n'a pas d'avantages pour lui à ce moment précis. Puis j'ai un doute.
- C'est vraiment toi qui l'a cassé?
Il cille. Ah mon blondinet, j'ai trouvé la faille... Je m'avance vers lui, il tourne le dos à la table, coincé entre le bois patiné par les années et mon corps, pressé contre le sien. Ainsi son regard digne d'un trésor de joaillier se fixe au mien, de cette nuance de brun rougi que prend parfois la terre d'argile.
- Dis moi la vérité...
Il me sourit tristement, paraissant soudainement plus fatigué, épuisé...
- C'est moi, N'vers.
- Vraiment?
- Mon autre moi, ça reste moi. Non?
Sa folie que je ne veux pas voir, que je ne veux pas regarder... Que je ne veux pas affronter. Ce n'est pas réellement Nessa qui a prit contrôle de lui pour casser une bougie un peu trop romantique à son goût. C'est le mal-être de Will qui a agit. Et je ne peux rien y faire... Rien à part... Je m'écarte de lui, le laissant mieux respirer mais lui attrape le poignet d'un geste brusque et le tire jusque dans notre salle de jeu où je le fais entrer sans ménagement. La porte claque et il m'observe, il esquisse le mouvement pour se mettre à genoux mais je l'en empêche, pas le temps et surtout pas l'envie pour ça. Je le déshabille en vitesse mais sans lui faire mal pour autant puis l'attache aux menottes en cuir qui pendent du plafond. Ses yeux me suivent mais il ne pipe pas un mot, se laissant manipuler tel une poupée de chiffons sans volonté.
- Tu veux être puni? Tu vas l'être.
- Oui Maître...
Sa voix est basse, douce et résignée alors que la mienne flirte avec un bouillonnement de lave incandescente. Je me sens en colère. Vraiment. Contre lui pas vraiment mais contre moi... Je le bâillonne avec le foulard, ses dents mordent le tissu, son regard vert n'exprime rien, son corps n'a pas une once d'excitation. Ça m'agace. Je reste habillé de la tête aux pieds, les portes en bois laqué noires de l'armoire faite sur mesures claquent quand je les ouvre à la volée pour me saisir du martinet que je détache de son portant sans délicatesse. William a les yeux fermés, la tête légèrement penchée en avant, ses boucles blondes venant caresser sa nuque pâle. Mes doigts se serrent à en blanchir sur le manche de l'objet, il me fait quoi là, le numéro de la victime? Mais c'est lui qui veut ça putain!
CLAC
- Hmm!
Il s'est arqué en avant, les lanières ont laissé leurs traces sur sa cuisse gauche. Mes doigts en suivent les contours, il frissonne. Un nouveau coup, on n'entend rien d'autre que la chair qui amortit le choc et sa voix plaintive, prisonnière. Quand finalement le martinet tombe à terre, l'arrière de ses cuisses est d'un rose vif.
Mes mains remontent sur ses côtes, tendres, caressantes jusque sur sa nuque puis dans la soyeuse masse couleur de miel, détachant le foulard, il est humide de salive...
- Ma...M-Maître...
Je me penche pour lui mordiller l'oreille alors qu'une de mes mains descend pour jouer avec son sexe qui s'est dressé malgré tout.
- Ce n'est pas fini Willy, oh non...
Il est mou entre mes bras, comme si le martinet l'avait déjà achevé après cette courte mais intense série de coups. Mais non, encore... Je détache ses mains et l'emmène vers le lit, je lui ordonne de se pencher en avant, de bien se tenir à l'une des barres du baldaquin, le cul tendu vers moi. Ma main caresse ses fesses, tranquille, gentille...
- Tu vas compter pour moi William. Compris?
- Oui Maître...
Il creuse le dos, se mordille la lèvre. Il a comprit cette fois ce qui l'attends... Ma main frappe soudainement, sans prévenir. Ses genoux ploient légèrement mais il se redresse.
- Une.
Encore.
- Deux.
Encore...
- Trois...
Et ça continue à un rythme régulier une fesse, puis l'autre, ou les deux. Il couine presque en prononçant les nombres, ses jambes tremblent, ses mains s'agrippent désespérément à la barre en bois sombre.
- V-Vingt...cinq...
- C'est bien William, merci.
J'ai mal à la main mais c'est rien comparé à l'adorable postérieur vauzellien qui est plus rouge qu'une pivoine carmine. Il s'effondre sur le lit, je le voit trembler encore. Doucement je m'allonge près de lui et il se blottit contre moi, frottant son entre-cuisses contre ma hanche. Je l'embrasse sur le front et le fait venir de ma main, le soulageant enfin. Son visage est dans mon cou et j'ignore quoi faire alors que je sens ses larmes couler dans mon cou. Cette sensation me glace, j'ai l'impression de tomber dans l'abîme. Je l'ai fait pleurer. Pas quelques larmes de plaisir ou d'un pic de douleur passager. De vrais sanglots. Putain de merde, qu'est-ce que j'ai foutu?!
Quand il se fut enfin calmé au bout d'un long, interminable et agonisant moment, j'ai enfin pu m'occuper de lui. J'ai étalé soigneusement du gel apaisant sur son corps, ignorant au possible ses petits gémissements d'inconfort. Je lui ai enfilé son pyjama, l'ai installé sur le canapé, bien enroulé dans un plaid et lui ai servi une bonne soupe chaude que j'avais mouliné la veille. Il l'a bu lentement puis a passé sa soirée à tricoter dans le silence total devant la télévision. Je n'ai pas osé dire un mot ni faire un geste avant qu'il ne tende les bras vers moi pour que j'aille le coucher. J'ai déposé mon voisin dans notre lit aux draps frais, sentant la lessive parfumée qu'on a acheté ensemble peu de jours auparavant puis au moment où j'allais partir, ses doigts s'accrochent à mon t-shirt. Je cède et reste près de lui. Je fini par m'endormir à moitié sur lui, sa main serrant toujours mon vêtement. Bonjour le mal de dos le lendemain...
Varrenes-Vauzelles reste au lit pour aujourd'hui. Par ma faute. J'ai été trop loin... Je m'en veux, je me déteste... Pourquoi j'ai fait un truc aussi débile?! C'était juste une putain de bougie Sephora!
Non...
Si j'étais si amer c'était parce que cette bougie symbolisait la fois où j'ai quasiment pu faire l'amour à William. La seule fois où j'ai pu être aussi tendre et délicat que je le voulais, j'ai chéri et adoré son corps à ce moment là. Cette bougie réduite en bouillie m'a donné l'impression que c'était mon intention, mon rêve qu'il avait piétiné. Je suis le seul de nous deux à vouloir un plus. Je veux... Je veux une relation normale avec Will. Je sursaute dans mon bureau au moment où mon téléphone sonne. Lassé que mes pensées personnelles empiètent sur mon terrain professionnel, je décroche pour me remettre les idées en place. La voix de Autun a de quoi me réveiller en effet.
- Nathan, si tu pouvais te déplacer jusque chez moi ça m'arrangerait. J'ai besoin de toi et Mâcon pour revoir un plan et...
Ses mots se diluent dans le vide, je ne l'écoute déjà plus. On est vendredi. Une idée me vient.
- Fais de la place Auguste, je squatte chez toi pour le week-end.
Il soupire et ronchonne mais accepte, je lui dis que je pars dès ce soir. Je serais chez lui tard dans la soirée, à l'heure du dîner ou un peu après. Eden ne se présenterait chez l'autunois que le samedi matin. Ma journée finie, je repasse par chez moi pour fourrer quelques affaires dans un sac, pose une bise sur la joue de William endormi sur le canapé devant une émission de cuisine et file discrètement. Ces deux jours loin avec seulement la compagnie de Autun et Mâcon me feront du bien. Parler boulot et boire un verre en soirée, voilà un programme pour se vider la tête.
Mon portable sur le mode silencieux, je roule sur l'autoroute, descendant jusque chez mon voisin régional. Mâcon est la plus au sud, de fait, quand une réunion entre nous trois, grandes villes de Bourgogne, doit avoir lieu, on le fait souvent chez Auguste, au milieu de nous. Mais quand Dijon nous appelle, c'est chez lui qu'on file tous. Le grand brun aux lunettes fines et grises grommelle en me voyant sur son pallier à 21h tapantes mais me laisse entrer. Je dépose mon sac dans la chambre d'amis et il s'agace que je connaisse aussi bien sa maison. Des siècles de relation que voulez-vous... Et ça fait bien vingt ans qu'il a cette baraque. Nous dînons et nous trinquons avec un bon verre de vin rouge.
- Alors Auguste, toujours à tourner autour de Charlotte?
Il me lance un regard noir, du moins autant que des iris olives puissent l'être, puis soupire en faisant tourner son vin dans son verre à pied parfaitement cristallin.
- Mademoiselle Monthelon me fait la tronche en ce moment...
- Et pourquoi?
- J'ai dit que j'adorais ses formes généreuses, c'est une beauté tout en rondeurs que j'adore chez elle... Elle a cru que je lui disais qu'elle était trop grosse.
- Typiquement féminin.
- J'irais la voir dans quelques jours. Et toi, avec William?
- Quoi William?
Je bois une gorgée, le fixant de mon œil valide, aidé à sa tâche grâce aux lunettes correctrices que je porte toujours pour conduire et que j'ai gardé ce soir, pour la fatigue. Il lisse sa cravate à fines rayures qu'il a pourtant desserré, la portant lâche autour du cou, en un geste nerveux.
- Oh ça va, on sait que vous couchez ensemble.
- C'est vrai. Mais c'est tout.
Il me regarde bizarrement, est-ce que ma façon de prononcer cette phrase m'a causé du tort? Ai-je révéler que je veux plus? Qu'avoir son corps ne me suffit plus dorénavant?
- Nathan, je m'en fiche de toi tu le sais bien...
- Trop aimable.
- ... mais il y a quelque chose qui cloche chez toi. C'est quoi le problème?
Nous ne sommes pas vraiment amis mais nous nous suivons depuis si longtemps... Le moindre changement peut devenir perturbant. C'est étrange.
- William. C'est lui mon problème.
- Vraiment?
- Non... C'est moi, en vérité.
Voyant que je ne suis pas disposé à en parler davantage, il abandonne pour parler de choses plus triviales. Je n'ai pas enlevé le mode silencieux et ne vois donc pas les messages vocaux et les SMS qui s'entassent sur mon portable.
Le sex shop de Nevers existe bien, je passe devant ce panneau jaune chaque jour pour aller de la gare à ma fac... Mais j'ai improvisé pour l'intérieur, j'ignore complètement à quoi ça ressemble XD
