Je devrais passer à la boutique de livres d'occase plus souvent. J'ai enfin réussi choper une méthode d'hébreu.

Et en attendant, je sais toujours pas quoi remplir sur ma fiche pour ma réunion d'orientation que je dois remplir pour la rentrée et que j'ai zappée à l'internat. Tant pis, je vais dire à ma prof que je veux être pharmacienne, elle me fera pas chier. Mais j'en ai marre de la S, je veux faire linguiste ou prof de français langue étrangère moi... -et je change d'avis tous les mois, environ.

J'adore raconter de la merde, comme ça vous êtes obligés de lire pour savoir quand ça commence. Du moins, si vous avez pas compris que ça commence sous la ligne.


Tout le monde était dans la cour, ouverte sur la route du petit village d'Oricourt. Ils tenaient leurs valises, leurs sacs, certains assis en train de se griller une clope, d'autres debout, attendant que ça passe. Les éducateurs se tenaient devant eux, une liste en main.

-Bon, eh bien, re-bonjour tout le monde ! fit Antoine, avec un grand sourire. Il est onze heures, on va vous rappeler le programme, vous présenter une ou deux autres personnes, et vous distribuer les canadiennes. Et merci d'éteindre vos cigarettes~.

Visiblement, tout le monde le regardait étrangement. Il leur parlait pas comme à des mômes de cinq ans pourtant, non ? En tout cas, pas un seul fit mine d'éteindre sa clope.

Jonathan tenta de rattraper le coup, en s'occupant du programme.

-Bon, vous le savez déjà, c'est parti pour quatre semaines. En premier, vous allez installer les tentes dans le paddock, pas loin. Cette semaine, on va se concentrer sur les activités de groupe, histoire qu'on apprenne à se connaître, et tout. Y'aura aussi un peu d'équitation, qu'on profite du fait qu'on soit dans un centre équestre tout de même. Les deux semaines qui suivent, on prendra un chariot bâché, deux chevaux, pour faire le tour de la Moselle. Tous les soirs, on s'arrête pour dormir dans un endroit différent, on sort les canadiennes et on rempile le lendemain ! Et enfin, la dernière semaine, on reste au centre et on se concentre à nouveau sur les activités de groupe, et les chevaux, pour pouvoir décerner un Galop aux plus méritants.

Bon, visiblement, ça n'enchantait pas grand monde. On peut pas les en blâmer, ils sont pas là par gaité de cœur. Y'avait beaucoup de chances que la plupart préfère les chevaux dans leur assiette qu'en-dessous d'eux.

Antoine reprit la parole, tentant d'être un peu plus persuasif cette fois.

-Maintenant les règles : Pas d'alcool, pas de drogue. Si j'en trouve, vous aurez de grosses emmerdes. Les cigarettes ne seront autorisées qu'à certains horaires, le premier qui fume sans autorisation se verra confisquer ses paquets.

C'était pas la peine de leur interdire de fumer, ils auraient le facteur « manque » en plus, et de toute façon, ils fumeraient quand même.

-Pas de bagarres, pas de sexe, tout ça, aussi, ajouta le directeur. Je sais que vous n'aimez pas ça, mais je vais vous faire la liste complète des règles et des différents horaires, afin que tout le monde soit bien d'accord.

Il passa les minutes suivantes à exposer leurs droits, devoirs et interdictions. Ca ne les motivait pas vraiment plus. Puis, il leur présenta Christophe et Camille. Christophe était un homme d'une cinquantaine d'années, gris, un peu gros et a l'air guirrelet. Pas Pédobear non plus –Enfin. Sait-on jamais, des fois que. Il était le propriétaire du centre, et c'était lui qui allait s'occuper d'eux pendant les deux semaines en chariot, avec son fils Simon. Camille, elle, était la monitrice du club même si le Camp était basé au club, les cours d'équitation des gens extérieurs continuaient, mais « elle se ferait un plaisir de leur faire faire du cheval en dehors de ses heures de cours ». Camille était souriante, et aimait visiblement vraiment les chevaux et les relations humaines.

Mais bon, ça ne les enthousiasmait pas beaucoup plus.

Histoire d'en finir un peu plus vite –disons, avant qu'il y en ait un qui craque-, Manu se dépêcha de leur donner la liste des tentes qu'ils avaient écrite dans le bus. Ils avaient essayé de garder ceux qui se connaissaient ensemble, et avaient rempli les trous avec des gens avec qui ils pourraient bien s'entendre. Mais bon, les jeunes adapteraient plus tard, si besoin est.

-Tente Une ! cria-t-il en désignant un petit tas bleu et orange à ses pieds. C'est celle des filles : Victoria, Lili, Elizaveta, Justine, Sion, Natalia et Ioulia~

Romano se permit d'analyser vite-fait les filles qui se dirigeaient une à une vers la tente –peut-être il y avait la future femme de sa vie ?

Victoria était la jeune fille toute menue et toute bronzée du bus. Elle portait une petite robe bleue, et souriait gentillement à tout le monde. Elle risque de se faire bouffer, pensa Romano, vu comment elle a l'air bonne poire. Et c'est sûrement pour ça qu'elle est ici.

Lili, qu'il avait vue à la gare, avançait en regardant ses pieds, très, très intimidée. Elle semblait au bord de la syncope.

Elizaveta, au contraire, marchait fière et droite dans son pantalon kaki. Si elle n'avait pas les cheveux aussi longs –et une paire de nichons-, Romano l'aurait volontiers prise pour un militaire, surtout quand elle prit la lourde canadienne et la mit sur son épaule en un mouvement, tout en répondant au gentil sourire de Victoria.

Justine semblait être une des plus vieilles. Elle devait avoir dix-sept, dix-huit ans, elle avec les cheveux blonds et mi-longs, était plutôt jolie, et glissa quelques mots à Elizaveta avec un accent un peu Belge.

Sion, elle, devait être la plus jeune, genre treize ou quatorze ans. Elle aussi avait une dégaine militaire, les épaules baissées par l'ennui et le pas lourd en prime, se grattant ses cheveux bruns frisés en bâillant, et ne portait aucun bijou, mis à part un pendentif en forme d'étoile de David autour du cou. C'était celle qui avait l'air détestable dans le bus, et ça s'était pas vraiment arrangé avec la route.

Natalia et Ioulia, les deux dernières, s'avancèrent en même temps. Romano ne savait pas qui était qui, mais en tout cas c'était les deux sœurs de la banquette. Une des deux était jeune, avec de longs cheveux blonds presque blancs retenus par un flot, habillée avec une jolie robe noire à dentelle. L'autre avait une de ces paires d'airbags ! C'est la seule chose qu'il remarqua, d'ailleurs.

-Ensuite… Ludwig, Feliciano, Lovino, Alfred et Kiku. Et, ah, Matthew.

Romano soupira. Il avait pas marqué sur la feuille qu'il voulait juste être appelé par son deuxième prénom ? Et en plus, il était avec le blond qui avait une tête qui ne lui revenait pas… En tout cas, ça l'arrangerait presque qu'il se mette à emmerder son frère. Ca lui donnerait une bonne raison de le frapper… -même s'il avait l'impression qu'il n'aurait aucune chance.

Les trois autres étaient les jumeaux à lunettes, et le Japonais (Chinois ?) coincé. Il sentait déjà qu'il allait bien s'amuser, ouaiiis… Quand est-ce qu'on rentre ?

La troisième tente était celle d'Heraklès, celui qui dormait dans le bus -et boreukudemer', pourquoi ses parents l'avaient appelé comme ça ?-, Berwald et Tino, qui avait l'air proches… un peu trop proches selon les modèles de Romano, Roderich, qui avait un teint blafard digne d'un geek, Feliks, un blond aux traits fins – Mais quel nom horrible-, Toris un gringalet brun, et Vash, le mec qui leur avait parlé à la gare, -et bordel de bon Dieu pourquoi ses parents aussi lui ont donné un prénom aussi stupide ?

Dans la dernière tente, il y avait le punk aux cheveux verts, Arthur. D'ailleurs, il avait aussi d'énoooormes sourcils. Gilbert –encore un pauvre gosse les parents se bourrent la gueule pour choisir les prénoms ou… ?- était le mec aux cheveux blancs. Francis, le blond aux cheveux longs, parlait activement avec tout le monde (comprendre : monologuait), et juste un jeune homme, sûrement Espagnol ou Portugais, lui répondait. D'ailleurs, quand l'Esportugais croisa le regard de l'Italien, il lui fit un clin d'œil accompagné d'un sourire dit « ravageur ». –A ce moment là, Romano se mit à comprendre son frère qui vivait dans la terreur, et se retint de justesse de se planquer derrière Feliciano-. Il y avait aussi un Chinois (Vietnamien ?) visiblement fatigué de vivre, et un autre, sûrement Russe vu son nez et sa taille impressionnante, qui souriait niaisement.

Les éducateurs les firent traverser l'écurie, les toiles de tente sur le dos. C'était un centre équestre plutôt petit et la décoration était visiblement sur le thème du Western. A droite, il y avait le bureau de la monitrice, et à gauche, la sellerie. Ensuite, il y avait quatre boxes sur à gauche, et trois à droite, tous plutôt grands et recouverts de paille. Les murs des boxes n'étaient pas faits de briques et de crépi, mais de bois irrégulier, et des espaces permettaient de voir d'un à l'autre en renforçant le style « Grand Ouest Américain ». Par contre, il n'y avait aucun cheval dedans.

Ils traversèrent rapidement l'écurie, et débouchèrent sur une petite cour donnant d'un côté vers une stabulation, toute aussi vide que les boxes, et de l'autre sur une grande carrière de sable. Et juste devant eux, une étendue d'herbe fermée par une clôture en bois.

-Voilà le paddock, expliqua Antoine. C'est ici qu'on va dormir. Bon, avant, c'était juste de l'herbe, mais ils ont installé ces clôtures l'année dernière pour sortir les chevaux un petit peu, sans avoir besoin de monter aux parcs. Ne vous inquiétez pas, y'aura pas de crottin, c'est nettoyé, les chevaux n'iront pas dedans non plus, par contre y'a les poules là-bas, dit-il en désignant une cabane plus loin.

Oh, ils tiraient une sale gueule… Ca risquait de péter, ne rien dire qui pourrait les contrarier. Leur détourner l'esprit du fait qu'ils se retrouvaient, contre leur gré, à devoir faire du camping avec des gens qu'ils ne connaissaient pas pendant quatre semaines, le tout entouré de chevaux et de poules. Vite, si possible.

Un bruit de chute coupa la torture mentale d'Antoine. Dans la carrière, deux chevaux étaient en liberté. Romano posa ses bagages pour les regarder –il n'avait que ça à faire, de toute façon. Le premier était « blanc bizarre très crade, ça fait du brun un peu propre quoi », vachement grand, et avançait en levant très haut les pattes, visiblement fier d'avoir fait tomber une des barres d'obstacles. L'autre était jaune-doré, les ch'veux et la queue blancs, plus petit et plus trapu, et avait la tête entre les planches de la clôture pour manger l'herbe du paddock.

-Qu'ils sont beaux ! fit une fille.

Romano se dit qu'ils devaient être plus beaux en steak, mais ne chercha pas plus loin. Ca faisait longtemps qu'il avait abandonné l'idée de comprendre les filles qui s'extasiaient devant un chat, un cheval ou un chiot. Ou pire, un bébé. C'est moche, ça crie et ça pue, un bébé. Il fait même pas la cuisine. Et tu peux pas le manger, ni le mettre au congélateur, sous peine de faire la Une des journaux.

-Oh, oui, on en mangerait, fit un garçon quelque part.

Bon, il savait pas qui c'était, mais lui, ça allait être son copain.

-Comment il s'appelle, le blanc ? demanda Alfred à Camille.

-Elle n'est pas blanche, elle est grise.

-Mais je jurerais qu'en dessous de sa boue, elle est blanche, maugréa le blond en regardant attentivement la jument.

-Eh non, regarde, elle a la peau du naseau grise et les yeux tous noirs. En plus, ses poils sont un peu pommelés de gris. Par contre, c'est tout aussi salissant. Elle est toujours toute crade. Ah, et elle s'appelle Daphné.

-Elle est super belle… On dirait une Andalouse, dit Justine en s'appuyant contre la rambarde de la carrière.

Antonio, près de Romano, frappa son poing dans sa main avec un air parfaitement stupide collé au visage.

-Ah, mais si elle est Espagnole, c'est normal que tu la trouves belle ! Tout ce qui vient d'Espagne est beau. Comme moi.

Esportugais –ortugais +agnol.

-L'autre, il est vieux c'est ça ? demanda à nouveau Alfred.

-Hein ? Mais pourquoi tu dis ça ? répondit Camille, de la tristesse plein la voix.

-Ben, il a les cheveux et la queue blancs…

Bon, à la vue du silence encore pire que d'habitude, Romano nota ça dans un coin de son esprit. C'est pas « cheveux ». Son frère lui avait dit comment ça s'appelait –à l'époque où il parlait-… euh… c'était…

-C'est des crins, tête de bite.

Voilà, des crins. Bon, c'était pas son frère qui venait de parler –ça serait trop beau-, mais quelqu'un inconnu dans un endroit inconnu. Même que si ça se trouvait, c'était juste son inconscient qui venait de lui parler, à lui, dans sa tête, et…

-Et puis, si c'est blanc, c'est comme ça, c'est parce que sa robe est palomino…

-He ? Mais il a pas de robe !

Alfred tirait une gueule assez abominable, signe qu'il devait ne rien comprendre. En tout cas, c'est faramineux de voir à quel point il était con. Enfin, Romano pensait ça, mais il s'y connaissait pas beaucoup plus. –Au moins, il fermait sa gueule.

-Vous… vous devriez peut-être installer les tentes… proposa Pénélope, visiblement très mal à l'aise.

Visiblement, c'a suffit à les détourner d'Alfred (renommé : abruti notoire), pour les faire rentrer dans le paddock et commencer à installer les tentes.


J'aime mon incapacité à faire avancer une histoire... Avec le même scénario de base, quelqu'un d'autre aurait déjà, en deux chapitres, fait s'écouler une semaine et aurait mis en place deux couples, trois triangles amoureux, un meurtre et trois breuveries.

Je biche à mort tout ceux qui reviewent, et je les cerf très très fort. -Et ceux qui faon pas dans la review, j'les biche aussi. Et là, j'ai jamais été aussi fière d'un jeu de mot aussi merdique.