Note de la traductrice: je voudrais vous remercier, chères amies lectrices, d'être venues lire et commenter le premier chapitre de cette fiction qui en contiendra une multitude une fois qu'elle sera complétée.

Je rappelle que vu le rating de cette histoire, elle n'est pas appropriée pour un lectorat mineur.

Les personnages de la saga Twilight sont la propriété de Stephenie Meyer et justginger est l'auteure de la version originale anglaise de cette histoire. J'ai sa permission pour la traduire en français.

Merci pour vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 2

Bella soupira en regardant dans le rétroviseur. Comment parviendrait-elle jamais à raconter l'aventure qu'elle était en train de vivre? Elle émit un petit rire entendu. Personne ne la croirait. Elle n'arrivait même pas à le croire elle-même. Edward Cullen vautré sur le siège arrière de sa petite Fiat Uno? Pas possible. Mais alors qu'elle guignait encore dans le miroir, elle remarqua les cernes foncés bien réels sous ses yeux. Ils faisaient penser à des ecchymoses. Il avait l'air vulnérable et un peu triste. Elle sentit son instinct protecteur se réveiller tout à coup, et ça la fit ricaner pour de bon. Ouais, bien sûr, comme si ce type avait besoin d'être protégé... En fait il avait probablement besoin d'être protégé d'elle.

Elle arriva en vue du panneau routier indiquant Cortona et commença à ralentir. Il fallait qu'elle le réveille. Elle conduisit lentement à travers le village et alla garer sa voiture près de la place principale, à l'ombre des catalpas. Elle se retourna pour avertir son passager, et se trouva nez à nez avec une paire de yeux couleur émeraude qui la fixaient intensément.

Edward passa une main sur sa figure et dans ses cheveux. « Bordel, je suis tellement vanné, » dit-il tranquillement, comme pour lui-même.

« Il y a une casquette de baseball dans mon sac de plage juste à côté de toi. Y a aussi une paire de lunettes soleil style aviateur. Tu peux les avoir pour sortir en public. Heureusement c'est tranquille aujourd'hui; il fait trop chaud et la sieste vient juste de finir. Allez, viens, » lui dit Bella avec détermination.

Elle ouvrit sa portière, descendit et entreprit de baisser son siège. Edward sortit à son tour. Bella éclata de rire. « Oh putain, ça ne va pas du tout! Une casquette des Mariners avec un smoking? Retire ta veste, roule un peu les manches de ta chemise et déboutonne-la. »

« Au complet? »

Edward la narguait sans gène.

« Non, sauf si tu tiens absolument à provoquer une émeute… »

Il s'exécuta et elle le contempla, la mine approbatrice. « Je suppose qu'il va falloir se contenter de ton apparence "lendemain de soirée mondaine" pour le moment. »

Elle se détourna de lui et traversa la rue.

Edward resta figé sur place, abasourdi. Qui était donc cette fille? Une minute il était sûr qu'elle tentait de lui faire des avances, et la suivante elle le traitait comme s'il était son fiston et qu'elle ne voulait pas qu'on rit de lui à l'école. Pas comme s'il était une star du grand écran…

« Tu n'as rien de spécial. » Les paroles d'Emmett le défiaient dans sa tête. Il observa Bella qui était rendue de l'autre côté de la rue. Elle avait l'air impatient, comme si elle attendait après un chien sans cervelle qui refusait de lui obéir. Cette pensée à propos du concept d'obéissance le ramena à toute autre chose, et il sentit une tension dans son entrejambe. Il secoua légèrement la tête pour se débarrasser des pensées choquantes qui l'avaient assailli et traversa la rue.

« Eh bien, tu en as mis du temps! Est-ce que ça va? »

Sa voix était un peu rauque encore une fois, et malgré qu'elle essayât de paraître irritée, il pouvait également entendre de l'inquiétude dans son ton.

« Bien sûr que ça va. J'essayais seulement de m'orienter un peu. Alors, où est-ce qu'on s'en va? »

Il tenta de marcher à son rythme car elle était plus petite que lui, et par habitude il baissa la tête pour dissimuler le plus possible les traits de son visage.

Bella humecta sa lèvre inférieure. « Hum, les vêtements d'abord, ensuite les produits d'hygiène personnelle, et pour finir on ira acheter de la bouffe. Est-ce que ça te va? »

Il se contenta de hocher la tête quand elle leva les yeux vers lui. Elle stoppa un peu plus loin sur le trottoir et se retourna. Comme il n'anticipait pas son arrêt, il lui rentra carrément dedans. « Oups! Désolée, mais c'est là que nous allons, » s'excusa-t-elle en pointant la porte de la boutique devant laquelle elle se trouvait. « Ce ne sont pas des fringues de grands couturiers, mais au moins ça ne te ruinera pas. »

En entendant les derniers mots de Bella, Edward fut pris d'un malaise soudain. De l'argent. Il avait besoin d'argent pour payer tous ces trucs qu'elle lui avait énumérés, et il n'avait pas un rond sur lui. CONNERIE DE MERDE! C'est Alice qui gérait son portefeuille d'habitude. Il sentit un regain de colère envers son étourdie de sœur pour avoir complètement bousillé ce voyage. Il tourna le dos à Bella pour qu'elle ne voie pas à quel point il était furieux. « Merde et encore merde! » Grogna-t-il les dents serrées. Il pinça l'arrête de son nez. Il était désemparé, et il se mit à fixer le sol, perdu dans ses sombres pensées. Bientôt il sentit une main se poser sur son bras et sursauta avant de réaliser que c'était Bella qui l'avait rejoint.

Elle vit l'éclair de colère dans son regard et recula prudemment, lâchant sa prise par la même occasion. Elle rougit comme un coquelicot. « Je suis vraiment navrée. Je… heu… est-ce qu'il y a un problème? » Balbutia-t-elle.

« Oh, Bella, tu n'y es pour rien! C'est juste que je viens de réaliser que je n'ai pas d'argent sur moi. Normalement c'est Alice qui s'occupe de ce genre de détails, et je n'ai rien d'autre que mon passeport avec moi. »

Il avait l'air à la fois frustré et gêné.

« Eh bien, pauvre Alice, ne manquerait plus qu'elle soit forcée de se rendre au petit coin avec toi, pas vrai? Ne trouves-tu pas que tu pourrais faire des trucs par toi-même au lieu de tout laisser à… ton entourage? Mais ne t'en fais pas avec l'argent pour le moment. Laisse-moi payer pour tes effets, et tu me rembourseras quand tu en auras les moyens. » Elle rit de bon cœur. « Ce n'est pas comme si tu étais un inconnu, hein, Sparky? »

Et elle lui reprit le bras pour le traîner à l'intérieur de la boutique. Edward se laissa faire sans protester. Elle se moquait de lui comme s'il était un type ordinaire, mais en même temps elle ne semblait pas complètement à l'aise. Il fronça les sourcils. Cette fille était une énigme, il ne pouvait pas dire le contraire. Il aimait son cran, son esprit vif et son attitude. Elle ne se laissait pas démonter facilement, et retrouvait vite le sourire, peu importe les circonstances. Sa lèvre inférieure qu'elle n'arrêtait pas de mordiller inconsciemment et sa petite langue rose, bordel, ça lui donnait envie de lui faire des choses.

Il sourit en l'observant pendant qu'elle vérifiait les chemises sur une étagère. Elle s'évanouirait sûrement si elle pouvait voir les visions d'elle qu'il avait dans sa tête. Si elle savait vraiment ce qu'il était – en privé – une fois toutes les portes refermées derrière lui…

« Planète terre à Edward, ohé, tu m'entends? »

Edward cligna des yeux et fixa Bella alors qu'elle lui présentait une chemise pour avoir son opinion. « Qu'est-ce que tu penses de celle-ci? »

Edward baissa les yeux et fit exprès d'avoir l'air un peu idiot. « Parce que tu me laisses choisir? C'est une première, ça! Normalement on me dit toujours quoi porter et quand. »

Il jeta un coup d'œil à l'étiquette du vêtement qu'elle lui tendait pour en connaître la taille, et fit un autre petit sourire arrogant. « Trop petit, fillette, » dit-il en ricanant.

Bella crut qu'elle allait tomber raide morte au milieu de la boutique. La Voix. Elle avait l'impression qu'il la baisait verbalement avec sa voix. Elle rougit de plus belle. Heureusement Edward ne la vit pas car il était retourné vers l'étagère, en quête de la bonne taille de chemise. La Voix donnait envie à Bella de retourner tout de suite chez elle et d'ouvrir la boîte qu'elle gardait cachée dans son placard. Il serait totalement dégoûté et choqué s'il savait ce qu'elle était dans l'intimité de sa chambre à coucher.

Edward opta pour une chemise de coton bleue et une autre grise. Il choisit également quelques paires de jeans qui paraissaient bien – de façon surprenante étant donné l'endroit – des boxers shorts et des tee-shirts. À cela, Bella rajouta des pantalons pour dormir, des chaussettes et une paire de baskets. Edward protesta; il détestait les souliers et lui dit qu'il ne les porterait pas. Elle insista aussi pour acheter un survêtement en laine polaire car la température ne serait pas clémente encore longtemps.

Après tout, c'était la mi-septembre.

Ils arrêtèrent ensuite dans un supermarché, et Bella salua chaleureusement le commis à la caisse avant de prendre un chariot à provisions et de se diriger dans l'allée des produits de toilette d'un pas décidé. Comme Edward ne prenait aucune initiative, elle dut lui faire remarquer, « Ça ne me dérange pas de partager mes effets personnels, mais je ne suis pas certaine que tu veuilles sentir la fleur d'oranger et les fraises, alors tu ferais mieux de te prendre quelques produits toi aussi. »

Elle le narguait encore. Elle semblait tirer un énorme plaisir à se moquer du fait qu'il n'était pas fichu de magasiner pour lui-même. Qu'à cela ne tienne; ce petit jeu pouvait se jouer à deux.

Il se pencha tout près d'elle et murmura à son oreille, ses lèvres frôlant son lobe, « Quoi d'autre aimes-tu partager, Bella? »

Il gloussa en l'entendant haleter et vit clairement le rose lui monter aux joues ainsi qu'à la pointe de ses oreilles. Il s'éloigna rapidement et attrapa un tube de pâte à dents et la brosse à dents qui allait de paire. Il mit la main sur du gel douche, de l'anti-sudorifique, de la crème à raser et un paquet de rasoirs jetables. Une bouteille de shampoing et de revitalisant plus tard, il ne lui manquait plus rien.

Alors qu'il mettait ses choses dans le panier à roulettes, il vit que Bella semblait à nouveau très mal à l'aise et nerveuse. Merde! Lui et sa grande gueule, qu'est-ce qu'il pouvait être imbécile! « Bella, je suis désolé. Je voulais juste te taquiner un peu. Il n'y a pas de raison d'être nerveuse avec moi. Tu es en sécurité, d'accord? »

Sans réfléchir, il se pencha et attrapa son frêle poignet dans sa main. Il commença à frotter son pouce gentiment sur les os délicats de celui-ci. Tellement belle, songea-t-il.

« S'il te plaît, regarde-moi. »

Elle leva les yeux vers lui et il y vit un mélange de colère refoulée, d'excitation et de… honte?

« Tu es en sûreté avec moi, » répéta-t-il.

Cette fois c'est elle qui lui adressa un sourire narquois. « Disait l'araignée à la mouche… » Et elle éclata de rire. « Allez, Sparky, je commence à avoir faim. »

Elle se dirigea vers le devant du commerce. Edward la suivit en secouant la tête. Peut-être qu'elle était un peu instable…

Pendant qu'elle payait, elle lui demanda d'aller porter les sacs à la voiture. Elle lui donna les clés et lui précisa de tout mettre sur le siège arrière car le coffre n'ouvrait pas. Il sourit intérieurement. Sa famille rigolerait bien de le voir dans ce véhicule lilliputien. Il n'avait jamais conduit une auto comme celle-là. Même à seize ans, sa première voiture avait été une Volvo V50 argentée. Il l'avait achetée avec le cachet de son premier film. Ce souvenir le fit sourire davantage. Les gens seraient bien surpris de savoir qu'il conduisait encore une Volvo la plupart du temps. Sauf que maintenant il s'agissait d'un énorme SUV*. Il lui arrivait aussi de se balader dans une Aston Martin Vanquish, mais alors il courait le risque de se faire suivre par une armée de paparazzi.

Une fois les sacs rangés selon les indications de Bella, il appuya nonchalamment sa longue silhouette sur le côté du véhicule et attendit la jeune femme. Il la vit sortir du magasin avec un grand type aux cheveux foncés. Il l'observa plus en détails. Sa longue jupe de gitane était fait d'un tissu léger et virevoltait au gré de ses pas. Elle portait un chandail débardeur blanc en coton dont l'une des bretelles ne tenait pas bien en place. L'homme qui l'accompagnait tenta de la replacer, et Edward vit Bella froncer les sourcils et reculer. Ses poings se serrèrent malgré lui. Il voulait aller frapper la main que le type avait osé poser sur l'épaule de Bella et éloigner celle-ci du malotru. QUOI? C'est ridicule, se raisonna-t-il.

Bella se remit à rire et fit semblant d'envoyer son poing dans l'estomac de l'homme à ses côtés. Puis elle se retourna pour traverser la rue et venir à la rencontre d'Edward. Lorsqu'elle parvint à la voiture, elle lui fit signe de bouger afin qu'elle puisse ouvrir sa portière, mais il ne broncha pas et lui lança un regard interrogateur.

« Quoi? » Elle était irritée une fois de plus.

« Petit ami? » Grogna-t-il. « Je pensais que tu étais seule. » Son ton était accusateur.

« Relaxe, Sparky. C'est le fils de mes propriétaires dont tu parles. » Elle pointa la portière. « Peux-tu t'enlever de mon chemin? J'ai hâte d'être à la maison. »

Il ouvrit la portière en vitesse et elle s'installa au volant. Il referma galamment et alla prendre place à côté d'elle puisque le derrière de la voiture était rempli de sacs.

Elle mit le moteur en marche et s'engagea dans la rue. « On y sera dans quinze minutes, » dit-elle sans détourner les yeux de la route.

C'était amplement suffisant pour pouvoir la regarder à sa guise, pensa Edward. C'est vrai que c'était une beauté, mais pas une beauté classique; ça avait à voir avec la structure délicate des os de son visage et de ses mains dont les doigts semblaient avoir été manucurés récemment.

« Alors ton nom, Bella, c'est un diminutif ou quoi? »

« C'est le diminutif d'Isabella. »

« Et tu es une artiste, » énonça-t-il.

« J'essaye de l'être, » répliqua-t-elle en gloussant.

« Et quel est ton médium favori? »

Elle se frotta le nez. Mignon. « Je n'ai pas vraiment de préférence. J'aime l'acrylique, l'aquarelle, le fusain aussi. Alors je suppose que je me cherche encore. Je fais également de la photo; j'ai pris un cours en option à l'école des Beaux-Arts et j'ai adoré. » Elle se mordit la lèvre. « Et toi, qu'est-ce que t'es venu faire en Italie? »

Edward laissa échapper un soupir d'irritation. Ça y est, la ronde des questions allait commencer. « C'était pour assister à une première, » répondit-il laconiquement.

Elle bougea en signe d'inconfort et il vit son cou et son visage prendre une teinte rosée. « Désolée. J'ai pigé; ça ne me regarde pas. »

Sa réaction le rendit coupable. « Je m'excuse, Bella. Tu es discrète et ça me plaît. C'était le dernier arrêt d'une longue tournée promotionnelle, et je suis fatigué de toute cette attention sur moi, tu vois? »

Elle tourna la tête pour le regarder dans les yeux. « Ça va aller, Edward. Et je peux comprendre. Je déteste être le centre d'attention ou provoquer des remous. »

Le reste du trajet se fit en silence, et bientôt la voiture s'engagea sur une route secondaire en gravier. Après avoir longé une rangée de peupliers, ils parvinrent en vue de la petite ferme pittoresque. C'était une coquette habitation en pierre rouge, et la campagne environnante était digne de figurer sur une carte postale. Les paupières d'Edward fermaient toutes seules tellement il était crevé. Il avait à peine dormi au cours des dernières quarante-huit heures à cause de son itinéraire et du décalage horaire.

Bella gara la voiture devant la maison. « Bienvenu à la Villa Rossini, » dit-elle d'une voix caverneuse. « Ce n'est pas très grand et ça manque un peu du luxe que tu trouverais au Ritz, mais c'est chez moi. »

Elle ouvrit sa portière et émit un petit rire. « Tu as bien dit que tu cherchais la tranquillité, n'est-ce pas? Parce qu'il n'y a rien ici à part moi, quelques oiseaux, beaucoup de grands arbres et oh, avec un peu de chance tu pourras même utiliser ton cellulaire. Viens, je vais te faire faire un tour de l'endroit. »

Edward avait de la difficulté à se garder éveillé et il sortit du véhicule de peine et de misère. Il manqua perdre l'équilibre et sentit Bella passer ses bras autour de son torse; il s'agrippa à son épaule.

« Est-ce que ça va? » Il pouvait entendre l'inquiétude dans sa voix. « Je suis juste vanné, » souffla-t-il.

« Allez, faut te mettre au lit, alors. »

Edward ne put s'empêcher de rire. « Je n'attends que ça, Isabella. »

Elle lui donna une petite tape sur le bras. « Ah! Ferme-la! Tu sais très bien ce que je veux dire. »

Elle le guida à l'intérieur. C'était frais et l'odeur de Bella flottait dans l'air ambiant. Il sentit qu'on le poussait vers l'avant, le long d'un corridor. Il distingua vaguement du vert, du rouge, de la pierre, et tout à coup elle le poussait gentiment vers l'arrière et il sentit qu'il atterrissait dans du coton. « Je suis biiieeennn! » Marmonna-t-il.

Des doigts frôlèrent sa mâchoire. « Dors à présent, » murmura-t-elle.

Il fut englouti par les ténèbres.

Bella le contempla alors qu'il était étendu sur le dos, ses jambes dépassant la bordure du lit. Elle savait qu'il ne serait pas confortable très longtemps dans cette position. Il fallait qu'elle s'occupe de ranger les provisions.

Elle ferma les rideaux dans la chambre et mit la climatisation en marche. Elle sortit de la pièce et ferma la porte. Alors qu'elle se dirigeait vers la pièce centrale qui comprenait la cuisine, la salle à manger et le séjour, elle fit une espèce de grimace de contentement. Edward Cullen la vedette du cinéma américain se trouvait DANS SON LIT!

Ce qui était amusant, c'est qu'elle ne le voyait pas comme la star hollywoodienne d'une beauté à tout casser. Plus maintenant. Elle repensa aux événements de ce matin et à tout ce qui était arrivé, et réalisa avec un petit choc qu'aussitôt qu'ils s'étaient arrêtés sur le bord de la route pour mettre les choses au clair, il était devenu simplement Edward à ses yeux. Juste Edward. Juste un homme. Un très beau spécimen d'homme, séduisant, viril, mais pas un dieu d'Hollywood. Elle sourit encore. Il était devenu son ami par la force des choses. Pour le moment, du moins.

Elle déballa les achats et mit ses vêtements et ses produits de toilette de côté. Elle retourna à la chambre et ouvrit la porte. « Edward? »

Il n'avait pas bougé d'un iota depuis les dernières quinze minutes. Il ronflait légèrement et fronçait les sourcils dans son sommeil. Il passa ses mains sur sa chemise. Il devait être inconfortable, songea-t-elle. Peut-être que si elle lui retirait quelques uns de ses vêtements… Ses mains tremblaient à cette pensée. Voyons, Bella, qu'est-ce que tu vas imaginer! Se reprit-elle. Il s'agissait d'un homme comme n'importe quel autre, comme Charlie, tiens… Elle manqua pouffer de rire tellement ce qu'elle venait de dire dans sa tête était ridicule. Edward Cullen n'avait rien en commun avec Charlie. Par contre, elle avait été obligée de dévêtir son père à plus d'occasions qu'elle ne souhaitait se le rappeler, lui qui passait son temps à rentrer à la maison ivre mort.

Elle se déplaça tranquillement près du lit et s'agenouilla pour défaire les lacets après les chaussures d'Edward. Elle les lui enleva, puis lui retira aussi ses chaussettes. Pas d'odeur désagréable. Ça changeait définitivement d'avec Charlie. Elle s'éloigna un peu. Okay, maintenant la chemise. Elle se redressa sur ses genoux et entreprit de déboutonner la chemise blanche toute chiffonnée et humide de transpiration. En temps normal ça la dégoûterait, mais elle sentit une vague d'excitation monter en elle juste à sentir l'odeur de sueur, de menthe et de bois qui émanait d'Edward. T'es malade! Hurla sa voix intérieure, tandis qu'elle faisait doucement rouler son corps inerte pour pouvoir extirper ses bras des manches.

Enfer de merde! Quel corps magnifique il avait! Il était mince et élancé, musclé juste à point. Ça la démangeait de frôler du bout des doigts la toison qui recouvrait sa poitrine et qui descendait, en une ligne plus foncée, vers son… coin de paradis interdit.

Elle mit la main sur sa ceinture et l'entendit émettre une plainte. Elle reporta son attention sur son visage, et fut rassurée de constater qu'il dormait toujours comme un loir. Tant mieux qu'il ne puisse pas voir l'espèce de folle en train de lui ôter ses fringues et qui aurait voulu mettre sa bouche partout sur lui. Concentre-toi! Se sermonna-t-elle en détachant la ceinture pour l'enlever.

Sans prendre le temps de réfléchir, elle déboutonna le pantalon d'Edward et fit glisser la fermeture éclair vers le bas, faisant extrêmement attention à ne toucher À RIEN. À cet instant, Edward s'adonna à bouger un peu et à soulever les hanches; Bella en profita pour tirer le pantalon en bas de ses reins et le faire descendre complètement jusqu'à pouvoir le retirer en entier.

Dieu merci il portait des boxers! Se sentant pressée tout à coup, Bella ramassa tous les vêtements d'Edward et les emporta dans la cuisine.

Elle s'occupa tout de suite de mettre les chaussettes et la chemise dans la machine à laver en même temps que les vêtements neufs, et elle plia le pantalon du smoking pour l'accrocher sur un cintre avec le nœud papillon et la veste.

Elle tâta le téléphone cellulaire dans la poche de sa veste et le sortit. Edward l'avait éteint et elle se contenta de le déposer sur le comptoir. Elle mit la machine à laver en marche et mangea une pomme car elle mourait de faim. Elle prit le sac qui contenait son matériel d'art et s'en alla dans le petit loft adjacent au séjour et qui lui servait de studio. C'est là que se trouvaient toutes ses toiles, qu'elles soient vierges ou entamées. Il y avait aussi un divan lit et un vieux fauteuil dans cette pièce. Et dans un des coins il y avait même un piano droit qui datait d'une autre époque. La propriétaire de l'endroit avait dit à Bella qu'il avait jadis appartenu à sa mère.

Quand elle retourna à la cuisine, elle prit le BlackBerry d'Edward ainsi que ses effets de toilette et alla dans la chambre. Elle déposa le téléphone cellulaire sur la table de chevet et se rendit dans la salle de bain pour placer les produits d'hygiène sur l'étagère au dessus du lavabo.

De retour dans la chambre, elle mit une couverture thermale sur Edward pour qu'il n'ait pas froid. Elle avait arrêté la climatisation en réalisant que la température dans la pièce était passée d'une extrême à l'autre. Edward s'était retourné dans son sommeil; maintenant son corps était en travers du lit et sa tête était enfouie sous les oreillers. Bella put le contempler à loisir. Son dos était aussi parfait que le reste, évidemment; bien sculpté, musclé et légèrement bronzé. La vue de ses bras puissants qui auraient pu si facilement la soulever provoqua un frisson de désir qui la parcourut tout entière. Cesse de baver d'envie, Bella, se dit-elle, et elle quitta la chambre en vitesse avant qu'il n'ouvre les yeux et réalise son petit manège.

Elle alla se prendre une bouteille d'eau dans le réfrigérateur et s'assit au comptoir. Les événements étaient en train de prendre une tournure qu'elle n'avait pas prévue.

Ce mardi avait pourtant débuté de façon bien banale. Bella regarda l'heure à l'horloge au dessus du four. Il était déjà tard; pas surprenant qu'elle ait si faim. Comme elle allait se lever pour remédier à cette situation, elle entendit frapper à la porte. Elle sursauta, et durant quelques secondes elle fut envahie par la peur irrationnelle d'avoir été suivie jusque chez elle par la bande d'admiratrices d'Edward l'acteur de cinéma.

« Bella? » Elle poussa un soupir de soulagement et sourit en reconnaissant la voix d'Angelo.

« Bonjour Angelo, » dit-elle en ouvrant la porte et en voyant le visage basané et parcheminé de son propriétaire et ami pour la durée de son séjour ici.

« Marco a téléphooné et il a dit à Maria qué tou avais oune invité? »

Foutus petits villages où les nouvelles circulaient plus vite que les voitures! Elle essaya de trouver une histoire qui paraîtrait plausible. Elle était une très mauvaise menteuse dans les meilleures des circonstances. Alors dans les pires…

« Heu… oui. C'est un ami… il vient du même coin que moi, aux États-Unis, et… il est venu passer quelques jours avec moi. Il dort en ce moment, à cause du décalage horaire. »

Elle sentait qu'elle commençait à rougir.

Angelo lui sourit. « C'est ouna bonné chose pour toi d'avoir dé la compagnie. Maria dit qué tou passes trop dé temps touté seule. Elle a préparé oune souper pour toi et ton ami. »

C'est seulement en l'entendant prononcer ces mots que Bella réalisa que son propriétaire tenait un plat dans ses mains.

« Merci beaucoup. Elle n'aurait vraiment pas dû… » Maintenant elle se sentait coupable d'avoir menti. Mais ce n'était pas tout à fait un mensonge. Il était son ami et il passait quelques jours avec elle.

Angelo sourit encore et ses yeux vagabondèrent vers le fond du couloir, là où la porte de la chambre était fermée. « Cé n'é rien. Elle avait fé trop dé raviolis dé touté maniéré. »

Bella aimait son accent italien à couper au couteau et la façon charmante qu'il avait de parler l'anglais.

« Grazie, » murmura-t-elle en acceptant le plat.

Elle alla tout de suite le mettre au four et revint saluer le vieil homme. « Jé dois y aller. À oune autré fois, Bella. »

Il fit un petit salut avec son chapeau et quitta les lieux.

Bella respira mieux lorsque le visiteur fut parti. Elle sentait qu'elle devait protéger Edward des curieux. Il semblait dans un état de très grande vulnérabilité et elle voulait qu'il se sente en sécurité. Elle savait ce que c'était que de vivre dans une constante frayeur et de se sentir seul.

FLASHBACK

Une fois encore elle se tenait debout dans sa chambre et s'apprêtait à subir la colère de Jacob qui lui faisait face. Elle aurait dû être en sécurité avec lui puisqu'il était son ami depuis si longtemps et son amoureux depuis presqu'un an. Mais il sentait l'alcool à plein nez. Ils avaient été à une fête de fin d'études chez Mike Newton, et celui-ci avait encore essayé de draguer Bella. Elle lui avait dit de la laisser tranquille. Elle détestait ce genre de festivités où tout le monde buvait trop et finissait toujours par commettre des bêtises. Elle-même ne buvait pas car de vivre avec un père alcoolique l'avait dégoûtée de l'alcool à tout jamais. Jacob avait insisté pour qu'elle l'accompagne. Cela faisait quelque temps qu'il se comportait bizarrement avec elle, se mettant souvent en colère contre elle, lui dictant sa conduite, et ça s'était accentué après qu'elle lui ait fait des confidences.

Ce soir là, donc, Jacob l'avait prise en train de repousser Mike pour la énième fois – bien que dans son esprit dérangé il s'était imaginé que c'est elle qui lui faisait des avances – et l'avait brutalement traînée hors de la maison. Elle avait crié pour qu'il la lâche car il lui faisait mal, mais il avait continué de la tirer de force jusque chez elle. Charlie ronflait devant la télévision comme d'habitude et Jacob n'hésita pas une seconde avant de monter en haut. Bella trébucha dans les escaliers et il la tira plus fort pour qu'elle se relève. « Putain de merde! T'es tellement foutrement empotée! Viens ici tout de suite! » Il lui avait presque craché dessus.

Bella se tenait debout dans sa chambre, pleurant et fixant le garçon qu'elle pensait avoir aimé jadis. « C'est quoi ton foutu problème, Jacob? » Cria-t-elle.

La main de Jacob s'abattit si vite en travers de sa joue qu'elle ne la vit jamais arriver, et la force de frappe l'envoya virevolter dans son lit.

« Tu n'écoutes pas, Bella. Tu es une allumeuse, et tu es pourrie dans ce rôle. »

Elle était en état de choc. « Jacob… » Elle commença à sangloter.

« Ferme-la, Bella! Tu n'es qu'une petite salope qui cherche à se faire fourrer par tous les mecs sauf moi! » Il fit un pas dans sa direction.

Elle se remit péniblement debout. Elle pleurait et tremblait comme une feuille. « SORS D'ICI, JAKE! LAISSE-MOI TRANQUILLE. MON PÈRE VA TE TUER! »

Jacob lui rit au nez. « TON PÈRE? Il est peut-être le Chef de la police, mais c'est un ivrogne, Bella, et il se fiche de toi comme d'une merde! Il ne s'est jamais préoccupé de toi. T'es comme un poids mort autour de son cou! »

« Sors de ma chambre et de ma maison tout de suite, Jacob. C'est terminé nous deux. Je ne veux plus jamais te revoir, tu m'entends? »

Jacob lui lança un regard dégoûté. « Tu n'es plus rien pour moi, Bella. T'es une malade et une détraquée. T'as les idées dérangées. J'ai dit aux autres gars que tu aimes ça quand c'est brutal, et ils pensent que t'es une cinglée comme tes parents. Tu veux que je te contrôle? Que je te domine? D'accord Bella. Regarde comment je m'y prends… »

Bella sentit la crainte s'emparer de son jeune cœur de dix-huit ans.

Il continua de venir et elle n'avait nulle part où aller…

FIN DU FLASHBACK

Avec effort, Bella chassa le mauvais souvenir de son esprit et prépara une salade pour accompagner les pâtes. Elle vérifia que les raviolis chauffaient convenablement, et ensuite elle transféra les vêtements d'Edward de la machine à laver à la sécheuse. Elle pensa encore à Edward et rit en songeant que dans son ancienne chambre à Forks, sur le mur était collée une immense affiche de l'homme qui dormait présentement dans son lit.

Quand le repas fut prêt, Bella se servit copieusement et accompagna le tout d'un verre de vin. Parce qu'elle avait fini par passer par-dessus son dégoût de l'alcool avec le temps. Elle mit son iPod en marche et s'assit au comptoir de la cuisine pour manger et écouter de la musique. Il n'était pas vraiment tard – seulement 20h00 – mais Bella était fatiguée après les événements de la journée, sans compter que la chaleur avait drainé toute son énergie.

Elle marcha tranquillement vers la chambre et ouvrit la porte. Edward n'avait pas changé de position. Elle prit une paire de shorts et un top pour dormir et s'enferma dans la salle de bain. Elle resta longtemps sous l'eau froide pour faire disparaître la tension accumulée durant la journée. Elle lava ses cheveux et son corps rapidement et sortit de la douche toute ragaillardie. Après avoir brossé ses dents et passé le peigne dans sa chevelure, elle mit son pyjama.

Elle marcha vers le lit. Edward dormait sur le ventre et la couverture avait glissé. Bella la tira vers lui mais se ravisa lorsqu'elle sentit l'impulsion de faire courir ses doigts sur la surface lisse et harmonieuse de son dos. Elle ne pouvait pas voir son visage car il était enfoncé dans son oreiller, mais ses cheveux étaient parfaitement désordonnés dans le style "je viens de sortir du lit après une baise d'enfer". Elle sourit en prenant un des oreillers et quitta la pièce. « Bonne nuit, Sparky, » murmura-t-elle.

Bella trouva des couvertures supplémentaires dans le placard du couloir et alla s'installer sur le divan lit dans le petit loft.

Avant de s'endormir, elle retourna s'occuper de plier et repasser les vêtements tout juste sortis de la sécheuse. Une fois cette tâche accomplie, elle alla vérifier la serrure de la porte d'entrée et laissa une veilleuse allumée dans la cuisine pour le cas où Edward se réveillerait en pleine nuit.

Elle grimpa dans son lit et ferma les yeux, repensant au son de sa voix, à ses yeux vert émeraude et à son sourire en coin. Elle sourit intérieurement et frémit d'anticipation rien qu'à imaginer ce que demain allait apporter.

J'espère que ça progresse assez à votre goût, chères amies lectrices qui avez décidé de suivre cette fiction qui est un cadeau à Fleur50.

*SUV : sport utility vehicle

Le document manager sur FF a la fâcheuse tendance à escamoter les points virgules en français, je m'en excuse à l'avance...

Milk.