Genre : yaoi, aventure
Disclamer : ces personnages ne sont pas à moi, je sais, pourquoi nous obliger à rappeler cette atroce vérité ?
Voilà enfin la suite, je suis vraiment désolée pour tout ce retard ! Gomen, gomen, gomen ! Mais il faut dire que je tiens beaucoup à cette histoire et quand je peaufine, forcément ça me prend du temps ! Encore mille pardons à ceux et celles qui ont attendu !
J'ai essayé de me mettre ici dans la peau d'un malade mental, ce qui n'est pas évident, mais si vous vous sentez perdu, c'est tout simplement parce que le personnage est vraiment dérangé, d'où certaines 'bizarreries'. J'espère néanmoins que ça ne gâchera pas votre lecture !
L'ombre d'Hakkai
Pendant ce temps, le faux Hakkai retourna à l'auberge. Il avait tellement espionné son frère ces derniers jours qu'il était devenu incollable sur sa vie, enfin le croyait-il.
Il entra paisiblement dans la salle à manger et vint s'asseoir à côté des amis de son frère. L'homme aux cheveux rouges lui adressa un petit sourire alors que le moine lui lança juste un regard avant de se replonger dans son journal.
Soudain, alors qu'il commençait à manger, une joie profonde l'envahit. Il était enfin vivant : ces regards, ces sourires, lui étaient adressés, à lui et non à son frère ! Il n'était plus une ombre mais enfin un être à part entière ! Il allait pouvoir vivre pour lui-même, être quelqu'un !
Son frère ne l'ennuierait plus jamais, il ne le sentirait plus au fond de lui, il serait libre pour la fin de sa vie ! Même s'il n'avait pu le tuer, il était pour lui hors d'atteinte, loin de lui et cela lui suffisait. Et surtout il avait pris sa place, pour lui c'était le principal !
Tout à sa joie, il dévora tout ce qui se trouvait sur la table, ses dernières émotions l'ayant affamé. Il prit le dernier pain à la viande devant Goku et une bière qui traînait devant Gojyo. C'est au moment où il allait s'emparer du paquet de cigarette de Sanzo qu'il fut arrêté par le moine.
- Dis donc, ça c'est pas touche !
- Allez, juste une !
Le moine le regarda d'un drôle d'air :
- Y a quelque chose qui va pas Hakkai ?
Le jumeau se rendit compte qu'il déviait de son principal objectif : ressembler le plus possible à son frère. Il adressa un sourire timide à Sanzo :
- Excuse-moi, ce sont tes cigarettes.
- Oui, et je veux qu'elles le restent ! Et si jamais je t'en donne une, le kappa va en profiter pour me faire l'aumône !
- Hé ! J'ai bien le droit ! Je te signale que quand tu as besoin d'un briquet, je te le passe toujours !
- Encore heureux ! répliqua le moine.
En les entendant se chamailler, le jumeau ne put s'empêcher de rire. Ils étaient si drôles, si fiers, si vivants ! Tout cela était trop beau et il éclata de rire devant eux.
Surpris de sa réaction, Sanzo et Gojyo le regardèrent de travers.
- Au moins y en a un qui s'amuse, constata le moine avec mépris.
- Je suis désolé, répondit le jumeau, loin de le ressentir.
- Bah, fais pas attention à Sanzo, monsieur n'aime pas qu'on se foute de lui ! s'exclama Gojyo, protecteur envers son amour.
Enervé, le moine se leva de table :
- Je préfére aller dormir plutôt que d'entendre de telles conneries !
Une fois Sanzo éloigné, Gojyo sourit.
- Il va se coucher, pauvre petit moine fatigué ! Hihi ! Il est un peu ridicule, tu trouves pas Hakkai ?
Goku, qui jusque là s'était contenté de manger, ou plutôt dévorer tout ce qu'il y avait sur table, s'insurgea.
- Sanzo n'est jamais ridicule ! Tu dis vraiment n'importe quoi Gojyo !
Peu surpris, le demi-youkai lui lança un sourire compatissant.
- Tu devrais le rejoindre ton moine, il va être bien seul…
Goku l'observa pendant quelque instants, se demandant si Gojyo ne se foutait pas de lui. Il prit la décision de l'ignorer mais suivit son conseil et partit rejoindre le moine.
- Quelle belle relation père-fils dis donc !
Sur ce, Gojyo partit dans un grand rire.
Le jumeau le regarda, heureux. A vrai dire, depuis le début de la soirée, depuis qu'il s'était assis à cette table, son cœur débordait de cette joie sauvage et excitante. Il ne pouvait s'empêcher de sourire béatement en observant le monde autour de lui.
Sa main se dirigea vers une canette de bière et la porta à ses lèvres. Cela faisait déjà cinq canettes qu'il buvait, et comme il en avait rarement l'occasion, il se dit que son état euphorique venait peut-être de l'alcool. Mais après tout, cela importait peu !
La soirée continua calmement : Gojyo fumait tranquillement, peu bavard, et le jumeau buvait bière sur bière, s'enivrant doucement.
Un bout d'un moment, alors que la salle était pratiquement vide, seul deux clients restaient encore là, Gojyo lança un regard appuyé vers son compagnon, comme s'il cherchait quelque chose. L'autre le remarqua :
- Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
- Toi, soupira Gojyo.
Le jumeau tiqua.
- Pourquoi ?
- Tu n'as presque rien dit ce soir, alors que d'habitude j'ai du mal à t'arrêter ! Tout à l'heure, prés de la fontaine, t'as pas vraiment eu le temps de tout me dire, non ? Tu veux qu'on en parle ?
Surpris, le jumeau détourna la tête. Il n'avait aucune idée de ce dont parlait le demi-youkai.
- Ok, te fais de bile, je t'embêterai pas avec ça ! lâcha Gojyo dans un sourire.
Puis, se rapprochant de lui, il lui déposa un baiser sur les lèvres.
- Rejoins-moi, je t'attends.
Et sans un mot de plus, le demi-youkai monta dans sa chambre.
OoOoOoOoOoOoOoO
Le jumeau resta sans voix pendant quelque instants. Gojyo l'avait embrassé ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?
Soudain la réponse lui sauta aux yeux : Hakkai et lui formaient un couple !
Le jeune homme se prit la tête entre les mains. Son frère était avec un homme ! Non que cela le dérangea, mais il ressentait quelque chose de bizarre au fond de lui. Comment ne s'en était-il pas rendu compte ? Lui qui pensait tout savoir du vrai Hakkai !
L'alcool commençant à embrouiller ses pensées, le jumeau ferma les yeux et vida son esprit.
Il voulait être Hakkai, il ferait tout pour l'être. Quitte à se lancer dans les bras de Gojyo. Il en était capable, il le savait, il le sentait.
D'un pas mal assuré, il se leva et monta les escaliers. Bizarrement, alors qu'il n'avait rien ressenti lorsqu'il était assis, des vertiges le prenaient maintenant qu'il était debout. Le sol bougeait sous ses pieds et il avait l'impression que tout devenait flou.
Tant bien que mal, il se raccrocha à la rambarde des escaliers et réussit à monter. Il n'aurait peut-être pas dû tant boire, mais ce qui était fait l'était et jusqu'à présent personne n'avait trouvé de moyen pour remonter dans le temps !
Pensant à ce qui l'attendait, il prit une profonde inspiration et rentra dans la chambre, appuyant tout son poids sur la poignée pour éviter de tomber.
La lumière était encore allumée, et Gojyo était prés de la fenêtre, fumant tranquillement une cigarette. Il laissait la fumée s'échapper doucement et celle-ci l'entourait en un vaste nuage, qui aux yeux ivres du jumeau renforçait le flou autour de sa silhouette. Tout avait l'air soudain si magique pour l'homme saoul qu'il préféra s'enfoncer dans ce rêve. Il se rapprocha de Gojyo et laissa ses bras entourer cet homme fait de fumée. Ce dernier prit une de ses mains et l'embrassa. Tendrement, calmement, comme s'il avait pu le briser.
Lui qui n'avait connu que la violence et la folie se laissa faire avec bonheur. Tout devenait si simple tout à coup…
Gojyo se retourna et l'embrassa plus fort que tout à l'heure. Sa langue s'introduisit dans sa bouche, provoquant des sensations jusqu'alors inconnues du jumeau.
Le demi-youkai arrêta soudain et lui demanda si deux fois dans la même journée, ça ne le gênait pas.
Maintenant totalement ivre et incapable de raisonner, le jumeau répondit d'un vague « humm » avant de poser de lui-même ses lèvres sur celles de son compagnon.
Le reste fut très flou pour lui. Et indescriptible.
Quelques éléments parvinrent à son cerveau, HS depuis un bout de temps.
Des corps qui s'emmêlent.
Sa bouche sur lui. Partout.
Son propre corps en feu.
Sa tête qui allait exploser, son cœur qui battait si fort.
Ses sentiments et sensations qu'il ne connaissait pas.
Cette passion brûlante.
Une nouvelle folie qu'il ignorait.
OoOoOoOoOoOoOoO
Le lendemain, sa tête lui faisait un mal de chien. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir arracher la douleur qui l'habitait de ses propres mains.
Il sentit soudain une masse qui appuyait dans son dos. Gojyo.
La nuit qu'ils venaient de passer lui revint. Dans toute sa beauté.
Le jumeau se rendit compte soudain qu'il avait particulièrement apprécié ce qui s'était passé. En fait, il avait adoré !
Une idée traversa son cerveau endolori : il voulait recommencer cette magnifique expérience tout de suite ! Il en avait éprouvé tellement de plaisir… Et ce feu que cela avait allumé en lui !
Il se tourna vers Gojyo afin de lui faire part de son idée mais ce dernier était déjà réveillé et le regardait fixement.
- C'était étrange cette nuit, glissa le demi-youkai dans un souffle.
Le jumeau sourit et lui répondit :
- C'était ma première fois tu sais.
Gojyo parut étonné :
- Qu'est-ce qu'il y a Hakkai ? Tu racontes n'importe quoi !
Son compagnon sursauta : il avait complètement oublié quelle identité il avait pris depuis la veille ! Il fallait qu'il se rattrape !
- Pardon, je crois que c'est l'alcool que j'ai bu hier qui me fait dire n'importe quoi ! Désolé !
Il lui lança un sourire de pardon et l'autre laissa tomber.
Gojyo se leva et se dirigea vers la salle de bain.
- Je vais prendre une douche, tu me préviens si Sanzo nous appelle, il est pas du genre patient !
Puis il disparut derrière la porte.
Le jumeau en profita pour se masser doucement les tempes, allongé dans le lit. Le sang circula de nouveau correctement mais le mal n'était pas pour autant parti. Il avait l'impression d'avoir un pivert qui venait faire des trous dans son pauvre cerveau, déjà bien dérangé…
Essayant d'oublier son mal autant que cela pouvait se faire, il fixa intensément le plafond, laissant le silence l'engloutir.
Lentement, il se détendit et écouta : son propre cœur qui pulsait régulièrement dans sa poitrine, le chant des oiseaux de dehors, le bruit de l'eau qui coulait dans la douche….
Cela lui faisait un bien fou. Pour la première fois de sa vie, ces bruits ne le rendaient pas fou, ils ne lui faisaient pas aussi mal qu'avant, mais au contraire lui procuraient une douce sensation de bien-être, comme s'il…. renaissait.
Il leva les bras au plafond, admirant la couleur rose de ses mains se détacher sur le blanc du crépit. Oui, il se sentait renaissant. Il lâcha un soupir de contentement, laissant l'air sortir le plus loin possible de ses poumons…
- Merci Hakkai pour cette nouvelle vie….
Puis il songea qu'il était dommage qu'il n'aient pas été des triplés, sans quoi il aurait pu renaître encore une fois, se sentir aussi heureux encore une fois….
Soudain, se détachant sur le blanc du plafond apparut le visage d'un vieillard, son doigt accusateur pointé vers le jumeau. Son regard était méprisant et le jeune homme se sentit écrasé par la négativité qui en sortait. Instinctivement, il mit ses bras devant son visage se protégeant comme un enfant.
Les lèvres du vieillard bougèrent, évoluant avec une grâce surprenante sur des mots devenus familiers :
- Tu es maudit, tu n'es qu'un monstre, une erreur !
- Non, gémit faiblement le jumeau, perdu dans son délire.
Sa voix était redevenue celle d'un petit enfant, et voulant se protéger, il roula sur lui-même et tomba du lit. Affolé, son cœur menaçant d'exploser, il ne lança pas un regard vers le plafond et bondit dans la salle de bain. Il referma violemment la porte et tint fermement la poignée quelques instants, espérant de tout son cœur qu'aucune pression ne se ferait ressentir de l'autre côté. Mais l'illusion qu'était le vieillard n'agissait que sur son esprit, non sur les objets aussi la poignée ne bougea-t-elle pas.
Toujours aussi angoissé, le jumeau lâcha soudain la poignée comme si elle le brûlait, et comme un enfant qui court se réfugier dans sa chambre quand il a peur, il choisit la seule option de fuite qui se présentait alors à lui : il fonça dans la douche.
Gojyo n'avait pas entendu la porte qui se refermait, aussi fut-il très surpris de voir son amant débouler ainsi sous la douche qu'il prenait.
- Hakkai… ?
Mais ce dernier s'accrocha alors à lui solidement, comme si sa vie en dépendait. Il se mit à pleurer doucement contre son épaule, le corps parcourut de frissons.
Affolé par son attitude, et surtout parce qu'il aurait abattu des montagnes pour son aimé mais était incapable de supporter ses larmes, Gojyo ne cessait de répéter :
- Qu'est-ce qu'il y a ? Mais qu'est-ce qu'il y a Hakkai ? Dis-moi s'il-te-plaît….
Ses larmes se tarirent peu à peu mais le jumeau resta fermement accroché à Gojyo. Et dans un murmure, parce qu'il ne voyait plus que cela pour fuir la réalité et replonger dans sa douce folie, il s'approcha de son oreille et lui lâcha :
- Fais-moi l'amour, s'il-te-plaît….
Incapable de résister à pareille supplique, et comprenant qu'Hakkai avant besoin de réconfort, Gojyo se mit à l'embrasser. Chacun de ses baisers était dirigé vers son amour, chacun d'eux lui renvoyait sa force, ses espoirs et une énergie qui aurait décroché la lune.
Mais le jumeau ne voyait pas cela comme ça : pour lui, chacun des baisers était une ouverture sur cette nouvelle folie qu'il appréciait tant, qu'il désirait de nouveau, comme une drogue…
Gojyo le poussa contre le mur de la douche, continuant ses baisers. Le jumeau, impatient, lui prit la main et la posa sur son propre torse, puis réitéra sa demande :
- Fais-moi l'amour, s'il-te-plaît… Je veux regoûter à cette folie…
Gojyo le regarda un instant, droit dans les yeux, surprit d'entendre son amant dire cela.
- Quelque chose ne va pas Hakkai ?
En réponse, l'autre l'embrassa et se montra si entreprenant que l'esprit du demi-youkai céda et ne fut plus que passion.
Ils firent l'amour sous la douche, recouverts par l'eau qui continuait de couler, cherchant à jouer elle aussi au jeu de l'amour, les caressant de sa langue mouillée et ne laissant aucune trace à part cette sensation de caresse chaude….
Le jumeau, impatient de voir l'image du vieillard qui l'avait terrorisé disparaître, se montra plus exigeant que la veille, plus entreprenant. Il apprenait vite….
OoOoOoOoOoOo
Une fois leurs sens calmés, Gojyo éteignit l'eau de la douche. Geste peu romantique s'il en était…
- Maintenant tu vas sérieusement me dire ce qui se passe ! Hier, et maintenant ce matin ! Ça va pas durer longtemps comme ça quand même !
Le jumeau, encore tout à la joie d'avoir goûté de nouveau à cette drogue douce qui avait parcouru ses veines, le regarda en souriant, béat.
- Tout va bien, je te rassure….
Sa voix était mielleuse, étrangement fausse, ce qui fit tiquer Gojyo. Qu'est-ce qui pouvait bien arriver à son amant ? Il n'était pas comme d'habitude, cela se sentait. Rien que dans sa façon de faire l'amour….
- Hakkai, écoute, je sais que tu ne veux pas que les autres aient à subir tes problèmes, mais je ne suis pas n'importe qui, à moi tu peux tout me dire !
Lâchant un soupir, le jumeau repoussa le demi-youkai et sortit de la douche. Il lui en voulait de gâcher ses instants de bonheur par de si bases préoccupations.
Il s'approcha du lit et récupéra ses vêtements à terre. Puis s'habillant avec hâte, il repensa soudain à l'homme qui l'avait surpris prés de la falaise. C'était furtif mais suffit à lui donner un étrange pressentiment.
- Dis Gojyo, on repart quand ?
Le demi-youkai se frappa le front de la main :
- Oui, c'est vrai, Sanzo m'avait demandé de te le dire mais j'ai oublié : on part ce matin.
Il fit une petite moue en guise d'excuse pour son retard. Et reprenant son sérieux :
- Alors Hakkai, tu veux vraiment pas me parler ?
Le jumeau ne le regarda même pas et sortit de la chambre, lança tout au plus un vague :
- Vais déjeuner !
Gojyo en resta interdit : il avait de plus en plus l'impression qu'Hakkai le fuyait, comme s'il cherchait à lui cacher son moi profond. Quelque chose n'allait vraiment pas, il en était maintenant certain…
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Lorsque Gojyo descendit, il trouva pour son plus grand étonnement ses amis dans la salle de restauration, en train de déjeuner. Jusque là, pas de grand changement capable d'étonner le demi-youkai, mais quand il vit Hakkai en train de se battre avec le saru pour le dernier croissant du panier, il faillit s'en décrocher la mâchoire ! D'habitude, c'était lui qui se battait avec le saru, gentiment grondé par son amant et totalement ignoré par Sanzo. Ici, le moine, contrairement à l'habitude, observait la scène, un air inquiet peint sur son visage. Goku gueulait plutôt fort, excité par l'odeur alléchante du croissant, mais chaque fois que sa main se tendait vers l'objet tant convoité, celui-ci était écarté par une main qui se faisait un devoir de le mettre le plus loin possible du singe. Hakkai riait comme un gamin à ce jeu et soudain il mordit à pleines dents dans le croissant. Goku en poussa un cri de frustration puis abandonna et plongea le nez dans son chocolat chaud sous l'œil plus qu'amusé d'Hakkai.
Lorsque Gojyo s'assit à table, Hakkai en lui lança même pas un regard, totalement absorbé par la fin du croissant. Par contre, Sanzo se leva et empoigna le demi-youkai par un bras, le forçant à le suivre à l'écart. Gojyo ne résista pas, devinant ce que le moine voulait aborder.
Ils se dirigèrent vers les toilettes pour un peu plus d'intimité et être à l'abri du regard des deux autres, et Gojyo, en tant que kappa attitré, ne pu s'empêcher de sortir une bonne vanne.
- Sanzo, dois-je te rappeler que je suis avec Hakkai ?
Son sourire en disait long sur le sous-entendu, mais il fut vite refroidi par l'impassibilité du moine, qui aurait congelé sur place un morceau de lave !
- Ben quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je te retourne la question, au sujet d'Hakkai ? Qu'est-ce qu'il lui prends en ce moment ?
- C'est le fait qu'il joue avec le saru qui te dérange ? T'inquiète pas, le singe n'a des yeux que pour toi !
- Arrête avec tes conneries, je te parle pas de ça ! En descendant ce matin, il ne se souvenait plus de nos noms !
- Quoi ? s'étonna Gojyo. T'es sûr ?
- Non, je te raconte des conneries…. Evidemment que je suis sûr, crétin ! s'énerva Sanzo.
Gojyo baissa les yeux, à la recherche d'une éventuelle explication.
- Tout ce que je sais, c'est qu'il n'était pas bien ce matin… Il a eu un coup de blues, ça doit être ça !
Le demi-youkai releva soudain les yeux, en quête d'une explication :
- Mais comment ça s'est passé ?
- Il est arrivé, comme d'habitude, mais sans toi… Il a demandé le pain à Goku en disant « et toi, passe-moi le pain ! ». C'était très bizarre… Tu connais Goku, il a répondu « je te le donne si tu dis mon nom ! J'm'apelle pas toi ! ». Et là, Hakkai a bugé ! Incapable de donner son nom ! Pareil pour moi ! Il a fallu qu'on lui rappelle comment on s'appelait !
- Oui, c'est un peu hallucinant !
- Hallucinant ? Même pire tu veux dire ! Je le connais depuis maintenant plusieurs années, et il ne m'a jamais demandé mon nom !
- Ecoute, je sais qu'il ne va pas bien en ce moment, je vais m'en occuper, je te le promet ! Je vais trouver une solution !
- Ok ! J'espère que ça ne durera pas !
Sanzo le quitta alors pour rejoindre leurs compagnons, histoire qu'ils ne s'étonnent pas de leur absence prolongée, laissant un Gojyo songeur devant la porte des toilettes.
Qu'est-ce qui torturait donc Hakkai ainsi ? Depuis le temps qu'il le connaissait, il lui arrivait rarement de telles choses… La dernière fois qu'il avait « pêté un câble », c'était à l'anniversaire de la mort de Kanan, et encore s'était-il contenté de rester amorphe toute la journée, plongé dans ses douloureux souvenirs… Cette fois-ci, ça semblait différent…
Gojyo retourna lentement à la table. Il posa son regard sur Hakkai qui riait avec le singe, d'un air protecteur. Ce dernier s'en rendit compte et lui renvoya un magnifique sourire.
« Ne t'inquiète pas Hakkai, je serai toujours là pour toi. Ton problème, on le réglera à deux ! » pensa Gojyo, plongé dans deux océans émeraudes….
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
- Papa, on dirait qu'il se réveille !
La jeune fille cria, incapable de retenir sa joie.
- Viens vite Papa, ils se réveille !
- J'arrive, j'arrive.
Effectivement, le jeune homme brun ouvrit les yeux. Deux grands yeux verts.
La première chose qu'il vit fut deux grands yeux bleus qui l'observaient, un brin rieurs.
Une jeune fille… qu'il ne connaissait pas
- Bonjour, dit-il en souriant un peu naïvement.
- Bonjour, lui répondit-elle dans un sourire immense. Comment allez-vous ?
- Bien… Je crois…
Son hésitation fit rire la jeune demoiselle. Puis elle posa sa main fraîche sur le front du jeune homme, contact qui lui fit très plaisir, sans qu'il sache pourquoi…
- Votre fièvre est enfin tombée ! J'ai eu si peur !
Un homme s'approcha soudain du lit. Il semblait gigantesque à côté de la jeune fille : son impressionnante carrure, ses fortes épaules, son cou de bœuf, sa barbe mal rasée lui donnait un air sauvage qui contrastait bizarrement avec son regard. Deux petites billes bleues claires, avec un mélange d'intelligence et de douceur, qui donnaient envie de se confier. Il ressemblait beaucoup à la jeune fille et on comprenait vite les liens de parenté qui unissaient ces deux êtres. Il sourit en le voyant réveillé.
- Alors, la belle aux bois dormant se réveille ! Vous nous avez fait peur vous savez ! Mais il faut dire qu'avec le choc que vous avez reçu à la tête…
- Quel choc ?
- Il semblerait qu'un homme vous ait agressé, mais tout est finit, rassurez-vous, il n'a pas pu finir sa sale besogne !
- Grâce à toi Papa ! s'enthousiasma la jeune fille.
- Voyons, voyons, ne dis pas des choses pareilles Nathalie !
Son air gêné fit sourire le jeune homme.
- Vous avez dormi toute la nuit…., continua Nathalie.
- Et vous m'avez veillé, je suppose. Je ne sais comment vous remercier !
Cette remarque fit rougir la jeune fille, découverte. Mais elle lui sourit bien vite pour cacher son embarras.
- La meilleure façon de nous remercier serait de nous donner votre nom !
Le jeune homme parut soudain totalement perdu, et un air affolé passa sur son visage.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta la jeune fille qui avait remarqué son changement d'attitude.
- Mon nom… Je ne m'en rappelle plus….
A suivre…..
